mercredi 26 octobre 2011

Les sabots de Catherine - Latillé - 1730


Le soir du 3 Juillet 1730, Jean BONNEAU arrive à cheval dans les prés de la cure de Latillé, déterminé à y laisser brouter sa monture. Mais c'est compter sans la détermination de l'exploitante des lieux, Catherine DELAMOSSE. Elle interpelle le cavalier, le somme de partir. Il la bouscule, elle se relève, et lui envoie son sabot à la figure ! Assommé, BONNEAU fait marche arrière tandis que toute une équipe de gaillardes vient à sa rescousse : sa femme Marie CANTE, et  ses trois belle-soeurs Gabrielle, Renée et Jeanne . Suit un sacré crêpage de chignon qui interpelle et inteloque le voisinage et se termine, offense suprême par la mise en pièces de la coiffe de Catherine qui s'enfuit tête nue, honteuse peut-être bien sous la risée de certains.
L'offense mérite réparation. 
Catherine porte plainte, de plus, elle a été de nouveau agressée par les femmes CANTE quatre jours plus tard. 
Le village est en émoi. 
 Le juge instruit rapidement l'affaire. 
Les témoignages sont recueillis le 8 Juillet et ils sont concordants : L'altercation à l'initiative de Bonneau, le coup de sabot, l'oeuf de pigeon qui a la taille d'une fève  et fait immédiatement suite au coup, la fureur des femmes, la coiffe déchirée, la honte...  
Une expertise médicale de la plaignante est demandée au chirurgien. Les blessures sont superficielles néanmoins suite à la seconde agression, une fièvre est retrouvée et une saignée est prescrite. 
Bref une savoureuse affaire à la Brassens, avec les sabots de Catherine et le marché des gaillardes de Latillé. 
Tout ça prête à sourire...

A la suite de Catherine Delamosse, Jean Bonneau a porté plainte de son coté. Une instruction est menée. Une nouvelle série de témoins est entendue. Le ton est plus grave. Ce n'est plus un, mais plusieurs coups de sabots, la réaction des femmes CANTE y apparait légitime. Cette fois, seuls les hommes sont entendus. Ils restent prudents dans leurs témoignages.
Le sénéchal doit statuer le 10 Juillet au matin, 
mais coup de théatre, 
Un bruit arrive du marché 
qui lui apprend la mort de Jean Bonneau ! 
Agresseur agressé, 
la responsabilité de Catherine Delamosse est retenue. 
Elle est immédiatement arrêtée 
et conduite en prison,
 pour y être interrogée....

Nous n'avons pas encore l'épilogue de cette affaire ! 

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Cette affaire a été relevée par Thierry Peronnet. Le dossier complet très détaillé avec la transcription de la procédure sera ajouté à la base de GE86. 

Pour simplifier vos recherches, vous retrouverez également dans les jours qui viennent, l'ensemble des protagonistes sur la base Crimes




2 commentaires:

  1. Michel Cacault27 octobre 2011 10:26

    Je suis toujours très interessé par ce qui s'est passé dans mon village

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  2. Michel, merci pour votre visite, je suis ravie que cette base soit utile à ceux qui se passionnent pour l'histoire de leur village. On trouve de nombreuses informations dans les dossiers et ils éclairent parfois la vie du village, les relations entre les habitants, au delà de l'affaire elle-même. Les lieux sont parfois très précisément décrits, plans à l'appui. Une autre affaire est déjà répertoriée dans la base. Il s'agit du meurtre de Marc Zacharie Sabourault, huissier par Louis Riveau en 1827. Il me semble qu'il a été tué sur un chemin. A vérifier.
    Cordialement.

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