mardi 14 février 2017

La St Valentin de l'#Archive #Insolite #geneatheme


Pourles amoureux en panne d'inspiration
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Quand deux cours sont unis damour 
Que leurs liens sont doux et de longue durée 
Les sensibles plaisirs quils goutent tour a tour 
Leur font trouver tout le tanps dune année 
Bien plus court que celuy dun jour 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
depuis que jayme Lizette 
je souffre nuit et jour les plus cruels tourmins 
dans les plus doux plaisirs mon ame est inquiette 
helas que mon cour vous regrette 
tranquils jours, jours heureux charmants 
ou je naimois que ma nuchette 
// 
Lizette proffitez dune aymable junesse 
Qu'on passe sans plaisirs sy lon est sans tandresse 
Quand on perd un momant du beau temp des amours 
Souvenez vous qu'on le perd pour toujours 
On peut pour mieux choizir et pour le 
Satisfaire 
Estre un temps sans engagement 
Mais tost ou tard il fault qu'une bergere 
Fasse choix dun fidel amant 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
dans nos prés dans nos bois 
tout vit tout renouvelle 
a proffiter du temps dune saison sy belle 
amants heureux vous mettez tous vos soins 
mais les cours malheureux 
les ames languissantes parmi tant dagréements 
ne languissent pas moins 
et toutes les saisons leur sont indifferentes 
// 
bergers quy souffroient en aymant 
soiez constant soiez fideles 
souvant pour engager le cour des plus cruelles 
il ne fault qu'un heureux momant 
(arbre de la vie ou bouquet dessiné) 
ces fleurs nouvelles en vostre amour nouveau 
comme elles 
font sentir a mon cour milles nouveaux 
plaisirs 
mais sy le cour suivoit trop ses désirs 
ah quil mexposeroit a des paines cruelle 
sy vostre amour nestoit pas plus constant 
et ne duroit qu'autant que duroreroit 
ces fleurs nouvelles 1698 1698 1698 

mademoizelle vostre tres humble 
hobeissant et tres 
affectionné serviteur 

laffligé 
la douleur 
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Archive insolite relevée par les amis de  GE86 et parmi eux  le célèbre et talentueux
Cryptus Anonymus, à qui nous devons cette transcription d'un poème courtois vieux de 315 ans...
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Source : ADV Verrières BMS 1668-1674 pages 54 à 58. 

lundi 6 février 2017

Appel de la Croix Rouge Française aux Généalogistes Parisiens !


« La Croix Rouge Française, recherche dans le cadre de son dispositif de rétablissement des liens familiaux, deux bénévoles pour effectuer des recherches à la suite de demandes émanant de personnes recherchant des membres de leurs familles dont ils ont perdu le contact durant la seconde guerre mondiale.
L’activité se déroulera au siège de la CRF à Paris 14ème, à raison d’au minimum une demi-journée par semaine (lundi ou vendredi).
Travail de fourmi assuré, généalogistes bienvenus !
Si vous êtes intéressé, merci de contacter la responsable du dispositif Aurélie.DeGorostarzu@croix-rouge.fr »


dimanche 15 janvier 2017

#Geneatheme, Paléographie mon amour !


Mais quelle idée de vouloir collecter toutes les archives de son village !!! Faut être timbré ! Photographier 250 doubles pages aux AD86 concernant les fabriques d'Availles et de Prinçay de 1660 à 1782. Tomber sur ce genre d'exercice... Pester, avec ses lorgnons d'hypermétrope, sur le myope du 17ème siècle qui traça ces pattes de mouches. Tempêter sur la lenteur du progrès et rêver d'une transcription automatique par smartphone (cet appendice de notre cerveau) avec recherche par thème, tri des infos pertinentes, mise en contexte...

samedi 7 janvier 2017

#Geneatheme J'organise mon année généalogique.


Retour des Généathèmes sous la houlette de notre Sophie nationale ! Participer et encourager cette émulation est la moindre des choses, car, quand il n'y aura plus personne pour nous  guider vers les plus hautes branches de nos insomnies, gare à la chute !  
Premier thème : J'organise mon année généalogique.
Fastoche. Mon année commence très organisée. 
·   J'organise un bistrot-patrimoine par mois, chaque premier jeudi et j'ai même déjà mis en place le programme pour l'année entière. C'est la première fois de ma vie que je fais ça. Comme quoi on peut attaquer sa septième dizaine (quelle horreur) et se surprendre. 
·   J'organise mes archives généalogiques...papier. Mon fiston designer est un maniaque de l'archivage. Une technique impeccable, un classement cohérent et en prime de l’esthétique. Me voici donc encouragée à remplacer mes classeurs "moches" et mes vieilles boites crayonnées par une série noire harmonieuse, munie d'un étiquetage aux petits oignons. Je vous ferai une photo de la bibliothèque relookée. 
·   J'organise des ateliers. Toujours au village, et toujours dans un lieu public (c'est une très bonne idée le lieu public, je vous ferai un article sur le sujet si j'arrive à m'organiser). Je naviguerai entre la bibliothèque le mercredi après-midi  et le bistrot le matin pour partager, répondre aux questions et en poser !
·  J'organise ma propre généalogie (enfin celle de mes petits-enfants). De temps en temps, je remets le nez dans mon arbre, pour écrire un peu, mettre au propre, reprendre et voir si avec un peu de distance, quelques pistes se proposent. 


En espérant que cette velléité d’organisation  ne soit pas le présage d’une sortie de scène trop précoce…
Organisée ou pas, bonne année généalogique à tous ! 


vendredi 16 décembre 2016

Le Père Noël et les généalogistes.





Vite fait, mal fait, une petite liste de Noël pour ceux qui ont la chance d'avoir une épousée ou une mère ou une grand-mère fada de généalogie et qui, par conséquent, vont se retrouver avec un chapon farci aux archives le soir du 24 ;)

  • Une loupe : mais attention, une grosse loupe, belle ET ancienne.
  • Un pied décentré pour appareil photo (bricolage maison possible, voir image)
  • Des vieux livres (voir Lulu Bouquine )
  • Des Cartes Postales anciennes
  • Des archives familiales (ou pas) à trier, mais surtout illisibles, jaunies, fragiles...
  • Des vieilles photos
  • Des objets improbables à identifier, attribuer...
  • Des crayons de papier
  • Un téléphone qui fait de bonnes photos
  • Un abonnement à une société commerciale généalogique pour les nuits où les ancêtres jouent à cache-cache. 
  • Un abonnement à la RFG pour retrouver tous les VIP de la généalogie et les branches montantes qui font des conf'' des cartes et tout et tout
  • Des vieux cahiers d'écolier vierges pour prendre des notes
  • Des mitaines pour rester sans bouger devant son ordi jusqu'à en oublier de remettre des buches dans la cheminée. 
  • De bonnes lunettes
  • Un châle en cachemire pour aller avec les mitaines
  • Des capsules de café
  • Un mug à déchiffrer pour les tête à tête de fouilleurs d'archives
  • Un repas généalogique au Coq Hardi d'Availles, avec la sorcière du village. 
  • Un deuxième écran d'ordinateur voir un troisième
  • Un abonnement au bistrot du coin pour les soirs où il n'y a rien dans le frigo.
  • Des boites archives
  • Des sous-chemises
  • Des gros classeurs
  • Une souris qui scanne (c'est pourri mais c'est marrant)
  • Des chocolats qui ne tachent pas les mains
  • Une vieille croûte qui ressemble à un ancêtre. 
  • Un animal de race plus ou moins pure pour faire son arbre généalogique ;)
  • Une création aux p'tits oignons pour mettre en forme tous ces brouillons éparpillés
  • Une oreille pour mettre en mots une vie ou vous aider à passer la barrière de la syntaxe et de la mise en chapitres.
  • Pour les plus fauchés, Gallica,  une liste de liens incontournables pour une vie de recherches en Poitou et ailleurs 
  • Une bouteille de l'Or d'Availles pour rester en bonne santé et remonter deux siècles d'artisanat local
  • La Box du Généalogiste ! 
Joyeuses Fêtes à tous ! 

lundi 13 juin 2016

K - Kaléidoscope et pause Kfé. #challengeAZ



Petite, je pouvais rester un temps fou à regarder par le p'tit trou du kaléidoscope. 
Il y a toujours eu un kaléidoscope à la maison, pour les enfants puis pour les petits-enfants. 
A l'ère de la tablette et de la 3D, la magie du kaléidoscope opère-t-elle toujours ? 
Oui, certes et c'est à la fois rassurant et savoureux de les voir lorgner, tenter de ne garder qu'un oeil ouvert. Réussir ou pas à tourner le bazar. 
Mais une chose est sure, ils y passent beaucoup moins de temps que moi à leur âge. 
Qui a déjà démonté son kaléidoscope ? 
Moi je n'ai jamais osé. Un des seuls sujets pour lesquels j'ai préféré le mystère à l'explication du mystère !

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C'est un billet le temps d'une pause café pendant la sieste des lutins, je ne suis pas certaine que ce soit mieux que rien. Mais bon, au moins c'est vite lu :)
A demain peut-être ! 

dimanche 12 juin 2016

J - Jouets et hors Jeu - #challengeAZ.


Nous y sommes ! Trois p'tits lutins imposent désormais ici, le rythme et les sujets du  #challengeAZ.
Ce sera donc J comme Jouets.
Des Duplo et les Boutons de Bérangère, instantané d'un dimanche.
Les p'tits lutins risquent fort de me mettre hors jeu du #challengeAZ pour les quinze jours qui suivent. En gros jusqu'à la fin.
Principe de réalité oblige, je ne m'attarde pas, car demain, ici, on risque commencer la partie de Duplo d'assez bonne heure :)


vendredi 10 juin 2016

I - ID19, N7 et renvoi d'ascenceur. #challengeAZ



L'objet de mémoire est aussi celui que l'on n'a jamais possédé.
L'ID19 était la version simplifiée de la DS.
La DS, noire, forcément noire était la voiture de De Gaulle.
Mon père savait qu'il n'aurait jamais de DS, il n'osait rêver que d'une ID19.
Mais pour l'ouvrier presseur qu'il était, le travailleur payé aux pièces, l'homme aux mains calleuses, même l'idée d'une version simplifiée restait une utopie.
Heureusement son p'tit frère d'adoption (Tonton Tonio, le fils de Pépé Paco) avait pris l'ascenceur social. Poussé dedans par Papa et sa soeur, qui avaient payé de belles études à cet enfant intelligent, à ce frère d'exil. Antonio était devenu médecin, interne des hôpitaux de Paris, cardiologue. Avec ses premiers remplacements, il s'était offert une ID19. Une belle bagnole.
Je crois qu'on était en 69.
Ce n'est pas très important.
Ce qui est important c'est le renvoi d'ascenceur.
Tonton Tonio a prêté sa voiture, un mois entier, à son frère de coeur, Modesto.
ça c'était quelque chose !
Un mois entier en ID19 pour que Modesto se fasse plaisir !
Allez hop tous en carrosse, on part en vacances !
Un carrosse qui décolle au démarrage, et toute la famille Pino qui s'épate de cette suspension hydraulique unique. On aurait calé rien que pour redémarrer.
N'attachez pas vos ceintures, il n'y a pas de ceinture !
Direction Nationale 7 !
N7, Il faut la prendre qu'on aille à Rome à Sète, nous c'était pour aller à Fréjus !
Rendez-vous à Fréjus avec le Z.


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Finalement, en 69, Modesto était un peu fada de design automobile, comme le sera son petit-fils Félix né 20 ans plus tard. 

jeudi 9 juin 2016

H - Havane, naître, grandir, fumer. #challengeAZ



En 2003, assise à Genouillé, une sorcière singulière remonta quatre à quatre la branche des Godard, histoire d’épater son beau-père, fumeur de Havane de 80 printemps. Cigare aux lèvres, celui-ci se mit à parler. L’écouter, c’était grimper de branche en branche, dans l’arbre du temps, au plus loin de la mémoire orale familiale. Et quelle mémoire!  Deux guerres, des épidémies, les derniers loups du Sud Vienne, des cœurs simples, mais fiers, des bonheurs de vie humble, autour d’un feu, des mots à la veillée… Rien de mieux qu’un homme d’ici pour piquer de passion généalogique une bru venue d’ailleurs.
Source : Archives départementales de la Vienne

Les Godard de Genouillé, au plus loin des archives paroissiales, étaient journaliers à la Combe. Journaliers… De père en fils, sur plusieurs siècles. Une généalogie humble et belle de gens de peu, qui se marièrent au village, ou à une portée de charrette, revenant inexorablement au berceau de la Combe, au village des potiers.  Pas une petite cuiller en argent à mettre sous la dent du beau-père, pas un blason, pas une particule ! Chez les Godard de Genouillé on vécut pauvre et en sabots. Dans un tel arbre, le premier qui signe apporte à l’apprenti paléographe, une sacrée émotion. Il fallut attendre 1860, et le mariage de Jacques avec  Marie Pautrot, pour lire Godard en bas d’un acte !  La première main qui sut écrire fut celle de François, frère cadet du marié. « François Godard hongreur » et fier de l’être,  tel est son paraphe au bas des actes de sa fratrie. Joseph,  fils de Jacques, signe. Joseph-Pierre né en 1889, cultivateur, sait lire et écrire. Mobilisé le 1er Aout 1914, prisonnier la terrible journée du 22 Aout, c’est en Allemagne, qu’il apprendra la naissance de Louis, son premier fils né en novembre. Libéré en 1919, il termine la route à pied, se perd dans cette campagne qu’il ne reconnait plus et arrive à Genouillé épuisé.  La famille s’installe alors à St-Macoux où nait René, notre fumeur de Havane.
2014 Collection familiale.

Naitre, grandir et saisir sa chance. Enfant de la république doué, à l’intelligence vive, voyez René, grimper quatre à quatre les barreaux de l’échelle sociale ! Notre fumeur de Havanes, quitte le sud Vienne, devient clerc de notaire à Chauvigny chez Me Toulat, puis notaire à Paris.  Naitre, grandir, devenir un homme et garder tout au long de sa vie l’amour de la langue française et le respect pour les plus humbles dont on est issu. Devenir père et porter haut ses enfants. Devenir  grand-père, arrière-grand-père et se laisser porter par la diversité d’une ribambelle joyeuse et aimante.  
Naitre, grandir et finir patriarche. Présider la table des cousinades et conserver intacte la mémoire des anciens,  l’émotion des chagrins, garder au cœur les disparus, s’émouvoir des naissances, porter un regard attentif sur chacun et accompagner les plus fragiles.
De journalier en notaire, de Genouillé à Monthoiron, le 6 mars 2015, en perdant une de ses plus belles branches, l’arbre de la Godardière a gagné une racine d’une singulière force.



René Henri GODARD (1923/2015)

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Je suis la gardienne des actes notariés familiaux anciens. Un an plus tard, j'ouvre une chemise cartonnée et l'odeur du Havane m'entoure, j'inspire, je retiens mon souffle, je ferme les yeux. 
 Papi Cigare is back. 
Tabagisme passif consenti. 

mercredi 8 juin 2016

G - La Gamelle ou dégringoler de l'échelle sociale. #challengeAZ

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des grand-parents républicains espagnols. Moi si. J'ai même eu deux grand-pères, autour d'une femme extraordinaire : José Pino, héros de guerre que je n'ai pas connu hélas, et Pépé Paco, le second mari de Mémé. Leur histoire est une histoire de dingue, comme toutes les histoires d'apatrides.
Mais revenons à la gamelle.
Après l'exil et le séjour dans le camp d'Argelès, les Républicains espagnols ont fait ce qu'ils ont pu. Ils ont dégringolé à toute allure l'échelle sociale, une vraie gamelle pour certains. On les a séparés, on a placé les enfants dans des familles françaises avec une option d'adoption. Comme ils insistaient, on les a laissé se retrouver. On les a placés métayers à la ferme, puis maçons. Ils ont remonté leurs manches, ils se sont entraidés, ils ont tenu leurs enfants, à bout de bras, pour les porter haut vers un avenir meilleur. Ils ont "bouffé le pain des français" comme on leur a dit, mais ils ont réussi en une génération, un intégration aux p'tits oignons. Comme quoi l'utopie mène à tout, il suffit d'en sortir. Avec ce pain là et la laïque, ils ont fait des médécins, des acteurs, des députés, des ministres, des écrivains, des amoureux de poésie, des chanteurs, des fadas de villages, des archivistes et même un maire de Paris.
Mais revenons à la gamelle.
Après avoir été métayer dans le Loir et Cher, Pépé Paco est devenu maçon à Pontault-Combault. J'aimais bien le regarder partir au boulot le matin. Mémé lui cuisinait une grosse tortilla qu'il mangeait dans du pain en buvant un grand verre de rouge, qui tache, du Préfontaines. Pas de café, du rouge. Ensuite Mémé préparait sa gamelle en me parlant fragnol : du ragoût et des patatas. De temps en temps ça changeait, il avait des patatas et du ragoût. J'avais 4 ans, je ne sais pas ce que j'aurais donné pour avoir moi aussi une tortilla le matin, un verre de rouge, une gamelle, avec du ragout de mémé, une mobylette et un repas dévoré sur le pouce avec los amigos de chantier autour d'un fuego, des potes entonnant en se marrant, la chanson del campo d'Argelès.
Mais revenons à la gamelle.
J'ai grandi, je ne parle pas espagnol, c'était interdit de parler espagnol à la maison, ma grand-mère parlait fragnol et je répondais en français. Pero entiendo todo, je trouve même les fautes de grammaire de mes enfants apprentis. Un jour, j'ai super bien gagné ma vie, alors je me suis acheté une gamelle, celle de la photo, mais c'était trop tard, Mémé n'était plus là pour faire le ragout. No pasaran.