samedi 24 mars 2012

Journée Mondiale contre la Tuberculose - Hommage à Camille Guérin - Vouneuil sur Vienne



A l'occasion de la Journée Mondiale contre la tuberculose, remise à l'honneur de Camille Guérin, co-découvreur avec Calmette du BCG.
-----------

C’était un temps terrible que celui de sa naissance. Un sale temps à microbes,  un temps sans antibiotiques, un temps sans espoir de guérir, de soigner.

Camille Guérin est né à Poitiers en 1872.

 Elle,

on l’avait appelée écrouelle, puis phtisie, consomption, catarrhe, en 1839, Schonlein la baptise tuberculose ( de tubercule petit nodule et "ose" mal non inflammatoire). Depuis la nuit des temps, elle creuse les os, les poumons, la peau, les organes génitaux, le cerveau. Invalidante, déformante, stérilisante, suffocante, caverneuse, elle grignote tout.

En 1882, chez les Guérin, elle emporte Eugène, le père. Quelques années plus tard, Madame Guérin se remarie avec Auguste Venien vétérinaire à Chatellerault.

Camille grandit, brillant élève du lycée Descartes, sous l’impulsion de son beau-père vétérinaire, il se destine au même métier. Il part pour Maisons-Alfort et fait partie des meilleurs. Remarqué dans un premier temps par Nocard qui travaille avec Pasteur, il rejoint le laboratoire de Calmette, médecin chercheur, l’ami de Pasteur et de Roux. Camille Guérin sait sa chance et ne la laisse pas passer. Calmette sera son maître, aimé, respecté, honoré, au-delà de la mort.



C’est le début d’un beau duo de science.

 Guérin part à Lille le rejoindre à l’Institut Pasteur fondé deux ans avant, nous sommes en 1897, Camille Guérin a 25 ans. Il se consacre à la vaccine et à la tuberculose.

En 1900, il épouse Marie Lavergne, il aura deux enfants, un fils Pierre et une fille… Camille.

A partir de 1906, ses travaux portent sur le bacille tuberculeux d’origine bovine qu’il cultive sur pomme de terre additionnée de bile de bœuf. L'idée : créer une souche non virulente, stable. Le but : vacciner sans risque.





  Depuis que Koch en 1882, a identifié le bacille virulent responsable de l'affection chez l’homme, d’autres à ses cotés, à sa suite, essaient sans succès vaccins ou sérums. On tâtonne, on échoue, on cherche.

 

Contagieuse, ravageuse, la tuberculose est humaine mais aussi animale. En médecine vétérinaire, aussi il est temps de trouver, de vaincre. A Lille, après la grande guerre, les essais de vaccination sur les bovins avec du bacille atténué ont repris. Calmette et Guérin à force de patience, de travail, isolent, repiquent, atténuent le bacille, jour après jour, cycle après cycle, 20H après 20H, autant de fois qu’il faut. Malgré la guerre qui a sévi, interrompu les travaux, ils tentent, échouent, recommencent, protègent le trésor de leurs premiers efforts.



La science est leur monde et leur monde de science est fascinant. Contemporains de Roentgen, des Curie, sous leurs yeux nait la médecine, l’humaine et la vétérinaire, la radiologie, la radiothérapie, c’est l’enfance d'un Art qui est leur unique terrain de jeu….



En 1918, la guerre se termine, mais la maladie fauche toujours et Marie l’épouse succombe à une méningite tuberculeuse.



A Lille, les recherches se poursuivent. Dans l’élan du savoir, dans l’ivresse de la découverte, entre médecins et vétérinaires, les cloisons tombent. Il faut atténuer la virulence encore et encore. 230 fois plus tard, 13 ans après le premier ensemencement, le bacille qui pousse sous les yeux de nos deux amis  permet enfin la protection de l’animal.



Calmette, avec une extrème prudence et une grande audace, souffle l'espoir en émettant  l’hypothèse que ce bacille là, peut aussi protéger l’homme. Ce bacille là, c’est le BCG, le Bacille de Calmette et de Guérin. C'est un pédiatre, le Dr Weill-Hallé qui autorise et réalise le premier essai de vaccination chez un bébé, c’est un succès. L’enfant échappe à une tuberculose inévitable, attendue fatale.

 Nous sommes en 1921.



 Partout dans le monde, on va vacciner.



On ne sait pas encore guérir la maladie, mais on peut la prévenir, la faire reculer. Et elle recule.



Rivalités, diffamations, mises en cause, accident, rien n’est jamais simple… Calmette meurt en 1933, affaibli par les polémiques.

Guérin poursuit leur œuvre commune, travailleur acharné.

 Il faudra attendre les années 50, pour guérir enfin la tuberculose, découvrir le rimifon, plus la rifampicine, antibiotiques efficaces sur le bacille.

 Ambassadeur inlassable, reconnu, couronné, récompensé, Guérin deviendra Président de l’Académie de Médecine en 1951.





Camille aime à venir de temps en temps, se reposer dans sa maison de Vouneuil sur Vienne, il y retrouve ses enfants, les chemins du Pinail, les vieilles pierres, les vieilles églises.

Ami de Maurice Fombeure le poète de Bonneuil-Matours, d'Yvonne de Lestrange, la dame du Château de Chitré, il laisse encore aujourd'hui, aux petits enfants de ses voisins de village, humbles ou non, le souvenir d’un homme simple, affable, épris de science.

Il s’éteint à l’hôpital Pasteur le 09 Juin 1961.

 Ici, dans les maisons, dans les écoles, à l'hôpital, au collège de Vouneuil qui porte son nom, au lycée de Chatellerault où il a étudié, on raconte son histoire, porteuse d’espoir, d’humanisme et de modestie.

 

 Notre monde arrogant néglige ses chercheurs, ses bienfaiteurs, il oublie la mort des tout-petits, des jeunes gens suffocants, il méprise trop souvent la science et doute des bienfaits dont il est l’ingrat bénéficiaire. A l’aube du XXIème siècle, silencieuses, tentaculaires, les vieilles épidémies endormies s’éveillent, sournoises. De nouveau, coqueluches, tuberculoses, surprennent une crèche,un collège, une salle d’attente.



Ne restons pas sourds aux cris d’alarme, ne crachons pas stérilement sur la science au nom d’un retour à une nature dont on a oublié la violence… 





Belle conférence ! On aurait aimé écouter encore longtemps Sylvain Thénaud-Guérin raconter les rencontres, les obstacles, le quotidien, l’anecdotique de cette vie si riche. On aurait pu écouter encore longtemps le Dr Tête, raconter les écrouelles, les murmures vésiculaires, le mal de Pott, les images d’un autre âge et les incertitudes du présent.





Pair de l’un, arrière grand-père de l’autre, chacun, héritier à sa manière de cette intelligence, aura su rendre hommage au grand Camille.



Dans le public nombreux et attentif, personne n’a toussé, et pratiquement tout l’monde avait vendu du temps de sa communale, des timbres contre la tuberculose !


L'année 2011 est une année multi anniversaires : les 250 ans de la première école vétérinaire (Lyon 1761), les 50 ans de la mort de Camille Guérin (1961), les 90 ans de la première vaccination par le BCG(1921) . Sylvain Thénault-Guérin animera dans ce cadre de ces hommages, plusieurs expositions, à Lille, Lyon, Paris...



Le petit livret "Camille Guérin et le BCG", court, didactique et très illustré, est disponible sur Chatellerault et Vouneuil

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

Le compte-rendu du CCHA.

mercredi 21 mars 2012

Lulu a lu la revue du CCHA - Ces armuriers venus d'ailleurs.


La part d'alsacien dans le poitevin, des racines ardennaises le long de la Vienne, c'est la valse du temps que nous propose la publication du CCHA.

 Comme toujours, ce numéro va bien au delà de la vie locale. A Chateauneuf, dans le berceau de la Manu, une histoire de migrations, d'intégration qui suit le parcours sinueux de l'histoire locale, mais aussi des évènements nationaux, internationaux, de la mobilité des frontières au déclin de l'industrie.
 Une centaine de pages dédiée au travail, à la vie de cette population qui en quittant l'Alsace et les Ardennes vinrent s'enraciner à Châtellerault.

 1836, à l'époque déjà .... C'est la fermeture de leur usine, la manufacture d'armes de Klingenthal qui amène les ouvriers alsaciens dans le Chatelleraudais. Ils arrivent avec leur savoir-faire à la Manu. Ils sont au nombre de 257. Autour du travail, entre armuriers, les relations sont bonnes. L'intégration sera rapide, elle s'illustrera au travers des premiers mariages "mixtes" de ces jeunes ouvriers avec les jeunes chatelleraudaises .
 Implantés à Chateauneuf, les Alsaciens et les Ardennais sont nombreux à ne pas parler français à leur arrivée, savent souvent signer.
 Leur histoire va se lier étroitement à la Manufacture d'Armes de Châtellerault de son apogée à son déclin. Chateauneauf, leur quartier, voit ses hommes défendre leur outil de travail, souffrir de leurs conditions mais grimper l'échelle sociale. Ainsi en 1861, un tiers des cadres de la Manu est alsacien.
 Un nouveau flux de migrants, spécialistes des armes à feu et venus de l'armurerie de Mutzig arrive autour de 1860.

A travers les registres, les mariages, la presse, les anecdotes, l'intégration locale, le CCHA nous offre avec la vie d'un quartier, une riche étude sociologique et généalogique. L'analyse des mariages célébrés entre 1831 et 1900, permet d'établir l'enracinement des alsaciens dans le Châtelleraudais. 56% des familles y sont encore présentes trois générations plus tard.

 Au répertoire des patronymes :  Barth, Betterman, Bisch, Brisacher, Burger, Gemehl, Heywang, Hoffbeck, Kayser, Kleiman, Klehammer, Muller, Munch, Schaetzel, Schneider, Weber, Weller, Wolgemuth... Entre autres.

 La revue retrace quelques intégrations réussies : la saga Gemehl,  la famille Sutter et sa fabrique de vélos, la famille Mispoulié des cordonniers à la Botte d'Or, la famille Schaffner longévité et armuriers engagés, la famille Monière cinq générations d'armuriers ardennais et un musicien.


En complément de ce numéro, de  nombreux documents seront disponibles sur le site du CCHA.

 En annexe, la description des métiers de l'Arme blanche : Forgeurs, Trempeurs, Aiguiseurs, Platineurs... Et de nombreuses et superbes illustrations.

On lira aussi des échos de travaux universitaires sur la criminalité, les sorties et la vie du CCHA, et une petite histoire de guillotine...

On peut se procurer la revue dans les librairies du Chatelleraudais et pour ceux qui sont loin, en contactant le CCHA. N'hésitez pas !

mardi 20 mars 2012

Les Bagnards de la Vienne. Michèle Laurent - Editions du Pays Chauvinois.

-------------
Je remets cet article à la Une car on me demande souvent comment acheter ce livre, incontournable pour tout généalogiste poitevin curieux de cultiver sa mauvaise graine. 
Dans la région, il est régulièrement disponible dans vos petites librairies mais aussi chez Joseph Gibert (Poitiers) ou Cultura (Chasseneuil ). 
Mais pour ceux qui sont loin, il est possible de le commander par correspondance aux Editions du Pays Chauvinois. 
Vous trouverez en ligne la liste des publications. 
La page Achat n'est pas très visible, je me permets donc ici de l'indiquer plus clairement 
 Association des Publications Chauvinoises
3 rue Saint Pierre BP 64
86300 Chauvigny. 
TEL : 05 49 46 35 45. 

Le livre des Bagnards de la Vienne est à 20  euros. 
-------------------- 
SAINTON Jean
Propriétaire demeurant à Availles-en-Châtellerault, il est condamné le 16 Messidor An 13 ( le 15 Juillet 1805) à 22 ans de fers pour vols avec violences commis sur des chemins publics à Archigny et Champigny-le-Sec.
Envoyé au bagne de Rochefort, où il décède le 11 Mars 1806, 8 mois après.
---------------------




Un aïeul lointain, bagnard, en voilà une découverte qui mène loin !
 C'est ce voyage dans l'univers carcéral des bagnes de métropole et d'outre-mer que nous offre Michèle Laurent.
Un vrai travail d'Histoire, très documenté. Les lieux, les lois, les procédures, les habitudes, la vie quotidienne, l'artisanat, les chants, la poésie, tout y est.

Mais surtout, plus de 1000 Bagnards de la Vienne, répertoriés entre 1796 et 1938, leur nom, prénom, profession, leur village d'origine, la date et le lieu du crime, parfois décrit avec précision. Comme Jean Valjean, il arrivait qu'on parte au bagne pour un morceau de pain cotoyant d'autres condamnés dont les crimes et infanticides font froid dans l'dos !

 Bref, un bouquin passionnant, incontournable et grâce auquel il m'a été possible de retrouver ce voleur de grands chemins, propriétaire étonnant non ?
 Aucun autre forçat ni sur Prinçay ni sur Availles.

Un bagnard dans la famille ? Un condamné à mort ?
On va voir ça, je vous tiendrai au courant !

Il y a  un Godard né à Adriers à 40 km de Genouillé, et une petite Marquet à Pleumartin qui m'interpellent, il va falloir les faire parler ces deux-là ...


Rochefort, Brest, Toulon, Cayenne, et bien d'autres, ce livre vous raconte les bagnes de France et la vie quotidienne de ses forçats, leur artisanat, mais aussi tout le versant législatif de l'époque.

 Disponible dans la région de la p'tite librairie à la grande surface,
 280 pages  pour la somme de 20 Euros.
Courez vite l'acheter avant qu'il soit épuisé, ça s'lit comme un polar !


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !


Posted by Picasa

dimanche 18 mars 2012

Famille D'Argence - Chenevelles.


- René D'ARGENCE, écuyer,seigneur de Souci, deLa Font et des Aulges, marié à Françoise CHASTEIGNER, fille de René, seigneur d'ANDOUVILLE et de Françoise DE BOURSONVAL.

- René D'ARGENCE, 2ème du nom, écuyer, marié à Marie MAUVINET. Il obtint le 12 Janvier 1632 du supérieur des Camaldules en France, une cédule de participation à toutes les bonnes oeuvres qui se font et se feront dans cet ordre.

- René D"ARGENCE, 3ème du nom, écuyer,Seigneur de La Font, La Boistrellière, La Barbotinière, La Lande, etc... Il avait épousé Marie-Anne TURPIN DE VIHIERS. Le 16 Mai 1685, par acte passé à Châtellerault, il fit don d'une rente de 40 livres à la paroisse de Chenevelles, à la charge par le Curé de dire et célébrer dans la chapelle Notre-Dame de cette église, appartenant au dit sieur D'ARGENCE , une messe de requiem chaque semaine à l'intention du dit seigneur et pour le repos des âmes de ses père et mère. Il mourut le 20 Aout 1705.

- Henri Charles D'ARGENCE. Il épousa le 7 Février 1715 Jeanne Rose BEAUPOIL, fille de Louis, seigneur de Prévalon et de Jeanne ROSSAY.
Entré au service en 1742, il fit les campagnes de la guerre de sept ans, fut présent à onze batailles, à un grand nombre de sièges, fut nommé chevalier de Saint Louis après la bataille de Rosbach, et combattit glorieusement à Cassel ou il perdit la majeure partie de sa compagnie. Il était alors capitaine au régiment d'Auvergne. Il se retira du service en 1763.

- Henri Louis D'ARGENCE, écuyer, seigneur de La Font, servit au ban de la noblesse du Poitou, convoqué en 1758 dans la 2ème brigade, escadron de Vassé, assista par procureur à l'assemblée de 1789.
Il se maria le 30 Mars 1748 avec Marie Madeleine CITOYS, fille de Jean-Baptiste, écuyer, seigneur de la Vigerie et de Marie FILLEAU.

- Sylvain Henri D'ARGENCE, écuyer, entra dans les gardes du corps du roi dans l'année 1785 , et venait d'épouser le 5 Juillet 1791 Marie Sophie JAHAN DE BELLEVILLE. Lorsqu'il émigra, il servit à l'armée des Princes dans la 2ème compagnie Française.Nommé membre du Conseil Général du département de la Vienne dès l'origine de cette institution, il en fit partie sans interruption jusqu'en 1830.

- Armand Louis D'ARGENCE. Propriétaire de Londière, maire de Chenevelles, ancien substitut du procureur du roi à Poitiers, démissionnaire au mois d'Aout 1830, et membre du Conseil Général du Canton de Pleumartin de 1845 à 1851. Il a épousé Marie Delphine DE BENGY-PUYVALLEE, fille de Pierre, ancien sous-prefet, et d'Aspasie DE HALOT.

- Charles Eugène Marie D'ARGENCE, Propriétaire de Lafont, ancien officier d'infanterie légère, retiré du service en 1830, s'est marié le 12 Juin 1843 à Marie Radégonde Léonie TAVEAU DE MORTHEMER, fille d'Hilaire, baron de MORTHEMER et de Marie Rose Adélaide CONSTANS DES CHEZEAUX.

- René Félix D'ARGENCE naquit au château de Lafont dans la paroisse de Chenevelles. Il était fils de Henri Louis D'ARGENCE et de Marie-Madeleine CITOYS DE LA VIGERIE. Il embrassa l'état ecclésiastique et fut nommé doyen de l'église cathédrale de Poitiers et vicaire général du diocèse.
Il émigra, et ne rentra dans sa famille que lorsque la tranquilité fut rétablie. Les églises cathédrales ayant été réorganisées, il reprit sa place de doyen et devint vicaire général. Il est décèdé à Poitiers le 25 Juillet 1840.

- Radégonde Elisabeth D'ARGENCE, née au château de La Font le 13 Aout 1753, religieuse à l'abbaye royale de Sainte Croix de Poitiers avant 1789. Aussitôt après la tourmente révolutionnaire, elle se réunit avec d'autres dames de son ordre dans une maison particulière sous l'aile maternelle de la grande prieure: Madame DE FAYOLLE. Elles s'établirent en 1808 dans les bâtiments du doyenné de la cathédrale qu'elles achetèrent, et y reprirent leurs exercices réguliers.
A la mort de Madame DE FAYOLLE, au mois d'Aout 1809, Madame D'ARGENCE fut élue supérieure. Elle a gouverné le monastère jusqu'à l'âge de 82 ans. Elle mourut au mois de Juillet 1836

Les Armoiries de la famille D'ARGENCE sont: DE GUEULES A LA FLEUR DE LYS D'ARGENT.
Autrement dit: Une fleur de lys d'argent sur fond rouge.