mardi 3 septembre 2019

Des violences d'un autre âge - Lulu Archive dans Centre Presse -

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. Article rédigé en 2014.

Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale.
Elle se déchaina atrocement ces dernières semaines dans la Vienne. On la qualifie d’un autre âge, et pourtant, elle interpellait déjà au XVIIème !
Liglet, 1691. François Bichier, curé, désigne sur son registre paroissial, Louis MONTETAUD. Sans doute l’a-t-il nommé aussi à la messe du dimanche, tentant par ses prêches de vaincre ce fléau ordinaire qui touchait si gravement les femmes de l’ancien Régime. Dans le silence des villages endormis, cette violence tue.
Louis MONTETAUD vit à Journet. Il n'est plus tout jeune. Tous ses enfants sont partis de la maison. Avec Marie, ils en eurent sept. Qu’importe. Au bout de sa vie de misère, rien n’apaise la colère de cet homme, attisée par l’alcool. Louis frappe sa femme  tant et tant, et depuis tant de temps, que plus personne ne l’entend faire. Ce soir-là,  Marie BONNEAU pleurait-elle trop ? Un mois avant, sa fille Anne mourait. Elle venait de mettre au monde deux petites filles, l’une des deux l’accompagna dans la tombe. Marie pleure sa fille, sa petite fille et Louis frappe. Epuisée, blessée, laissant son époux ivre de haine, Marie fuit enfin, profitant du sommeil de son bourreau. La route est longue, 12 km pour trouver refuge à Liglet chez son gendre, Pierre BIDEAU et sa fille cadette Jeanne.
Marie se repose enfin, mais ne va toujours pas mieux. Elle est sans doute venue trop tard. Le 12 mars, Jeanne appelle le curé. Marie lui confie dans son dernier souffle qu'elle meurt à cause des coups subis : des coups de genoux et des coups de bâton dans l'estomac. Les coups de Louis, son époux. Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale. Il n'y a pas d'âge non plus. La pauvre Marie BONNEAU avait « soixante et quelques années »...
L’histoire devrait s’arrêter là. Mais autour de l’acte de décès de Marie Bonneau, le registre chuchote.
Cinq jours après la mort de sa mère, le curé de Liglet enterre Jeanne, et la semaine suivante Pierre Bideau ! Que se passe-t-il dans cette maison ? La colère de Dieu s’est trompée de cible, elle s’est abattue sur tout le village ! En cinq mois, il va mourir à Liglet 32 âmes, dont les 2/3 ont moins de 40 ans, la mortalité annuelle habituelle est multipliée par deux en seulement un semestre. Etrangement, dans la maison des Bideau, les trois petits orphelins de 9, 5 et 2 ans vont survivre.
Etrangement le curé ne s’étonne pas de cette hécatombe dans sa paroisse.
Cette violence mystérieuse et extraordinaire aura-t-elle arraché quelques larmes au regard embrumé de Louis Montetaud, qui a perdu cette année-là six membres de sa famille ? Seul à Journet, le vieil homme mourra à son tour le 6 décembre de la même année à l’âge de 70 ans. Il n’y a pas d’âge pour la violence ordinaire.



lundi 2 septembre 2019

Des maîtres d'école dans les registres des villages de la Vienne de 1613 à 1792 !

Bonne rentrée à tous !
VILLAGEMAITREDATESOURCE
ARCAYMAITRE1710/12/17AD86/IN4/1016
BLANZAYMAITRE1719/09/25AD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRENDAD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRE1667/12/08AD86/IN4/1016
CHAMPAGNE-SAINT-HILAIREMAITRE1779/09/12AD86/IN4/1016
CHARRAISMAITRE1769/05/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1691/01/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1696/03/12AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1728/11/00AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1751/10/24AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1760/06/11AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1776/06/03AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1785/06/23AD86/IN4/1016
CHASSENEUILMAITRE1650AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1699/03/12AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1701/11/22AD86/IN4/1016
COUSSAY-LES-BOISMAITRENDAD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1776/03/08AD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1792/12/02AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1753/04/05AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1787AD86/IN4/1016
DOUSSAYMAITRENDAD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/02/19AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/09/00AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1672/05/20AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1777/11/13AD86/IN4/1016
JAULNAYMAITRENDAD86/IN4/1016
JAZENEUILMAITRE1689/01/08AD86/IN4/1016
LA-ROCHE-POSAYMAITRE1716/02/10AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1659/08/21AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1706/04/28AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1748/10/08AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1760/05/28AD86/IN4/1016
LESIGNYMAITRE1710/11/03AD86/IN4/1016
L'ISLE-JOURDAINMAITRE1760/05/16AD86/IN4/1016
MARNAYMAITRE1778/02/15AD86/IN4/1016
MESSEMEMAITRE1706/05/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRENDAD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1613/01/11AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1620/04/16AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1724/01/17AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1694/07/27AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1695/08/28AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1721/08/25AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1751/09/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1752/09/03AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1762/10/07AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1771/03/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1689/10/29AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1700/10/13AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1743/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1745/07/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1760/09/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/07/23AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1757/07/04AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1772/06/30AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1789/05/20AD86/IN4/1016
MONTGAUGUIERMAITRE1785/12/04AD86/IN4/1016
NEUVILLEMAITRE1619/04/11AD86/IN4/1016
ORCHESMAITRE1737/10/08AD86/IN4/1016
PAYREMAITRENDAD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1651/03/13AD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1783/03/03AD86/IN4/1016
PRANZAYMAITRE1740/03/11AD86/IN4/1016
PRINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
QUINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
SAINT-GERVAISMAITRE1729/04/22AD86/IN4/1016
SAINT-JEAN-DE-SAUVESMAITRE1719/09/17AD86/IN4/1016
SAINT-MARTIN-l'ARSMAITRE1675/06/18AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1730/05/03AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1736/11/05AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1772/01/12AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1704/11/01AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1713/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1718/10/14AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1715/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1737/01/21AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1752/01/03AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/07/06AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/08/13AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1789/01/09AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1792/08/31AD86/IN4/1016
SAINT-SECONDINMAITRE1790/04/12AD86/IN4/1016
SAMMARCOLLESMAITRE1761/11/04AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1753/10/27AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1763/03/23AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1658/11/27AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1660/12/07AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1646AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1694/01/11AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1698/08/13AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1791/02/16AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1778/01/17AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1678/07/20AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1688/09/21AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1689/06/04AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1702/02/19AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1704/01/10AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1731/01/01AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1737/05/04AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1629/10/19AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1640AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1642AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1731/05/28AD86/IN4/1016
VOUZAILLESMAITRE1752/06/17AD86/IN4/1016
ANCHEMAITRE1788/06/10AD86/BMS/1785/1792/P35
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/BMS/1686/1688/P135
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/BMS/1703/1704/P83
VENDEUVRE MAITRE1702/02/19AD86/BMS/1701/1702/P101

dimanche 26 mai 2019

Faites des mères. 2019




Faites de mères, ça finira peut-être par faire des arrières grand-mères...
Aujourd'hui c'est la fête de la lignée cognatique ou la branche des mères. La maman de maman est la fille de... sa mère.
Pour s'y retrouver on colle des numéros SOSA. Aux mères, les numéros impairs.
Hein, m'enfin, pourquoi tant de N, un numéro qui se divise pô pour celles qui se multiplient ????
 A l'oreille, il est tout de même plus simple de coller les numéros pairs... au pères
 C'est comme ça qu'on opère.
 En généalogie, la lignée cognatique est parfois l'occasion de "remonter" plus haut, de trouver une petite cuillère en argent... ou pas.
 Sosas 1 : Margaux - Jade, Laura
 Sosa 3 (le sosa des mères) : Mathilde - Camille -
 Sosa 7 (le beau sosa de grand-mère) : La sorcière. (1956) -
 Sosa 15 : Louise l'arrière grand-mère (1936) -
 Sosa 31 : Fortunée brodeuse exilée (1895/1959)
 Sosa 63 : Kadoun l'ancêtre du Levant (?/1900 environ)
 Sosa 127 : la mère de Kadoun, celle qu'on ne trouvera sans doute jamais.

 Salut et sororité à toutes les mères perdues dans la nuit des temps, à celles qui m'ont collé et me colleront le dossard numéro 7, à celles qui me feront passer en numéro 15, 31, 63...

dimanche 24 février 2019

Un 24 février à Asnois #Vienne86

Le 24 février de cette année 1679, c'était un vendredi. Où allaient-ils ? D'où venaient-ils? Au moulin de la paroisse de Charroux, ce jour-là, on mit un peu trop de monde dans l'embarcation, ce n'était pas prudent, mais il faisait froid. Ce n'était pas prudent, mais c'est toujours comme ça, il faut bien passer la Charente...
L'embarcation s'est renversée et dans l'eau glacée de la rivière douze personnes ont péri.
Dix étaient de la paroisse d'Asnois :
La famille LAURIER : Gillette, Marie, Louyse, Pierre et Jean
Jean MASSONNEAU
Marguerite PENAULT épouse VILLENEUVE et deux de ses enfants
Deux étaient de Charroux.
Etaient-ils seuls ? Faisait-il nuit ? Ils sont tous morts. Personne n'a pu donner l'alerte. On ne les retrouva que le lendemain et on les enterra le surlendemain.

jeudi 14 février 2019

Mariage Jubilatoire - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 20/02/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

L'article paru dans Centre Presse et la réponse du Pr Jean-Marie Augustin !
L'article
Mariage Jubilatoire ou la Saint Valentin des archives à Oyré !
Il  n’est pas toujours facile de mettre un point final sur les i de clandestinité. Avant l’avènement des communiqués de presse people, les occasions étaient rares d’officialiser les douceurs d’une alcôve clandestine. La religion imposait ses dogmes infranchissables ! Infranchissables ? A l’exception des jours de Jubilé ! Car Jubilé rime avec pardonné !  Une opportunité dont se réjouissaient aussi les amoureux en mal de légitimité !
Ainsi le 7 avril 1668, Maitre René Thénault, de la paroisse d’Oyré,  profita-t-il des fêtes données en l’honneur du Jubilé du Pape Clément IX pour officialiser l’union qu’il partageait avec Louise Durand depuis déjà quatorze ans ! L’histoire ne dit pas s’ils eurent des enfants et combien. L’ajout, après réflexion, de la mention « mariage clandestin » par le curé d’Oyré, nous en dit plus sur l’origine de cette régularisation : même si l’acte de mariage ne fait mention ni d’abjuration ni de conversion, nos épousés étaient probablement protestants.  Qu’il soit un notable de la paroisse n’épargnera pas à Maitre Thénault d’argumenter son dossier. Période de pardon et de conversion, le Jubilé est l’occasion d’ « indulgences partielles ou plénières » qui demandent quelques efforts spirituels : faire de manière publique quelques pénitences (jeûne, pèlerinage), prier, se confesser, offrir  généreusement quelques dons. A ces seules conditions, sera offerte à notre Valentin pêcheur,  l’occasion de rendre officielle et honorable une situation pour le moins embarrassante, voire dangereuse. L’évènement solennel restera très encadré comme en témoignent la présence d’André Boulé du couvent des Cordeliers et Maitre Jacques Brandin étudiant en théologie. A Charroux, à Couhé, 1668 rime également avec conversion au catholicisme. Le curé de Jaunay-Clan nous apprend qu’un autre Jubilé débuta en 1724, le premier dimanche de l’avent dans les villes mais le second dans les campagnes !
Le premier Jubilé du christianisme fut décrété en 1300 par le pape Boniface VIII, au rythme d’un par siècle,  l’intervalle se réduisit de pape en pape et à partir de 1400 le jubilé eut lieu tous les 25 ans. A ces festivités programmées, s’ajoutent quelques  années saintes extraordinaires. Clément IX, jésuite, fut pape de 1667 à 1669.  Homme de lettres, il fit construire le premier opéra de Rome. En 1668, il fut médiateur lors du Traité d’Aix-la-Chapelle mettant fin à la guerre de dévolution, premier conflit du jeune roi Louis XIV qui dut rendre à l’Espagne la Franche-Comté mais garda la Flandre conquise par Turenne.
1668 ne fut pas une «année sainte extraordinaire » au sens religieux du terme… Mais, exceptionnelle, elle le fut sans aucun doute, pour René et Louise, les vieux amants d’Oyré!
Sources :
Archives Départementales de la Vienne

Illustration : Fragonard , le baiser à la dérobée Musée de L’Ermitage Image Wikipédia

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La réponse de Jean-Marie Augustin 


jeudi 5 avril 2018

#ArchInsolite - L'abandon de Georges - Les Varennes - 1827







TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE NAISSANCE DE « GEORGES »
(Varennes, 24 avril 1827, NMD 1823-1832, 5 MI 072, p 20-21)
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Aujourd’hui vingt-quatre avril mil huit cent vingt-sept, à deux heures de l’après-midi. Devant nous Jean Huet, maire et faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Varennes, canton de Mirebeau, arrondissement de Poitiers, département de la Vienne soussigné.
Est comparu Pierre-François Dagôt, âgé de vingt-sept ans, meunier demeurant au hameau de Rhimbault, en cette commune, lequel était accompagné des sieurs Jean Servant, métayer au hameau de Noiron, âgé de trente-cinq ans et Jean Lasne, meunier au moulin de Saint-Martin, âgé de cinquante-et-un ans. Lequel nous a  remis un enfant nouveau-né du sexe masculin, qui  nous a paru n’avoir été mis au monde que depuis deux jours au plus. Cet enfant était vêtu d’un petit lange en toile de gros, d’un autre mauvais petit lange d’étoffe grise rapiécée de vieille étoffe gris-bleu bordé par le haut et par le bas d’un vieux galon en fil bleu, d’une petite chemise de brassière en vieille percale garnie ainsi que les manches en vieille mousseline, d’une petite brassière en coton bleu à petites raies, à laquelle était attachée un billet portant Je m’appelle Georges, ainsi écrit « Je m aplle Jorge » ; et d’une calotte en vieille soie rayée de diverses couleurs, doublée de toile, sur laquelle sont trois petits morceaux de galon velouté et garnie d’un béguin de dentelle. Le dit Dagôt nous a déclaré que vers le milieu de la nuit dernière il a été éveillé par un  bruit qui a été fait à la porte de la chambre de la veuve Lasne sa belle-mère avec laquelle il demeure au dit Moulin de Rhimbault. Que s’étant levé et ayant demandé qui frappait ainsi, une voix qu’il n’a pas connue lui a dit d’ouvrir, qu’ayant ouvert en effet, il n’a vu ni n’a plus entendu personne et a seulement aperçu par terre un petit paquet qu’il a ramassé et qui s’est trouvé à son grand étonnement être l’enfant sus-dit. Qu’il a porté cet enfant au lit de Julienne Lasne son épouse qui est nourrice, et qui lui a donné depuis ce moment les soins nécessaires à son âge. Le comparant a dit n’avoir trouvé avec l’enfant aucun autre effet que ceux dont il était vêtu, lui a donné le nom de Georges indiqué par le billet qui lui était attaché, a demandé à le garder pour le faire nourrir par son épouse et a déclaré ainsi que les témoins ci-dessus désignés ne savoir signer après leur en avoir donné lecture.
Nous maire sus-dit, avons laissé cet enfant entre les mains et à la garde du dit Dagôt jusqu’à la décision de l’autorité supérieure sur le fait de savoir s’il restera confié aux soins de son épouse. Avons arrêté que le présent procès-verbal sera par nous transmis à Monsieur le préfêt de ce département pour être par lui décidé ce qu’il jugera convenable.
Fait et arrêté en notre demeure à Noiron dite commune de Varennes les jour, mois et an que dessus et avons signé. Jean Huet, maire.



mercredi 4 avril 2018

On ne fauche pas que les blés. Chronique de Thierry Péronnet

(Présidial de Poitiers 1-B-2-2 greffe criminel)


Le 03-09-1678 M° Luc COUTOCHEAU, conseiller du roi et magistrat au présidial de Poitiers, ouvre une information à la requête de François ALLAIN laboureur à bras.
Le cheval de ce dernier a été tué d’un coup de faucille.
Selon Catherin BERTHIN 20 ans, journalier du village de Cloistre de Vendeuvre, a vu le cheval dans le pré du moulin de Train qui faisait des dégâts en mangeant des javelles* de froment. Michel MARIN valet de DESCHAMPS le métayer du sieur PESTRE gendarme du roi et Jacques MARIN praticien à Jaunay ont alors tenté de chasser l’animal, c’est le premier qui « bailla un coup de fossille dans les flancqs dudit cheval ». Catherine BERTHIN ne sait si « c’est de malice ou sans y panser » que le coup fut donné et ne peux en dire plus. Toujours est-il qu’une à deux heures plus tard le pauvre animal en mourut. Marie 12 ans fille de Vincent JOUBERT journalier est interrogée à son tour, comme elle aller laver du linge à la rivière elle passa le long du pré, elle a bien vu le valet donner le coup de faucille. Elle confirme que le cheval mangeait des javelles de froment et qu’il est décédé peu de temps après bien qu’elle ne l’eut pas vu mourir. Un autre témoin, Jeanne DREDILLE 20 ans femme de René DORAT laboureur, était à la rivière entre Jaunay et le moulin de Train, le vendredi huit jour auparavant, avec Marie JOUBERT assise au bord de l’eau. Elle a bien vu le cheval qui courait « avec la faucille au ventre ». Ensuite elle a vu Michel MARIN accourir et enlever prestement ladite faucille. Ces dernières ne peuvent en dire plus sur ce drame.
A-t-on affaire à un simple mais fatal accident ou bien à un valet ayant fait preuve de cruauté envers le cheval ? A t-il voulu seulement piquer le flanc de la bête pour l’obliger à partir et son coup a t-il été mal contrôlé? En 1678 un cheval a une grande valeur, il sert autant au transport des hommes et des marchandises qu’au travail des champs, sa perte est forcément problématique pour son propriétaire. Les récoltes ont aussi leur importance, si elles sont bonnes cela assure une bonne année à venir et les semences pour la suivante, perdre une partie de celles-ci par les dégâts provoqués par des animaux sauvages ou domestiques n’est guère tolérable pour les petits paysans de la fin du 17ème siècle.
Le moulin du Train se situait sur la rivière « le Pallu » à la limite entre les paroisses de Vendeuvre et de de Jaunay-Clan (commune ancienne phagocytée par l’actuelle commune de Jaunay-Marigny).

*javelles de froments « poignées de froment »

mardi 3 avril 2018

#ArchiLoup y es-tu ? #AD86 Presse en ligne.


Tableau de chasse le 25 janvier 1914. M. MALAPERT et MARTINIERE ajoutent 
REMBUCHER : suivre la voie d'un grand animal jusqu'à ce qu'il soit rentré dans son enceinte boisée. 
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