vendredi 24 janvier 2020

Evasion - par Thierry Péronnet




(Présidial de Poitiers 1-B-2-2 greffe criminel) (DSCN 3703 à 3718)

Le 07-07-1678 au matin à 4 heures et demi François BENET marchand de Poitiers se rendait à sa boutique quand, à sa grande surprise, il vit une corde d’une longueur d’une aune pendant le long de la muraille proche la grande porte du palais de justice du côté de Notre-Dame-la-petite. Cette corde était attachée en haut de la couverture du grenier de la chambre criminelle. Il partit alors en courant au guichet du palais pour avertir le concierge, il vit deux ou trois ardoises cassées au sol, il apprit alors que le prisonnier surnommé BELLEJAMBE accusé d’assassinat venait de s’échapper. Laurent FOURESTIER un gantier de 35 ans avait bien entendu dans la nuit des bruits d’ardoises se brisant mais il ne se leva pas de son lit, ce n’est que plus tard qu’il apprit l’évasion de BELLEJAMBE. Estienne AUGEREAU l’aîné 30 ans un marchand était au lit avec sa femme quand dans la nuit vers les 2 heures il entendit des bruits d’ardoises qui se fracassaient, craignant que des voleurs s’attaquent à ses fenêtres il se leva pour aller voir. Il vit un homme à terre vêtu d’une seule chemise blanche, comme s’il venait de tomber de l’auvent des boutiques de POIRIER et BOURGEOIS touchant l’arrière de l’allée du palais. Comme l’homme se releva et qu’il prit la fuite vers les Cordeliers ou les Jacobins, il crut que c’était un voleur qui en voulait aux boutiques, mais comme leurs fermetures n’avaient rien et il se recoucha. Ce n’est que plus tard qu’il apprit que BELLEJAMBE s’était échappé en passant sur ces boutiques.
Une enquête est ouverte pour comprendre comment a pu se faire cette évasion, pourquoi l’accusé a été transféré en un endroit d’où il a pu si facilement s’échapper. François GAULTIER 42 ans, le concierge du palais royal et geôlier de BELLEJAMBE, interrogé déclara qu’il était cloué au lit par la goutte depuis 7 semaines, que BELLEJAMBE avait été mis dans un cachot les fers aux pieds depuis un an et qu’il venait d’être transféré dans le cachot appelé le « petit cachot » proche de la chambre criminelle où il s’y trouvait depuis 3 semaines. Il n’avait pas pu visiter le prisonnier chaque jour car il était au lit avec la goutte, mais sa femme et ses enfants faisaient les visites. On lui présenta des fers trouvés dans le petit cachot qu’il reconnut comme étant ceux du prisonnier. Eléonore RAVEAU 38 ans sa femme déclara à son tour que c’est elle qui, avec JOUBERT, avait transféré le prisonnier au petit cachot sur ordre écrit de l’intendant, elle rajouta qu’elle a visité le prisonnier et vérifié ses fers la veille de l’évasion vers les 8 heures du soir, elle reconnut les fers aux anneaux limés qu’on lui présenta.  François ALLARD praticien 30 ans, le mardi précédent l’évasion, alla voir un certain GUILLEBOT en la prison de la conciergerie, BELLEJAMBE qui était dans le cachot voisin l’interpella alors, il lui dit « monsieur ALLARD je suis votre serviteur, au premier jour nous boirons ensemble si monsieur GAULTIER veut souffrir que vous entriez en ce lieu », après lui avoir demandé de se coller au mur il lui dit tout bas « je vous prie de faire mes baise mains à madame votre femme et lui dire que je la prie d’entendre la messe à Notre-Dame lundi mardi et mercredi prochain, même dès demain, et qu’elle prie Dieu pour moi, pour que l’un de ces jours là j’espère avoir bonne issue de mon affaire ». Il apprit l’évasion le jeudi suivant.
Apparemment les autorités cherchaient des complicités et en premier lieu si le concierge ou sa femme pouvaient être impliqués. Au vu du témoignage de monsieur ALLARD et des surprenants propos du prisonnier, il semblerait que ledit BELLEJAMBE préparait son audacieuse escapade depuis quelques temps.

vendredi 17 janvier 2020

Noyade à Lathus - Les chroniques de Thierry Péronnet





(4-E-85-8 justice seigneuriale du Cluzeau) (DSCN 3842-3843) 
(Noyade) :
Dans son registre le curé de Lathus a écrit : « le 05-05-1681 a été inhumée dans le bout du cimetière (en le bas contre la marne) Louise PAILLER fille âgée d’environ de vingt et cinq ans, laquelle en une extrême maladie et de longue espace se serait noyée en tombant en le puits de Chez Tartault, elle avait fait ses pâques et moi-même l’avait ouïe en confession et avait toujours trouvé en elle grande dévotion ». Avait-elle des parents une famille, des amis, une profession ? Le curé ne se montre guère bavard à ce sujet, dans ces actes le religieux n’a guère l’habitude de broder, il se contente de donner l’âge au décès et le nom du village du défunt, en précisant si c’est un bon chrétien, sans plus de précisions. Heureusement le même jour Maurice DESCHAMPS avocat et juge du Cluzeau procède à la « levée du corps » de ladite Louise PAILLER et Pierre JAQUEMAIN son greffier rédige un procès-verbal, car c’est une mort violente, aujourd’hui les autorités procèdent toujours de la même manière. On y apprend qu’elle est morte noyée au fond du puits de la métairie du village appelé Chez Tartault. Il est précisé qu’elle est la sœur de Catherine PAILLER la femme de Sylvain JOUBERT, celui-ci avec Pierre Guillaume et Catherine JOUBERT ses frères et sœur exploite la métairie, Jean CHASSAT bordier et Perrette DELAFONT bordière sa belle-sœur demeurent avec eux. Maurice JACQUEMAIN chirurgien a examiné le corps de la noyée. Ensuite on procède aux auditions des témoins, l’âge de ceux-ci est alors noté soigneusement, Sylvain JOUBERT a 30 ans, Pierre JOUBERT a 27 ans, Guillaume JOUBERT a 26 ans, Catherine JOUBERT leur sœur a 17 ans, Catherine PAILLET elle a 30 ans, Jean CHASSAT a 26 ans et Perrette CHASSAT a 27 ans. On y apprend que Louise PAILLER travaillait avant au service de Jean RICHEFORT laboureur au village du Monteil, mais comme elle était « malade et indisposée » depuis le vendredi saint précédent elle s’était retirée chez ses frères et sœur. La veille le quatre mai Sylvain JOUBERT et sa femme de retour de la messe ne la retrouvèrent pas dans sa chambre, in quiets ils fouillèrent alors dans plusieurs endroits où elle pouvait se trouver, en vain, ils finirent par la trouver noyée au fond du puits d’où ils la retirèrent et la transportèrent dans une chambre haute de la maison de la métairie, là même où le juge et son greffier rédigent leur procès-verbal.

Le curé l’ayant enterrée en terre chrétienne le jour même, on peut supposer que la noyade est considérée comme accidentelle par les autorités. Les habitants ont-ils par la suite pensé à la pauvre fille en buvant l’eau du puits ? On peut légitimement se poser la question.

vendredi 10 janvier 2020

L'honnêteté s'affiche - Les chroniques de Thierry Péronnet.


(8-B-170 justice seigneuriale de Montreuil-Bonnin et Latillé) (DSCN 4716 à 4726)

Le 18-07-1729 Joseph JARDEL sieur de la Jouschère sénéchal et juge ordinaire civil et criminel du baillage de la châtellenie de Montreuil-Bonnin et Latillé, après rappel des actes d’une procédure commencée en décembre 1728 pour des faits arrivés le 29-11-1728, condamne Charles GIRAUDEAU à reconnaître Claude LAURENT comme « homme d’honneur non tasché des injures à lui impropres », à passer un acte de reconnaissance devant notaire sous huitaine. De plus le juge permet audit Claude LAURENT de faire afficher cette sentence à la porte de l’église de Benassay un dimanche au frais dudit GIRAUDEAU et condamne GIRAUDEAU à une amende de 100 livres pour dommages et intérêts et à payer 51 livres 11 sols 6 deniers pour les dépens.
Quelles furent les injures qui ont amené à ce jugement ? Qu’a pu dire GIRAUDEAU audit LAURENT qui mérite condamnation ? Le 21-01-1729 Charles-Philippe FORGET procureur fiscal du baillage de Montreuil-Bonnin procède aux interrogatoires des témoins. Jean DAVID 33 ans charpentier de Lauvignière de Benassay dit que le 29-11-1628, sortant de chez GUIONNET, cabaretier à Lavausseau, il vit Charles GIRAUDEAU et Claude fils de Jean LAURENT se disputant et entendit le premier dire « ne sçay tu pas bien que ton grand-père a été pendu » et le traiter de "fripon", le témoin rajoute que le fils LAURENT lui aurait dit 4 à 5 jours après que GIRAUDEAU avait volé à la maison de l’étang après la mort de son père. Autre témoin Jean BICHON, 20 ans, domestique de Jean GIRAUDEAU, meunier du moulin de l’étang, lui, a entendu GIRAUDEAU dire audit LAURENT fils « tu es honneste homme mais tu es de la race des Babaux qui ont été pendus » et il a entendu ledit LAURENT répondre qu’il était « un bougre d’affronteur, de fripon, voleur, coquin et maraud ». Louis RAFFIN 27 ans joueur d’Hautbois de Saubrelusseau de Benassay a entendu GIRAUDEAU dire « tu es de la race des Babaux, ton grand-père a été pendu, ne sçay tu pas bien que la race des Babaux n’a jamais rien valu » et LAURENT fils répondre qu’il était un voleur et qu’il avait volé son père. Simon FRAUDEAU 21 ans journalier de Lavergne de Benassay n’a entendu que LAURENT fils dire que l’autre était « un coquin, un maraud, un fripon, un affronteur » et qu’il avait volé son père. Charles LUSSAULT 33 ans boucher à Lavausseau vit les deux protagonistes assis à une même table chez GUIONNET cabaretier qui se disputaient, LAURENT traitant l’autre de coquin maraud et voleur.

Ce fait divers entraine une question que l’on peut toujours se poser. Est-on responsable des actes de ses aïeux ? Charles LAURENT doit être le fils de Jean LAURENT et Judith BABAULT, mariés en 1706 à St-Didier paroisse de Poitiers. Mais que diantre le grand-père du fils LAURENT a t-il bien pu faire pour mériter d’être pendu ?

Thierry Péronnet. 




vendredi 3 janvier 2020

Giboulée de coups de bâton - Par Thierry Péronnet.



(8-B-169 justice seigneuriale de Montreuil-Bonnin et Latillé) (DSCN 4658 à 4668)

(Bastonnade à Monbeuil-Benassay) :
Le 02-09-1726 Pierre MOUSSAULT marchand tanneur et Elizabeth MOUSSAULT sa femme portent plainte auprès du sénéchal civil et criminel de Montreuil-Bonnin et Latillé. Ils disent que la veille un dimanche vers les 6 heures du soir près du village de Monbeuil de Benassay ils firent malheureusement la rencontre du sieur Jean LAMARQUE de la Baudausière, qui selon leurs dires est un homme reconnu vicieux et querelleur dans tout le pays et canton. Sans aucunes raisons ce dernier les attaqua, ledit MOUSSAULT lui répondit par un bonsoir en le félicitant de ce que sa cavale soit pleine et se dirigea vers Monbeuil. LAMARQUE menaça de le frapper de ses verges, le traita de « monsieur le bougre ». MOUSSAULT, ne sachant la cause de son chagrin et de son courroux, le flatta de paroles et lui fit des « honnestetés » pour fuir promptement et éviter sa compagnie. LAMARQUE demanda alors à Jean GIRAUDEAU de lui tenir sa jument et donna de grands coups de verge sur le plaignant, sur le dos, sur l’épaule gauche, ensuite il lui prit son bâton et lui donna des coups avec sur la tête et le reste du corps. MOUSSAULT réussit à s’échapper pour essayer de se réfugier dans sa maison. LAMARQUE revint à la charge avec un pieu mais, comme MOUSSAULT gravement blessé s’était échappé rapidement sur une cavale, il s’en prit à la femme dudit MOUSSAULT à coups de pieu de pied et de pierre, la laissant comme morte. Ladite MOUSSAULT fut ensuite conduite à grand peine en leur maison à Lavausseau où elle git « malade et en danger de mort ». Les plaignants demandent qu’une information soit ouverte contre LAMARQUE. Il faut dire que l’agresseur ni avait pas été de main morte, Louis PELLETIER chirurgien de Benassay note à l’examen des victimes que Elizabeth MOUSSAULT, couchée dans un lit près de la cheminée d’une chambre basse, a une plaie sur l’occipital longue d’un demi travers de doigt, profonde d’un demi pouce, plus une contusion sur le bras dextre en dessous de l’épaule large d’un pouce, plus une contusion au coude du même bras large de deux pouces, et que Pierre MOUSSAULT assis sur un coffre dans la même pièce a une excoriation sur le haut du coronal large d’un demi travers de doigt, une contusion avec excoriation sur le « mouvement de l’épaule dextre » large d’un pouce, une contusion sur le bras sénestre au-dessus du coude large d’un pouce. Il ajoute que les contusions semblent avoir été faites par des coups de pierre ou de bâton.

Pour confirmer les dires des plaignants des témoins sont interrogés par le sénéchal, ils ont comme nom Louis ALLARD 35 ans domestique de Jean GIRAUDEAU meunier du moulin du Plan, René ALLARD 35 ans journalier au village de Monbeuil, Louis 15 ans  fils de Pierre DUTAYS laboureur de Monbeuil, Louise DECOUX 36 ans femme de François SABOURAULT journalier, tous rapportent et confirment tout ou en partie les faits mais restent prudent dans leurs déclarations, en affirmant ne pas connaitre la cause des coups et avoir été loin de la scène.
 


mercredi 25 décembre 2019

Les petits Noël des archives insolites.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 

En vous souhaitant à tous, un très Joyeux Noël, je remets à la une cet article paru en 2013 dans Centre Presse.

Le Père Noël et la Cigogne. Nuits magiques dans la Vienne.
La plus ancienne et la plus magique des saintes nuits eut lieu dans le petit village de Monts-sur-Guesnes en 1580. Ce soir-là, Robertine Robin et Gilette Viaux sont venues à pied dans la petite église, comme tous les paroissiens du village, autour de leur curé. Appuyées  sur le bras de leurs époux respectifs François Alain et Gilles Du Mazeau, ni l’une ni l’autre ne chemine très vite, tant leur silhouette est arrondie.  Mais pour la messe de minuit, tout le village doit être  là.  Le chemin du retour n’a pas du être très facile pour Robertine et cette marche nocturne n’est  sans doute pas sans conséquence sur la suite des heureux évènements !  Son époux  a-t-il eu le temps d’aller chercher la matrone ? On en doute, car c’est  à deux heures du matin, qu’elle  lui a donné un fils. La même nuit,  dans la maison voisine, Gilles et Gillette s’émerveillent eux aussi sur une  petite frimousse qui voit le jour. Deux naissances, la nuit de Noël dans un village de moins de 600 habitants, quel évènement ! On les prénomma tous deux Noël, comme il se doit !  
A Lhommaizé en 1622, l’évènement amuse Monsieur le curé qui le mentionne dans son registre : la petite Mesmin est « baptisée Noëlle parce qu’elle est née le jour de Noël »! Cependant la plupart du temps, aucun commentaire n’est fait.
Nommer l’enfant né un 25 Décembre « Noël » est une tradition qui remonte au XIIIème siècle dans notre pays. Les relevés  des naissances  établis par les généalogistes de la Vienne, nous permettent de retrouver du XVIème au XXème siècle, quarante-cinq communes  et soixante-douze enfants concernés par ce prénom singulier. La parité est loin d’être respectée, on compte 57 garçons pour 15 filles ! A  Loudun, Saint-Jean-de-Sauves, La Chaussée ou Mont-sur-Guesnes, on  compte à travers les âges, plus de quatre petits Noël dans les sabots des villageois ! Naître un 25 décembre est un hasard du calendrier qui tient parfois de la transmission générationnelle ! Ainsi voici deux p’tits Martin à Gouex ( 1745 et 1751), les  cousins Proust de Messais  (1755 et 1762), les p’tits Réau de Chouppes et Vouillé nés à trente ans d’intervalle (1738 et 1768),  et les deux p’tits Trillaud de St-Gaudent (1840 et 1869). Mais chez les Turquois, naître au pied du sapin devient  une tradition familiale : en voici un à Chouppes en 1726, et deux autres à La Chaussée en 1678 et 1725. Quant aux Guilbaut de Bournant, en 1635, on nait Noël et à Noël…de père en fils !
Prudence salutaire sans doute, on ne s’étonnera pas de ne retrouver aucun petit Noël le 5 Nivôse de l’an II et années  suivantes ! Les révolutions passent et la tradition reprend à Saint-Gaudent en 1840. Elle connaîtra ses périodes de gloire avec une année particulièrement faste en 1948 où naîtront 1272 petits poupons à bonnet rouge bordé de blanc ! Apogée suivie d’un irrémédiable déclin, puisqu’en  2010, on ne compte plus que 26 enfants au prénom éponyme.  Le  choix du prénom, qu’on espère mûrement réfléchi n’obéit plus au hasard du calendrier, mais parfois encore aux événements de l’actualité…
 Quant au petit Jésus du 25 décembre, sachez qu’il est fils unique dans notre département. Il est né en 1842 à Vivonne de Pierre Thibault et Marguerite Thomas !
A l’heure où s’écrivent ces lignes, nul ne sait encore combien de berceaux se rempliront au pied du sapin. Mais à tous ces nouveau-nés du covoiturage de la cigogne et du Père Noël, nous adressons tous nos meilleurs vœux de santé, bonheur et longue vie !

mardi 10 décembre 2019

V comme l'insolite de Vouneuil


ADV Vouneuil sur Vienne B 1591-1616 page 104. 

1-De lannée mil six cent douze six août moy messire 
2- André AUGOUARD prêtre(pbtr) vicquaire de leglise 
3- de ceans ay baptisé deux petits enfants scavoir 
4-un enfant et une fille lesquels se tenoient et estoient 
5- joint depuis la poinctrine jusque au dessoubs du petit 
6- ventre et demanday à la matronne comme il estoient 
7- venu au monde elle me dict quils estoient venu au monde 
8- embrasser et avoient leurs visasges lun contre lautre 
9- et incontinant après que je les ai baptisés la fille 
10- mourrut et l’enfant qui surviva dun jour entier et 
11- respiroit jusque dans le corps de la fille qui estoit morte 
12- qui estoit un signe évident qu’il y avoit une liaison 
13- de leur ventre et de leur entrailles et estoient enfants 
14- de Mathurin CROIZET leur père et de Bertholomée 
15- GILLE et étaient les parrains Antoine BRUNEAU et 
16- Françoise MERCIERE ces enfants cy dessus dicts avoient 
17- entierement tout leur membre fors et exepte que 
18- la fille navoit pas de fondement et ay baptisé 
19- deux (ou des) enfant qui estoient touts deux mort* qui nestoient pas 
20- plus grou quun loir* et chacun de ceux cy et de ceux 
21- qui les apporterent baptiser de dire que 
22- la mère navoit pas été malade deux heures 
23- et se porter bien après quelle les eu mis au monde 
24- moy dit AUGOUARD certifie tout que ce qui est escrit 
25- cy dessus contient vérité en témoingt de quoy jay 
26- escrit et signe la pre(sen)te. AUGOUARD. 

* Encore des doutes sur ces parties du texte. 

mardi 3 septembre 2019

Des violences d'un autre âge - Lulu Archive dans Centre Presse -

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. Article rédigé en 2014.

Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale.
Elle se déchaina atrocement ces dernières semaines dans la Vienne. On la qualifie d’un autre âge, et pourtant, elle interpellait déjà au XVIIème !
Liglet, 1691. François Bichier, curé, désigne sur son registre paroissial, Louis MONTETAUD. Sans doute l’a-t-il nommé aussi à la messe du dimanche, tentant par ses prêches de vaincre ce fléau ordinaire qui touchait si gravement les femmes de l’ancien Régime. Dans le silence des villages endormis, cette violence tue.
Louis MONTETAUD vit à Journet. Il n'est plus tout jeune. Tous ses enfants sont partis de la maison. Avec Marie, ils en eurent sept. Qu’importe. Au bout de sa vie de misère, rien n’apaise la colère de cet homme, attisée par l’alcool. Louis frappe sa femme  tant et tant, et depuis tant de temps, que plus personne ne l’entend faire. Ce soir-là,  Marie BONNEAU pleurait-elle trop ? Un mois avant, sa fille Anne mourait. Elle venait de mettre au monde deux petites filles, l’une des deux l’accompagna dans la tombe. Marie pleure sa fille, sa petite fille et Louis frappe. Epuisée, blessée, laissant son époux ivre de haine, Marie fuit enfin, profitant du sommeil de son bourreau. La route est longue, 12 km pour trouver refuge à Liglet chez son gendre, Pierre BIDEAU et sa fille cadette Jeanne.
Marie se repose enfin, mais ne va toujours pas mieux. Elle est sans doute venue trop tard. Le 12 mars, Jeanne appelle le curé. Marie lui confie dans son dernier souffle qu'elle meurt à cause des coups subis : des coups de genoux et des coups de bâton dans l'estomac. Les coups de Louis, son époux. Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale. Il n'y a pas d'âge non plus. La pauvre Marie BONNEAU avait « soixante et quelques années »...
L’histoire devrait s’arrêter là. Mais autour de l’acte de décès de Marie Bonneau, le registre chuchote.
Cinq jours après la mort de sa mère, le curé de Liglet enterre Jeanne, et la semaine suivante Pierre Bideau ! Que se passe-t-il dans cette maison ? La colère de Dieu s’est trompée de cible, elle s’est abattue sur tout le village ! En cinq mois, il va mourir à Liglet 32 âmes, dont les 2/3 ont moins de 40 ans, la mortalité annuelle habituelle est multipliée par deux en seulement un semestre. Etrangement, dans la maison des Bideau, les trois petits orphelins de 9, 5 et 2 ans vont survivre.
Etrangement le curé ne s’étonne pas de cette hécatombe dans sa paroisse.
Cette violence mystérieuse et extraordinaire aura-t-elle arraché quelques larmes au regard embrumé de Louis Montetaud, qui a perdu cette année-là six membres de sa famille ? Seul à Journet, le vieil homme mourra à son tour le 6 décembre de la même année à l’âge de 70 ans. Il n’y a pas d’âge pour la violence ordinaire.



lundi 2 septembre 2019

Des maîtres d'école dans les registres des villages de la Vienne de 1613 à 1792 !

Bonne rentrée à tous !
VILLAGEMAITREDATESOURCE
ARCAYMAITRE1710/12/17AD86/IN4/1016
BLANZAYMAITRE1719/09/25AD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRENDAD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRE1667/12/08AD86/IN4/1016
CHAMPAGNE-SAINT-HILAIREMAITRE1779/09/12AD86/IN4/1016
CHARRAISMAITRE1769/05/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1691/01/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1696/03/12AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1728/11/00AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1751/10/24AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1760/06/11AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1776/06/03AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1785/06/23AD86/IN4/1016
CHASSENEUILMAITRE1650AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1699/03/12AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1701/11/22AD86/IN4/1016
COUSSAY-LES-BOISMAITRENDAD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1776/03/08AD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1792/12/02AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1753/04/05AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1787AD86/IN4/1016
DOUSSAYMAITRENDAD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/02/19AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/09/00AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1672/05/20AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1777/11/13AD86/IN4/1016
JAULNAYMAITRENDAD86/IN4/1016
JAZENEUILMAITRE1689/01/08AD86/IN4/1016
LA-ROCHE-POSAYMAITRE1716/02/10AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1659/08/21AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1706/04/28AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1748/10/08AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1760/05/28AD86/IN4/1016
LESIGNYMAITRE1710/11/03AD86/IN4/1016
L'ISLE-JOURDAINMAITRE1760/05/16AD86/IN4/1016
MARNAYMAITRE1778/02/15AD86/IN4/1016
MESSEMEMAITRE1706/05/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRENDAD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1613/01/11AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1620/04/16AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1724/01/17AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1694/07/27AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1695/08/28AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1721/08/25AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1751/09/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1752/09/03AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1762/10/07AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1771/03/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1689/10/29AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1700/10/13AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1743/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1745/07/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1760/09/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/07/23AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1757/07/04AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1772/06/30AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1789/05/20AD86/IN4/1016
MONTGAUGUIERMAITRE1785/12/04AD86/IN4/1016
NEUVILLEMAITRE1619/04/11AD86/IN4/1016
ORCHESMAITRE1737/10/08AD86/IN4/1016
PAYREMAITRENDAD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1651/03/13AD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1783/03/03AD86/IN4/1016
PRANZAYMAITRE1740/03/11AD86/IN4/1016
PRINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
QUINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
SAINT-GERVAISMAITRE1729/04/22AD86/IN4/1016
SAINT-JEAN-DE-SAUVESMAITRE1719/09/17AD86/IN4/1016
SAINT-MARTIN-l'ARSMAITRE1675/06/18AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1730/05/03AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1736/11/05AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1772/01/12AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1704/11/01AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1713/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1718/10/14AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1715/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1737/01/21AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1752/01/03AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/07/06AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/08/13AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1789/01/09AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1792/08/31AD86/IN4/1016
SAINT-SECONDINMAITRE1790/04/12AD86/IN4/1016
SAMMARCOLLESMAITRE1761/11/04AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1753/10/27AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1763/03/23AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1658/11/27AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1660/12/07AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1646AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1694/01/11AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1698/08/13AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1791/02/16AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1778/01/17AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1678/07/20AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1688/09/21AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1689/06/04AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1702/02/19AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1704/01/10AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1731/01/01AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1737/05/04AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1629/10/19AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1640AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1642AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1731/05/28AD86/IN4/1016
VOUZAILLESMAITRE1752/06/17AD86/IN4/1016
ANCHEMAITRE1788/06/10AD86/BMS/1785/1792/P35
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/BMS/1686/1688/P135
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/BMS/1703/1704/P83
VENDEUVRE MAITRE1702/02/19AD86/BMS/1701/1702/P101

dimanche 26 mai 2019

Faites des mères. 2019




Faites de mères, ça finira peut-être par faire des arrières grand-mères...
Aujourd'hui c'est la fête de la lignée cognatique ou la branche des mères. La maman de maman est la fille de... sa mère.
Pour s'y retrouver on colle des numéros SOSA. Aux mères, les numéros impairs.
Hein, m'enfin, pourquoi tant de N, un numéro qui se divise pô pour celles qui se multiplient ????
 A l'oreille, il est tout de même plus simple de coller les numéros pairs... au pères
 C'est comme ça qu'on opère.
 En généalogie, la lignée cognatique est parfois l'occasion de "remonter" plus haut, de trouver une petite cuillère en argent... ou pas.
 Sosas 1 : Margaux - Jade, Laura
 Sosa 3 (le sosa des mères) : Mathilde - Camille -
 Sosa 7 (le beau sosa de grand-mère) : La sorcière. (1956) -
 Sosa 15 : Louise l'arrière grand-mère (1936) -
 Sosa 31 : Fortunée brodeuse exilée (1895/1959)
 Sosa 63 : Kadoun l'ancêtre du Levant (?/1900 environ)
 Sosa 127 : la mère de Kadoun, celle qu'on ne trouvera sans doute jamais.

 Salut et sororité à toutes les mères perdues dans la nuit des temps, à celles qui m'ont collé et me colleront le dossard numéro 7, à celles qui me feront passer en numéro 15, 31, 63...