lundi 24 juillet 2017

Dénonciation calomnieuse - 10 Messidor An II - Thenezay.






Capion, vicaire à Thenezay, a prêté serment à la République, en bon prêtre républicain, il vient à Poitiers se marier. Qu'a-t-il pu dire à la Porte de Paris ? Toujours est-il, qu'il est dénoncé pour suspicion de propos contre-révolutionnaires :

Le Sr Capion prêtre vicaire ci devant de la commune de
Thenaizé, district de Parthenay département des Deux Sèvres, ayant paru
suspect  au planton de la Porte de Paris
et le Citoyen Chenevière s’étant trouvé dans le quartier il a été décidé qu’il
serait conduit à la Visitation surtout après avoir fait des réponses très
embarassantes.
Ses deux laissez passer de sa commune déposés à la lettre C. 



Une centaine de prêtres de tous âges, de toutes conditions, arrêtés, guillotinés ou déportés dans les Archives Criminelles Révolutionnaires. Rares sont ceux qui ont pu se défendre. 


Capion qui bénéficie, comme de nombreux autres, du soutien de sa commune, ne manque pas de style pour plaider sa cause  :

Il est à présumer Citoyen, que l’on a trompé ta religion sur
ma conduite. Car il ne tombe pas sous le sens que tu ais mis depuis plus d’un
mois un citoyen en arrestation sans avoir pris
des renseignements pour savoir s’il est coupable ou non.
Sans chercher ici à connaitre mon calomniateur,  je me bornerai à analyser autant que le petit
espace de cette feuille me le permettra, la conduite que j’ai tenu depuis le
commencement de la révolution jusqu’au moment de mon arrestation.
Le fils d’un simple bucheron a qui la fortune ainsi qu’à son
fils  avait constamment tourné le dos, ne
peut avoir par sa naissance aucun motif qui
l’attache à l’ancien régime…
Celui qui travailla aux ouvrages pénibles de l’agriculture
jusqu’à 22 ans et qui ne cessa ce louable exercice qu’à la sollicitation de
quelques personnes qui croyant lui rendre service en le portant à se faire
prêtre, qui ne parvint à ce ci-devant état que par charité, qui depuis ne vécut
jamais que de charité, n’était certainement pas payé  pour être attaché à l’ancien régime….
Celui qui avant la Révolution n’avait jamais pu lier avec
les ci-devants nobles, ne peut être suspecté d’avoir adhéré ni trempé dans
leurs complots  contre la liberté du
peuple…
Celui qui sans hésiter, à prêté tous les serments prescrits
par les décrets et qui a toujours  tenu
une conduite conforme à ses serments, n’a pu avec justice être argué
d’incivisme….
Celui qui en public comme en particulier, a non seulement
presché l’obéissance aux loix et sollicité la jeunesse à voler à la défense de
la patrie, mais encore quoique  fort
pauvre, a donné à  plusieurs reprises à
boire et à manger et encore de l’argent, ne peut vraiment pas être regardé
comme contre-révolutionnaire.
Celui qui en 1792, sut inspirer à son frère âgé de 48 ans,
le désir et la volonté d’aller par les frontières pour défendre sa patrie, et
qui non obstant sa modique fortune lui donna à son départ la somme de cinquante
livres et qui depuis lui envoya encore à différentes fois, n’était certainement
pas l’ennemi de la patrie.
Celui qui au mois de Brumaire dernier, par ses soins et ses
dépenses redoublés, arracha des bras de la mort, un autre frère agé de 45 ans,
qui sortait des prisons de Saint Florent où il avait été détenu par les
Brigands, depuis le 5 Juillet de la même année, n’avait certainement pas varié
dans ses sentiments.
Celui qui dans le courant de Frimaire dernier, eut la
commission de faire le recensement des grains et de la population dans la
commune de Vasles, commission dont il s’acquitta avec autant de fidélité que de
zèle, n’était sans doute pas vu de mauvais œil par l’administration de son
district.
Un cidevant vicaire, qui a cessé dès le mois de Nivose
inclusivement toutes fonctions et depuis cette époque s’est totalement livré
aux pénibles travaux de l’agriculture ne peut sous aucun rapport être accusé
d’avoir troublé l’ordre ni manifesté aucune
mauvaise intention.
Enfin celui qui dans le courant de Floréal dernier fut
demandé par la municipalité pour être son
secrétaire greffier, et à laquelle demande, le Directoire du District de
Parthenay ne refusa son adhésion qu parce que celui-ci n’était pas marié,
n’avait certainement pas perdu la confiance de sa commune.
Celui-ci enfin, qui le dernier jour de Floréal n’était parti
de son domicile pour venir dans cette ville qu’avec des vues qui n’étaient rien
moins qu’inciviques, puisque c’était définitivement pour se marier à une
habitante de cette ville, ainsi qu’il en avait instruit sa municipalité avant
son départ. Peut-il être regardé comme suspect et être traité comme tel ?
Ce peut-il faire que dans un seul instant, un républicain, un vrai sans-culotte
ait perdu sa liberté ; ensemble tous les moyens de se faire
entendre ?
Sois bien persuadé Citoyen, que le républicain qui te parle
avec autant d’assurance que de franchise, souffre tous les maux imaginables, et
que le plus cruel  est de se voir
confondu avec les ennemis de la chose publique pour qui  sa détention
est un sujet d’alégresse, parce qu’il disent voyez à quoi lui a
servi  son patriotisme ? Ils
prennent de la occasion de calomnier les amis de la République.
Daignez Citoyen prendre en considération toutes ces
vérités.  Si j’ai été dénoncé, ce que je
ne puis croire ; fais moi part  des
griefs dont on m’accuse ; tu apprendras bientôt, que tu as oté la
liberté  à un citoyen qui n’a jamais
mérité de la perdre.
Ah cher Citoyen ! Si dans le moment où je te vis à la
Porte de Paris, j’eusse eu le bonheur de te connaitre que je me serais épargné
des peines : mais ne sachant pas que tu étais ministre de l’autorité
populaire, c’est ce qui fit que je ne te donnais pas une réponse aussi
satisfaisante que j’avais fait. Souviens toi, aussi cher Citoyen que tu me
promis de me revoir le lendemain, je suis encore à t’attendre et comme j’ai
encore quelque chose à te dire et que sous tous les rapports je ne puis confier
au papier, je te prie au nom de ce qu’il y a de plus sacré dans l’humanité de
venir me voir promptement et tu feras justice.
Salut et Fraternité.
Capion.
De la cidevant Visitation, le 6 Messidor An 2 de la
République Française, une indivisible et impérissable.



Exception à la règle de cette Terreur anti-cléricale, Capion sera libéré le 10 Messidor. 
Vous retrouverez peut-être sur la base Crimes, le curé de votre village, l'occasion d'aller fouiller plus avant dans les Archives pour savoir qui l'a dénoncé, pourquoi et qui l'a soutenu...

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

lundi 17 juillet 2017

Les tremblements de terre mentionnés dans les Registres de la Vienne




Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.

A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?

A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.


1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes.

En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !

La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l'échelle MSK soit environ 5,5 sur  l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

(Article paru dans Centre Presse en 2014)

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.





ANDILLE1708/00/00AD86/BMS/1706-1725/vue 9
BONNES1704/03/11BMS 1702-1708 page 48
VENDEUVRE1704/03/11AD86/BMS/1703-1704/vue 88
CERNAY1711/10/06AD86/BMS/1701-1712/97
MONCONTOUR1711/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107.
BRIGUEIL-LE-CHANTRE1749/10/11AD86/1745-1753/vue51
LA CHAPELLE-MOULIERE1749/10/11AD 86, La Chapelle Moulière, BMS 1740/1756 page 87/138
VERRUE 1711/10/06AD86/Verrue/BMS/1701-1715/vue 66
RANTON1711/10/06Source ADV Ranton BMS 1703 - 1712 page 87
ANDILLE1708/00/00AD86/andillé/BMS 1706-1725/vue 9
BOUSSAY1749/00/00AD 37 - Relevés GE86
ANGLIERS1751/00/00AD 86/Angliers, BMS 1749/1754 page 23/48
ANGLIERS1752/00/00AD 86 Angliers BMS 1749/1754 page 23 en bas.
ARCAY1714/01/25AD86/ Arçay/ BMS 1713-1732 p 7/106 doite, bas
MONCONTOUR1713/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107
NIORT1776/04/30AD86/PRESSE ANCIENNE/1776/AVR/VUE 14

lundi 10 juillet 2017

La colère du fou - Senillé - 26 Mars 1796



Dans la série des Polars de l'été ;)

Se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment,
 le 26 Germinal de l'an IV ( 26 mars 1796 ), à Senillé...

 Antoine COUDREAU va mal, très mal, ça fait cinq à six jours déjà que tout le monde le voit errer, délirer, il a 50 ans, il est blatier
Ce samedi là, près de la Fontaine aux Roches, sur la route de Châtellerault, il croise Anne HYVERT, sa voisine depuis 20 ans, la femme de JOUBERT, le métayer du Grand Poirier.
 Le sent-elle menaçant ? Lui fait-il pitié ? 
"Mangez mon pain COUDREAU." seront ses dernières paroles,
 entendues par les trois témoins qui se trouvent alentour ( Jeanne JOUBERT, Marie PRIEUR et Madeleine MEUNIER). 
A peine les a-t-elle prononcées, que COUDREAU se jette sur elle, la renverse à terre et s'acharne sur son visage, sur son corps, armé d'un caillou,  violence inouïe de l'agression, force de l'agresseur. Malgré l'intervention des témoins, Anne est grièvement blessée. Transportée chez elle, elle y décède rapidement. 

COUDREAU s'est enfui.
 On le retrouve chez lui, chantant, délirant, agité, impossible à interroger. 

Au premier interrogatoire, en prison, on en sait un peu plus. Antoine COUDREAU dit avoir entendu un ordre venu d'en haut. Il a frappé en disant 
" c'est la colère de Maman qui vous frappa".
Il confirme qu'Anne est sa voisine depuis 20 ans puis se mure dans le silence. 
Au second interrogatoire, il semble y voir plus clair, parait plus calme, parle de sa santé. Depuis un an il souffre de "pesanteurs de stomach" qui lui font courir la campagne. Il semble avoir conscience de ses troubles mentaux. 

En prison, il va sans doute mettre une belle pagaille, car ses actes de folie sont mentionnés avec insistance. 

Fou à lier.... 
A tel point qu'il ne sera pas jugé.
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Source : ADV Cote L SUPPL 405
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Cette histoire interpelle à plusieurs titres :

-  Quelle est cette "colère de Maman" ? Et qui est Maman ? Ne cache-t-elle pas un secret entre les deux familles, un de ces si nombreux différents de voisinage qui furent à l'époque et sont encore aujourd'hui trop souvent à l'origine de gestes criminels ?

- La folie meurtrière est ici reconnue pour la première fois dans les dossiers que j'ai dépouillés. Notée, précisée. Elle change le regard de la justice et amène à suspendre le procès. Nous sommes à l'époque de la Révolution psychiatrique. Pinel va libérer les fous de leurs chaines, de leur abandon et reconnaitre leur pathologie. Ce procès est peut-être l'illustration de cette nouvelle approche...

Notre pauvre Antoine est blatier, c'est à dire farinier, grainetier, vendeur de blés. Pourrait-il être atteint d'ergotisme, maladie de l'ergot de seigle qui peut provoquer des hallucinations ? C'est une hypothèse à retenir. 

mercredi 5 juillet 2017

Bandit, voyou, voleur, chenapan !... St Hilaire (86) 1887. Echo à Centre Presse.


Bandit, voyou, voleur, chenapan !...
J’ai 13 ans et c’est ainsi qu’on me nomme, moi,  Louis Victor Godineau né à Bouzillé dans le Maine et Loire (le 17 décembre 1872), en septembre 1886. J’ai grandi à Nantes, rue Richet.  Louis Victor mon père et Félicité Esseuil ma mère sont de bons parents, mais moi c’est autre chose, je suis bagarreur, j’ai mauvais caractère et de mauvaises mœurs, mais je ne suis pas bête. C’est le juge qui l’a dit !

La dernière fois, en septembre 1886, j’ai tapé un peu trop fort, bing !  « Coupable de coups et blessures, agit sans discernement », alors on m’a envoyé ici. Ici, dans le Poitou, à la Colonie Pénitentiaire St Hilaire, loin de chez moi et je vais y rester jusqu’à mes vingt ans. On va m’éduquer et comme je ne suis pas si bête, j’apprendrai le métier de boulanger. Mes parents sont soulagés. On leur a donné le droit de venir me voir.  C’est le juge qui l’a dit !

J’ai 13 ans, les sourcils chatains, le front haut, les yeux bleu azur pale, le nez convexe, une petite bouche, un menton rond et un visage allongé, le teint brun. Au-dessus du sourcil droit, j’ai une cicatrice de 2cm. Je suis en bonne santé, juste un peu lymphatique. C’est le médecin qui l’a dit !

A Saint Hilaire, depuis trois mois. Je commence l’année 1887 avec une mauvaise bronchite et une diarrhée chronique. On m’a envoyé à l’infirmerie.  Là-bas, ça castagne aussi,  hier je me suis pris un coup de sabot. D’accord, je ne l’avais pas volé, mais qu’est-ce que j’ai mal au genou ! Mais je me tais, je me méfie, la loi des sauvageons de St Hilaire, je commence à m’y faire, mais les punitions des matons, ça non… C’est les colons qui vous le disent !

Ça fait bien  trois mois que je hurle en silence à cause de ce fichu genou, mais ce matin, je n’ai pas pu me lever et j’ai dû  montrer ma jambe, alors ils ont bricolé une attelle.

En juin, « Un épanchement considérable de synovie remplit l’articulation dont tous les tissus sont tuméfiés et inflammés. Il s’est déclaré à la partie interne de la jambe une vaste collection purulente. Aujourd’hui l’enfant est atteint de tumeur blanche du genou, les condyles du fémur ont presque doublé de volume, les ligaments de l’articulation du genou se sont relachés et le tibia se luxe de plus en plus sous le fémur sans qu’il ait été possible dans l’origine de s’opposer au développement des os par des appareils contensifs par suite de la formation de la collection purulente.  ». Il faut que j’aille à l’hôpital. C’est le médecin qui l’a dit !   

A l’Hotel Dieu depuis le 8 Juillet 1887, je coute 2 francs 08 la journée, l’état paiera mes soins. C’est le préfet qui l’a dit ! 

Mai 88, ça fait presque un an à l’hosto ! Je vais un peu mieux même si la guérison est encore loin.  Les notes de frais s’ajoutent. C’est le directeur de l’hôtel dieu qui le dit.
Juillet Ça y est, c’est fait j’ai moins mal, enfin j’ai mal autrement. Un an, ils ont mis un an à couper ma jambe !J’ai dérouillé, mais je suis vivant. Je vais pouvoir sortir de l’hosto, c’est Luneau qui m’l’a dit ! 

Et on va me payer une jambe de bois, c’est le préfet qui l’a dit ! 

Février 1889 : ça se passe jamais aussi vite que prévu, j’ai fini l’année à l’hosto . Je vais me tenir à carreau. Je sortirai bientôt de St Hilaire, le 16 décembre 1893, enfin c’est ce qui est prévu. C’est le directeur qui l’a écrit ! 

Ce jour-là avec ma jambe de bois et ma tête de pioche, je serai devenu  l’roi de la brioche
 et ça
 c’est moi qui vous l’dit !

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L’enfant Godineau est-il sorti du bagne ? Rien ne le confirme dans son dossier. La série 3Y59 des AD86  comprend une liste nominative des dossiers d’enfants détenus à la Colonie pénitentiaire de St Hilaire au XIXème siècle. Fondé en 1842, l’établissement devient autonome en 1860. De bagne en IPES, il accueillit au fil des réformes, les enfants en éducation surveillée. Fermé en 1974, il fut transformé…

 en golf en 1985.

Article paru le 11 septembre 2014

Merci Centre Presse pour l'enfant Godineau ! 


samedi 17 juin 2017

L comme Livres #challengeAZ (2016 en retard) - Thème, objets de mémoire.


L'année dernière, je n'ai pas terminé le #ChallengeAZ. J'ai Kalé au K... pour cause de débarquement de petite descendance... Sophie nous a donné l'autorisation de reprendre là où nous en étions restés. C'est tentant de terminer cette année, parce que le sujet est sympa (objets de mémoire), parce que que j'ai eu plaisir à relire les billets de l'an passé. Le thème est un peu personnel et à la fois universel : donner un peu d'âme aux objets afin qu'ils survivent à la déchetterie et leur histoire avec. 

Mon père était ouvrier et poète, fier et modeste, apatride et autodidacte. Je suis la gardienne de deux de ses livres. Objets parmi les plus précieux, car il me suffit de les ouvrir pour retrouver sa voix, sa respiration, le rythme de sa parole, son regard aussi, son sourire satisfait de l'émotion transmise.
Retrouver une voix qui s'est éteinte il y a onze ans.
Combien de temps garderai-je encore ta voix papa ?
"Souviens-toi Barbara... Sanguine jolie fruit, soleil de nuit... Souvent la pastourelle, loin de son jeune amant... "
Paroles de Prévert et le langage des fleurs, achetés dans les années 50 sur les quais de la Seine, chez les bouquinistes.
Mon  père aimait nous dire les poèmes qu'il connaissait coeur.
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Modesto PINO GARVIA né à Barcelone le 10 janvier 1930. Apatride en février 1939, passage du Perthus, camp d'Argelès, enfance terrorisée. A grandi dans le Loir-et-Cher à Pontlevoy, récitait des poèmes le long des trois kilomètres qui séparaient la ferme de l'école. Meurt le 9 aout 2006 à Chelles. Quinze jours avant, m'avait chanté la chanson du camp d'Argelès.

dimanche 5 mars 2017

Mémé.




Justa Garvia-Vara née en 1895, belle comme une madrilène amoureuse d’un andalou. Argelès plage, Février 39, réfugiée tête haute, pieds dans la neige, un enfant à chaque main. 1960, Pontault-Combault, buissonnières, sur le chemin de l’école, nous bifurquions vers le marché, cherchant la mer sur l’étal aux poissons. 1965, complices, elle raconte l’utopie comme une vague brisée sur le sable. 1968, sous les pavés, un crabe sans plage la dévore. « Tu me guériras », murmure-t-elle… Utopie. 2011, OFPRA-Archives, trésor amer, trois photos, quelques mots ! 2012, grand-mère à mon tour bâtissant sur le sable des châteaux en Espagne ! 


Mise à jour d'un ancien #geneatheme "Cent mots pour un ancêtre" à l'occasion de la fête des grand-mères. 


mardi 14 février 2017

La St Valentin de l'#Archive #Insolite #geneatheme


Pourles amoureux en panne d'inspiration
;-)

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Quand deux cours sont unis damour 
Que leurs liens sont doux et de longue durée 
Les sensibles plaisirs quils goutent tour a tour 
Leur font trouver tout le tanps dune année 
Bien plus court que celuy dun jour 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
depuis que jayme Lizette 
je souffre nuit et jour les plus cruels tourmins 
dans les plus doux plaisirs mon ame est inquiette 
helas que mon cour vous regrette 
tranquils jours, jours heureux charmants 
ou je naimois que ma nuchette 
// 
Lizette proffitez dune aymable junesse 
Qu'on passe sans plaisirs sy lon est sans tandresse 
Quand on perd un momant du beau temp des amours 
Souvenez vous qu'on le perd pour toujours 
On peut pour mieux choizir et pour le 
Satisfaire 
Estre un temps sans engagement 
Mais tost ou tard il fault qu'une bergere 
Fasse choix dun fidel amant 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
dans nos prés dans nos bois 
tout vit tout renouvelle 
a proffiter du temps dune saison sy belle 
amants heureux vous mettez tous vos soins 
mais les cours malheureux 
les ames languissantes parmi tant dagréements 
ne languissent pas moins 
et toutes les saisons leur sont indifferentes 
// 
bergers quy souffroient en aymant 
soiez constant soiez fideles 
souvant pour engager le cour des plus cruelles 
il ne fault qu'un heureux momant 
(arbre de la vie ou bouquet dessiné) 
ces fleurs nouvelles en vostre amour nouveau 
comme elles 
font sentir a mon cour milles nouveaux 
plaisirs 
mais sy le cour suivoit trop ses désirs 
ah quil mexposeroit a des paines cruelle 
sy vostre amour nestoit pas plus constant 
et ne duroit qu'autant que duroreroit 
ces fleurs nouvelles 1698 1698 1698 

mademoizelle vostre tres humble 
hobeissant et tres 
affectionné serviteur 

laffligé 
la douleur 
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Archive insolite relevée par les amis de  GE86 et parmi eux  le célèbre et talentueux
Cryptus Anonymus, à qui nous devons cette transcription d'un poème courtois vieux de 315 ans...
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Source : ADV Verrières BMS 1668-1674 pages 54 à 58. 

lundi 6 février 2017

Appel de la Croix Rouge Française aux Généalogistes Parisiens !


« La Croix Rouge Française, recherche dans le cadre de son dispositif de rétablissement des liens familiaux, deux bénévoles pour effectuer des recherches à la suite de demandes émanant de personnes recherchant des membres de leurs familles dont ils ont perdu le contact durant la seconde guerre mondiale.
L’activité se déroulera au siège de la CRF à Paris 14ème, à raison d’au minimum une demi-journée par semaine (lundi ou vendredi).
Travail de fourmi assuré, généalogistes bienvenus !
Si vous êtes intéressé, merci de contacter la responsable du dispositif Aurélie.DeGorostarzu@croix-rouge.fr »


dimanche 15 janvier 2017

#Geneatheme, Paléographie mon amour !


Mais quelle idée de vouloir collecter toutes les archives de son village !!! Faut être timbré ! Photographier 250 doubles pages aux AD86 concernant les fabriques d'Availles et de Prinçay de 1660 à 1782. Tomber sur ce genre d'exercice... Pester, avec ses lorgnons d'hypermétrope, sur le myope du 17ème siècle qui traça ces pattes de mouches. Tempêter sur la lenteur du progrès et rêver d'une transcription automatique par smartphone (cet appendice de notre cerveau) avec recherche par thème, tri des infos pertinentes, mise en contexte...

samedi 7 janvier 2017

#Geneatheme J'organise mon année généalogique.


Retour des Généathèmes sous la houlette de notre Sophie nationale ! Participer et encourager cette émulation est la moindre des choses, car, quand il n'y aura plus personne pour nous  guider vers les plus hautes branches de nos insomnies, gare à la chute !  
Premier thème : J'organise mon année généalogique.
Fastoche. Mon année commence très organisée. 
·   J'organise un bistrot-patrimoine par mois, chaque premier jeudi et j'ai même déjà mis en place le programme pour l'année entière. C'est la première fois de ma vie que je fais ça. Comme quoi on peut attaquer sa septième dizaine (quelle horreur) et se surprendre. 
·   J'organise mes archives généalogiques...papier. Mon fiston designer est un maniaque de l'archivage. Une technique impeccable, un classement cohérent et en prime de l’esthétique. Me voici donc encouragée à remplacer mes classeurs "moches" et mes vieilles boites crayonnées par une série noire harmonieuse, munie d'un étiquetage aux petits oignons. Je vous ferai une photo de la bibliothèque relookée. 
·   J'organise des ateliers. Toujours au village, et toujours dans un lieu public (c'est une très bonne idée le lieu public, je vous ferai un article sur le sujet si j'arrive à m'organiser). Je naviguerai entre la bibliothèque le mercredi après-midi  et le bistrot le matin pour partager, répondre aux questions et en poser !
·  J'organise ma propre généalogie (enfin celle de mes petits-enfants). De temps en temps, je remets le nez dans mon arbre, pour écrire un peu, mettre au propre, reprendre et voir si avec un peu de distance, quelques pistes se proposent. 


En espérant que cette velléité d’organisation  ne soit pas le présage d’une sortie de scène trop précoce…
Organisée ou pas, bonne année généalogique à tous !