vendredi 3 février 2012

CSR Poitiers - du 1er au 4 Frimaire An II


On libère quelques femmes, on en arrête d'autres, les certificats de civisme sont difficiles à obtenir et les religieuses changent radicalement de costume...
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1er Frimaire An 2. 
Faulcon prêtre de Poitiers n'a pas prêté serment. Arrêté. 
Certificats de civisme, ne parviennent pas au comité. Le greffier devra en rendre compte. 
Bobin se transporte chez la Marquise de L'Isle située chez Dupuy Gazeau avec la force armée, on y trouve 27 louis. Ordonne la perquisition du chateau Derouet. 
la femme Tranchant demande la libération de son mari. Transmis à la municipalité de Poitiers. 
Petition contre Deguillon. 
Joseph HERRIN et Jean GIRAUD de Chauvigny : pétition pour servir l'infanterie. 
LEGRAND père arrêté pour RCR. Renvoyé devant le tribunal criminel. 
LARONDE suspect d'avoir hébergé Desessard chef vendéen. En arrestation jusqu'à la paix. 
 DURY est à Angers. Le 9 Novembre 1793 il écrit à  la soeur de DOUXAMI (chirurgien) qui amène la lettre au CSR. Le CSR transmet la lettre à Angers. 
Arrestation de la fille Aimée LOURDE, fanatisée
Femme MESLIER libérée car malade. 
Femme CHASTEIGNIER demande à rester chez elle pour raison de santé. 
La Femme TURQUAUD  d'Angles qui fournit le marchand MINORET est autorisée à poursuivre son commerce, avec un bénéfice de 10%. 
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3 Frimaire An 2. 
Nombreuses lettres adressées par des détenus. 
TRICHET  prêtre détenu malade demande sa liberté. Doit obtenir un certificat de BUSSAC officier de santé. 
DEGONNE père et fils de Loudun, une remise en liberté est envisagée. 
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4 Frimaire An 2
Anne Savary n'a pas de certificat de civisme, devra se rendre aux Hospitalières sinon y sera conduite par la force. 
Arrestation de Texier de Loudun pour rébellion contre révolutionnaire, papiers compromettants
Un membre dit qu'il existait dans le village de Paché, chez les Pierres Violasses un être ? que l'on dit ex religieuse et qui cependant prend le costume d'homme et ne se fait voir que difficilement. Ordre d'arrestation. 
Dénonciation de la femme OSERT, nièce de l'évèque qui sort de la ville en cachant des vivres sous son manteau, passe par une porte ou par l'autre et va à la maison du PIN. Ordre d'arrestation. 

jeudi 2 février 2012

Révolutionner la Folie.


Le Dr Pinel, membre de la section des Piques, est au pied de l'échafaud le 21 janvier 1793. Il assiste en tant que médecin à l'éxécution de Louis XVI, qu'il racontera dans une lettre à son frère..... 


Hasard et nécessité. Il servira dans les années qui suivent et jusqu'à la fin de sa vie la cause de ceux qui ont perdu la tête !

Pinel, nommé médecin des aliénés à bicêtre en Aout 93,  déchaîne la folie, bouleverse les principes, arrête les mauvais traitements, lave, rend dignité, instaure les prémices d'une spécialité qui ne porte pas encore de nom et qui aujourd'hui encore n'en finit pas de naître. 

 Persuadé que la fermeté et la  douceur, la persuasion, l'activité physique valent bien plus que les plus fortes chaines, que les médicaments, bref anti-psychiatre avant l'heure, il écrit, raconte, classifie, réfléchit aux meilleurs moyens de guérir la folie des hommes qui l'entourent, de vaincre leurs angoisses dans une époque qui marche sur les têtes. 

En pleine révolution, il donne à cette science naissante les premières descriptions de délires. Et on ne délire pas au hasard sous la Terreur ! On délire à en perdre la tête ! Arme d'une justice expéditive qui tranche à tout va, la guillotine est de toutes les obsessions. On craint de porter la tête du voisin sur ses propres épaules, on craint toujours sur le même thème.

La sémiologie psychiatrique commence avec le syndrome post traumatique. 

Ce résumé rapide de la première partie de ce livre passionnant (L'homme qui se prenait pour Napoléon), m'a amenée à fouiller la folie révolutionnaire aux ADV de Poitiers. 

Bonne pioche ! Série L263 : les fous, les aveugles, les enfants abandonnés sous la révolution.... 
Je me voyais déjà relisant les premières observations psychiatriques consignées à Poitiers... Ce n'est pas tout à fait ça. 

De la capitale, Pinel dans les années qui suivent la Terreur organise le traitement de la folie. Sectorise avant l'heure. Pour appliquer ses méthodes novatrices, on rouvre Charenton qui fut asile puis prison, on rénove. On souhaite en faire un établissement "pilote". 
Les feuillets retrouvés aux ADV nous racontent les débuts de la psychiatrie et Charenton, quatre ans après la Terreur, An 5 et 6 de la République.  




Principes novateurs de la prise en charge des Aliénés, Organisation de Charenton sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, tout y est parfaitement résumé. 


Pourquoi ces documents à Poitiers ? Parce qu'on recrute ! Les familles poitevines y sont invitées à envoyer leurs insensés et ces petits feuillets informatifs seront adressés à chaque administration cantonale. 

 En fait de médecin philosophe, c'est Coulmier (ancien abbé) qui sera nommé. Sous sa direction l'établissement accueille  le plus célèbre des libertins... de l'époque le Marquis de Sade.
La folie aura son théatre. 
A Charenton, Coulmier ne sera pas l'humaniste espéré, de la théorie à la pratique, le goufre est vertigineux. 



Esquirol, élève de Pinel rejoindra Charenton, dénoncera les pratiques de Coulmier et  ajoutera fermeté aux principes de son maitre. 
Il donne aujourd'hui son nom à cet établissement. 

Salut et Fraternité. 


Pour tous les fadas du sujet, voici, l'ensemble des documents trouvés aux ADV et leur transcription. 

1er Pluviose an VI. 
Citoyens, depuis longtemps l'humanité gémissait sur l'absence d'une institution propre au traitement de la folie. 
Il existait bien à Charenton, à l'époque de la révolution un hospice où l'on admettait, à titre de pension, des insensés considérés comme incurables ; mais des circonstances impérieuses avaient forcé d'interrompre cette partie de service intérieur, et d'ailleurs aucun moyen de traitement  et de curation ne s'y trouvait établi. 
Le Directoire exécutif, instruit que les bâtiments dépendants de cette maison réunissaient par leur distributions aérées et salubres, ainsi que par l'étendue des jardins, tous les moyens propres au traitement, et voulant laisser une preuve constante de sa sollicitude pour le malheur, a ordonné, par arrêté du 27 prairial dernier, que cet hospice serait rendu à sa destination première, et qu'il y serait fait en outre toutes les dispostions nécessaires pour y établir le traitement en grand complet de la folie. Vous trouverez ci-joint copie de cet arrêté. 

D'un autre coté, citoyens les remèdes physiques ne sont pas les seuls auxquels on doive recourir pour la guérision de cette maladie ; les moyens moraux peuvent aussi procurer de grands succès : il faut que l'homme de l'art appelle à son secours la philosophie et la plus tendre humanité.  Il n'y a pas d'insensés qui, dans le nombre des individus qui les soignent, n'en affectionnent quelques-uns : ces individus- là ont souvent sur eux le plus grand empire ; ils parviennent à les faire lever, les conduisent en promenade, au bain, à la douche, et leur font prendre un breuvage désagréable par la seule persuasion. Combien donc sont coupables ceux qui se familiarisant avec cette maladie, cessent de voir leurs semblables dans ces victimes intéressantes et les traitent avec dureté ! 
L'administration d'un nouvel établissement, confiée à des amis de l'humanité et dont le zèle égale le désintéressement, et à un médecin philosophe, réunira cet heureux concours des moyens physiques et moraux, en même temps qu'une surveillance paternelle procurera aux insensés le soins les plus affectueux. 
Les Administrateurs choisis méritent toute votre confiance ; et je considère comme une douce et honorable fonction de mon ministère d'être le premier Administrateur de cet établissement, et de pouvoir coopérer à ce que l'humanité a droit d'attendre de cette institution. 
Le succès de l'établissement dépendant plus particulièrement du médecin, le Directoire appelle à cette place l'homme qui lui a paru y avoir le plus de droits, le citoyen Gastaldy, connu par d'excellens mémoires, mais surtout par les fonctions que depuis 1762 il a remplies comme médecin en chef de l'hospice des Insensés d'Avignon. Les vues philanthropiques qui l'ont dirigé dans l'exercice de ses fonctions, ont contribué à donner à cet hospice une grande célébrité, par la réunion des secours moraux et des remèdes physiques, qui, suivis de succès, ont évidemment provoué que les observateurs français pouvaient prétendre aux mêmes résultats dont les Anglis ont cru être en droit de s'enorgueillir exclusivement. 
Je me flatte que vous partagerez la satisfaction que j'éprouve à vous donner connaissance de cet établissement. Je joins à l'arrêté du Directoire un avis de l'Administration sur les détails économiques et sur les conditions pour y être admis. 
Je vous invite à donner à cet objet de la publicité, pour l'utilité des familles qui désirent procurer un asyle à des insensés. 
Salut et Fraternité. 
Signé : Letourneur. 
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Extrait des Registres du Directoire exécutif, du 27 Prairial, an 5 de la République française, une et indivisible. 

Le Directoire exécutif, ouï le rapport du ministre de l'intérieur ; considérant que, parmi les institutions de bienfaisance, il n'existe en France aucun établissement où, sous les rapports de l'art, la folie soit traitée avec méthode et de manière à parvenir à une guérison plus assurée ; considérant que les locaux affectés au traitement de cette maladie dans le grand hospice d'humanité de Paris, ne présentent aucun moyen de donner à ce traitement tout le développement nécessaire ; que d'ailleurs ces locaux sont réclamés par l'amélioration des autres parties du service de cet hospice ; considérant que les bâtiments de Charenton près Paris, connus sous le nom de  Maison de refuge pour les fous, réunissent, par leurs distributions aérées et salubres, ainsi que par l'étendue des jardins et terrains qui en dépendent, tous les moyens propres au traitement en grand et complet de la folie ; désirant aussi donner particulièrement à une classe infortunée, trop longtemps négligée, une preuve constante de la sollicitude du Gouvernement pour le malheur, arrête ce qui suit :
Article Premier. 
L'hospice de la Charité de la commune de Charenton près Paris, connus sous le nom de Maison de refuge pour les fous, sera rendu à sa première destination ; il sera fait en outre toutes les dispositions nécessaires pour y établir un traitement complet pour la guérison de la folie. 
Article 2. 
A compter du jour où ce traitement pourra être mis en activité, la maladie de la folie ne sera plus traitée dans aucun autre hospice de Paris, et les salles destinées à cet usage au grand hospice d'humanité seront rendues au service de cette maison. 
Article 3. 
Toutes personnes des deux sexes, attaquées de ce genre de maladie, et de quelque endroit qu'elles viennent, seront reçues dans l'établissement pour y être traitées, les indigens gratuitement, et les non-indigens moyennant une rétribution journalière : les soins seront les mêmes pour tous. 
Article 4. 
Les malades indigens, non curables, seront placés dans les maisons déjà destinées à les recevoir; les familles des non-indigens pourront les laisser dans l'établissement moyennant pensioin, dont le minimum sera de 600 francs. 
Article 5. 
Il sera attaché au service de l'établissement un Econome, un médecin et deux élèves, l'un en médecine et l'autre en chirurgie : la place du Médecin sera donnée au concours. 
Article 6. 
La dépense de l'établissement sera acquittée avec le montant de ses revenus existans : du produit des pensions et rétributions des non-indigens, et, en cas d'insuffisance, avec les secours du gouvernement. 
Article 7. 
L'établissement sera sous la surveillance du ministère de l'intérieur ; le Directoire exécutif l'autorise à nommer les agens et à faire tels règlements qu'il jugera convenables pour l'organisation du service et le régime intérieur de cet hospice. 

Article 8. 
La partie des bâtimens consacrée aux maladies ordinaires des habitants du canton, continuera d'être employée au même usage, mais sous la même administraiton que le surplus de l'hospice. 
Le présent arrêté ne sera pas imprimé. 
Pour expédition conforme, le président du Directoire exécutifl signé Carnot, par le directoire exécutif, le secrétaire général, signé Lagarde. 
Pour copie conforme :
Le ministre de l'Intérieur, Letourneur. 
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Avis; 
La maison de Charenton prend son nom de ce bourg, distant de Paris de deux lieues. Située sur une demi-côte au bas de laquelle coule la Marne, et à peu de distance de son confluent avec la Seine, elle est dans la plus belle exposition : on y jouit d'un air salubre; l'enclos est vaste; les eaux y sont abondantes. 
Il y a un local destiné au traitement de la folie ; on y a établi des bains froids et chauds, des douches ascendantes et descendantes, secours essentiels à la curation de cette maladie. 
On sera admis au traitement moyennant un prix de journée fixé à trois francs. 
La maison de Charenton a conservé une partie de ses revenus ; ce qui offre à l'administration la facilité de modérer le prix de ce traitement, nécessairement dispendieux, surtout par le nombre d'infirmiers qu'exige le service des insensés. 
Comme les succès ne s'obtiennent souvent dans cette maladie que par la persévérance dans leur administration, si le traitement est inefficace à une époque, on y soumettra les malade à l'époque du printemps, qui parait être préférable à toute autre. 
il y a des genres de folie qui sont peu susceptibles de curation ; alors la maison de Charenton offre aux familles la ressource d'un pensionnat où les secours de l'humanité seront prodigué à ces victimes malheureuses d'une démence incurable. 
Il y a des maisons où l'on reçoit les fous, mais si on en excepte un très petit nombre où la qualité de l'homme soit respectée, ces maisons sont un objet de pure spéculation. L'insensé est privé de la surveillance de sa famille, livré à la parcimonie, et souvent à des traitements d'autant plus cruels que la plainte lui est interdite. 

La maison de Charenton, au contraire est confiée à des administrateurs qui n'ont accepté cette honorable fonction que par philanthropie, et qui ne peuvent que justifier la confiance des familles et celle du gouvernement. 
Le pensionnat est un vaste bâtiment où l'on jouit de la vue la plus agréable. 
Il y a des chambres communes, des chambres particulières à cheminées, et des appartements composés de plusieurs pièces pour ceux à qui leur fortune permet la facilité d'avoir un domestique particulier. 
Des terrasses du grand jardin sont destinées à la promenade et on conduit dans la campagne les malades dont l'état permet de sortir au dehors. 
Il y a des salles d'assemblées, de billard et de jeux tels que les dames, les échecs, le trictrac, et une bibliothèque, enfin on
 y réunit tous les genres d'amusement et de distraction : car l'isolement est un moyen d'augmenter la folie, tandis que la société et la vie commune en est un de l'adoucir. 
La table y est bonne ; cette jouissance étant souvent la seule qu'on puisse procurer dans cet état : la nourriture consiste en potages, viandes et volailles bouillies et roties, poisson pâtisseries, légumes et fruits. 
Le prix du pensionnat diffère à raison de l'aisance et des jouissances que la fortune de l'individu permet à sa famille de lui procurer : le minimum est de six cents francs par an. La famille fournira le coucher, quatre paires de draps, deux douzaines de serviettes, et se chargera de l'habillement : la maison pourra procurer ces objets moyennant une somme additionnelle dont on conviendra. 
Les familles s'adresseront, pour les conditions, au citoyen Coulemier, régisseur de l'établissement à Charenton. 

dimanche 29 janvier 2012

CSR - Comité Epuratoire 29 Brumaire An II




A en perdre la tête : Maltête amène une lettre qui décoiffe et donne matière a en trancher quelques unes... il la tient de son perruquier ! 

Chenevières membre du CSR part fouiller les archives notariales.
ça s'arrange pour Rouillon le maire de Gizay et  Dupuy prêtre à Usson rallie avec zèle la république... 
Du coté des prêtres les dénonciations continuent. 
Du coté des filles le divorce est l'opportunité de prendre des distances salutaires avec les maris émigrés. Les certificats de citoyenneté semblent apporter un apaisement, néanmoins certaines en demandant leur incarcération semblent montrer qu'il y a pour elles beaucoup à craindre de la liberté....
Salut et Fraternité. 

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Séance du 25 Brumaire An 2 
Le 25 Brumaire An 2, Desminières et Ducoux ont tenu des propos les plus indécents et ont même refusé d'ouvrir leur porte. Le comité considérant combien il est urgent de punir semblables délits qui en se renouvellant nuiraient beaucoup au bon ordre et à la subordination qui doit régner dans les maisons de détention arrête que les dits Desminières et Ducoux  seront mis au cachot et que le dernier n'aura que du pain et de l'eau pendant 24H. 
Chenevières est allé perquisitionner chez le notaire Chasteigner. Explique qu'il a fait des découvertes intéressantes pour la république. "Mais pour enlever jusqu'aux dernières traces de l'ancienne féodalité et des opérations monstrueuses de tous les cy-devant prêtres et autres agents du cy-devant clergé et de toute la moinaille, il invitait le comité à prendre un arrêté d'après lequel il lui serait permis de faire le tri des minutes de tous les titres relatifs tant aux prises de possession qu'aux nominations des cy-devant curés prieurs et ainsi qu'aux rentes, actes translatifs de propriété d'office, de les faire enlever pour être livrés aux flammes ; qu'il lui serait également permis de former un état  de tous ces titres et qu'il faut enjoint au citoyen Chasteignier de former un nouveau répertoire de tous les actes qui demeureront déposés entre ses mains, qu'au surplus le garde national qu'il suit et accompagne le dit Chasteigner ne recevra que trente sols par jour et sa nourriture à dater de ce jour. "
Le comité reconnaissant de quelle importance, l'opération proposée par le citoyen Chenevières est pour la République, lui a voté des remerciements et a arrêté qu'il serait chargé de l'exécution ...

Le comité sur les observations de plusieurs de ses membres et attendu qu'il ne doit plus être question de prêtres ni de messe, et que tout culte est libre, arrête que les citoyens Delaunnay fils et Boinard fils seront mis en liberté ainsi que la citoyenne  Delaunnay fille. 

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Séance du 26 Brumaire An 2 
Rouillon maire de Gizay :Le CSR conclue à étourderie et le remet en liberté. Transmet les pièces à la mairie de Gizay qui prendra tel parti qu'il appartiendra

* Pétition du comité de surveillance de Thurageau, le CSR se transportera dans les communes voisines pour faire les recherches et perquisitions des maisons pour lesquelles se trouvent encore des armoiries. 
- Un membre précise qu'il faut l'aval du département concernant les propositions de Chenevières. 

Séance du 26 Brumaire An 2 
Il existe des malveillants sur la commune de St Julien à arrêter. 

Le citoyen DUPUY, prêtre à USSON a donné des preuves d'attachement à la révolution ayant été le premier à quitter l'habit de moine, ayant fait tous les serments prescrits par la loi et s'étant toujours montré comme un bon républicain. Le comité le remet en liberté.
Dupuy fait part au comité qu'il existait un grand nombre de malintentionnés dans la commune d'Usson qu'il était nécessaire de surveiller, il a demandé en conséquence un pouvoir à cet effet.
Il sera écrit à la municipalité d'Usson pour surveiller les aristocrates. 

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Séance du 27 Brumaire An 2 
D'Ardillac vient déposer une lettre au CSR
La lettre est datée du 9 Novembre 1793, l'an 1 du règne de Louis XVII sans timbre d'après laquelle il semblerait que nous ayons perdu 6000 hommes tandis que les aristocrates n'auraient eu que 18 Hommes de tués, à la prise de Rennes. Il est dit aussi que les patriotes sont des impies qui ne reconnaissent ni Dieu ni la Vierge.  qui font brûler les bréviaires et cette lettre n'est signée que d'un C et d'un D.
Cette lettre lui a été remise par le citoyen Maltête fils administrateur du département qui lui avait dit la tenir de Doudet fils son perruquier, et qu'il demandait que Doudet fut mandé au comité pour savoir d'où il tenait la lettre.
Doudet est immédiatement amené. Déclare que la veille dès les neuf heures les nommés COURTILLE et MAGDELEINE couturières qui demeurent chez lui, apportèrent cette lettre ne pouvant la lire elles-mêmes qu'ayant des priincipes très aristocratiques, il décida de la confier à Maltête.
COURTILLE et MAGDELEINE sont immédiatement interrogées, séparément. Elles disent avoir trouvé la lettre sur les marches d'une échelle du palais, ont cru à des asignats, puis vu qu'il s'agissait d'une lettre qu'elles ont amené à Doucet.
On interroge les citoyens de garde qui n'ont rien vu de spécial.
Doucet demande à retourner dans sa chambre, il a fait du cachot jusque là. 

Il est donné à Chenevières le pouvoir de perquisition chez les notaires, offciers publics , procureurs, huissiers, etc... afin d'y vérifier les titres...

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29 Brumaire An 2 : 
Alexandre Commissaire ordonnateur des guerres à Lyon. 
Jacques Amable le remplace. 
Chenevières demande la libération du notaire Chasteignier qui a donné tous ses documents. 

Le 29 Brumaire, la citoyenne  GAULLIER s'est divorcé depuis plus d'un an, elle demande à jouir de la liberté et a été considérée comme une bonne citoyenne, elle dépose à cet effet le seul gage qui lui reste encore de son cy-devant mari, c'est sa bague d'alliance dont elle fait don à la patrie. Remise en liberté.
Degonne prêtre de la commune des Trois Moutiers, accusé d'être à la tête d'un parti contre-révolutionnaire et a pour complice, les prêtres des environs de Chinon. Le citoyen Moreau auteur de cette lettre dit queles prêtres d'Amboise, de Preuilly, de Chateau Regnault, et la Flêche ainsi que plusieurs autres particuliers font projets contre révolutionnaires.

Les citoyens Morlon, Rigonnier, David, députés à la Société des Amis de la liberté et de l'égalité de 1793 ont déposé sur le bureau un arrêté de la dite société en date d'hier tendant à faire un scrutin épuratoire dans la dite société. 
Le comité considérant de quel danger il a été pour la chose publique que la société populaire ait été composée dans la pusillnimité et la faiblesse, ont exposé  tant de fois la chose publique considérant combien il est important que les mêmes sociétés populaires ne soient composées dorénavant que de vrais sans-culottes dont les principes sont inexpugnables. 
A arrêté que sur le champ et de concert avec les dits commissaires il serait procédé à la nomination de 27 membre destinés à faire le scrutin épuratoire proposé et d'après le concours des lumières de tous les citoyens présents il a été arrêté que les citoyens LINDRE, GIRAUD, THIBAUDEAU père,  JOUYNEAU, FRADIN, LE CARLIER, MAURY AINE, PIORRY, CURE, BICHON, M BOURDIER, COUTURIER PERE, CHENEVIERE, DAVID, DESSEAUT AINE, DEXMIER, DUCHATEAU, CELLIER, GRAY TAILLEUR, MORLON, MASSON, MENIEL, MAIGRET, MOTETaccusateur public, PESCHER, PLANIER PERE, RIGONNIER, ROBINEAU et TALLERY formeront le comité épuratoire 
Un membre ayant observé que d'après la lettre reçue de Doué il faut prendre des mesures contre les contre-révolutionnaires. Etant donné la situation du département et des départements alentours (Rochefort en danger, l'indre et Loire aussi) la présence des Vendéens.... il est ordonné que le directeur de la messagerie ne laissera partir personne par les voitures publiques, idem pour le maitre de la poste à chevaux sous peine de destitution et d'être responsables sur leur tête des maux que pourrait causer à la république leur négligence. 
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30 Brumaire An 2. 
Bijen mis en liberté. 
Daniau est parti à la poursuite de Greban, Lecolier et Delestre. Seront mis à la visitation en attendant leur transfert vers La Rochelle. 
Marie Pierre Coutault : Petition de la municipalité de Sommières pour le libérer. 
La citoyenne Montalembert obtient son certificat de citoyenneté. 
La citoyenne Descartes fille obtient son certificat de citoyenneté. 
Mansard et Crémière libérés. 
Arrestation de Jean Viaux et Louis Belloin à Migné qui circulaient sans passeport, remis en liberté. 
La citoyenne JANVRE epouse BARDIN, émigré vient au comité et demande qu'il lui fut permis d'exécuter la loi sur le renfermement des personnes suspectes dans cette ville et demeurer en arrestatioin. Ira aux Hospitalières pour y demeurer jusqu'à la paix.