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jeudi 4 septembre 2014

Sécheresse à Charroux - 1723 - Vie Locale




L'année 1723 a été remarquable par une
secheresse extraordinaire pesque générale en
Europe depuis la mis mars jusque au mois de
novembre à peine a-t-il tombé de l'eau pour détremper
la poussière ainsi les fourrages et mêmes les grains
ont été très rares les sources des puits et fontaines
ont été taries et les rivières ou mises à sec ou ....
d'eau .... pour y naviguer ou faire moudre
les moulins, les bestiaux ont souffert beaucoup
de la faim et de la soif les terres n'ont pu
être labourées. Le roy fut déclaré marié dès
octobre précédent 1722
Le cardinal dubois premier ministre mourut
au mois d'aout sa mort fut suivie
au mois de décembre suivant de celle de Mr
le duc d'Orléans qui avait gouverné l'état
pendant la minorité du roy Louis XV. Le duc
de Bourbon le chargeau du gouvernement
comme premier ministre.

vendredi 18 octobre 2013

Regarder passer le pèlerin - Archives Insolites de la Vienne.

Source AD86

L'article était en juillet dans Centre Presse, voici le dossier complet avec les photos des actes retrouvés dans les registres. 
Chaussez-vous bien, nous partons à Avanton, Moncontour, Doussay, chasseignes, Arçay, Charroux, Ingrandes, Naintré, Dissay, Vivonne, Cissé, Moussais, Pranzay, Enjambes, chalais.
Peut-être retrouverez-vous les pèlerins passés par Quinçay,Poisay-le-Joli, Varennes, qui sont mentionnés dans le répertoire IN-4-1016, des AD86, je les ai cherchés en vain.
Cet article peut servir également d'exercice de paléographie, si certains veulent s'amuser à corriger, compléter, ils ont tous mes encouragements !
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Au XVIIème siècle, ce n'était pas encore un itinéraire estival pour cinquantenaire en pleine forme, sur les chemins de St Jacques de Galice, on  marchait, on  souffrait et on s'arrêtait parfois un peu trop tard…
Au 9ème siècle, l’ermite Pélagius rêva d’une étoile dans un champ (Campus Stellae), elle le mena en Galice au tombeau de St Jacques. Devenu  lieu de pèlerinage, on y vient de toute l’Europe humblement et on en revient en homme nouveau, rapportant la précieuse coquille éponyme. L’apogée du pèlerinage est au XIème siècle. Les conditions en sont difficiles et contestées, les siècles passent et les sentiers restent.
Sur ceux du XVIIèe siècle, pas de généticien éthique, pas d’écrivain globe-trotteur, pas d’actrice enjouée,  pas de premier ministre débonnaire et peu pressé. A cette époque, peu importe que la pente fut rude si la route était  droite. On marchait avec sa peine, son chagrin,  son enfant malade, on s'arrêtait épuisé souvent, généreusement accueilli par le laboureur de Doussais comme par le châtelain de Dissay. Ce souffle coupé par la maladie plus que par l'effort des pas, on le rendait là où l'on se trouvait, racontant  en peu de mots  au curé de la paroisse. Celui-ci prenait note, afin de pouvoir rendre à la famille lointaine celui qu'il venait de confier à Dieu. 
D’où viennent tous ces pélerins ? De Champagne, du Mans, de Chartres, de Cambrai,  d’Allemagne et de Poitiers !
Ainsi se sont arrêtés pour l’éternité Geneviève Richet à Avanton, Pierre Robert  à Chasseignes, Jean Auboin à Ingrandes, Pierre Leblanc à Naintré, Claude Claro à Cissé. Mais aussi des enfants malades, Marie Marguerite Joseph meurt à 11 ans  à Chalais, un autre petit à Charroux, quelques jeunes gens. Au total sur les 17 passants retrouvés, dix décès dont six au retour…
Heureusement, la halte du cheminant ne laisse pas que des traces de larmes dans les registres. Au féminin, la pénitente emporte  sous sa pélerine, l'espoir qui arrondit son ventre. Et l'espoir, c’est bien connu, n'attend pas le nombre des pas. Il renait du voyage ! Pour la maman de  Jacquette la bien nommée à Moncontour en 1606,  et deux fois la même journée à Enjambes, le 12 Mai 1736 naissent deux petites Marie-Jeanne, dont l’une est de passante allemande et ne saura se nommer. Elles marchent, enceintes, depuis si loin , depuis si longtemps, depuis l’Allemagne ou la Champagne, elles marchent, elles accouchent, et elles repartent. Six naissances  sur les chemins de Compostelle !
Que savent les pélerins bien chaussés d’aujourd’hui, des pélerins  va- nus pieds d’hier ? Parfois pas grand chose, la quête de l'inaccessible étoile  ne scintille plus comme avant. Alors toi, laboureur de la Vienne, appuyé sur ta bêche, chatelain restaurateur de douillettes chambres d'hôte, toi randonneur du quotidien amoureux des chemins , si tu le croises ou l’héberges, raconte au marcheur, l'histoire des traces de St Jacques laissées dans ton village.

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Les pèlerins des registres de la Vienne. 


Avanton 11 Mai 1603 Décès. 
Geneviève Richart de la paroisse de St Benoist de la Ville du Mans décédée dans la maison de François Bailly demeurant à Jarnet paroisse d'Avanton, en retournant de son voyage de St Jacques en Galice. Accompagnée de son mari Pierre Journeau couturier
AD 86 Avanton 1602/1610 page 8
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Moncontour 1er Mai 1606 Naissance. 
Jacquette, fille d'Abraham Guillot et de Michelle Le? 

"Le lundi premier jour de may
1606 feste de messeigneurs St
Jacques et St Philippe fut
baptisée Jacquette fille
d'Abraham guillout et de
Michelle Le Duc et fut
parain René Riviere pelerin
de monseigneur St Jacques
ayant faict le voyage par
la grace de dieu a compostelle
province de galice ou est
située l'église de monseigneur
St Jacques et furent marenes

Janne Vincent et hellene Duplessis"

Toutes les sorcières ont besoin d'une fée : 
Merci Tatiana Yvon  pour ton aide à la transcription et pour tes encouragements ! 

AD86 1591/1621 page 40-41
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Doussay 26 Juillet 1623 Liste ?
AD86 Doussay 1614/1635 page 10 
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Chasseignes 10 Mai 1627 Décès
Pierre Robert 18 ans mort après avoir fait le voyage de St Jacques. 

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Quinçay 1629 
Non retrouvé. 
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Arçay Le 24 Mai 1633. Naissance
Naissance de Louis Bernard dont les parents originaires du Mans reviennent de pélerinage. 
AD86 Arçay BMS 1626/1663 page 21
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Charroux 25 Novembre 1646 Décès
Un petit enfant non nommé qui allait à St Jacques
AD 86 Charroux 
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Ingrandes 17 septembre 1657 Décès
Jean Auboin, agé de 25 ou 26 ans venait de ST Jacques en Galice lequel était de la paroisse de ST Jean du Coudray proche de Chartres. 
AD 86 Ingrandes S1656/1673 page 3
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Naintré 22 Aout 1658 Naissance
Naissance sans prénom mentionné d'une fille de Jehan Petit et de Marguerite d'Amouraux de Champagne paroisse de Villon
AD 86 Naintré 1653/1668 page 21. 
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Poisay-le-Joli 9 Janvier 1658 
Non retrouvé 
AD86/IN4/1016
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Varennes 1659 
non retrouvé 
AD86/IN4/1016
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Dissay 23 Aout 1661 Décès
Pélerin de St Jacques qui meurt au château de Dissay
AD86 Dissay 1637/1668 page 30
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Naintré 14 Novembre 1659 Décès
Pierre Leblanc meurt en revenant de St Jacques vient de St Morin en Champagne. 
AD 86 Naintré S 1632/1668
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Vivonne 19 novembre 1670 Décès
Décès de Louis de Charenton de la paroisse de St Germain de Poitierss
AD 86 Vivonne 1668/1670 page 111. 
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Cissé 4 Octobre 1717 Décès
Claude Louis Claro de Cambray fils de Pierre Claro et Marie Magdeleine Claro décédé en allant en pélerinage à St Jacques
AD86 Cissé BMS 1717/1726 page 7.
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Moussais 13 Février 1723 Décès. 

Nicolas Hurillon 17 ans, de Noyon en allant à St Jacques, tombé malade quelques jours dans la paroisse
AD 86 Moussais 1688/1726 page 62
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Pranzay 7 Aout 1730 Naissance
Marie baptisée par la sage-femme, fille d'allemands se rendant à St Jacques avec un laisser passer. 
fille d Vuolf Kangum Gottardum et Anne Barbe Grillin 
AD86 Pranzay  1729/1736 page 36. 
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Enjambes 12 Mai 1736  2 Naissances ! 

Marie Jeanne Imbert fille de feu Antoine Imbert de Montauban et de Marie Christine sa femme de Banières. La petite meurt le lendemain




Aujourd'hui le 12 May 1736 a eté baptisé par moy
curé soussigné Marie Jeanne fille d'une passante qui se dit
etre d'Allemagne et allait en pélerinage à St Jacquces dont on
ne sait le nom ayant fait ses couches au village de la
Fanetière? paroisse d'Enjambes dont le parrain a été Jacques

Dion et maraine Marie Jeanne Moinault....

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Chalais 10 Janvier 1739  Décès
Marie Marguerite Joseph agée d'environ onze ans fille d'Antoine François Henry et de Marguerite Disant les père et mère qui se sont dit originaires de Tegniers la Terrasse en Hénaut revenant de pélerinage de St Jacques en Galice, leur fille est mort lorsqu'ils passaient sur cette paroisse pour retour en leur pays. 

AD86 Chalais BMS 1737/1745 page 22
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lundi 13 mai 2013

De la Belgique à la Guyane …En passant par le Poitou !

Source cpa AD86
Petite histoire d'entraide généalogique. 

 Dans la base des Petites Affaires Criminelles de la Vienne, bonne pioche ! 
Chris a trouvé l'un des siens, répertorié.
Chris est loin, trop loin des AD 86. 
 Je suis allée lui photographier le dossier, le parcourant sans le lire, car Chris m'a promis d'en raconter l'histoire. 
Promesse tenue. 
Aujourd'hui Chris  raconte et avec quel talent ! 
Source AD 86 Série 2U 1750
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            Le 5 juillet 1852 naissait à Beauvechain en Belgique (province de Brabant) Guillaume Joseph REMACLE, fils de Marie Joseph REMACLE, marchande ambulante. Peut-être aurait-il pu s’appeler DELHEZ comme sa sœur née en 1850 et son autre sœur née en 1858.  Pourquoi ce petit garçon portait-il nom de sa mère alors ? Peut-être Charles Désiré DELHEZ ne voulut-il pas le reconnaître (il n’était pas marié avec Marie Joseph REMACLE) ou peut-être était-il absent ce jour-là car lui aussi était marchand ambulant. Guillaume Joseph eut le malheur de perdre sa Maman en 1859 alors qu’il avait à peine 7 ans. Ensuite aucun élément ne permet de situer l’enfant dont le « beau-père » mourut à Tournai en Belgique en 1866.

            En 1877 nous retrouvons Guillaume Joseph REMACLE dans le cadre d’une affaire judiciaire en France dans le Loiret (il dira plus tard qu’il était parti avec des voyageurs après la mort de sa mère mais sans préciser la date). Il fut condamné à Orléans le 4 juin 1877 à six mois d’emprisonnement et à deux ans de surveillance pour vagabondage mais considérant que sa présence était de nature à compromettre la sûreté publique le ministre de l’intérieur prononça à son encontre un arrêté d’expulsion le 30 novembre de la même année.

            Guillaume Joseph REMACLE quitta t’il la France ? Rien ne permet de l’affirmer mais toujours est-il que s’il le fit, il y revint car en 1881 il se trouvait à Airvault dans les Deux-Sèvres où il déclara le 5 février la naissance d’un enfant prénommé Henri Joseph né de lui et de Henriette Louise GABRIEL âgé de 15 ans. Il avait alors 29 ans et était employé au terrassement du chemin de fer. Nous apprendrons plus tard que le couple quitta Airvault peu après la naissance de l’enfant.

            En 1882 nous trouvons la trace de Guillaume Joseph dans le Maine et Loire pour une autre affaire judiciaire. Il est en effet accusé du vol d’un tombereau d’une valeur de 100 francs appartenant à un entrepreneur de travaux publics et il sera condamné par défaut (il ne s’était pas présenté) par le tribunal de Saumur à six mois de prison. Aucun renseignement concernant son fils et la mère de celui-ci ne figure sur le jugement. Il était alors carrier au Vieil Baugé, commune du Maine et Loire.

            C’est ensuite en 1888 à Carcassonne (Aude) que Guillaume Joseph REMACLE réapparaîtra. Il aura de nouveau affaire à la justice et sera condamné à six mois d’emprisonnement pour coups et blessures. Puis c’est le tribunal de Cahors (Lot) qui le condamnera en décembre 1890 à huit mois d’emprisonnement pour le vol de chaudrons et de quelques écheveaux de laine et pour avoir contrevenu à l’arrêté d’expulsion du 30 novembre 1877. Le jugement ne fait aucune mention de la situation familiale du prévenu qui exerce alors comme sa mère le métier de marchand ambulant.

            Enfin, Guillaume Joseph REMACLE se manifestera dans le département de la Vienne où une dernière affaire judiciaire scellera son tragique destin. En effet il fut accusé de vol qualifié pour avoir dérobé chez un boucher de Charroux des peaux d’animaux d’une valeur de 200 francs. Au cours de son interrogatoire il commença par nier les faits puis les reconnut pour finalement se rétracter. Concernant sa famille, il déclara que la mère de son fils les avait abandonnés, sans toutefois préciser quand, et que son fils l’avait à son tour quitté un an auparavant. Il précisa qu’il parcourait la région à la recherche de ce fils tout en faisant son commerce. Compte tenu de ses antécédents, il fut condamné par la Cour d’Assises de Poitiers le 28 novembre 1896 à cinq ans de travaux forcés. La commission de classement des condamnés aux travaux forcés statua le 7 avril 1897 qu’il devait être transporté en Guyane Française en 3ème classe ce qui signifie qu’il serait employé aux travaux les plus pénibles. Il chercha à s’évader et fut condamné le 7octobre 1897 par le tribunal maritime spécial à deux ans de travaux forcés.

            La vie de Guillaume Joseph REMACLE s’acheva le 2 janvier 1898 à Matoury tué par un coup de feu tiré par un habitant du pays alors qu’il était en état d’évasion. Les autorités trouvèrent sur lui des lettres attestant qu’il entretenait une correspondance suivie avec son fils Henri âgé de 16 ans qui se trouvait alors pensionnaire de la colonie agricole du Val d’Yèvres dans le Cher.

            Guillaume Joseph REMACLE n’avait  jamais abandonné son fils. Celui-ci émigra au Vietnam où il fonda une famille et sa petite-fille est… mon adorable belle-fille.

            Je tiens à adresser mes plus vifs remerciements à Gloria et à William qui m’ont permis de reconstituer le parcours de Guillaume Joseph REMACLE en se rendant l’une aux Archives départementales de la Vienne et l’autre aux Archives d’Outre-Mer à Aix-en-Provence.

Chris Huot


jeudi 17 janvier 2013

Travail baclé - Charroux 1722.


Dalouhé, le bon curé de Charroux nous a habitué à un travail un peu plus sérieux... Les fêtes de fin d'année auraient-elles été un peu trop arrosées ?


le vingt sixième jour de décembre mil sept cent
vingt et deux a été baptisée Françoise fille 
illégitime de Catherine de Pelbuisson et d'un père
inconnu........................ le parrain et 
la marraine ont été ................... elle est décédée depuis
et sa mort nous a déchargé d'une plus grand 
attention à cet acte de baptème. 
F. Dalouhé. 

AD 86 BMS 1711/1727 page 155

mardi 23 octobre 2012

La peste soit du système Law ! Charroux 1720.



"Cette année 1720 a été remarquable par une grande abon
"dance de toutes sortes de fruits non obstant laquelle la rarete de
"largent et le prix excessif des monnayes ont cause une chute excessi
"ve de toute sorte de marchandises de plus les augmentations
"et diminutions subites et les billets de banque ont causé des mou
"vements extraordinaires dans les fortunes des particuliers les
"eveques se sont conciliés au sujet de la bulle unigenitus
"et ont disputé sept ans quoiqu'ils n'eussent tous qu'une
"me doctrine. Le parlement de paris a été transféré à 
"Pontoise et fort humilié. Toute la france a ete dans 
"la terreur de la peste qui a fait perir marseille et ra-
"vage quelques lieux de provence et de l'incendie qui a
"détruit la ville de rennes. 
François Dalouhe Curé de Charroux.


Mine de rien, en douze petites lignes, François Dalouhe, curé de Charroux nous a tout dit de l'année 1720 !

 Reprenons !

Fichu papier monnaie !


C'est le 2 Mai 1716 que l'écossais John Law, nommé contrôleur général des finances, est autorisé à mettre en place en france son "système". Rue Quincampoix à Paris s'ouvre la Banque Générale sur le modèle initié en Angleterre. Un capital d'un million de livres réparti en actions et en "Papiers d'Etat".
Succès immédiat, ça nous fait du 7,5%, le capital grimpe à 6 millions.

Law crée des compagnies : de Louisiane, du Mississipi, de Chine, des Indes, progressivement il a la main mise sur tout le commerce extérieur.

En 1720, patatras, le système s'emballe. On peut toujours rêver du capitalisme d'arrière-arrière-arrière grand-papa, ça boursicote, ça spécule, ça revent, ça magouille, ça crise.
 Law essaie freiner la valeur libératoire de l'or, il met en place des amendes, encourage les dénonciations... Forcément tout le monde cherche d'autant plus à reprendre ses billes...et retour vers le futur, c'est banqueroute, comme en 29 deux siècles après ! On comptera 17 morts rue Quincampoix en juillet lors des émeutes d'actionnaires.
Le parlement est exilé à Pontoise et on arrête le papier monnaie en novembre.
Comme ça prend l'eau de partout, notre capitaliste éponyme, lui, file à  Venise, ça coule de source !
On confie la liquidation du système aux frères Paris. Un système de visas est institué pour limiter les dégats. Il semblerait qu'à l'époque déjà on ait tenté de protéger les classes moyennes, tandis que les plus malins s'en sont mis plein les poches !

Au total, il semble que le système Law ait dynamisé le commerce extérieur... et rendu méfiants vis à vis du papier monnaie !

Pendant ce temps là, les évèques se réconcilient, enfin provisoirement...autour d'une bulle Unigenitus. 

A Marseille, au mois de mai fini de spéculer, plus le temps de buller !

C'est un fameux trois mats, le "Grand Saint Antoine" en provenance de Syrie qui la ramène au port.

Comble d'imprudence, on la sait à bord et on la laisse débarquer.


 Tentaculaire, elle va s'étendre sur la ville et au delà en Provence,  la peste sévit une fois de plus. On polémiquera sur les responsabilités, les négligences, les pressions, mais on s'accordera sur plus de 100 000 victimes dans toute la région. Partout dans le royaume on craindra la contagion !




 A Rennes, dans la nuit du 23 décembre, ce n'est pas encore la trève, en pleine scène de ménage, le père Boutrouel passablement émêché, met stupidement le feu à sa boutique en renversant une bougie. L'incendie gagne vite, très vite, une grande partie de la ville. Il ne sera vaincu que 6 jours après, avec l'aide miraculeuse de la pluie revenue ! Bilan  : mille bâtiments détruits (dont « le beffroi, l’hôtel du commandant en chef de la province, place de la mairie, le Présidial, la Chambre criminelle et la grande cohue ), 8000 sinistrés !

Merci au curé de Charroux pour cette page d'histoire !

Les Archives Insolites de la Vienne. 











lundi 12 mars 2012

Charroux - 1719.


On ne sait jamais où mène la recherche d'un ascendant. Un colistier attentif de GE86 à la recherche des siens sur la commune de Saint-Savin remarque en 1719 une mortalité anormalement élevée.
L'hypothèse d'une épidémie est émise. Quelques recherches sur le net plus tard, une épidémie de dysenterie est mentionnée dans la région, elle a ravagé également la Normandie et tout le Centre Ouest de la France.
Nous voici avec un lieu, une année et un insolite. En cherchant dans les petits villages autour de Saint-Savin, je finis par  trouver l'épidémie. C'est ce bon François Dalouhé, le curé de Charroux qui la mentionne clairement tout en nous indiquant qu'elle s'étendit bien au delà du Poitou. Wikipédia nous confirme la catastrophe et chiffre à 500 000 le nombre des morts. A cette dysenterie s'ajoute une épidémie de variole qui tue 14 000 personnes à Paris. Wikipédia nous rappelle bien la guerre avec l'Espagne mais passe sous silence la contestation des évèques. Le curé de Charroux qui met en place le Wikipédia de l'époque est un moderne, il fait court, clair et précis !

"L'année mil sept cent dix neuf a été remarquable par plusieurs prodiges nous marquants la colère de Dieu irrité contre nos péchés, comme flambeaux ou brandons de feu courant dans l'air, orages violens meslés de gresle par une secheresse extraordinaire. Il n'a presque pas tombé de pluye pendant le printemps et l'esté à la fin duquel les hommes ont été attaqués d'un flux de sang et de dissenterie et un nombre infini en sont morts dans ce royaume et je crois par toute l'Europe. L'église de France a demeuré très troublée par les contestations entre les évêques au sujet de la Constitution du pape Clément XI unigenitus contre le livre et la doctrine de Quesnel et l'état par la guerre d'Espagne.


François Dalouhé, curé de Charroux,
ADV Charroux BMS - 1711-1727, p.116
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