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lundi 4 avril 2022

Miracle sous la Révolution - BLUCHE Nicolas George Léonard - #Abandon #AD86 Série 3X101

 







Enregistré le 13/05/1792 sous le numéro 377

Nicolas George Léonard PLUCHE est né à l'Hôtel Dieu où sa mère entrée malade au même hôtel lui a donné le jour.

Pour donner une chance à l'enfant, donner une chance à la mère : "Nourri à l'Hôtel Dieu par une femme que je paye jusqu'à ce que la mère puisse le nourrir elle-même. "

" Le dit enfant est fils légitime de Léonard BLUCHE et de Marguerite De la BAURIE son épouse, entrée malade d'une grosse fièvre le 10 août 1792 et est accouchée le 13 du même mois dans la salle de Saint Thomas lit n°18. La mère et l'enfant sortent de l'Hôtel Dieu aujourd'hui 22 août 1792."

Définition d'un miracle : Entrer à l'Hôspice enceinte en 1792 avec une grosse fièvre. Accoucher d'un enfant vivant. Ne pouvoir le nourrir pendant 10 jours, guérir sa fièvre tandis qu'il survit. Sortir de l'Hôtel Dieu vivante avec un enfant vivant dont on ne donnait pas cher (baptisé sous condition).

Mes moteurs de recherche habituels (Hérage, Filae, Généanet) ne me disent hélas pas ce qu'est devenu cet enfant. Si vous avez des nouvelles, faites moi signe. 

jeudi 24 mars 2022

Adoptable Angélique - Série 3 X 101

 


Adoptable Angélique ! 

Angélique, juste née et abandonnée le 15 Floréal de l'An 7 (4 mai 1799) environ sur les neuf heures du soir ; Sur la tête un morceau de toile pour têteron une cayenne de bazin fin, blanc piqué à carreaux, bordé d'un ... bleu garni d'une grosse dentelle à piquots. Un lange de revêche gris bleu neuf un mauvais de droguet? gris blanc en bon drapeau de grosse taille. Point de marque distinctive. 

On la baptise à Notre Dame à Poitiers et elle est confiée à ses nourriciers : Pierre GABILLAUD de Jaunay le 28 Thermidor. 

Adorable Angélique va survivre, grandir et croiser la chance.  

En dehors des enfants adoptés par leurs nourriciers, les rares enfants confiés dans ce registre le sont hors département. S'agit-il d'un accord, d'une règle ? 

Dans sa lettre, la femme BACOUILLARD de Saint-Maixent met les formes les plus respectueuses pour convaincre une dernière fois la responsable du service des enfants trouvés, Mademoiselle Chantal BOISTARD, de lui confier cette petite Angélique. 



Lisons ensemble : 

Mademoiselle, 

J'osais me flatter d'avance que vous auriez la bonté de seconder mes désirs. D'autant plus que je ne me proposais qu'un acte de bienfaisance. Je dois donc m'applaudir de mes sollicitation auprès de vous Mademoiselle. Je vous prie de croire que mes réflections étaient faites avant de prendre la liberté de vous faire faire des démarche en ma faveur et à l'avantage d'une infortunée à qui je ferai le bonheur si elle s'en rant digne, je suis toujours dans les mêmes sentiment de la faire prendre pour la Mi Carème par une personne de notre ville qui doit conduire une modiste dans une petite voiture. Je le priray de vouloir bien se charger de ma petite fille je crois que je laimeray beaucoup je me fais une grande joye de la recevoir Etant choisie par la plus aimable, la plus respectable personne que je connaissent, sil y a quelques débourcé à faire je vous  prie de me le marquer je vous le ferai passer de suite.......

Je vous serai obligée de vouloir bien vous informer si la petite a eu la petite verolle ou si elle a été vaccinée, il ne me reste plus mademoiselle qu'à vous prier d'agréer 

l'expression de ma sincère reconnaissance et de me croire avec lestime et la considération la plus distinguée. 

Votre très humble servante

femme Bacoüillard 

Ma famille sensible à votre gracieux souvenir me charge de vous en témoigner sa reconnaissance et de vous assurer de toute notre estime 

St Maixent le 1er Mars 1802

Faute d'aucation je prend le party de la mettre à la poste.


Depuis combien de temps la femme BACOUILLARD attend-elle cette enfant ? Se sont-elles déjà rencontrées à Poitiers ? Quelles furent les autres étapes de cette démarche d'adoption ? Sa famille semble connaitre Melle BOISTARD, s'agit-il d'un arrangement particulier ? 

La motivation de la femme BACOUILLARD est certaine, toute sa lettre le dit, mais elle le dit à la manière de l'époque avec ses inquiétudes, ses doutes mais aussi son rang qui transparaissent dans ces quelques lignes. On hésite entre émotion et sourire. Séduire pour convaincre, plaider sa cause, se garder des maladresses, hier les démarches d'adoption étaient déjà bien difficiles...

 Ainsi Angélique sera aimée, c'est certain, car la femme BACOUILLARD fera le bonheur de cette infortunée "si elle s'en rend digne". Elle l'appelle déjà "ma petite fille", elle répète "je crois que je l'aimeray beaucoup", touchante incertitude . Elle s'inquiète déjà de sa santé, a-t-elle eu la petite vérolle ou a-t-elle été vaccinée ?

Qui est la femme BACOUILLARD de Saint-Maixent ? 


Une recherche rapide dans Filae nous propose un mariage entre Jean-François BACOUILLARD et Marguerite Françoise HAMEAUX le 30 janvier 1797. BACOUILLARD est marchand, agé de 28 ans au service depuis 5 ans. Marguerite, elle, est âgée de 36 ans. 

On ne retrouve aucun enfant pour ce couple. 5 ans plus tard, c'est sans doute ce berceau désespérément vide qui pousse Marguerite à l'adoption d'une petite fille de 3 ans. 

Un joli petit ange que cette Angélique que Marguerite traitera à coup sur comme une marquise ! 

Hélas, indomptable Angélique, à ce jour, aucune archive  ne confirme ce doux chemin de vie que l'on espère avoir été le sien.  






mercredi 23 mars 2022

Série 3 X - Notices de salle de lecture.

 Ces notes sont issues de mes visites aux AD86, des notices du répertoire et des dossiers consultés. 

  • Quelques définitions. 

- un enfant exposé est un enfant abandonné anonymement. Les lieux varient du tas de bois au tour d'abandon, en passant par les portes des maisons...

- on appelle "enfant trouvé", un enfant dont l'exposition a eu lieu et qui est né de père et de mère inconnus. Ils sont réputés par la loi illégitimes jusqu'à preuve acquise du contraire. 

- un enfant abandonné est un enfant légitime qui, à raison de la disparition, l'emprisonnement ou la condamnation de leurs père et mère sont assistés par les lois aux enfants trouvés. 

- un orphelin pauvre est un enfant né d'un mariage légitime qui en raison de l'indigence de ses parents ou de la mort de l'un ou l'autre est appelé à jour des fondations faites dans les hospices, pour la nourriture, l'entretien et l'éducation des enfants légitimes. Par décret du 19 janvier 1811, ils jouissent du même régime que les enfants trouvés. 

  • Colonies agricoles de la Vienne :

- Les Bradières à Lavoux (1850 environ)

- Domaine de la Gabidière à Montmorillon (1845)

  • Quelques dates fondamentales pour comprendre ces archives : 

    • 1er Janvier 1834 : Décision du conseil général. Tous les enfants trouvés et abandonnés du département ne seront plus reçus que dans un seul hospice, celui de Poitiers (séances de Janvier et Juillet 1833) (Série 3X 115)


    • 1er Janvier 1856, fermeture du tour de l'Hopital général de Poitiers. Mise en place d'une nouvelle série de numéros d'immatriculation des enfants admis à l'assistance publique à cette date (Série 3X 141)










dimanche 20 mars 2022

Galère d'une fille de Roy. #AD86 Série 3X101

 

Source AD86/79 

Parmi nos ancêtres sans acte de naissance, combien d'enfants adoptés, combien de filiations incertaines ? C’est la petite musique de cette question qui me mena à explorer aux AD86, la série 3 X, celle des enfants trouvés. Vous pouvez désormais consulter ces archives en ligne.

Retrouver, parmi ces documents, l’un des siens est un défi, mais retracer le parcours de l’un de ces petits est un de ces plaisirs d’amoureux d’archives, un plaisir dérisoire, la plupart du temps inutile, juste le bonheur d’une leçon d’archives. J’adore ça, c’est ma meilleure évasion.

 Ici c’est Euphrosine qui prend le lecteur par la main, pour la douce violence d’une leçon de vie.  Car parfois, la vie est la plus forte.

 


Ça commence par une galère. Ainsi cette toute petite fille exposée du 15 pluviose de l'an 9 (4 février 1801) sur les dix-sept heures trois quart du soir à l’Hospice de Poitiers. C'était un soir de février comme un autre, il faisait déjà nuit noire et froide. De la personne qui la dépose l’archive ne nous dit rien.



Consciencieusement l'enregistrement de l'enfant détaille l'ensemble de sa vêture. Elle portait une calotte de taffetas aurore bordée de ruban blanc,  et un petit dessous de bazin bordé du même ; de la dentelle fine à la première , une brassière et un lange de bazin... mauvais, le lange garni aux extrémités d'une mousseline rayée  et quelques autres petits vêtements d'assez bonne qualité.



A cette petite layette s'ajoute un billet portant le joli prénom d'Euphrosine ainsi que la mention du jour de sa naissance.

Quelques mots comme un arrachement pour terminer une histoire ?

Quelques mots pour donner à l'enfant une infime chance d'en démarrer une autre ?

Quelques mots pour donner à l’enfant l’espoir de se retrouver ?

L'histoire ne dit pas grand-chose du quotidien d'Euphrosine à l'hospice de Poitiers, puis en nourrice, mais elle survécut. Sans doute a-t-elle bien tété et bien grandi, peut-être même a-t-elle fini par sourire à la vie ?

L'histoire n'apporte aucune précision sur la vêture du couple qui poussa la porte de l'Hospice deux ans plus tard. L'histoire ne dit rien de leur inquiétude, de leurs hésitations, de leurs remords si longtemps enfouis. Mais avaient-ils des raisons d'en avoir ?  L'histoire ne dit pas quels échanges verbaux ou quelles preuves matérielles suffirent à rendre cette enfant à ses prétendus parents. A quelle heure ont-ils poussé la porte, après combien de larmes, combien de nuits blanches ? En la voyant, l’ont-ils nommée cette enfant au nom si particulier ? Se sont-ils retrouvés dans ses traits ?

Et cette enfant de galère de maintenant 2 ans, parlait-elle déjà bien ? Avait-elle déjà dit maman à une nourrice ? Dans combien de bras s'était-elle blottie ?



 Euphrosine "retirée le jourd'huy 20 floréal de l'an 11( 10 mai 1803). Euphrosine que je reconnais pour être mon propre enfant". Deux petites phrases à la calligraphie impeccable, quelques mots sans rature, quelques lettres sans tremblement, une écriture déterminée.

Au bout de cette phrase, trois lettres comme une galère qui se terminerait en conte de fées : "ROY".

Euphrosine, notre petite princesse de l'hiver 1801,  est fille de ROY.

Parmi ces couples qui régulièrement frappent à la porte de l'hospice pour revenir y chercher l'enfant qu'ils ont abandonné, combien de silences entendus entre les regards échangés pour qu'il suffise de quelques mots pour prendre un enfant par la main. Combien de regrets, de désespoir après un abandon trop vite mu par la honte, poussé par la famille.

Euphrosine grandira-t-elle ?

Qui sont ses Roy de parents ?

Une petite recherche parmi les dépouillements de l'Etat Civil de la Vienne faits par le Cercle Généalogique Poitevin, murmure son histoire, presque un conte de fées.






L'union d'Euphrosine ROY et de François GENEIN a lieu le 9 juin 1819 à Poitiers.



Euphrosine signe. 

Regardons d'un peu plus près cet acte de mariage.

-        La date de naissance de la mariée n'est pas mentionnée.

-        Son père est employé à la bibliothèque. Sur l'Etat civil de Poitiers en cet an 9 aucune Euphrosine n'est née, ni d'une union légitime, ni dans la solitude d'un accouchement d'enfant naturel. Elargissons l’éventail des possibles, les relevés du CGP ne la retrouvent pas.

     L’acte de mariage d’Euphrosine nous en dit plus sur ses parents Pierre Michel Roy et Rose Rousseau dont il est facile de retrouver l'acte de mariage. 




  •    Mariage de Pierre Michel ROY, employé à la bibliothèque de l’école centrale, 37 ans, né à Poitiers le 21 juillet 1765. Fils de Pierre ROY perruquier et de feue Marie Françoise Marthe AUBIN demeurant à Poitiers section de la réunion. Avec Rose ROUSSEAU 27 ans, née à Poitiers le 5 aout 1775, fille de feu Gabriel ROUSSEAU et Jeanne CARLOUET. Signent tous les deux. (Source AD86 Mariages 1802/1803 page28)

C'est le 10 mai 1803 que Pierre Michel ROY et Rose ROUSSEAU se présentent à Poitiers pour "retirer" leur petite Euphrosine, quelques mois après leur mariage. Quelles furent les étapes de la procédure ? Il reste dans les archives une lettre du père qui nous donne une petite idée des tracasseries administratives et autres incertitudes. 




Le 21 floréal an 11

Madame, 

Je me suis transporté à la maison commune pour savoir si c'était devant le maire que moy et mon épouse devions faire notre déclaration pour pouvoir retirer un enfant né avant notre mariage. Sur ce que l'on m'a dit à la mairie je me suis transporté avec mon épouse chez Me Petit, président du Tribunal de Première instance pour luy faire ma Déclaration ; il m'a renvoyé à Lundy prochain sur les deux heures, il nous dira si c'est devant luy ou devant un notaire que nous devons reconnaitre notre fille. Aussitôt que les autorités qui doivent en connaître auront prononcés ; nous nous transporterons chez vous pour vous faire connaître ce que nous avons fait et nous metterons aussi notre Déclaration sur votre registre. J'ai l'honneur de vous l'adresser? ROY Adj à la bibliothèque. 

Rose est enceinte, le 22 août, Euphrosine accueille son petit frère, Pierre Adolphe, né à Poitiers. 

Rose et Pierre Michel auront encore 3 autres garçons. Leur vie de famille ressemble désormais à celles de leur époque, avec ses joies et ses peines. Deux enfants mourront en bas âge. 

En 1819, le 9 juin, la belle Euphrosine épouse François Gencin, perruquier de 23 ans, né en Corrèze. Ensemble, ils vivront heureux à Poitiers, je leur ai trouvé deux fils, Pierre Michel Prosper et Pierre Marie Théophile. 

En 1845, Pierre Michel Roy meurt à l’âge de 81 ans. Quatre ans plus tard, Euphrosine marie son tailleur d'habits de fils Pierre Marie Théophile GENCIN. Dix ans plus tard, Euphrosine enterre sa mère, Rose Jeanne Rousseau âgée de 83 ans.


En 1878, le 3 avril Euphrosine meurt à Poitiers à l’âge de 77 ans.





Elle vivait 4 rue de la Galère.

Galère, galère et force de vie.

 Euphrosine Roy n’apparait sur aucun arbre en ligne (Généanet, Filae), je n’ai pas cherché plus loin sa descendance. Un de ses frères devient coiffeur parisien. Mais dans ce petit monde du quartier de la Galère, mêlant perruquiers, coiffeurs et bibliothécaires, peut-être est-il possible de la trouver sur les plus anciennes photos de Poitiers.

Qui sait ?

Si vous avez des nouvelles d'Euphrosine, faites moi signe, elle ne lâche pas ma main.

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Time Line

·                 1801 - 4 février  (15 Pluviose An 9) : Exposée à l’Hospice de Poitiers. (Source 3x60) – Il est mentionné que la date est la date de naissance. On ne retrouve pas d’acte de naissance à l’Etat civil.

·                 1803 – 3 janvier :

o   Mariage de Pierre Michel ROY, employé à la bibliothèque de l’école centrale, 37 ans, né à Poitiers le 21 juillet 1765. Fils de Pierre ROY perruquier et de feue Marie Françoise Marthe AUBIN demeurant à Poitiers section de la réunion. Avec Rose ROUSSEAU 27 ans, née à Poitiers le 5 aout 1775, fille de feu Gabriel ROUSSEAU et Jeanne CARLOUET. Signent tous les deux. (Source AD86 Mariages 1802/1803 page28)

·                 1803 – 10 mai (20 floreal an 11) : retirée à l’âge de 2 ans et demi par son père (ROY Pierre Michel). Lettre jointe au dossier.

·                 1803 – 22 août : Naissance de Pierre Adolphe ROY, fils de Pierre Michel et Jeanne ROUSSEAU.

·                 1804 – 12 juillet : Décès de Pierre Adolphe ROY, à l’âge de 10 mois.

·                 1804 – 25 aout : naissance de Louis Jean ROY, fils de Pierre Michel qui signe employé de bibliothèque.

·                 1805 – 5 décembre : Naissance de Pierre Marie Théophile ROY, fils de Pierre Michel et Jeanne ROUSSEAU à Poitiers.

·                 1806 – 14 avril : décès de Jean Edouard ROY à l’âge de 18 mois (probablement Louis Jean)

·                 1806 – 4 novembre : Naissance de Jean Justin ROY fils de Pierre Michel et Rose ROUSSEAU à Poitiers

·                 1819 – 9 juin : Mariage d’Euphrosine ROY 18 ans et François GENCIN perruquier 23 ans.         

o   François GENCIN est né à St Hilaire Payrou en Corrèze, fils de Jean huissier décédé à Rochefort et Marie REYNAUD.

o   Euphrosine mentionnée fille légitime mais pas de date de naissance. Euphrosine signe

·                 1820 – 14 juillet : Naissance de Pierre Michel Prosper, 4 rue de la Galère à Poitiers. Fils d’Euphrosine et François GENCIN.

·                 1826 – 14 aout : Naissance de Pierre Marie Théophile, fils d’Euphrosine et François

·                 1828 – 6 juillet : Publication des bans de Pierre Marie Théophile ROY coiffeur à Paris et Cécile Angélique SIMONNEAU vit à Paris

·                 1830 – 20 juin Mariage de Pierre Marie Théophile ROY et Louise Mathilde BERUGEAU à Poitiers.

·                 1845 – 1er mai : décès de Pierre Michel ROY à l’âge de 81 ans à Poitiers.

·                 1849 : Mariage de Pierre Marie Théophile GENCIN.

·                 1859 – 15 avril : décès de Rose Jeanne ROUSSEAU à l’âge de 83 ans à Poitiers.

·                 1878 – 3 avril : Décès d’Euphrosine à Poitiers à l’âge de 77 ans. (Filae). Vit 4 rue de la Galère à Poitiers. 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 4 avril 2015

Un 4 avril 1785 à la porte de la cure. Enjambes (86)


"L'an mil sept cent quatre vingt cinq et le quatrième d'avril par moy curé soussigné a été baptisé Jean Martin fils de père et mère inconnus trouvé exposé à la porte de la cure ayant pour marque un ruban vert attaché au bras gauche. Ont été parrain et marraine Jean BARON demeurant la la Postière paroisse de Notre Dame et Marie CHARTIER servante chez Monsieur de la Jorginière juge de police de cette ville lesquels ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés." ENARD curé d'Enjambes
AD86 - BMS Enjambes 1774-1792 p.81
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Archive confiée par les membres de GE86  qui contribuent activement à l'indexation de l'insolite. 
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Un 4 avril, exposé à la porte de la cure...  Il s'appelera Jean Martin. Jean comme son parrain BARON  et Martin pour que naisse avec lui un patronyme, qui pour une fois ne raconte pas son histoire. Se laisser porter par l'éphéméride pour croiser l'insolite. C'est le grand privilège de l'indexation que de donner toujours matière à réflexion les matins qui trainent silencieusement en longueur....



mardi 4 juin 2013

Dans Centre Presse aujourd'hui !






page 5 Jeanne fille de père inconnu et de Marie La Carte veuve de défunt Bourdilleau a esté baptisée le jeudy deuxième novembre mil sept cens treize ses parrain et maraine pierre Chevet et jeanne Gracieux qui ont déclaré ne scavoir signer Aubry Curé d'Arçay.
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 Page suivante La fille de père inconnu et de Marie La carte âgée de seize jours est décédée et a esté inhumée dans le cimetière des innocents le samedy dix huit novembre mil sept cens treize. Cet enfant est mort de force car sa malheureuse mère l'ayat mis au monde le porta de nuit deux jours après son accouchement à la porte de Jean La Carte son oncle qu'elle a toujours dit en estre le père, il faut rapporté par ..... sur la croix du Carrefour de devant l'église et exposé dans ce lieu pendant plus d'une heure à la rigueur du froid et férocité des animaux ; enfin certaines considérations l'en firent oster par la nommée Jamin femme du dit La Carte qui a eu soin de l'allaiter pendant le susdit temps avec un peu de lait qu'elle lui faisait prendre dans une cuillère. funestes actions que Dieu vengeur des Crimes ne laissera pas impunies.

mercredi 27 février 2013

Un curé indigné ! Arçay (86)


Des malheurs d'enfants, le curé d'Aubry en a vu d'autres. Des orphelins, des épidémies, il raconte, il laisse des traces pour la postérité, la vie de son village défile page après page.
Avec peu de mots, mais avec talent il exprime fatalisme et indignation !



Le Jeudi 2 novembre 1713, Aubry baptise Jeanne, fille de père inconnu.
Sa mère Marie La Carte est  veuve de Bourdilleau.
Veuve au XVIIIème siècle : aucun revenu, pas de métier, aucune aide. Nombreuses se retrouvent mendiantes, et certaines se prostituent pour un peu de nourriture ou quelques sous.
Aussitôt engrossées, aussitôt délaissées, abandonnées à leur triste condition.
Même nommé, dénoncé, déclaré, l'amant n'a jamais à assumer ni la grossesse, ni l'enfant né.
Jeanne accouche donc probablement seule, ce jeudi là, sous le regard réprobateur de ses voisines.
Où vit-elle ? Comment vit-elle ?
La douleur des contractions mûrit son amertume, sa révolte gronde.
Le travail fut-il trop long ?
L'expulsion porte bien son nom, ce jour-là, dès son premier cri, Marie rejette cette petite Jeanne, fruit d'une vie de misère, d''humiliation et de violence.
Marie La Carte sait bien à qui elle doit cette violence, et cette haine qui monte et lui fait rejeter ensemble le sort et l'enfant. Cet enfant, bien vivante, dont les cris l'exaspèrent.
Marie porte l'enfant à Aubry qui la baptise, ne trouve pas les mots pour apaiser la mère et ne désigne pas le père. Pourtant Aubry sait qui est le père.


Marie tient deux jours. Puis craque.
Il n'est pas d'elle cet enfant ! Il est à son oncle, c'est lui qui la force, qui l'achète, qui se sert de ce corps qu'elle nourrit si peu !
Marie perd la tête. Il fait froid cette nuit de novembre, mais rien ne l'arrête plus. Elle court dans la nuit porter la petite Jeanne, deux jours, à la porte de l'irresponsable !
 Jeanne hurlera une heure dehors, seule dans l'hiver et face au danger des animaux errants.
C'est la femme Jamain, la femme trompée, qui aura pitié.
C'est elle, Renée, qui va la décrocher de la porte, qui va la nourrir... à la cuiller d'un peu de lait.
Lait de vache ? Lait de chèvre ?
Est-ce le lait qui ne convient pas ou la force de vivre qui manque à cette petite Jeanne ?
Deux femmes meurtries. L'une rejette l'enfant, l'autre tente de le sauver.
Comment devient-on mère, comment ne le devient-on pas ?
"Certaines considérations l'en firent oster"....
Renée Jamain trouve-t-elle dans ce panier l'enfant qu'elle aimerait porter ?
Espère-t-elle en le sauvant conjurer le sort, ramener son homme dans son lit, unir son destin à celui d'une autre injustice ?
La petite Jeanne meurt 16 jours après son baptème.
Aubry, le curé d'Arçay indigné par la  disparition de ce bébé, tout autant que par l'inconséquence de ses géniteurs, en promettant la colère de Dieu aux responsables, désigne enfin le père...

Renée Jamain a-t-elle pleuré cet enfant ?
Sans doute.
Jean La Carte a-t-il exprimé des regrets, des remords ?
Peut-être.
Ensemble, ils seront parents l'année suivante.

Un petit René naît  le 16 Aout 1714, dix mois après la mort de la petite exposée.



Une petite Marie, viendra le 20 Juin 1718, elle prendra époux le 8 Juillet 1737, sous l'oeil bienveillant de sa mère, de son frère René et de son père Jean La Carte.




L'histoire ne dit pas ce qu'est devenue Marie La Carte. Je ne lui ai pas trouvé d'autre enfant.





Arçay 1713/1732 page 5
Jeanne fille de père inconnu et de Marie La Carte veuve de
défunt Bourdilleau a esté baptisée le jeudy deuxième novembre mil
sept cens treize ses parrain et maraine pierre Chevet et jeanne
Gracieux qui ont déclaré ne scavoir signer
Aubry Curé d'Arçay.
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Page suivante
La fille de père inconnu et de Marie La carte âgée de seize jours
est décédée et a esté inhumée dans le cimetière des innocents le samedy
dix huit novembre mil sept cens treize. Cet enfant est mort de force car
sa malheureuse mère l'ayat mis au monde le porta de nuit deux jours après
son accouchement à la porte de Jean La Carte son oncle qu'elle a toujours
dit en estre le père, il faut rapporté par ..... sur la croix du
Carrefour de devant l'église et exposé dans ce lieu pendant plus d'une heure
à la rigueur du froid et férocité des animaux ; enfin certaines considérations l'en
firent oster par la nommée Jamin femme du dit La Carte qui a eu soin de
l'allaiter pendant le susdit temps avec un peu de lait qu'elle lui faisait
prendre dans une cuillère. funestes actions que Dieu vengeur des Crimes ne
laissera pas impunies.

dimanche 27 janvier 2013

Deux papas et un enfant - Poitiers - 1774



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux en ligne.
 Le style, la diversité des sujets, l'approfondissement philosophique, la vulgarisation intelligente, l'anecdotique au service du progrès et non l'inverse, le respect du lecteur....



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux... du XVIIIème siècle.
Chez nous, les Affiches du Poitou sont en ligne. Une mine d'or pour les curieux, généalogistes ou pas.


Poitiers 1774.
Deux papas et un enfant...exposé, au siècle des Lumières, un document qui éclaire nos lanternes !
Nous avons entrevu le sort de ces petits au travers des nombreux actes d'Angliers. 
En voici un autre témoignage. Resté anonyme dans ce texte, et c'est bien dommage car son histoire est fort singulière.
On y lit qu'il revient au propriétaire de la porte sur laquelle l'enfant est accroché de se charger du colis.
On y lit qu'il peut monnayer d'en confier la charge auprès de L'Hotel Dieu de Poitiers.
On y lit que les papas s'attachent aux enfants qui croisent leur chemin.
On y  lit deux "papas" potentiels plaider pour la garde d'un petit garçon de 7 ans. On y lit aussi une maman nourricière, certes, mais l'émotion, les sentiments des deux pères potentiels est dévoilée, et c'est rarement le cas.
On y lit la définition du mariage : Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. 

On y lit la détresse du manque d'enfant
On y lit l'attachement, cet attachement dont on doute souvent à la lecture des documents de l'époque. Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union, un bon fils, un joli enfant. 
On y lit le bonheur d'une famille adoptive. cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils...

On y lit les pratiques de la mise en nourrice. Qui est ce Seigneur ? Qui sont ses enfants légitimes ? Tous en nourrice, comme il est d'usage, ils ne reviennent au foyer familial que quelques années plus tard. Le bel enfant qu'il rencontre, ce bâtard de personne, aurait-il grandi mieux que les petits nobles ?
On y lit les droits que chacun des pères pense avoir sur l'enfant : le droit de le réclamer, le droit de le reprendre, le droit de le garder
On y lit la critique de la loi, les préjugés de la Jurisprudence Féodale.
On y lit les effets de la marchandisation de l'enfant. La famille nourricière abandonne la rente pour justifier de son attachement,  pour convaincre de sa volonté d'adoption.
On y lit la parole rendue à l'enfant. Un enfant de sept ans ! la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient
On y lit la justice épaulée par les  notaires, la place du notaire dans le mariage au XVIIIème siècle.  on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte. 

On y lit un accord amiable. Ensemble, les notaires, le juge et les protagonistes trouvent une solution.
La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.
Une solution pour le bien d'un enfant à Poitiers en 1774.
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Il s'en est fallu il y a quelques jours qu'il ne soit élevé en cette ville un procès singulier, qui aurait pu être mis au rang des causes célèbres. un Seigneur obligé suivant les lois du royaume, de faire nourrir et élever un enfant inconnu, trouvé exposé sur ses terres, le fit recevoir à l'Hôtel Dieu de Poitiers en payant un prix convenu. Cet enfant y resta trois ans, au bout duquel temps le Seigneur pensa qu'il serait mieux alors dans une maison particulière pour y être instruit et mis dans le cas de prendre un jour une profession honnête. Le sort d'un batard intéresse toujours les bons coeurs ; c'est à la société à le venger de la dureté des parents qui l'ont abandonné. on proposa celui-ci à deux époux qui n'avaient point d'enfant ; ils l'acceptèrent moyennant une pension que promit le Seigneur, et qu'il a payée très exactement. Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. Ceux à qui la nature refuse cette satisfaction, désirent et semblent chercher du dédommagement. Ils accueillent le premier objet qu'ils croient digne de leur tendresse ; et cette illusion qui leur devient plus chère de jour en jour par l'habitude et le besoin d'aimer, les attache souvent autant que la réalité même.



 Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union ; ils l'ont élevé pendant quatre ans avec les soins les plus tendres , cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils ; il leur donne lui-même les titres que celui-ci suppose; Enfin c'est un joli enfant, digne jusques à présent de la bonne fortune que le sort parait lui promettre. Le Seigneur étant il y a quelques jours à Poitiers, voulut le voir ; sa physionomie l'intéressa au point qu'il déclara vouloir le reprendre, et prétendit qu'il avait le droit de le réclamer ; les parents adoptifs s'y opposèrent, dirent qu'il faisait leur plaisir, qu'il ferait leur bonheur et qu'ils feraient le sien, que son enfance leur appartenait, et qu'ils croyaient avoir le droit de le conserver, pour prix des soins qu'ils en avaient eu. Le Seigneur en tachant d'appuyer sa prétention sur les préjugés de la Jurisprudence Féodale, assura qu'il avait aussi pour lui les meilleures intentions. La contradiction se soutenant, on convint de s'en rapporter au jugement du Magistrat ; chacun plaida sa cause devant lui ; la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient.



La tendresse et la reconnaissance sont des impressions les plus profondes jusque dans les plus jeunes coeurs ; il n'y a point d'enfance pour la sensibilité ; l'enfant témoigna sa préférence par ses larmes et par ses cris ; il ne voulait pas sortir des bras des deux époux qui juraient eux-mêmes en pleurant qu'il ne le céderaient jamais. Il est plus aisé de sentir cette scène attendrissante que de la peindre. Le Seigneur lui-même finit par en être touché ; on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte ; le Seigneur abandonna sa réclamation ; l'enfant resta à ses bienfaiteurs, qui déclarèrent qu'ils le garderaient gratuitement, et promirent de lui faire embrasser une profession honnête et utile. La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.

dimanche 9 décembre 2012

Eugénie exposée le 18 Janvier 1832 - Angliers (86)


Parmi les quinze expositions d'Angliers, c'est le premier panier que l'on dépose dans un endroit isolé.
Celui ou celle qui livrait ce paquet a-t-il craint d'être surpris, reconnu, a-t-il du prendre la fuite?
A-t-on déplacé ce panier ?
Toujours est-il qu'elle aurait pu rester là trop longtemps cette petite Eugénie. Elle a du crier bien fort la petite Eugénie par cette nuit de janvier. Le temps glacial est toujours trop long, posée à peine à l'abri sur le tas de bois de charpente d'Urbain PATRI. Urbain. PATRI qui avec le temps est redevenu simple cultivateur, et a fini par se défaire du X puis du S de son patronyme.
Eugénie hurle-t-elle toujours au petit matin ? 
Urbain Patri trouve le panier à 6H du matin.
Urbain ne cherche pas de témoin. Ses anciennes fonctions municipales le mettent  peut-être à l'abri des suspicions.
 Les temps changent. Les abandons se multiplient.
Le trousseau ne varie pas.
Le linge du nouveau-né est de qualité, mais aucun mot ne l'accompagne.
Eugénie est confiée à la femme PENNIER nourrice, en attendant d'être confiée comme tous les autres désormais à l'hospice de Loudun.
Peut-être sera-t-elle renommée, confiée à une autre nourrice, adoptée. Nous essaierons d'en savoir plus.
1832, monarchie de Juillet,  le prénom d'une future impératrice et un nom de famille banal aujourd'hui qui raconte la misère d'hier.



L'an mil huit cent trente deux le dix huit du mois de janvier à huit
heures du matin, par devant nous maire, officier de l'état civil de la commune
d'Angliers, canton de Moncontour, département de la Vienne, est comparu
Urbain PATRI cultivateur agé de quarante deux ans, domicilié au bourg
et commune d'Angliers qui nous a déclaré que le dix huit du dit mois
de Janvier sur les six heures du matin étant seul il a trouvé dans
l'avenue du chateau du dit Angliers qui conduit à la grande route de
Loudun à main droite l'endroit appellé la Barrière à deux mètres de distance
de sa porte pour aller à sa cour sur les bois de charpente à lui appartenant
un enfant du sexe féminin lequel nous le présente emmailloté d'un linge
blanc par dessus un langeroux noir munis d'une brassière d'une chemise d'un bonnet
d'indienne rouge une couverture noire Le tout dans une gourbeille, après
avoir visité l'enfant, avons reconnu qu'il était du sexe féminin qu'il
paraissait agé d'environ huit à dix heures, n'ayant aucune marque à
notre apparence ni aucun écrit qui ne nous le fasse reconnaître. De suite avons
inscrit l'enfant sous les noms et prénoms de Eugénie DUBOIS, et avons ordonné qu'il
soir remis à Marie RICHARD femme PENNIER habitante dudit Angliers qu'il veulent se
charger du dit enfant.
De quoi avons dressé Procès verbal en présence de Louis AUCHER laboureur
domicilié au dit Angliers agé de quarante deux ans et de Louis BOUREAU
garde champêtre de la commune d'Angliers agé de vingt neuf ans qui ont
avec nous signé après qu'il en a été donné lecture du contenu du procès
au présent procès verbal;

AD 86 Angliers N 1830/1842 page 13/80
Nom : DUBOIS
Prénom : Eugénie
Date : 18/01/1832
Heure de découverte : 6H du matin
Lieu de découverte : Barrière de l'avenue du chateau
Découvert par: Urbain PATRI cultivateur
Noms des parrain et marraine, témoins : Louis AUCHER, Louis BOUREAU
Description : bon linge
Documents laissés : non
Confié à :  Marie RICHARD femme PENNIER nourrice.


Elle va survivre notre petite Eugénie et  revenir vivre chez la femme PENNIER (PANIER) sa nourrice.
Nous retrouvons sa trace sur les registres de Loudun. 








Eugénie dans son malheur a beaucoup de chance. Marie RICHARD sa nourrice n'est pas mariée à n'importe qui. Jean PENNIER (ou PANIER selon les actes) est sacristain et instituteur, comme indiqué sur l'acte de mariage du 13 juillet 1824 à Angliers



Eugénie apprend peut-être à lire et devient domestique dans la commune de Chalais (Vienne), elle y rencontre Pierre Renoué, terrassier, fils majeur naturel, comme elle. Ils se marient à Chalais le 10 janvier  1854. Toute la famille PENNIER est là. L'un des fils, lui même instituteur est témoin de la promise. Il est indiqué sur l'acte de mariage que Pierre Renoué est né le 18 juin 1825 à Saint-Jean-de-Sauves. Rien n'est mentionné dans le registre de cette commune. Mais l'arbre de Jean Favre, en ligne sur Généanet,  nous délivre un doux secret de famille "Pierre aurait été trouvé à sa naissance sur un tas de pierres dans le village de Renoué, d'où son prénom et son nom, il était vêtu d'habits luxueux!... à vérifier. il a été élevé par un curé, de quelle commune? " 
Les archives des enfants trouvés de Loudun ne sont pas en ligne. 
Toujours est-il que nos deux petits survivants se sont trouvés, se sont aimés et ont eu ensemble 7 enfants

F Eugénie Gabrielle RENOUE 1854-
F Marie RENOUE 1857-1947
H Eugéne RENOUE 1859-1937
F Léonie RENOUE 1862-
H Hypolite RENOUE 1866-1870
H Alfred RENOUE 1869-
H François Alphonse RENOUE 1872-1964

Le 21 aout 1870 Madeleine Pannier (sa nourrice) donne des terres à Eugénie (Source Généanet, arbre de Jean Favre)
- 1901 3 mai décès au Bouchet. AD86


Agnès (13/05/1783)
François (06/09/1785)
Charles (20/11/1788)
Pantaléon (27/07/1789)
André (25/03/1790)
Joseph (1 Thermidor An 2)
Stanislas  (28 Vendémiaire An 4)
Jean  (12 Ventôse an 6)
Louise  ( 7 Fructidor an 8) 
Florence ( 8 Brumaire an 10)
Augustine (15 Frimaire an 11)
Zéphirine (12/09/1808)
Pierre-François (29/06/1809)
Marguerite (09/06/1814)
Eugénie ( 18/01/1832)