jeudi 14 février 2019

Mariage Jubilatoire - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 20/02/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

L'article paru dans Centre Presse et la réponse du Pr Jean-Marie Augustin !
L'article
Mariage Jubilatoire ou la Saint Valentin des archives à Oyré !
Il  n’est pas toujours facile de mettre un point final sur les i de clandestinité. Avant l’avènement des communiqués de presse people, les occasions étaient rares d’officialiser les douceurs d’une alcôve clandestine. La religion imposait ses dogmes infranchissables ! Infranchissables ? A l’exception des jours de Jubilé ! Car Jubilé rime avec pardonné !  Une opportunité dont se réjouissaient aussi les amoureux en mal de légitimité !
Ainsi le 7 avril 1668, Maitre René Thénault, de la paroisse d’Oyré,  profita-t-il des fêtes données en l’honneur du Jubilé du Pape Clément IX pour officialiser l’union qu’il partageait avec Louise Durand depuis déjà quatorze ans ! L’histoire ne dit pas s’ils eurent des enfants et combien. L’ajout, après réflexion, de la mention « mariage clandestin » par le curé d’Oyré, nous en dit plus sur l’origine de cette régularisation : même si l’acte de mariage ne fait mention ni d’abjuration ni de conversion, nos épousés étaient probablement protestants.  Qu’il soit un notable de la paroisse n’épargnera pas à Maitre Thénault d’argumenter son dossier. Période de pardon et de conversion, le Jubilé est l’occasion d’ « indulgences partielles ou plénières » qui demandent quelques efforts spirituels : faire de manière publique quelques pénitences (jeûne, pèlerinage), prier, se confesser, offrir  généreusement quelques dons. A ces seules conditions, sera offerte à notre Valentin pêcheur,  l’occasion de rendre officielle et honorable une situation pour le moins embarrassante, voire dangereuse. L’évènement solennel restera très encadré comme en témoignent la présence d’André Boulé du couvent des Cordeliers et Maitre Jacques Brandin étudiant en théologie. A Charroux, à Couhé, 1668 rime également avec conversion au catholicisme. Le curé de Jaunay-Clan nous apprend qu’un autre Jubilé débuta en 1724, le premier dimanche de l’avent dans les villes mais le second dans les campagnes !
Le premier Jubilé du christianisme fut décrété en 1300 par le pape Boniface VIII, au rythme d’un par siècle,  l’intervalle se réduisit de pape en pape et à partir de 1400 le jubilé eut lieu tous les 25 ans. A ces festivités programmées, s’ajoutent quelques  années saintes extraordinaires. Clément IX, jésuite, fut pape de 1667 à 1669.  Homme de lettres, il fit construire le premier opéra de Rome. En 1668, il fut médiateur lors du Traité d’Aix-la-Chapelle mettant fin à la guerre de dévolution, premier conflit du jeune roi Louis XIV qui dut rendre à l’Espagne la Franche-Comté mais garda la Flandre conquise par Turenne.
1668 ne fut pas une «année sainte extraordinaire » au sens religieux du terme… Mais, exceptionnelle, elle le fut sans aucun doute, pour René et Louise, les vieux amants d’Oyré!
Sources :
Archives Départementales de la Vienne

Illustration : Fragonard , le baiser à la dérobée Musée de L’Ermitage Image Wikipédia

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La réponse de Jean-Marie Augustin 


jeudi 5 avril 2018

#ArchInsolite - L'abandon de Georges - Les Varennes - 1827







TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE NAISSANCE DE « GEORGES »
(Varennes, 24 avril 1827, NMD 1823-1832, 5 MI 072, p 20-21)
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Aujourd’hui vingt-quatre avril mil huit cent vingt-sept, à deux heures de l’après-midi. Devant nous Jean Huet, maire et faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Varennes, canton de Mirebeau, arrondissement de Poitiers, département de la Vienne soussigné.
Est comparu Pierre-François Dagôt, âgé de vingt-sept ans, meunier demeurant au hameau de Rhimbault, en cette commune, lequel était accompagné des sieurs Jean Servant, métayer au hameau de Noiron, âgé de trente-cinq ans et Jean Lasne, meunier au moulin de Saint-Martin, âgé de cinquante-et-un ans. Lequel nous a  remis un enfant nouveau-né du sexe masculin, qui  nous a paru n’avoir été mis au monde que depuis deux jours au plus. Cet enfant était vêtu d’un petit lange en toile de gros, d’un autre mauvais petit lange d’étoffe grise rapiécée de vieille étoffe gris-bleu bordé par le haut et par le bas d’un vieux galon en fil bleu, d’une petite chemise de brassière en vieille percale garnie ainsi que les manches en vieille mousseline, d’une petite brassière en coton bleu à petites raies, à laquelle était attachée un billet portant Je m’appelle Georges, ainsi écrit « Je m aplle Jorge » ; et d’une calotte en vieille soie rayée de diverses couleurs, doublée de toile, sur laquelle sont trois petits morceaux de galon velouté et garnie d’un béguin de dentelle. Le dit Dagôt nous a déclaré que vers le milieu de la nuit dernière il a été éveillé par un  bruit qui a été fait à la porte de la chambre de la veuve Lasne sa belle-mère avec laquelle il demeure au dit Moulin de Rhimbault. Que s’étant levé et ayant demandé qui frappait ainsi, une voix qu’il n’a pas connue lui a dit d’ouvrir, qu’ayant ouvert en effet, il n’a vu ni n’a plus entendu personne et a seulement aperçu par terre un petit paquet qu’il a ramassé et qui s’est trouvé à son grand étonnement être l’enfant sus-dit. Qu’il a porté cet enfant au lit de Julienne Lasne son épouse qui est nourrice, et qui lui a donné depuis ce moment les soins nécessaires à son âge. Le comparant a dit n’avoir trouvé avec l’enfant aucun autre effet que ceux dont il était vêtu, lui a donné le nom de Georges indiqué par le billet qui lui était attaché, a demandé à le garder pour le faire nourrir par son épouse et a déclaré ainsi que les témoins ci-dessus désignés ne savoir signer après leur en avoir donné lecture.
Nous maire sus-dit, avons laissé cet enfant entre les mains et à la garde du dit Dagôt jusqu’à la décision de l’autorité supérieure sur le fait de savoir s’il restera confié aux soins de son épouse. Avons arrêté que le présent procès-verbal sera par nous transmis à Monsieur le préfêt de ce département pour être par lui décidé ce qu’il jugera convenable.
Fait et arrêté en notre demeure à Noiron dite commune de Varennes les jour, mois et an que dessus et avons signé. Jean Huet, maire.



mercredi 4 avril 2018

On ne fauche pas que les blés. Chronique de Thierry Péronnet

(Présidial de Poitiers 1-B-2-2 greffe criminel)


Le 03-09-1678 M° Luc COUTOCHEAU, conseiller du roi et magistrat au présidial de Poitiers, ouvre une information à la requête de François ALLAIN laboureur à bras.
Le cheval de ce dernier a été tué d’un coup de faucille.
Selon Catherin BERTHIN 20 ans, journalier du village de Cloistre de Vendeuvre, a vu le cheval dans le pré du moulin de Train qui faisait des dégâts en mangeant des javelles* de froment. Michel MARIN valet de DESCHAMPS le métayer du sieur PESTRE gendarme du roi et Jacques MARIN praticien à Jaunay ont alors tenté de chasser l’animal, c’est le premier qui « bailla un coup de fossille dans les flancqs dudit cheval ». Catherine BERTHIN ne sait si « c’est de malice ou sans y panser » que le coup fut donné et ne peux en dire plus. Toujours est-il qu’une à deux heures plus tard le pauvre animal en mourut. Marie 12 ans fille de Vincent JOUBERT journalier est interrogée à son tour, comme elle aller laver du linge à la rivière elle passa le long du pré, elle a bien vu le valet donner le coup de faucille. Elle confirme que le cheval mangeait des javelles de froment et qu’il est décédé peu de temps après bien qu’elle ne l’eut pas vu mourir. Un autre témoin, Jeanne DREDILLE 20 ans femme de René DORAT laboureur, était à la rivière entre Jaunay et le moulin de Train, le vendredi huit jour auparavant, avec Marie JOUBERT assise au bord de l’eau. Elle a bien vu le cheval qui courait « avec la faucille au ventre ». Ensuite elle a vu Michel MARIN accourir et enlever prestement ladite faucille. Ces dernières ne peuvent en dire plus sur ce drame.
A-t-on affaire à un simple mais fatal accident ou bien à un valet ayant fait preuve de cruauté envers le cheval ? A t-il voulu seulement piquer le flanc de la bête pour l’obliger à partir et son coup a t-il été mal contrôlé? En 1678 un cheval a une grande valeur, il sert autant au transport des hommes et des marchandises qu’au travail des champs, sa perte est forcément problématique pour son propriétaire. Les récoltes ont aussi leur importance, si elles sont bonnes cela assure une bonne année à venir et les semences pour la suivante, perdre une partie de celles-ci par les dégâts provoqués par des animaux sauvages ou domestiques n’est guère tolérable pour les petits paysans de la fin du 17ème siècle.
Le moulin du Train se situait sur la rivière « le Pallu » à la limite entre les paroisses de Vendeuvre et de de Jaunay-Clan (commune ancienne phagocytée par l’actuelle commune de Jaunay-Marigny).

*javelles de froments « poignées de froment »

mardi 3 avril 2018

#ArchiLoup y es-tu ? #AD86 Presse en ligne.


Tableau de chasse le 25 janvier 1914. M. MALAPERT et MARTINIERE ajoutent 
REMBUCHER : suivre la voie d'un grand animal jusqu'à ce qu'il soit rentré dans son enceinte boisée. 
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samedi 31 mars 2018

Le #ChallengeAZ , sujet de mémoire de Master. Université d'Angers.

Étudiant en Master 1 à l’Université d’Angers, Matthieu MICHELET prépare un mémoire sur les pratiques généalogiques et le phénomène des blogs dans le cadre du Challenge AZ, entre 2013 et 2017. 
Il fait appel à nous, anciens du #ChallengeAZ pour répondre à un petit questionnaire. 






Pour contacter Matthieu MICHELET : 
email : mathieu.michelet@etud.univ-angers.fr
Twitter : @matthieu_2008




vendredi 30 mars 2018

Quand les curés du XVIIIème luttaient contre les charlatans ! #ArchInsolite



20 décembre 1780 à Moncontour (86330), FRANCE
Notes : l’an mil sept cent quatre vint le vint decembre a 
eté batisée sous condition ayant eu lieu de douter 
de la validité de l’ondoyement ui luy a été administré 
a la maison a cause du danger de mort marie née 
le jour précédent à dix heures du soir fille 
du soi disant jacques michel orry depuis quinze jours 
demeurant en cette paroisse ou il a paru en qualité 
de charlatan et d’henriette savant légitiment 
mariés comme il parais par un extrait de mariage 
qu’il ma montré en datte du vint avril mil sept 
cent soixante dix neuf signé guyare prieur de... 

Moncontour BMS 1772-1792 page 57


jeudi 29 mars 2018

Les deniers de sa majesté - Les chroniques de Thierry Peronnet.

Justice seigneuriale de Dienné et Verrières série 8-B liasse 100 (Photos DSCN 2413 à 2431)
Dans la nuit de mercredi à jeudi du 18 au 19 avril 1753, Claude TOUCHARD le fils demeurant à la Barre de Dienné et François REDON sortaient ensemble de la forge de Verrière. Sur le chemin menant à Dienné dans la forêt de Verrière ledit TOUCHARD a alors insulté le pauvre REDON et lui a assené des coups de pieds et de poings sur tout le corps, au point que ce dernier est depuis gravement malade et « en péril de mort », ensuite lui a pris de l’argent, les deniers de sa « majesté », François REDON étant « collecteur du vingtième », une procédure judiciaire est ouverte contre TOUCHARD. Le 23-04-1753 les témoins déposent devant Anthoine DELAUZON juge sénéchal criminel et civil de la baronnie de Dienné et Verrière, Anthoine GIRAULT 33 ans tavernier au moment des faits et à présent journalier demeurant au Puit de Lhommaizé déclare qu’il était dans son lit quand on frappa à sa porte, Françoise THOMAS sa femme âgée de 40 ans qui n’était pas couché ouvrit et « Jacques » REDON et Claude TOUCHARD qui voulaient boire demandèrent une bouteille de vin, REDON se contenta de boire un peu et l’autre le pressa de boire plus disant « bougre de chien vous de boire ou je vous bateray », REDON ne but que la moitié d’un verre et jeta le reste, TOUCHARD but tout le reste du vesseau. En partant TOUCHARD qui était derrière demanda un bâton à Françoise THOMAS, cette dernière refusa, il dit alors qu’il trouverait bien une panne à une charrette. Ensuite le tavernier et sa femme se couchèrent. La femme du tavernier fait une déposition similaire. Marie-Catherine RIBARDIERE 44 ans femme de Claude BOUE marteleur demeurant à Lhommaizé dit qu’elle ne sait rien des faits et que REDON comme collecteur du dixième était venu chez elle lui demander de l’argent, elle avait répondu qu’elle ne pouvait payer le jour même, ils lui prirent une bouteille et une miche de pain pour 5 sols moins un liard qu’ils consommèrent, REDON paya avec 12 sols, mais comme elle n’avait pas la monnaie TOUCHARD pris les 12 sols et lui donna 5 sols moins un liard, disant à REDON « c’est 7 sols et un liard ». Philippe MOTHEAU 22 ans garçon charbonnier demeurant dans la forêt de Verrière à Dienné dit qu’il ne sait rien sur les faits , qu’il a vu REDON et TOUCHARD boire ensemble. Marie GIRAULT 18 ans fille de Jacques GIRAULT meunier du moulin de la forge de Lhommaizé déclare qu’elle ne sait rien sur les faits et que TOUCHARD avait demandé à Pierre GIRAULT 15 ans son frère un bâton. Ce dernier confirme que REDON et TOUCHARD s’en allaient quand TOUCHARD qui marchait derrière lui demanda un bâton. Le sénéchal décide de faire comparaitre ledit TOUCHARD accusé de maltraitance sur la personne de Jacques ARDON (lire Jacques REDON) et de vol des deniers de sa majesté.

Tous ces protagonistes ont un lien avec la forge semi-industrielle de Verrière, lire « le Peuple de la Forêt » de Sébastien Jahan et Emmanuel Dion (voir illustration)


mercredi 28 mars 2018

Suicide prémonitoire.

Les mentions de suicide sont rares dans la Presse ancienne jusqu'au XXème siècle.
Mais avec les horreurs de la Grande Guerre tout change. 
21 aout 1914 dans la Presse régionale :




Sources : 

jeudi 8 mars 2018

Ah les filles ça ira, ça ira ! #AD86 Lecture suivie du CSR de Poitiers.



De Mirebeau à Sillars, en passant par Pouzioux, elles rendront marteau la justice révolutionnaire ! 
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4 0ctobre 1793
LAMARQUE, administrateur du district de Poitiers a été introduit dans la salle du Comité de Surveillance Révolutionnaire le 4 Octobre 1793. Il raconte que se présentant à MIREBEAU pour réquisitionner les citoyens tenus de partir en masse, il fut assailli par une troupe de femmes, qui menaçaient ses jours et qu'il ne dut son salut qu'à la fermeté et au courage du citoyen Le COUVREUR gendarme qui parvint à le délivrer de leurs mains. Il a ajouté que d'après le rapport qui lui a été fait, la femme du Juge de Paix du canton de Mirebeau se trouvait à la tête de cet attroupement, armée de deux pistolets, il assure aussi s'être présenté à la municipalité pour faire part de ce qui venait de lui être fait et que les officiers municipaux lui avaient répondu qu'ils n'y pouvaient mettre empêchement....

Où l'on salue la grande sagesse des officiers municipaux de Mirebeau ! *

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6 Octobre 1793 :

 Lecture d'une lettre du comité de surveillance au comité de surveillance qui craint que les paroisses de Sillars et Pouzious ne se mettent en révolte ouverte. Les malheureux habitants étaient séduits et égarés par deux femmes dont les parents et maris sont émigrés. On envoie huit hommes avec à  Le Carlier leur tête qui  conduit le détachement et a tout pouvoir. Les  deux femmes au village de Sillars Chaud la Randrie et Mangin, sont arrêtées et emprisonnées à Poitiers. 

Huit hommes pour deux femmes... La révolution est en marche !
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9 Octobre 1793 au matin :

De nombreuses pétitions signalent au comité un grand nombre de nobles ou de familles émigrées où il y a des enfants en bas âge. 
On demande que ces enfants soient exceptés de la réclusion prononcée par la loi du 17 Septembre parce que attendu leur bas âge, ils ne peuvent avoir donné des preuves de leur attachement à la constitution, mérité ni démérité de la patrie et que d'ailleurs tous ces enfants ne pourraient habiter les maisons de détention sans danger pour leur santé et sans une grande incommodité pour l'ordre à tenir dans ces maisons. 
Avis sera donné. 

Le Comité Révolutionnaire dit halte à la garderie ! ...
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 10 Octobre 1793
Appel est fait à créer des ateliers pour y coudre des uniformes pour les soldats réquisitionnés. Appel à tous les citoyens à l'enthousiasme républicain...C'est le citoyen Malteste qui se charge de cette intendance. 

Douce France, Papa pique et Maman coud, version carmagnole.
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Salut et Fraternité ! 
*Les délires de Lulu sont en italique, le reste  est d'époque ;-)
Source : ADV L 464.