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vendredi 20 mars 2015

20 Mars 1798 Fête de la Souveraineté du Peuple !


Votera ? Votera pas ? 

 La veille des élections, le 30 Ventôse de l'an VI et de l'an VII (20 mars 1798 et 1799) fut instituée la Fête de la Souveraineté du Peuple, afin d'inciter le peuple à aller voter !
"Excercer son droit souverain "en faisaint de bons choix, de forcer les ennemis de la paix". 
" Les élections sont la grande affaire des Français : le législateur a voulu les y disposer par une cérémonie religieuse" (François de Neufchâteau, ministre de l'intérieur).
Et la cérémonie eut lieu aussi dans les petits villages de la Vienne. On y convoqua des vieillards, des jeunes filles, on y chanta, on y dansa, on y mangea, on y fit des feux de joie et on y planta des arbres de la liberté....
Et on y vota ! 

"Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français."

Voici le Procès-verbal de la Fête de la Souveraineté du Peuple à Usson en 1798, rapporté dans le livre passionnant de Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne. 

"Aujourd'hui, trente ventôse an six de la République française une et indivisible, nous agent, adjoints, commissaires du directoire exécutif près administration du canton d'Usson, secrétaire et habitants de ladite commune d'Usson en exécution de l'arrêté du 28 pluviôse dernier.
Au lever du soleil une décharge de fusil et le son du tambour ont annoncé au peuple la fête de la souveraineté.
Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français. Le père de famille s'en entretient avec ses enfants et l'époux avec son épouse; tous saisissent l'heureuse révolution qui a renversé le despotisme, la tyrannie et tous les vices qui leur servaient d'appui et a rendu à l'homme ses droits sacrés qu'il n'eut jamais dû perdre, mais qu'il ne se laissera jamais ravir.
A dix heures, tous les citoyens se sont réunis sur la place de la Révolution autour de l'autel de la patrie élevé au pied de l'arbre de la Liberté. Cet autel est orné de verdure, tenant à l'arbre de la Liberté; et on a suspendu un drapeau tricolore autour de l'autel de la patrie et formé une enceinte.
Dix huit vieillards choisis parmi les citoyens les plus âgés de la commune non célibataires, recommandables par leurs vertus civiques, se sont rendus à la maison commune d'où ils sont repartis dans l'ordre suivant, à l'autel de la patrie, chacun d'eux portant à la main une baguette blanche; ils ont été précédés par quatre jeunes gens choisis parmi ceux qui [se] sont distingués par leur attachement à la République; on lisait sur le premier: "la Souveraineté du peuple réside essentiellement dans l'universalité des citoyens (art .17 des droits de l'homme et du citoyen)".
Sur le second, on lisait: "l'universalité des citoyens est le souverain (art 2 du code constitutionnel). Sur le troisième, on lisait: "nul ne peut sans une délégation légale, exercer aucune autorité ni remplir aucune fonction publique (art19 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen) " et sur le quatrième, ces mots: "les citoyens se rappellent sans cesse que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires communales et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République (art 376 de la constitution).
Des détachements de la garde nationale ont précédé et suivi le cortège à la tête duquel ont marché douze jeunes filles vêtues de blanc et ornées des trois couleurs. Elles ont été accompagnées de quelques citoyens sachant jouer de quelques instruments de musique. Ils ont exécuté et chanté ensemble des airs patriotiques. On a ensuite déposé le livre de la constitution sur l'autel de la
patrie. Les citoyens étant rendus devant l'autel de la patrie, les jeunes gens qui portaient les écriteaux et la bannière ont été les planter des deux côtés de l'autel de la patrie. Immédiatement après eux, se sont placés les fonctionnaires publics ci-dessus désignés. La force armée a occupé l'extérieur de l'en-
ceinte.
La cérémonie a commencé par un chant analogue à la fête et par des hymnes patriotiques. Les vieillards se sont avancés ensuite au milieu de l'enceinte et ont réuni leurs baguettes. Ils en ont fait un faisceau qu'ils ont lié avec des bandelettes tricolores.
L'un des vieillards a monté sur les degrés de l'autel de la patrie et adressé aux magistrats les phrases suivantes: "La souveraineté du peuple est inaliénable. Comme il ne peut exercer lui-même tous les droits qu'elle lui donne, il délègue une partie de sa puissance à des représentants et à des magistrats choisis par lui-même ou par des électeurs qu'il a nommés. C'est pour se pénétrer de l'importance de ce choix que le peuple se rassemble aujourd'hui".
Le citoyen agent de la commune présent a répondu par les mots:"le peuple a su, par son courage, reconquérir ses droits trop longtemps méconnus, il saura les confirmer par l'usage qu'il en fera; il se souviendra de ce précepte qu'il a lui-même consacré par sa charte constitutionnelle que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République.
Aussitôt après, il a été donné lecture de la proclamation du directoire exé-
cutif du 28 pluviôse. La cérémonie a été terminée par des chants patriotiques."


Source :  Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne.
Source : AD 86 Série L41. 

Autres villages mentionnant la Fête de la Souveraineté du Peuple : Buxcrolles - La Chapelle Moulière - Dissay - Iteuil - Lhommaizé - Mon-contour - Montamisé - Moulismes - Morthemer - Neuville - Salles en Toulon - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin - Usson - Verrières. Moulismes - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin

mercredi 27 août 2014

Les risques du métier - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 27/08/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 

Le prix d’une orangeade.
Dans la famille Piorry, la postérité retiendra Pierre-François qui mania avec zèle le bistouri du Dr Guillotin sous la Terreur, puis Pierre-Adolphe né en 1794, inventeur du plessimètre et de néologismes médicaux (toxémie, septicémie). Mais c’est à Georges, leur modeste cousin, chirurgien et hédoniste, que s’offre aujourd’hui un instant de notoriété.
L’été 1792, la fièvre ne gagna pas que les esprits et l’on requit Piorry chez les Thoreau pour quelques domestiques alanguis. L’homme s’arrêta en chemin déjeuner à Ligugé chez l’ami Jouslard. Repu, il fut accueilli à 15H à Smarves, par Mme Thoreau et s’affaira d’un domestique à l’autre. La chaleur expliquait la langueur des serviteurs. Ses consultations terminées, notre chirurgien suant et las, accepta volontiers le verre de sirop offert par son hôtesse. A peine le temps d’une première gorgée d’orangeade que surgit dans le petit salon, l’époux Thoreau fulminant de colère ! De retour de la chasse, bredouille et mal luné, armé d’un fusil double, le voilà qui couche Piorry en joue! La maitresse de maison se jette au cou du jaloux, le supplie tout en cherchant à s’emparer de son arme. « Ah malheureux, que veux-tu faire ? Mr Piorry !!! Sauvez-vous, mon mari veut vous tuer !!! ».Trop tard ! Le coup atteint le docte arrière-train et l’envoie sur le « carreau ». Thoreau chargea de nouveau, Piorry, craignant l’estocade, reprit ses esprits et ses jambes à son cou, quitta l’arène en clopinant et se réfugia chez Jouslard. Maury et Bertault viendront le soir même de Poitiers opérer leur ami. Le fondement entre deux chaises pendant plusieurs jours offrit à  Piorry le loisir de murir sa riposte. Il déposa sur le bureau du juge de Paix : un habit d’étoffe, un gilet de coton, une culotte percés de trous de plomb et une plainte pour tentative d’assassinat!
Thoreau, de son côté avait mal au front et vit rouge. Persuadé de porter une belle paire des cornes, le chasseur jaloux et bredouille renversa la situation, et au jeu du vaudeville, accusa Piorry d’avoir séduit sinon violenté son épouse ! Il fit valoir ses droits d’outrage, mais nia le crime. Sa dame avait maladroitement fait partir le coup en se réfugiant contre lui.
Piorry eut beau plaider sa bonne foi, sa déontologie, brandir les lettres convoquant son intervention, retracer son itinéraire auprès des domestiques, justifier sa présence dans le petit salon par l’orangeade offerte, et la fièvre qui le prit au corps par la seule météo caniculaire, l’affaire se conclut au bénéfice du mari outragé. Georges Piorry, chirurgien modeste, hédoniste et sans-culotte, débouté de sa plainte, mesura à ses dépens la profondeur des risques du métier…
Source : ADV Série LSUPPL 421.

jeudi 10 avril 2014

Contestation électorale à Usson - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 10/04/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

Elections, bâtons et cornemuse à Usson !
Le premier Germinal de l’an VI, on vote à Usson !
L’assemblée primaire, formée des citoyens « actifs » du canton, va élire parmi ses membres, ceux qui renouvelleront  un tiers du corps législatif composé du Conseil des Cinq-Cents et de celui des Anciens.
La campagne électorale fait rage dans notre petit coin du Poitou. An VI, 1798, Directoire, Ière République. Les émigrés sont revenus, le droit de vote modifié en 1795 est restreint à 30 000 propriétaires, on essaie d’oublier la Terreur et les Tribunaux révolutionnaires ont rendu l’âme. Pendant que Bonaparte bataille et gravit les échelons, la Première République ne sait pas encore qu’elle va faire place au Consulat.
A Usson, dans les jours qui précèdent le scrutin, des réunions discrètes, des diners s’organisent. On dirait que ça complote chez Vallée l’aubergiste ! Ce jour-là parait-il, on y a vu Hubert, Imbault et Largeau réunis avec une trentaine de personnes, la veille du vote ! On a entendu l’un d’eux  s’enflammer bien avant le dessert,  et réclamer «  que ceux qui n’ont pas de culotte sortent ! » On a bien compris que le groupe avait pour projet d’envoyer Vallée le Jeune, Largeau et Gorin en grands électeurs. Ces trois-là, et aucun autre !
A-t-on soudoyé les électeurs ? Il semble qu’on ait vu quelques billets circuler sous les tables…
Le premier Germinal, tous les chemins du canton mènent à Usson. On va voter à pied, et la route est longue. En guise de profession de foi, plus efficace que les mots, les militants offrent un p’tit verre d’eau de vie… Puis un autre, un peu plus loin. A l’assemblée primaire, tout le monde arrive en titubant.  Directoriaux, jacobins, royalistes autant que « douteux », mais on ne sait plus très bien qui penche à droite et qui à gauche !
 Cependant  certains ont remarqué ce groupe d’une trentaine de personnes, venant de St Secondin, avec à leur tête notre trio. Tous diront qu’ils sont entrés en masse, un bâton sur l’épaule et une cornemuse en tête de cortège.  Qui a bousculé Rouil ? Qui lui a dit « Je ne veux pas que tu votes ni même que tu parles ! ». Lui prétend que c’est Imbault et sa bande ! Qu’ils l’ont empêché de voter, chassé de l’assemblée et qu’ils ont acheté le suffrage des autres !
Rouil le sans-culotte craint pour ses arrières et dépose plainte. On admet bien des dérapages, le paiement de quelques écots, des réunions un peu houleuses, des élections un peu arrosées. Mais franchement, il n’y a pas de quoi en faire une affaire d’état. Thibaudeau, le président du Tribunal Criminel, acquitte notre trio. La loi du 22 Floréal de l’an VI est passée par là, invalidant les législatives, mais à Usson, le compte est bon !  

Source AD 86 – Série LSUPPL 404.

Illustration Wikipédia : La Salle des Cinq-Cents à St Cloud, par J. Sablet 

jeudi 27 mars 2014

Maires d'alors de 1789 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 27/03/2014

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 Maires d’alors, de 1789 à 1793.
1789 va donner  à Mr l’maire ses lettres de noblesse.  Le 14 décembre, les municipalités sont instituées par décret : « le chef de tout corps municipal portera le nom de maire ». Il est élu au scrutin individuel par les citoyens qui paient des impôts.
Les premiers maires révolutionnaires furent parfois des pères. C’est au curé du village, que fut confiée la charge de la fonction, le faisant passer d’un sacerdoce à l’autre, dans une église rebaptisée en maison du peuple. A Genouillé  Picard prête serment, à Availles, Fradin se dévoue. Les sans-culottes n’en n’ont pas encore trop après la calotte, le prêtre s’adapte : souvenez-vous Capion venu se marier à Poitiers pour prouver sa bonne « foi ».
1793. La fièvre mène au délire, la veuve s’installe de place en place, le vertige gagne dans un torticolis général.
Le comité de surveillance révolutionnaire(CSR) mis en place à Poitiers tient registre. Sa lecture sidérante, nous livre les arrestations brutales, les dénonciations honteuses, les hésitations, l’improvisation, l’ivresse d’une folie destructrice. Le maire du village n’échappe pas aux poursuites. Bourgouin Latouche à Liaigues, Louis Clément à Smarves, Tribert  à Lusignan sont arrêtés sur dénonciation. Inculpés de rébellion contre-révolutionnaire, un mot suffit à les perdre. La délation est érigée en devoir civique et point n’est besoin d’électronique pour être sur écoutes !
Les choses s’arrangent parfois, ainsi Louis Alexandre Chartre, maire de la Celle-Levescault, dénoncé par ses administrés, sera acquitté après un court séjour à Poitiers.
Il en va des maires d’alors comme de ceux de la semaine prochaine. Certains sont aimés, défendus bec et ongles tant par les mégères de leur village que par leurs maris jaloux. Qu’ils soient nobles, prêtres, ou arrivés, ils ont su gagner la proximité. Se constituent alors des pétitions, des comités de villageois, qui montent à Poitiers affronter Planier, et toute la bande du CSR pour sauver la tête de l’édile de leur village ! D’autres ont moins de chance, et malgré une innocence manifeste, laissent leur vie dans cette tourmente.
Brault à Champagné le Sec, Rouillon à Gisay s’en sortent plutôt bien. Mais Emery Louis Gauvain,  maire de Vouneuil  sera guillotiné à Paris.
Chronique d’une terreur ordinaire, le registre du CSR est un précieux outil d’histoire locale. Il a fait l’objet aux ADV, d’un dépouillement nominatif, et offre la liste des  administrés qui ont eu maille à partir avec la Terreur.
 Après un entre-deux tours où les accords électoraux se tranchent à la lame, souhaitons aux prochains élus de la Vienne et à leurs administrés, une mandature efficace, citoyenne et sans prise de tête !
 Salut et Fraternité.

Source ADV L464 à 466.
Blog : Chronique d’une terreur ordinaire, lecture suivie du registre du CSR : http://lulusorciere-archive.blogspot.fr/search/label/CSR
  

jeudi 14 novembre 2013

Le curé sauve sa tête ! Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 14/11/2013.


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Capion, vicaire à Thenezay, a prêté serment à la République et vient à Poitiers se marier ! Qu'a-t-il pu dire à la Porte de Paris ? Toujours est-il, qu'il est dénoncé pour suspicion de propos contre-révolutionnaires :

Plus d’une centaine de prêtres de tous âges, de toutes conditions, arrêtés, guillotinés ou déportés dans les Archives Criminelles Révolutionnaires. Rares sont ceux qui purent se défendre.
Capion bénéficia du soutien de sa commune, mais son arme secrète c’est sa plume !

Il est à présumer Citoyen, que l’on a trompé ta religion sur
ma conduite. Car il ne tombe pas sous le sens que tu ais mis depuis plus d’un
mois un citoyen en arrestation sans avoir pris
des renseignements pour savoir s’il est coupable ou non.
Sans chercher ici à connaitre mon calomniateur,  je me bornerai à analyser autant que le petit
espace de cette feuille me le permettra, la conduite que j’ai tenu depuis le
commencement de la révolution jusqu’au moment de mon arrestation.
Le fils d’un simple bucheron a qui la fortune ainsi qu’à son
fils  avait constamment tourné le dos, ne
peut avoir par sa naissance aucun motif qui
l’attache à l’ancien régime…
Celui qui travailla aux ouvrages pénibles de l’agriculture
jusqu’à 22 ans et qui ne cessa ce louable exercice qu’à la sollicitation de
quelques personnes qui croyant lui rendre service en le portant à se faire
prêtre, qui ne parvint à ce ci-devant état que par charité, qui depuis ne vécut
jamais que de charité, n’était certainement pas payé  pour être attaché à l’ancien régime….
Celui qui avant la Révolution n’avait jamais pu lier avec
les ci-devants nobles, ne peut être suspecté d’avoir adhéré ni trempé dans
leurs complots  contre la liberté du
peuple…
Celui qui sans hésiter, à prêté tous les serments prescrits
par les décrets et qui a toujours  tenu
une conduite conforme à ses serments, n’a pu avec justice être argué
d’incivisme….
Celui qui en public comme en particulier, a non seulement
presché l’obéissance aux loix et sollicité la jeunesse à voler à la défense de
la patrie, mais encore quoique  fort
pauvre, a donné à  plusieurs reprises à
boire et à manger et encore de l’argent, ne peut vraiment pas être regardé
comme contre-révolutionnaire.
Celui qui en 1792, sut inspirer à son frère âgé de 48 ans,
le désir et la volonté d’aller par les frontières pour défendre sa patrie, et
qui non obstant sa modique fortune lui donna à son départ la somme de cinquante
livres et qui depuis lui envoya encore à différentes fois, n’était certainement
pas l’ennemi de la patrie.
Celui qui au mois de Brumaire dernier, par ses soins et ses
dépenses redoublés, arracha des bras de la mort, un autre frère agé de 45 ans,
qui sortait des prisons de Saint Florent où il avait été détenu par les
Brigands, depuis le 5 Juillet de la même année, n’avait certainement pas varié
dans ses sentiments.
Celui qui dans le courant de Frimaire dernier, eut la
commission de faire le recensement des grains et de la population dans la
commune de Vasles, commission dont il s’acquitta avec autant de fidélité que de
zèle, n’était sans doute pas vu de mauvais œil par l’administration de son
district.
Un cidevant vicaire, qui a cessé dès le mois de Nivose
inclusivement toutes fonctions et depuis cette époque s’est totalement livré
aux pénibles travaux de l’agriculture ne peut sous aucun rapport être accusé
d’avoir troublé l’ordre ni manifesté aucune
mauvaise intention.
Enfin celui qui dans le courant de Floréal dernier fut
demandé par la municipalité pour être son
secrétaire greffier, et à laquelle demande, le Directoire du District de
Parthenay ne refusa son adhésion qu parce que celui-ci n’était pas marié,
n’avait certainement pas perdu la confiance de sa commune.
Celui-ci enfin, qui le dernier jour de Floréal n’était parti
de son domicile pour venir dans cette ville qu’avec des vues qui n’étaient rien
moins qu’inciviques, puisque c’était définitivement pour se marier à une
habitante de cette ville, ainsi qu’il en avait instruit sa municipalité avant
son départ. Peut-il être regardé comme suspect et être traité comme tel ?
Ce peut-il faire que dans un seul instant, un républicain, un vrai sans-culotte
ait perdu sa liberté ; ensemble tous les moyens de se faire
entendre ?
Sois bien persuadé Citoyen, que le républicain qui te parle
avec autant d’assurance que de franchise, souffre tous les maux imaginables, et
que le plus cruel  est de se voir
confondu avec les ennemis de la chose publique pour qui  sa détention
est un sujet d’alégresse, parce qu’il disent voyez à quoi lui a
servi  son patriotisme ? Ils
prennent de la occasion de calomnier les amis de la République.
Daignez Citoyen prendre en considération toutes ces
vérités.  Si j’ai été dénoncé, ce que je
ne puis croire ; fais moi part  des
griefs dont on m’accuse ; tu apprendras bientôt, que tu as oté la
liberté  à un citoyen qui n’a jamais
mérité de la perdre.
Ah cher Citoyen ! Si dans le moment où je te vis à la
Porte de Paris, j’eusse eu le bonheur de te connaitre que je me serais épargné
des peines : mais ne sachant pas que tu étais ministre de l’autorité
populaire, c’est ce qui fit que je ne te donnais pas une réponse aussi
satisfaisante que j’avais fait. Souviens toi, aussi cher Citoyen que tu me
promis de me revoir le lendemain, je suis encore à t’attendre et comme j’ai
encore quelque chose à te dire et que sous tous les rapports je ne puis confier
au papier, je te prie au nom de ce qu’il y a de plus sacré dans l’humanité de
venir me voir promptement et tu feras justice.
Salut et Fraternité.
Capion.
De la cidevant Visitation, le 6 Messidor An 2 de la
République Française, une indivisible et impérissable.




Exception à la règle de cette Terreur anti-cléricale, Capion sera libéré le 10 Messidor. 

mercredi 3 avril 2013

C comme Curé. #ChallengeAZ


Echo de dernière minute à Aide Généalogie C comme Curé Constitutionnel
Nourrie à Brassens dès le biberon.  Impossible à convertir, résolument athée, généalogiquement athée...
Depuis que je joue à l'apprentie archiviste je passe ma vie avec les curés !
Des curés bavards
Des curés anatomistes
Des curés embryologistes
Des curés astronomes
Des curés comptables
Des curés poètes
Des curés artistes
Des curés historiens
Des curés humanistes
Des curés solidaires
Des curés papa
Des curés mariés
Et des curés inculpés...
Moi qui suis si indulgente pour la Révolution, je dois dire que la lecture du CSR et des dossiers criminels, m'a un peu refroidie.
La révolution passe et les curés trépassent...
La liste est longue. Certains se sont défendus, justifiés, convertis, mariés. D'autres se sont exilés. Beaucoup furent jugés, emprisonnés, exécutés, déportés en Afrique.
J'en ai compté 145 dans le département de la Vienne. Il m'en manque sans doute encore.
Parmi eux
La plume de Capion.
Rose ou Réséda, méditons.
Qu'on croit au ciel ou qu'on n'y croit pas.






Capion, vicaire à Thenezay, a prêté serment à la République, en bon prêtre républicain, il vient à Poitiers se marier. Qu'a-t-il pu dire à la Porte de Paris ? Toujours est-il, qu'il est dénoncé pour suspicion de propos contre-révolutionnaires :

Le Sr Capion prêtre vicaire ci devant de la commune de
Thenaizé, district de Parthenay département des Deux Sèvres, ayant paru
suspect  au planton de la Porte de Paris
et le Citoyen Chenevière s’étant trouvé dans le quartier il a été décidé qu’il
serait conduit à la Visitation surtout après avoir fait des réponses très
embarassantes.
Ses deux laissez passer de sa commune déposés à la lettre C. 

Une centaine de prêtres de tous âges, de toutes conditions, arrêtés, guillotinés ou déportés dans les Archives Criminelles Révolutionnaires. Rares sont ceux qui ont pu se défendre.


Capion qui bénéficie, comme de nombreux autres, du soutien de sa commune, ne manque pas de style pour plaider sa cause  :

Il est à présumer Citoyen, que l’on a trompé ta religion sur
ma conduite. Car il ne tombe pas sous le sens que tu ais mis depuis plus d’un
mois un citoyen en arrestation sans avoir pris
des renseignements pour savoir s’il est coupable ou non.
Sans chercher ici à connaitre mon calomniateur,  je me bornerai à analyser autant que le petit
espace de cette feuille me le permettra, la conduite que j’ai tenu depuis le
commencement de la révolution jusqu’au moment de mon arrestation.
Le fils d’un simple bucheron a qui la fortune ainsi qu’à son
fils  avait constamment tourné le dos, ne
peut avoir par sa naissance aucun motif qui
l’attache à l’ancien régime…
Celui qui travailla aux ouvrages pénibles de l’agriculture
jusqu’à 22 ans et qui ne cessa ce louable exercice qu’à la sollicitation de
quelques personnes qui croyant lui rendre service en le portant à se faire
prêtre, qui ne parvint à ce ci-devant état que par charité, qui depuis ne vécut
jamais que de charité, n’était certainement pas payé  pour être attaché à l’ancien régime….
Celui qui avant la Révolution n’avait jamais pu lier avec
les ci-devants nobles, ne peut être suspecté d’avoir adhéré ni trempé dans
leurs complots  contre la liberté du
peuple…
Celui qui sans hésiter, à prêté tous les serments prescrits
par les décrets et qui a toujours  tenu
une conduite conforme à ses serments, n’a pu avec justice être argué
d’incivisme….
Celui qui en public comme en particulier, a non seulement
presché l’obéissance aux loix et sollicité la jeunesse à voler à la défense de
la patrie, mais encore quoique  fort
pauvre, a donné à  plusieurs reprises à
boire et à manger et encore de l’argent, ne peut vraiment pas être regardé
comme contre-révolutionnaire.
Celui qui en 1792, sut inspirer à son frère âgé de 48 ans,
le désir et la volonté d’aller par les frontières pour défendre sa patrie, et
qui non obstant sa modique fortune lui donna à son départ la somme de cinquante
livres et qui depuis lui envoya encore à différentes fois, n’était certainement
pas l’ennemi de la patrie.
Celui qui au mois de Brumaire dernier, par ses soins et ses
dépenses redoublés, arracha des bras de la mort, un autre frère agé de 45 ans,
qui sortait des prisons de Saint Florent où il avait été détenu par les
Brigands, depuis le 5 Juillet de la même année, n’avait certainement pas varié
dans ses sentiments.
Celui qui dans le courant de Frimaire dernier, eut la
commission de faire le recensement des grains et de la population dans la
commune de Vasles, commission dont il s’acquitta avec autant de fidélité que de
zèle, n’était sans doute pas vu de mauvais œil par l’administration de son
district.
Un cidevant vicaire, qui a cessé dès le mois de Nivose
inclusivement toutes fonctions et depuis cette époque s’est totalement livré
aux pénibles travaux de l’agriculture ne peut sous aucun rapport être accusé
d’avoir troublé l’ordre ni manifesté aucune
mauvaise intention.
Enfin celui qui dans le courant de Floréal dernier fut
demandé par la municipalité pour être son
secrétaire greffier, et à laquelle demande, le Directoire du District de
Parthenay ne refusa son adhésion qu parce que celui-ci n’était pas marié,
n’avait certainement pas perdu la confiance de sa commune.
Celui-ci enfin, qui le dernier jour de Floréal n’était parti
de son domicile pour venir dans cette ville qu’avec des vues qui n’étaient rien
moins qu’inciviques, puisque c’était définitivement pour se marier à une
habitante de cette ville, ainsi qu’il en avait instruit sa municipalité avant
son départ. Peut-il être regardé comme suspect et être traité comme tel ?
Ce peut-il faire que dans un seul instant, un républicain, un vrai sans-culotte
ait perdu sa liberté ; ensemble tous les moyens de se faire
entendre ?
Sois bien persuadé Citoyen, que le républicain qui te parle
avec autant d’assurance que de franchise, souffre tous les maux imaginables, et
que le plus cruel  est de se voir
confondu avec les ennemis de la chose publique pour qui  sa détention
est un sujet d’alégresse, parce qu’il disent voyez à quoi lui a
servi  son patriotisme ? Ils
prennent de la occasion de calomnier les amis de la République.
Daignez Citoyen prendre en considération toutes ces
vérités.  Si j’ai été dénoncé, ce que je
ne puis croire ; fais moi part  des
griefs dont on m’accuse ; tu apprendras bientôt, que tu as oté la
liberté  à un citoyen qui n’a jamais
mérité de la perdre.
Ah cher Citoyen ! Si dans le moment où je te vis à la
Porte de Paris, j’eusse eu le bonheur de te connaitre que je me serais épargné
des peines : mais ne sachant pas que tu étais ministre de l’autorité
populaire, c’est ce qui fit que je ne te donnais pas une réponse aussi
satisfaisante que j’avais fait. Souviens toi, aussi cher Citoyen que tu me
promis de me revoir le lendemain, je suis encore à t’attendre et comme j’ai
encore quelque chose à te dire et que sous tous les rapports je ne puis confier
au papier, je te prie au nom de ce qu’il y a de plus sacré dans l’humanité de
venir me voir promptement et tu feras justice.
Salut et Fraternité.
Capion.
De la cidevant Visitation, le 6 Messidor An 2 de la
République Française, une indivisible et impérissable.



Exception à la règle de cette Terreur anti-cléricale, Capion sera libéré le 10 Messidor. 
Vous retrouverez peut-être sur la base Crimes, le curé de votre village, l'occasion d'aller fouiller plus avant dans les Archives pour savoir qui l'a dénoncé, pourquoi et qui l'a soutenu...

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

vendredi 8 mars 2013

Le Caporal Soldat femelle. 1823. Les Affiches du Poitou


Il arrive que la lecture des Affiches du Poitou fasse écho à l'actualité. En quête d'un autre sujet, j'ai croisé un caporal singulier et féminin... 

Une femme qui a été longtemps soldat, vient de mourir à Auxonne, à l'âge de 51 ans. Elle était fille d'un vétéran. Grande et fortement constituée, elle quitta, à l'âge de 20 ans, les habits de femme pour endosser l'uniforme. Prise pour un homme, elle fut reçue en 1791 dans un bataillon de volontaires du Calvados ; elle fit pendant sept ans, sans être reconnue, les campagnes du Rhin et de la Vendée. il parait que son service aurait duré plus longtemps encore, si un coup de feu dans la poitrine n'eût fait découvrir son sexe. Elle fut alors forcée de reprendre la jupe, et obtint du Gouvernement une pension de 238Fr dont elle a joui jusqu'à sa mort. Ce soldat femelle était surnommé Le Caporal. 

Source : Les Affiches du Poitou 1823 page 26. AD 86

Singulier mais pluriel !
Elles sont jeunes. A la révolution, elles y croient à cette égalité qui semble s'offrir à elles. Elles la saisissent dans tous les domaines, nous l'avons vu pour le divorce dont elles ont souvent à l'initiative.
Il en est de même de l'engagement. Du citoyen et du militaire.
Les armées républicaines mélangent les civils, les militaires, les femmes, les enfants.
Mais elles font peur. Elles seront vite chassées, renvoyées à leurs fourneaux, à leurs marmots.
Citoyennes, combattantes, elles dérangent.
Fabre d'Eglantine s'insurge, en 1792 contre ces femelles guerrières ! Armées que vont-elles faire subir aux hommes ?
Qu'à celà ne tienne. Les voilà travesties qui continuent le combat. Clandestines, elles trompent leurs frères d'armes assez facilement.
Sans-culotte elles sont, sans-culotte elles resteront.
Parfois, elles suivent leur mari, mais pas toujours.
On en recense 80 dans les archives parlementaires.
Elles sont toujours là sous l'Empire.
Guerrières femelles, travesties.
Démasquées, blessées, elles sont renvoyées du champ de bataille. Parfois leur courage est reconnu, salué, récompensé. Leurs faits d'armes aussi.  Si certaines sont jugées, voire emprisonnées, d'autres sont médaillées, pensionnées.
« Ce n’est point en femme que j’ai fait la guerre, je l’ai faite en brave.» dira en 1805, Mme de Xaintrailles, qui a fait sept campagnes dont celle d'Egypte et demande justice à Napoléon.

Qui est ce "caporal femelle" des Affiches du Poitou, blessée et démasquée ? Peut-être Marie-Louise Félicité Duguet ? Je n'ai pas réussi à l'identifier  parmi toutes celles dont on garde la mémoire.
Allez les lire, c'est passionnant !


jeudi 24 janvier 2013

D'un apothicaire à l'autre. de l'an II à l'an 13 - Echo au cercle Généalogique d'Aubière


On vit une époque formidable !
Sur un de nos réseaux sociaux favoris, le Cercle Généalogique et historique d'Aubière posta en 2012, un article passionnant : le mémoire du citoyen Bompart, apothicaire de l'an II.
C'était un temps à perdre la tête. Guillotiné ou mitraillé, le pauvre Pierre ANDRE Seigneur  d'Aubière, fut exécuté en l'an II.
Notre apothicaire, lui la garda bien sur les épaules et adressa aux autorités révolutionnaires, la note salée des soins encore dus par son client !
Un inventaire à donner la migraine.
Voici  les potions administrées au citoyen André ainsi qu'à sa famille, son précepteur et ses domestiques, les doses, les prix, les préparations, et tout ça sur 20 ans, la sécu en rêve, Bompart l'a fait.
On avait tout ou presque.... il nous manquait les indications de ces potions !

J'ai confié cette liste à la Prévert à la citoyenne Rosy, apothicaire de l'an 13 du XXIème siècle, elle s'est prise au jeu. Merci Rosy !
Petite visite dans l'armoire à pharmacie de la famille d'Aubière.

Le tube digestif est sans aucun doute la grande préoccupation de la famille d'Aubière, en effet on trouve le plus souvent : laxatif, purgatif, digestif, émétique, antispasmodique et autre vermifuge.



Les indications attribuées à ces remèdes sont souvent vagues ou générales :
- comme "toniques" (sur fatigue ou appétit...)
- comme antiseptique (cutané ou interne...)
- comme antalgiques
- comme sédatifs.

Glossaire complémentaire :
Les Apozèmes : ce sont des tisanes très concentrées, ne servent jamais de boisson. Se préparent au moment de l'emploi et ne se conservent pas.

Les remèdes béchiques : remèdes pectoraux, contre la toux, combattent les infections respiratoires

Les Toniques amers : exitent l'appétit, favorisent la digestion (ex gentiane)

Les Toniques astringents : assèchent les muqueuses et augmentent la tonicité digestive; (contre les diarrhées, ou en gargarismes contre les angines les stomatites.

Une chopine = 1/2 pinte (de Paris) = 24 pouces (de Roi) = 0,25 litre

La pinte est 1/36 du pied du Roi au cube ! ... soit 48 pouces du Roi au cube = 0,95 litres

Une topette est un flacon long et étroit
Une fillette = 0,375 litre

Une livre vaut 20 sols. 1 sol vaut 20 deniers. En 1787, une poule coute 1/2 livre soit 10 sols.


Couvrez-vous bien  !
Salut et Fraternité.





vendredi 7 décembre 2012

Jean La Liberté exposé le 12 Ventôse An VI - Angliers (86)


Il devait faire bien froid ce 20 février 1798 ! A leur retour de la veillette, une mauvaise surprise attend notre trio d'Angliers. On ne sait pas si c'était soirée Loto  parents d'élèves comme on sait encore en organiser dans le Poitou, mais le panier garni  attendait  Marie-Anne BUSSEREAU, femme de Jacques LEGER, à la porte de sa chambre. Elle appelle sa copine Renée LAURIN, femme DUPUIS et son fils Jacques  DUPUIS, à la rescousse. Ils  n'en croient pas leurs yeux : à peine à l'abri d'une autre fausse porte, un nouveau-né attend. Tout le monde s'accorde sur l'urgence de prévenir les autorités.
Ce sont les citoyens PATRI (qui a perdu son X) et PONCET qui vont instruire l'exposition.
Les femmes sont chargées de démailloter le nouveau-né qui s'avère être un p'tit drôle. Sa layette est correcte, un peu usée, les toiles sont de serge, la petite chemise garnie de mousseline, aucun papier n'est retrouvé sur l'enfant.
 Tout le monde s'accorde sur l'excellente idée qu'a eu sa mère de le confier à la nourrice et il est décidé qu'il restera  chez Marie-Anne BUSSEREAU, qui est priée au nom de l'humanité de bien vouloir lui donner la nourriture et les soins, jusqu'à ce que l'administration municipale de ce canton ait pourvu  à la subsistance et à l'enregistrement de l'enfant. Marie-Anne en bonne républicaine promet de s'acquitter de sa tâche avec fidélité ! On ne sait pas trop ce que cache la formule, ni s'il fallut insister, ni si le choix fut donné de refuser.
Avec sa première têtée, on offre à Jean un avenir plein de promesses : Il s'appelera LIBERTE.


Aujourd'hui douze ventôse sixième année républicaine s'est présenté 
le secrétaire de l'administration de ce canton qui m'a remis un procès verbal 
d'un enfant trouvé dont la teneur suit. 

Aujourd'hui trois ventôse deux heures du matin de l'an sixième de la république
française une et indivisible, nous Casimir AUBIN assesseur du juge de paix du canton
de Martaizé, département de la Vienne, faisant pour empêchement dudit juge
de paix, étant instruit par les citoyesns Jean PONCET agent et Urbain PATRI adjoint de
la commune d'Angliers, que Marie Anne BUSSEREAU femme de Jacques LEGER ; Renée
LAURIN veuve de Jacques DUPUIS et jacques DUPUIS son fils venaient à l'instant de
trouver un enfant naissant exposé à la porte de la maison du dit Jacques Léger;
sommes transportés à la maison susdite accompagné dudit citoyen PATRI, où 
étant arrivés, les dites femmes LEGER et DUPUIS nous ont dit et déclaré qu'en arrivant
de la veillette qui se tient ordinairement dans la maison de François Léger l'ainé, que 
la dite Marie Anne BUSSEREAU femme LEGER voulant ouvrir sa porte de chambre, 
avait trouvé entre la dite porte de chambre et une fausse demi-porte, un panier d'osier
dans lequel était un enfant naissant, ce voyant, avait appelé la dite Renée LAURIN 
veuve  DUPUIS et Jacques DUPUIS son fils, et ayant reconnu que le dit panier conte-
-nait un enfant naissant, ont pris le parti d'avertir les dits citoyens PATRI et PONCET
lesquels nous ont instruit de la dite exposition ainsi qu'il est dit ci-dessus. 

En conséquence avons ordonné aux dites femmes LEGER et LAURIN ainsi qu'à 
Jacques DUPUIS de nous déclarer s'ils n'avaient point quelque connaissance de
la dite exposition du dit enfant, lesquels nous ont dit et affirmé qu'ils n'en avaient
aucune et qu'ils n'avaient vu ni entendu personne. 

A l'instant avons requis les dites femmes de démailloter l'enfant qui 
était emmailloté de trois langes d'étamine gris-fer presque usés, deux mayseaux
a demi usés, une chemise garnie de mousseline et une petite camisolle de serge blanche
a demi usée ; le dit enfant étant démailloté, avons reconnu que c'était un garçon qui
ne paraissait avoir que très peu de jours ; et comme la dite femme LEGER est nourrice
dans ce moment, l'avons priée au nom de l'humanité de vouloir bien donner la nourriture
et d'autres soins nécessaires à la vie dudit enfant, jusqu'à ce que l'administration
municipale de ce canton ait pourvu tant à la subsistance et enregistrement 
dudit enfant. Ladite Femme LEGER à l'instant nous a promis de s'en acquitter avec fidélité. 
Fait et arrêté le présent en présence du dit PONCET agent et PATRi
adjoint sous signé les jour et heure que dessus minute signée  par
PATRI adjoint, PONCET agent pour copie conforme BUZET. 
Et de suite, comme agent national de cette commune, j'ai 
au dit enfant énoncé dans le procès verbal énoncé de l'autre part 
le nom de Jean LA LIBERTE. 
PONCET. 

Source : AD 86 Angliers NMD 1793/1801 page 94/134.
Nom : Liberté
Prénom  :Jean
Date : 20/02/1798.
Heure de découverte : 2H du matin
Lieu de découverte :Porte de la maison de Jacques LEGER
Découvert par: Marie Anne BUSSEREAU, nourrice
Noms des parrain et marraine, témoins : LAURIN Renée, DUPUIS Jacques
Description : linge un peu usé
Documents laissés : non
Confié à : Marie Anne BUSSEREAU femme LEGER

jeudi 6 décembre 2012

Joseph exposé le 1er Thermidor An II - Angliers (86)


Changement d'époque !
Le p'tit Joseph a failli y passer. Dans "un panier d'osier à vendanger", il a été déposé devant une porte qui ne s'est pas ouverte. Pourtant c'est la porte d'HELIE le boulanger, à trois heures du matin il devait pétrir en chantant trop fort la marseillaise... Heureusement que ses voisins, les frères NAUDEAU ont l'oreille fine. "comme ils allaient dans la plaine pour voiturer du chaume", nos deux maçons ont vu le panier et prévenu le boulanger. Il se pourrait qu'il soit trop tard, plus un son ne sort du panier, et le petit corps est tout pâle.  Heureusement que la femme du boulanger ne perd pas de temps à s'pomponner ! La voilà qui saisit le drôle, l'approche du feu, le réchauffe, et Joseph est reparti pour la vie !
Notre brave boulanger part chercher PATRI, vous vous souvenez ? PATRI, le parrain de la p'tite Agnès ! Il savait écrire, et bien il a pris du galon, il est maintenant agent national de la commune ! Un NAUDEAU en est le maire !
L'an II c'est aussi la révolution dans l'abandon. On recueille les témoignages, on enquête, on précise, on cherche à comprendre. En Juin 1793, de nouvelles lois ont été votées.  Nous voilà deux siècles après, avec de la matière à histoire.
C'est la femme HELIE qui démaillote le drôle, C'est un garçon !
Et on décrit le trousseau. "enveloppé d'un oreiller de plumes d'oie sans souille". La souille c'une taie d'oreiller. La plume d'oie c'est du luxe.
"avec un drapeau sans langes, une chemise garnie de mousselines, des
brassières de serge de coton, et une coulisse en taffetas noir avec
un beguin garni de gaze, le tout attaché avec des épingles." 
 La serge de coton c'est du solide. Le taffetas, les épingles... Ce petit là est soigné.
Il est grand temps de le confier à une nourrice en attendant qu'il soit décidé.
On le nomme et on le prénomme. Là aussi ça change tout. Le premier abandonné de la République à Angliers, s'appelera Joseph BRUTUS, voilà pour la transition,  Joseph reste biblique et BRUTUS fonde la République.
Il est né dans le ruisseau c'est la faute à Rousseau, il aura du caractère c'est la faute à Voltaire !


Aujourd'hui premier thermidor deuxième année républicaine 
ont comparu devant moi officier public sous signé jean et françois
NAUDEAU maçons demeurant au bourg d'angliers lesquels m'ont
déclaré que ce matin environ les trois heures, comme ils allaient dans
la plaine pour voiturer du chaume, ils ont aperçu en passant
devant la porte du citoyen HELIE boulanger demeurant au dit bourg,
un panier attaché au marteau de la porte du dit HELIE et que s'étant 
approché du panier pour voir ce que pouvait être, ils ont reconnu qu'il
contenait un enfant naissant ; que surpris à cet aspect ils
ont frappé à la dite porte afin que ledit HELIE prît connaissance 
de l'enfant ; que ledit HELIE ayant ouvert sa porte a aperçu
les dits NAUDEAU lesquels lui ont fait la délaration ci-dessus, et 
qu'à l'instant ledit HELIE a détaché le dit panier contenant l'enfant
et l'a emporté dans sa maison accompagné d'eux deux ; que la 
femme du dit citoyen HELIE s'étant levée et ayant touché
l'enfant, l'a trouvé très froid et qu'après l'avoir approché du
feu elle a reconnu qu'il vivait ; qu'en conséquence ledit HELIE
s'est transporté aussitôt chez le citoyen PATRI agent national
de cette commune a qui il a fait le rapport ci-dessus et que le dit
agent, aux fins de constater les faits avait fait assembler le
corps municipal au lieu ordinaire de ses séances. d'après 
laquelle déclaration je me suis transporté à la chambre
commune où j'ai trouvé la municipalité réunie, et après avoir
reconnu que les faits rapportés au procès verbal dressé par la
dite municipalité étaient absolument les mêmes et énoncés dans 
le même ordre que ceux mentionnés ci-dessus, j'ai transcris le
dit procès verbal à l'endroit où les dits jean et François NAUDEAU
ont fini leur rapport ainsi qu'il suit ;
Nous officiers municipaux de la susdite commune, afin de 
nous assurer de la vérité, avons interpellé les dits citoyens
Jean et François NAUDEAU ainsi que le citoyen HELIE de nous dire
si les faits ci-dessus étaient véritables et s'ils n'avaient rien
à y changer ou à ajouter, à quoi ils ont répondu que c'était la
vérité, et qu'ils n'avaient absolument aucune connaissance 
particulière relativement à l'exposition de l'enfant. D'après
ce, nous nous sommes faits représenter le dit enfant par la
femme dudit HELIE laquelle nous a fait connaître que l'enfant
était un garçon auquel l'officier public a donné le nom de Joseph
BRUTUS, qu'il était couché dans un panier d'osier à vendanger,
enveloppé d'un oreiller de plumes d'oie sans souille, avec
un drapeau sans langes, une chemise garnie de mousselines, des
brassières de serge de coton, et une coulisse en taffetas noir avec
un baguin garni de gaze, le tout attaché avec des épingles. 
Et de suit avons provisoirement pourvu à la subsistance du 
dit enfant en lui procurant une nourrice qui s'est chargée
de l'abriter et de lui donner les autres soins nécessaires jusqu'à ce
qu'il en soit autrement ordonné. 
Fait et arrêté à la maison commune, mêmes jour et onque
dessus. NAUDEAU Maire, PONCET officier municipal, NOTON officier
municipal, PATRI agent national, AUBIN secrétaire greffier. 




Source : AD 86 Angliers NMD 1793/1801 page 21/134.
Nom : BRUTUS
Prénom  : Joseph
Date : 19 juillet 1794
Heure de découverte : 3h du matin
Lieu de découverte : Porte de HELIE boulanger
Découvert par : jean et françois NAUDEAU maçons
Noms des parrain et marraine, témoins : HELIE boulanger et sa femme, PATRI Urbain.
Description : bon panier et linges
Documents laissés : non

mercredi 14 mars 2012

Marquet Pierre Emmanuel - Chenevelles.



M. Laglaine ( qui a desservi la paroisse pendant 55 ans, de 1847 à 1901), curé de Chenevelles, raconte la vie de son prédécesseur sous la Révolution :

Pierre Emmanuel Marquet, curé de Chenevelles, Juin 1786 - 1828.

Nommé curé de Chenevelles en Juin 1786, M. Marquet y exerçait les fonctions de culte au moment de la révolution. Né à Poitiers où son père était procureur, il passa sa première enfance à Badard, village de la Chapelle-Roux. Sa famille y possédait une petite propriété. Attaché à sa paroisse, il vit sans doute avec beaucoup de peine les commencements alarmants et toujours progressifs de la tourmente révolutionnaire. Ses jours mêmes cessèrent d'être en sureté au milieu de son troupeau. Un ardent patriote du bourg menaçait de le tuer s'il le voyait sortir de chez lui. Après s'être caché tantôt chez les uns, tantôt chez les autres de ses paroissiens et voyant les évènements se compliquer de plus en plus, il décida enfin à quitter son poste. Il alla chercher comme tant d'autres sur la terre étrangère le repos et la sécurité qu'il ne pouvait trouver dans sa patrie, emportant avec lui la gloire d'avoir refusé le serment à la Constitution civile du clergé. Il partit pour l'Espagne à la fin de Juin 1792 si on juge par son dernier acte qui est en date du 19 Juin (ADV Chenevelles 1792 page 5). Il y resta jusqu'au milieu de 1801. La tradition rapporte qu'en passant près de Civray il y fut reconnu et arrêté par des moissonneurs qui lui coupèrent son catogan avec une faucille.
Alarmés par les premiers exploits de la Révolution, les habitants de Chenevelles étaient plutôt vivement pénétrés de douleur pour ces tristes nouveautés qu'ils ne s'y sentaient entrainés. Les jeunes gens de la Paroisse ayant ouvertement refusé de s'enrôler sous les drapeaux, leur refus attira sur eux la foudre de la municipalité de Châtellerault qui envoya aussitôt des hommes armés pour les faire rentrer dans le devoir. Mais résolus de repousser la force par la force, plutôt que de céder, ils tirèrent sur les représentants de la force publique. Ceux-ci portèrent aussitôt plainte au district. Bientôt, deux cents patriotes décidés à tout, proférant les menaces les plus horribles dans leur emportement, arrivèrent dans la commune. On ne fit cette fois aucune résistance. Le club forcené commença par donner libre cours à sa fureur anti-religieuse. On se précipita dans l'église pour y renverser et y briser tout ce qui y était. Un, entre autres, ayant voulu abattre une statue, elle tomba sur lui et le blessa grièvement. Ce misérable s'écria dit-on dans sa rage : " Suis-je venu ici pour me faire tuer par le bon Dieu de Chenevelles ? "
Quand on eut mis en pièces tout ce qui était dans l'église, on entassa les débris sur la place et on y mit le feu. Pendant ce temps, les patriotes affublés d'aubes, d'étoles et tenant dans leurs mains les vases sacrés dansaient autour du feu de joie, proférant les plus horribles blasphèmes. Puis, ils alimentèrent le feu avec les ornements dont ils s'étaient revêtus. Tout devint ainsi la proie des flammes, à part quelques nappes et linges d'autel qu'un patriote du bourg détourna au profit de sa femme qui s'en servit à habiller ses enfants. On ne sait ce que devinrent les vases sacrés. Tout porte à croire qu'ils furent portés à Châtellerault. Ce qui est certain c'est qu'on fit rendre à cette ville trois cloches de l'église sur quatre qu'elle possédait. Ces attentats sacrilèges furent commis par des étrangers. Il n'y eut dans toute la paroisse que quatre ou cinq personnes au plus qui se montrèrent partisans du parti révolutionnaire et s'amendèrent d'ailleurs plus tard.
Pendant l'exil de M. Marquet, le service religieux de la paroisse fut fait par M. Savaton, curé jureur (prêtre assermenté) de Fressineau, jusqu'à l'arrivée en novembre 1792 d'un M. Auger, prêtre constitutionnel envoyé de Châtellerault. Ce M. Auger était probablement vicaire de Saint Jacques. Les offices étaient peu fréquentés et encore beaucoup y venaient-ils pour entendre la messe sans réfléchir sur les conséquences de leurs démarches. Le prêtre intrus, dont le ministère était à peu près nul resta à peine un an à Chenevelles. Il retourna à Châtellerault où il devint commis d'un M. Laurence et où l'on croit qu'il s'est marié.
Depuis le départ de M. Auger, il ne vint point d'autre prêtre jusqu'au retour de M. Marquet. Après 9 années d'absence, passées en Espagne, ce dernier revint dans sa paroisse en Octobre. Son premier acte est signé du 20 Octobre 1801. En attendant que les églises fussent rendues au culte, il célébra les saints mystères dans la grange de la Veuve Guiton au bourg, il y fit même une première communion ( les maisons Marcoux et Cognée occupent maintenant l'emplacement de cette grange). Ne pouvant non plus rentrer au presbytère qui avait été vendu, il habite longtemps tantôt en Bas-Poirier ou bien au bourg ou bien encore dans différentes maisons du bourg.
M. Tuscan de Châtellerault fut le premier acquéreur de la cure et de la métairie (La maison Larcher) qui y était adjointe. Plus tard, Mme La Goderie de la Gabillère acheta de M. Tuscan tous les biens curiaux et les revendit en communauté à MM. Morain et Laglaine de Châtellerault. Enfin, M. François Serreau propriétaire au bourg et Benoît Marquet, frère du curé les achetèrent en dernier lieu et vendirent pour la commune à M. D'Argence alors maire, le presbytère, moyennant la somme de Quinze cents francs, dont acte fut passé le 18 Juin 1820 chez Maitre Collet Notaire à Archigny.
Il n'y eut point de résistance au concordat : trois familles seulement embrassèrent le parti de la dissidence. Elles ont maintenant complètement disparu.
Jouissant enfin de la tranquilité après ses longues années d'exil, M. Marquet put exercer son ministère en paix. Si ses paroissiens furent attachés à sa personne, c'était plus probablement en raison des services qu'il leur rendait , soit en exerçant la médecine et la chirurgie, soit en les conseillant dans les démarches à prendre dans les procès qu'il ne détestait pas lui-même, que par estime pour ses vertus sacerdotales.
Tous ceux qui l'ont connu, s'accordent à dire qu'il était passionné pour la chasse et y passait partie de la semaine. Il portait ordinairement l'habit laïque, ne prenait la soutane que pour les offices. Il célébrait rarement la messe sur la semaine. Il a même passé quelques mois sans la dire le dimanche pour punir ses paroissiens de ce qu'ils ne voulaient pas lui acheter le presbytère. Sur la fin, sa conduite était notoirement scandaleuse, il fut frappé d'interdit par l'autorité diocésaine. Il quitta Chenevelles à la fin de 1827 pour se retirer aux Ormes où il est mort en refusant les sacrements.
Il fut curé de Chenevelles pendant près de 42 ans, de 1786 à 1828.





vendredi 10 février 2012

CSR Poitiers du 11 au 14 Frimaire AN II



Scorbut et autres pathologies se multiplient, ils sont au sommaire de tous les compte-rendus...

11 Frimaire An 2. 
Rapport de Bussac officier de santé : la Directrice de la maison de l'Hopital dite autel dieu de cette ville est "dans un état d'infirmité telle qu'il serait dangereux de la laisser plus longtemps dans la maison des Pénitentes où elle est renfermée attendu qu'elle est atteinte du scorbut. sera transférée dans la maison de l'évéché  en cette ville et qu'elle y occupera l'appartement où secrétaire du cidevant évèque, qui est séparé du corps du bâtiment. 
Bertaut prêtre transféré du petit séminaire à sa maison en raison de son grand age et des infirmités constatées par l'officier de santé. 
La femme Courtinière de la Rue des Carmes restera en arrestation chez elle. 
Le citoyen Chenillière garde scellier chez le sieur Chaillot demande à être payé ! 
Trafic sur le marché du blé pour contourner le prix maximum autorisé. Mélanges etc...
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12 Frimaire An 2. 
Trafic de vin  à Villain, Neuville et Jaulnais. 
Radegonde Dousset remise en liberté. 
Les filles Martial religieuses demandent leur lit et autres objets. Pourront enlever de chez la demoiselle De l'Isle ce dont elles ont besoin. 
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13 Frimaire An 2. 
La femme Delalande malade rentrera chez elle sous surveillance. 
Pétition de la fille Avé malade, sera transférée à l'évéché dans la partie appelée secrétariat. 
Femme Bert arrêtée par la garde à la porte de la Tranchée avec des papiers féodaux, envoyée aux pénitentes après interrogatoire. 
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14 Frimaire An 2. 
Grand nombre de pétitions de détenus. 
Femme Villemort malade et ses trois enfants pourra retourner en arrestation chez elle. 
Pétition de Guilleminet : son fils vient de s'offrir pour combattre à Tours. Remis en liberté. 
Maire et officiers municipaux de Mirebeau  détenus aux Carmélites, demandent à faire venir des vivres de leur village. Accordé. 
Garault prêtre, détenu à la prévosté,  demande des effets. 
Sieur et Dame Vasselot arrêtés et remis en liberté. 
Femme Bertrand, pétitioin demande sa liberté, un frère émigré mais trois républicains restera chez elle. 
Pétition de Sieur et Dame Marquet, l'état de la maladie de la mère et du fils est tel qu'il serait très dangereux de les mettre dans une maison de détention et que la fille Marquet sera tenue de se rendre en détention. 
Pétition de Sieur et Dame Villedon Saureau 82 et 83 ans hors d'état de pouvoir sortir de chez eux, y resteront ! 
Supervielle fait dont à la nation de trois pains de sucre. 
Le sieur de la Brunerie est toujours malade. Restera chez lui accompagné de Brechet garde. 
Pétition de Pelletier officier de santé de l'Isle Jourdain pour obtenir sa liberté . Le comité renvoie au comité de là-bas. 
Pétition de la mère Lagrange pour sa fille détenue à la maison des Pénitentes pour incivisme. Restera en détention. 
Pétition Boismorin, devra fournir un certificat de civisme. 
Femme Laroche malade. 
Veuve Venault en arrestation chez elle. Idem pour Veuve Lalande sa mère. 
Exposé du citoyen Cressac médecin vu les services qu'il rend à l'humanité souffrante et son désinteressement notoire  reste en liberté. 
Girard de Pindrai arrêté et remis en liberté. 
Labrunière reste chez lui.




Ingrand le terrible sévit...

15 Frimaire An 2. 
Pétition des soeurs Rabreuil, renvoyées au CS de Mirebeau. 
Fille Chesnel renvoyée à Bussac. 
La Messelière sa femme et ses filles demeureront en arrestation chez eux sous surveillance d'un garde national. 
Dutrou, Letanche et Bremord suspendus de leurs fonctions par Ingrand pouvaient être nuisibles dans leur ville à Montmorillon seront transférés à Poitiers aux Carmélites, car il n'y a pas de prison à Montmorillon. 
Femme Duchillard en état de pauvreté, 76 ans restera en détention chez elle. 
Hyver exempté de réclusion car il n'a pas de pain et sa femme est tombée en catarre. En arrestation chez lui. 
Femme Romanet et son mari en arrestation chez eux, n'ont pas de certificat de civisme. 
FEmme St Georges en arrestation chez elle malade. 
Irland de Preuilly et sa femme en détention chez eux pour raison de santé. 
Idem pour la femme Chataigner
Famille Crossard : La femme et la fille resteront en arrestation chez elles, l'autre fille en détention avec son père. 
Dame La Fayette Constant sera enfermée aux Hospitalières. 
Veuve Brumaud Beauregard restera en arrestation chez elle. 
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Séance du 21 Frimaire An 2. 
"Le président a observé que ses cinq jours qui se sont écoulés depuis la dernière séance, ayant été occupé à l'épurement des corps  administratifs, il était absolument nécessaire de reprendre la suite de nos opérations et de s'attacher surtout à l'expédition des pétitioins faites pour m? grand nombre de détenus. Cette proposition a été adoptée. 
Marie Anne Berger malade, détenue aux Pénitentes, transférée aux Hospitalières. 
Fouquereau détenu à la Prévoté. Rien contre lui à Châtellerault, remis en liberté. 
La femme Brumault demande à demeurer chez elle, 5 enfants en bas age, en arrestation chez elle avec un garde à sa charge. 
Femme Mangein et son fils. De Montmorillon, en détention depuis quelques mois peut se retirer à Chauvigny sous la suveillance d'un garde. 
Pétition de la fille de Romaun qui demande à rentrer chez elle son père est tombé en catarre. Toutes les possessions de ces gens ont été dévastées par les Brigands de Vendée. Peut retourner en arrestation chez elle. 
Pioun, Rochefort, Imbert et Beneteau de Verrières préviennent d'une possible insurrection. Dénoncent par ailleurs la femme Souchaud tailleuse pour homme dans le faubourg du Pont Neuf pour propos contraires à l'ordre. Ordre d'arrestation de cette femme. 

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Séance du 22 Frimaire AN 2. 
 Dénonciation de Boutet Durivaux habitant de Mirebeau actuellement sur Poitiers. Ordre d'arrestation. 
Toublanche arrestation. 
Arbaud père et femme malades peuvent rester en arrestation chez eux sous surveillance. 
Tribot maire de Civray et Guerry procureur, suspendus de leurs fonctions. Ordre d'arrestation. 
Dame Bonneuil en arrestation chez elle pour raison de santé. 
Dame Daujame de Migné, jugée incivique, sera arrêté et pourra être réunie à sa fille emprisonnée aux Pénitentes. 
La fille cottelin percluse de tout le coté gauche. Transférée à l'hopital général pour y être soignée. 
Pétition de la fille Bergeron qui avait caché un capucin. Refus de délibérer. 
Femme Epron de Beauregard remis en liberté. 
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23 Frimaire An 2. 
Planier dépose 500 livres trouvées chez Chenos curé de pasillé ? 
Le De Romaun resteront chez eux sous la garde de Girard. 
Charles Velledon idem
Pétition femme de la Barre Tousalin  détenue à l'évéché, demande à être réunie à son mari et à son fils détenus aux Carmélites. Accordé. 
Pelletier médecin certificat de civisme nombreux soutiens remis en liberté. 
Pertat en arrestation chez lui. 
Mémoire de Bouneau de l'Isle Jourdain qu'on cherche à l'accuser à tort. CSR n'a pas à délibérer. 
Femme Reigner détenue aux Pénitentes, assez punie remise en liberté. 
Le citoyen Brisson sous chef de l'administration de la marine, a présenté au comité une pétition  disant que le citoyen Tardieu aubergiste à Chaunay et sa femme, avaient arrêté une voiture d'avoine qu'il faisait conduire  au dépot de Ruffec, que cette conduite ne pouvait que préjudicier infinitivement aux intérêts de la nation. Mandat donné à la municipalité de Couhé pour faire le nécessaire. 
Les Preuilly font état de leur misère et de leur civisme peuvent rester chez eux. 
Pétition des Pelletier pour rester chez eux refusé. 
Fille Filleau en arrestation chez elle. 
Les femmes Parent et Beauregard demandent à n'avoir qu'un garde pour elles deux. Accordé. 
Femme Constant et Maillot son beau-père  ordre d'arrestation. 




24 Frimaire An 2. 
Laurand arrêté et conduit à la visitation. 
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25 Frimaire An 2. 
Femme Desessards restera chez elle sous la surveillance de Martin. 
femme Chabrot devra présenter certificat de civisme. 
Guerry de la Braudière de Civray vient demander pourquoi on l'arrête et joint un certificat de santé. En attendant la décision et vu son infirmité restera dans une maison de son choix à Poitiers. 
Tribot maire de Civray se présente avec une pétition négative des faits qui lui sont imputés, attendu qu'il est bien portant, il a été arrêté. Pétition transmise à Civray
Un membre demande qu'on s'occupe du sort de certains détenus. Sont remis en liberté : la femme Lagrange, Constant, et Aumont , Sieur Limousin cordonnier et Rousseau médecin
Maillau...  Bois Lambert dépose un certificat de civisme. 
Marquant remis en liberté. 
 Deux soeurs atteintes de scorbut. Remise en la maison de Houlière en ville. 
Le citoyen Presle administrateur du district de Civray se présente au comité et donne lecture : Guerry, Tribot, Aubier, Grand Fief juge de paix, Sureau, ont cherché à apitoyer le peuple sur leur sort et à se mettre sous sa protection. Ainsi que Belays jeune huissier et notable, Augry curé de Civray, Norbert Pressac curé de St Gaudent, seront arrêtés et  conduits à Poitiers aux Carmélites. 
La Citoyenne Venault vient donner acte du certificat de civisme de la citoyenne Lalande qui sera remise en liberté. 
La femme Imbert souffre d'une fièvre très violente. Pourra se retirer chez elle sous surveillance. 
Sieur et Dame La Broue malades  en arrestation chez eux sous garde (40 sols par jour)
Le citoyen Mignon marchand de bois a vendu la cordée jusqu'à 34 livres que ce prix excédent le maximum fixé par un arrêté du département et de la loi, il croyait nécessaire de le mander pour rendre compte de sa conduite. Adopté. 
Le citoyen Laurence présente une pétition de la femme La Barre avec certificat de santé. Elle et ses deux filles sont gravement malades. En arrestation chez elles. 
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26 Frimaire An 2. 
Arrandeau et sa femme remis en liberté. 
Femme la Randerie, en prison depuis plusieurs mois, sans secours et forte fièvre. Se retirera chez elle à Sillars sous surveillance. 
Citoyen Deguillon malade sera transporté à l'hopital militaire. 
Trichet prêtre certificat médical attestant d'une épilepsie, dont les symptomes sont très fréquents impossible à traiter dans cette maison, transféré chez lui sous surveillance du citoyen Gouin. 
Femme La Fille certificat de santé. Rejoindra la femme des Essards qui est chez elle sous surveillance. 
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27 Frimaire An 2. 
Citoyennes Rabreuil et de Fougères se présentent  sur les ordres de la municipalité de Mirebeau. La première  72 ans toute catarrée, et la seconde 80 ans aveugle. Le CSR les renvoie sur Mirebeau. 
Citoyenne Clerville mise en liberté. 

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28 Frimaire An 2. 
Citoyenne Vielle Sèche et son fils malades renvoyés chez eux sous la surveillance de la municipalité. 
fille Duré détenue aux pénitentes, malade remise en liberté sans gardien. 
Courtault laboureur de Sommières arrêté comme suspect. Remis en liberté. 
Berugeau remis en liberté. 
Cholletier demande à rester chez elle. Fille et soeur d'émigré, refusé. 

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29 Frimaire An 2. 
Quatre gendarmes de Civray ont conduit au comité en vertu du précédent arrêté les citoyens Sureau perruquier, Belay huissier, Norbert Pressac curé de St Gaudent, et Augry curé de St Nieulan. Ont demandé la journée pour trouver un matelas. Accordé sous la surveillance d'un gendarme. 
Pétition de la femme Irland la Fenestre, malade restera chez elle sous la surveillance de Benoit Chantre auquel elle paiera 40 sols par jour. 
 Un membre a fait le rapport de la pétition de Faulcon prêtre, sujet à la déportation âgé de plus de 80 ans et très infirme il a proposé  d'homologuer l'avis de la municipalité de Poitiers et celui du district. Reste chez lui. 
Sieur La férandière noble peu malade , reste en prison. 
Femmme Villebonin d'Auzance, malade sursis à arrestation. 
La femme Colcat est venue prévenir le comité que son mari demeurant chez le sieur de Vassé, rue du Gervivert, a cru s'apercevoir qu'il existait dans cette maison deux caches, l'une dans la cave, l'autre dans le jardin, où il y a de l'argenterie . Le comité ordonne une perquisition matinale. 

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Remaniement du CSR - C'est Ingrand qui dirige. 

30 Frimaire AN 2 
Le comité reçoit une lettre datée de Paris du 25 Frimaire, plusieurs assignations à la requête de l'accusateur public près le Tribunal  révolutionnaire de Paris  contre plusieurs citoyens de la commune de Vendeuvre qui doivent être entendus dans l'affaire du Sieur Folzer, le 28 Novembre vieux s... à huit heures du matin à Paris. Remis à l'huissier pour exécution. 
Perquisition chez les Vassé, rien trouvé ! Mais comme ils sont père et mère d'émigrés les scellés sont posés et ils vont être arrêtés. 
La fille Laporte est malade. Sursis à arrestation 15 jours. 
* Pétition de la femme Filleau tendant à obtenir sa translation de la maison des Pénitentes dans celle des Carmélites à cause de son fils agé de 16 mois qu'elle nourrit et pour les soins duquel elle aurait besoin d'avoir une chambre à feu. Accordé. 
Pétitions de Bechillion et de Ruse Constant demandant à rester chez eux. Accordé sous la surveillance de Coindon. Béchillon étant soupçonné d'émigration devra apporter des certificats de résidence depuis 1789. 
Libération d'Auxonne détenu à la Visitation. 
Rousseau de la Ferandière transféré chez lui vu son grand mal de jambe. 
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1er Nivose. 
Remaniement du comité révolutionnaire dont le président devrait selon la loi que le CSR découvre, changer de président tous les quinze jours. 
Les secrétaires publics qui étaient membres du comité ayant jugé devoir s'en abstenir pour cause d'incompatibilité à l'exception du citoyen Barbot commissaire national, Hendre membre du conseil général du district qui en ont référé au représentant du peuple, le comité se trouva en le moment réduit à quatre membres qui sont les citoyens Denesle, Barbot et Hindre et le citoyen Thibaudeau ce qui fait qu'il convient d'en donner avis au citoyen Ingrand représentant du peuple. Denesle est nommé président et Thibaudeau passe trésorier. 
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2 Nivose An 2
Présents : Thibodeau, Barbot, Denesle. 
Six citoyens assignés pour aller à Paris déposer à l'affaire De Folser se sont présentés et ont dit qu'ils manquaient de fonds pour faire le voyage. Le comité délivre à chacun 50 ?? 
La fille Jeanne et Pruet en arrestation chez elle. 
Marie Delisle remise en liberté chez elle. 
Femme Souchaut idem. 
Femme Gazeau idem. 
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Les 3 et 4 Nivose ont été employés à former le comité de surveillance et révolutionnaire avec le citoyen Ingrand représentant du peuple. 
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Première séance. 
5 Nivose  à 5 H de relevé. 
Thibaudeau, Denesle, Briquet, Robineau, Lefevre, Moutin, Dumax, Duperret, Massot, houdry, 
Benoit et Bourdier absents. 
Thibaudeau est renommé président et Briquet secrétaire. 
On se réunit deux fois par jour  le matin de 10H à 13H et l'après midi de 15H à 18H. 
Sur ce le citoyen Bourdier est entré et a présenté sa démission prétextant plusieurs raisons, sur lesquelles le comité est passé à l'ordre du jour. 
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6 Nivose 
Prestation de serment des membres. 
Jean Gabriel Bruneau secrétaire
Porcherie prêtre exporté a été trouvé sur sa cheminée un écrit contenant des indications pour passer en Espagne. Le CSR de Bayonne est averti. 
Affaire Marguerite Guyot femme d'Antoine Rabot. Argent trouvé dans sa maison, elle est concierge dans la maison Delisle. 
Dénonciation de Maltetaite. Son épouse a été insultée par la nommée Jeannette domestique chez Nerbonneau père.