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samedi 17 juin 2017

L comme Livres #challengeAZ (2016 en retard) - Thème, objets de mémoire.


L'année dernière, je n'ai pas terminé le #ChallengeAZ. J'ai Kalé au K... pour cause de débarquement de petite descendance... Sophie nous a donné l'autorisation de reprendre là où nous en étions restés. C'est tentant de terminer cette année, parce que le sujet est sympa (objets de mémoire), parce que que j'ai eu plaisir à relire les billets de l'an passé. Le thème est un peu personnel et à la fois universel : donner un peu d'âme aux objets afin qu'ils survivent à la déchetterie et leur histoire avec. 

Mon père était ouvrier et poète, fier et modeste, apatride et autodidacte. Je suis la gardienne de deux de ses livres. Objets parmi les plus précieux, car il me suffit de les ouvrir pour retrouver sa voix, sa respiration, le rythme de sa parole, son regard aussi, son sourire satisfait de l'émotion transmise.
Retrouver une voix qui s'est éteinte il y a onze ans.
Combien de temps garderai-je encore ta voix papa ?
"Souviens-toi Barbara... Sanguine jolie fruit, soleil de nuit... Souvent la pastourelle, loin de son jeune amant... "
Paroles de Prévert et le langage des fleurs, achetés dans les années 50 sur les quais de la Seine, chez les bouquinistes.
Mon  père aimait nous dire les poèmes qu'il connaissait coeur.
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Modesto PINO GARVIA né à Barcelone le 10 janvier 1930. Apatride en février 1939, passage du Perthus, camp d'Argelès, enfance terrorisée. A grandi dans le Loir-et-Cher à Pontlevoy, récitait des poèmes le long des trois kilomètres qui séparaient la ferme de l'école. Meurt le 9 aout 2006 à Chelles. Quinze jours avant, m'avait chanté la chanson du camp d'Argelès.

lundi 13 juin 2016

K - Kaléidoscope et pause Kfé. #challengeAZ



Petite, je pouvais rester un temps fou à regarder par le p'tit trou du kaléidoscope. 
Il y a toujours eu un kaléidoscope à la maison, pour les enfants puis pour les petits-enfants. 
A l'ère de la tablette et de la 3D, la magie du kaléidoscope opère-t-elle toujours ? 
Oui, certes et c'est à la fois rassurant et savoureux de les voir lorgner, tenter de ne garder qu'un oeil ouvert. Réussir ou pas à tourner le bazar. 
Mais une chose est sure, ils y passent beaucoup moins de temps que moi à leur âge. 
Qui a déjà démonté son kaléidoscope ? 
Moi je n'ai jamais osé. Un des seuls sujets pour lesquels j'ai préféré le mystère à l'explication du mystère !

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C'est un billet le temps d'une pause café pendant la sieste des lutins, je ne suis pas certaine que ce soit mieux que rien. Mais bon, au moins c'est vite lu :)
A demain peut-être ! 

dimanche 12 juin 2016

J - Jouets et hors Jeu - #challengeAZ.


Nous y sommes ! Trois p'tits lutins imposent désormais ici, le rythme et les sujets du  #challengeAZ.
Ce sera donc J comme Jouets.
Des Duplo et les Boutons de Bérangère, instantané d'un dimanche.
Les p'tits lutins risquent fort de me mettre hors jeu du #challengeAZ pour les quinze jours qui suivent. En gros jusqu'à la fin.
Principe de réalité oblige, je ne m'attarde pas, car demain, ici, on risque commencer la partie de Duplo d'assez bonne heure :)


vendredi 10 juin 2016

I - ID19, N7 et renvoi d'ascenceur. #challengeAZ



L'objet de mémoire est aussi celui que l'on n'a jamais possédé.
L'ID19 était la version simplifiée de la DS.
La DS, noire, forcément noire était la voiture de De Gaulle.
Mon père savait qu'il n'aurait jamais de DS, il n'osait rêver que d'une ID19.
Mais pour l'ouvrier presseur qu'il était, le travailleur payé aux pièces, l'homme aux mains calleuses, même l'idée d'une version simplifiée restait une utopie.
Heureusement son p'tit frère d'adoption (Tonton Tonio, le fils de Pépé Paco) avait pris l'ascenceur social. Poussé dedans par Papa et sa soeur, qui avaient payé de belles études à cet enfant intelligent, à ce frère d'exil. Antonio était devenu médecin, interne des hôpitaux de Paris, cardiologue. Avec ses premiers remplacements, il s'était offert une ID19. Une belle bagnole.
Je crois qu'on était en 69.
Ce n'est pas très important.
Ce qui est important c'est le renvoi d'ascenceur.
Tonton Tonio a prêté sa voiture, un mois entier, à son frère de coeur, Modesto.
ça c'était quelque chose !
Un mois entier en ID19 pour que Modesto se fasse plaisir !
Allez hop tous en carrosse, on part en vacances !
Un carrosse qui décolle au démarrage, et toute la famille Pino qui s'épate de cette suspension hydraulique unique. On aurait calé rien que pour redémarrer.
N'attachez pas vos ceintures, il n'y a pas de ceinture !
Direction Nationale 7 !
N7, Il faut la prendre qu'on aille à Rome à Sète, nous c'était pour aller à Fréjus !
Rendez-vous à Fréjus avec le Z.


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Finalement, en 69, Modesto était un peu fada de design automobile, comme le sera son petit-fils Félix né 20 ans plus tard. 

jeudi 9 juin 2016

H - Havane, naître, grandir, fumer. #challengeAZ



En 2003, assise à Genouillé, une sorcière singulière remonta quatre à quatre la branche des Godard, histoire d’épater son beau-père, fumeur de Havane de 80 printemps. Cigare aux lèvres, celui-ci se mit à parler. L’écouter, c’était grimper de branche en branche, dans l’arbre du temps, au plus loin de la mémoire orale familiale. Et quelle mémoire!  Deux guerres, des épidémies, les derniers loups du Sud Vienne, des cœurs simples, mais fiers, des bonheurs de vie humble, autour d’un feu, des mots à la veillée… Rien de mieux qu’un homme d’ici pour piquer de passion généalogique une bru venue d’ailleurs.
Source : Archives départementales de la Vienne

Les Godard de Genouillé, au plus loin des archives paroissiales, étaient journaliers à la Combe. Journaliers… De père en fils, sur plusieurs siècles. Une généalogie humble et belle de gens de peu, qui se marièrent au village, ou à une portée de charrette, revenant inexorablement au berceau de la Combe, au village des potiers.  Pas une petite cuiller en argent à mettre sous la dent du beau-père, pas un blason, pas une particule ! Chez les Godard de Genouillé on vécut pauvre et en sabots. Dans un tel arbre, le premier qui signe apporte à l’apprenti paléographe, une sacrée émotion. Il fallut attendre 1860, et le mariage de Jacques avec  Marie Pautrot, pour lire Godard en bas d’un acte !  La première main qui sut écrire fut celle de François, frère cadet du marié. « François Godard hongreur » et fier de l’être,  tel est son paraphe au bas des actes de sa fratrie. Joseph,  fils de Jacques, signe. Joseph-Pierre né en 1889, cultivateur, sait lire et écrire. Mobilisé le 1er Aout 1914, prisonnier la terrible journée du 22 Aout, c’est en Allemagne, qu’il apprendra la naissance de Louis, son premier fils né en novembre. Libéré en 1919, il termine la route à pied, se perd dans cette campagne qu’il ne reconnait plus et arrive à Genouillé épuisé.  La famille s’installe alors à St-Macoux où nait René, notre fumeur de Havane.
2014 Collection familiale.

Naitre, grandir et saisir sa chance. Enfant de la république doué, à l’intelligence vive, voyez René, grimper quatre à quatre les barreaux de l’échelle sociale ! Notre fumeur de Havanes, quitte le sud Vienne, devient clerc de notaire à Chauvigny chez Me Toulat, puis notaire à Paris.  Naitre, grandir, devenir un homme et garder tout au long de sa vie l’amour de la langue française et le respect pour les plus humbles dont on est issu. Devenir père et porter haut ses enfants. Devenir  grand-père, arrière-grand-père et se laisser porter par la diversité d’une ribambelle joyeuse et aimante.  
Naitre, grandir et finir patriarche. Présider la table des cousinades et conserver intacte la mémoire des anciens,  l’émotion des chagrins, garder au cœur les disparus, s’émouvoir des naissances, porter un regard attentif sur chacun et accompagner les plus fragiles.
De journalier en notaire, de Genouillé à Monthoiron, le 6 mars 2015, en perdant une de ses plus belles branches, l’arbre de la Godardière a gagné une racine d’une singulière force.



René Henri GODARD (1923/2015)

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Je suis la gardienne des actes notariés familiaux anciens. Un an plus tard, j'ouvre une chemise cartonnée et l'odeur du Havane m'entoure, j'inspire, je retiens mon souffle, je ferme les yeux. 
 Papi Cigare is back. 
Tabagisme passif consenti. 

mercredi 8 juin 2016

G - La Gamelle ou dégringoler de l'échelle sociale. #challengeAZ

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des grand-parents républicains espagnols. Moi si. J'ai même eu deux grand-pères, autour d'une femme extraordinaire : José Pino, héros de guerre que je n'ai pas connu hélas, et Pépé Paco, le second mari de Mémé. Leur histoire est une histoire de dingue, comme toutes les histoires d'apatrides.
Mais revenons à la gamelle.
Après l'exil et le séjour dans le camp d'Argelès, les Républicains espagnols ont fait ce qu'ils ont pu. Ils ont dégringolé à toute allure l'échelle sociale, une vraie gamelle pour certains. On les a séparés, on a placé les enfants dans des familles françaises avec une option d'adoption. Comme ils insistaient, on les a laissé se retrouver. On les a placés métayers à la ferme, puis maçons. Ils ont remonté leurs manches, ils se sont entraidés, ils ont tenu leurs enfants, à bout de bras, pour les porter haut vers un avenir meilleur. Ils ont "bouffé le pain des français" comme on leur a dit, mais ils ont réussi en une génération, un intégration aux p'tits oignons. Comme quoi l'utopie mène à tout, il suffit d'en sortir. Avec ce pain là et la laïque, ils ont fait des médécins, des acteurs, des députés, des ministres, des écrivains, des amoureux de poésie, des chanteurs, des fadas de villages, des archivistes et même un maire de Paris.
Mais revenons à la gamelle.
Après avoir été métayer dans le Loir et Cher, Pépé Paco est devenu maçon à Pontault-Combault. J'aimais bien le regarder partir au boulot le matin. Mémé lui cuisinait une grosse tortilla qu'il mangeait dans du pain en buvant un grand verre de rouge, qui tache, du Préfontaines. Pas de café, du rouge. Ensuite Mémé préparait sa gamelle en me parlant fragnol : du ragoût et des patatas. De temps en temps ça changeait, il avait des patatas et du ragoût. J'avais 4 ans, je ne sais pas ce que j'aurais donné pour avoir moi aussi une tortilla le matin, un verre de rouge, une gamelle, avec du ragout de mémé, une mobylette et un repas dévoré sur le pouce avec los amigos de chantier autour d'un fuego, des potes entonnant en se marrant, la chanson del campo d'Argelès.
Mais revenons à la gamelle.
J'ai grandi, je ne parle pas espagnol, c'était interdit de parler espagnol à la maison, ma grand-mère parlait fragnol et je répondais en français. Pero entiendo todo, je trouve même les fautes de grammaire de mes enfants apprentis. Un jour, j'ai super bien gagné ma vie, alors je me suis acheté une gamelle, celle de la photo, mais c'était trop tard, Mémé n'était plus là pour faire le ragout. No pasaran.


mardi 7 juin 2016

F- Un Fauteuil, une absence. #challengeAZ


Depuis un peu plus d'un an déjà, Alain tient ce fauteuil de son père René, qui le tenait de son père Joseph Pierre, qui le tenait allez savoir de qui.
René y restait des heures à lire à son bureau.
Y rester des heures assis à lire, ça n'a pas du arriver souvent à Joseph Pierre, l'agriculteur.
Y rester assise à penser, aux Godard de Genouillé, ça m'arrive de temps en temps.

lundi 6 juin 2016

E - Ecriture objets de mémoire - #challengeAZ


Plume, porte-plume, encre.
L'odeur de l'encre, quand la maitresse passait remplir les encriers.
Plume, porte-plume, encre,
Le bruit de lettres qui griffent le mauvais papier,
Plume, porte-plume, encre,
Le plaisir d'une page sans rature,
Plume, porte-plume, encre,
Le désespoir d'un paté malvenu.
Arabesques prometteuses,
La première lettre,
Le premier auto-portrait,
La première note à l'encre rouge,
La première dictée sans faute,
La première dissert' de  philo,
Le premier mot d'amour...
Vivre et l'écrire.







samedi 4 juin 2016

D - Dessins ou l'art d'être grand-père - #challengeAZ

Il y a des dons qui sautent une génération.
A part quelques chaussures pendant les cours de latin (mais pourquoi des chaussures, docteur ?) je ne sais pas dessiner.
ça chagrinait mon père. 
Je me suis rattrapée en lui faisant un p'tit fils assez génial. Je peux le dire, je suis sa mère ;)
Mine de rien, tout a commencé par une grande fresque, sur les murs de la cuisine, au feutre rouge. 
C'était notre quatrième enfant, notre premier garçon, notre première grande cuisine, notre premier taggeur.
On a fait les émerveillés, mais la fresque, on ne l'a pas gardée. 
Il lui a fallu un certain temps pour passer au format A4. 
J'aime regarder mon fils dessiner, c'est fascinant, depuis qu'il a trois ans c'est fascinant.
ça fait 24 ans que c'est fascinant. 
J'aimais regarder mon père peindre, c'était fascinant. 
ça fait 27 ans que c'est un souvenir. 
Mine de rien, passage de témoin.
Heureux comme Félix, l'enfant au crayon, petit-fils de Modesto, l'homme au pinceau.

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Modesto (Sosa 14), fils de José Pino Perona (Sosa28) et de Justa Garvia Vara (Sosa 29) est né à Barcelone en 1930. Il arrive à  pied avec ses parents et sa soeur, sur la plage d'Argelès en Février 39, c'est la Retirada. Les camps, la peur, la séparation marqueront sa vie entière. Modesto est mort en 2006, le 9 aout. 
Je ne suis pas très forte en dessin, ok, papa, mais je retrouve ta voix quand je veux. 
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"Victor, tu sais ce qu'il fait comme métier Tonton ?
- Oui, il est designer d'intérieur chez Porsche (ndlr : enfin maintenant chez Tesla)
- Victor, tu sais ce que c'est designer d'intérieur ?
- Oui je sais, il faut bien colorier à l'intérieur sans dépasser" ;-))))
J'ai un mur entier dans ma cuisine tapissé de dessins de mes petits-enfants. 


vendredi 3 juin 2016

C - Le petit Châle, la transmission et l'ancêtre. #challengeAZ


J'ai tété ma mère entourée de ce petit châle que sa mère avait tricoté pour moi.
Faire de sa fille une mère, ça tient parfois à une maille à l'endroit, une maille à l'envers.
Un tricot et peu de mots.
En 1983, je n'étais pas si loin du terme lorsque Louise, m'a confié le petit châle tricoté par Fortunée.
Le fil de la transmission.
Mathilde, Camille, Constance, Félix, Louise, Joséphine, tous ont tété entourés de ce petit tricot. Même quand l'Académie de Médecine est passée à la gigoteuse, le p'tit châle est resté à proximité du berceau.
Un peu troué, trop usé pour être transmis, il va bientôt fêter ses 60 ans !
Comme Fortunée, pour chacun de mes petits enfants, j'ai confectionné une petite couverture, j'en ai déjà tricoté cinq en moins de quatre ans (quel rythme n'est-ce-pas ?), toutes différentes.
Il m'arrive parfois, lorsque je garde à la Godardière ma descendance, de  blottir un petit dans le maillage de leur ancêtre Fortunée, leur arrière-arrière-grand-mère du Levant.

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Fortunée BEHAR dessinée par son gendre Modesto PINO.

Fortunée BEHAR (Sosa 31) est née à Constantinople en avril 1895. Demoiselle de compagnie en Turquie, elle arrive en France vers 1913. Devenue tapissière, elle restaure les vieux tapis persans. Mariée en 1920 avec Tchèle (Dit Théodore) CATALAN, elle mettra au monde huit enfants dont 7 vivront.  Atteinte d'une maladie cardiaque depuis de nombreuses années, Fortunée meurt chez elle, à l'âge de 60 ans en 1959. J'ai alors deux ans. Je crois me souvenir de cette grand-mère fatiguée dans son lit, mais je suis si jeune... Ce souvenir n'est peut-être qu'une construction faite d'amour et de mots : ceux de ma mère qui entourent toujours aujourd'hui cette lumineuse ancêtre.

jeudi 2 juin 2016

B - La Bague, l'âne et l'ancêtre #challengeAZ


La bague au doigt, Ginette d'Availles rêvait à René de Genouillé en préparant quelques carottes.
Gazelle, l’ânesse des p'tites soeurs du presbytère de Prinçay, un oeil sur le papier journal, attendait sans s'impatienter de recycler avec ardeur quelques épluchures.
Allez savoir comment, le bijou glissa du doigt de la belle, pimentant malencontreusement le repas de l'équidé. On s'affola dans la cuisine, on chercha en vain sous la maie puis on pensa à la petite ânesse et à ses facéties.
A têtue, têtue et demie, Ginette entoura Gazelle d'une d'attention toute particulière, le temps que le joyau suive tranquillement le trajet des boyaux...
Et Ginette retrouva son anneau et son si joli sourire !

Je suis l'heureuse gardienne de ce précieux objet de mémoire. L'histoire de la petite ânesse revient parfois lors des repas de famille, l'émotion se mêle alors au sourire.Ginette, grand-mère de mes enfants est partie trop tôt, si vite, trois ans avant ma rencontre avec son fils Alain.
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Art Déco ou les Dieux du Design.  
Le style Art Déco sait compenser la légèreté des carats par les talents d'orfèvre, en peu de courbes et quelques obliques, pleins et creux en parfaite harmonie. Un style à la fois simple et rare.
Cette même harmonie qui lia tout au long de sa vie Ginette à son René.

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Ginette est née à Prinçay, commune d'Availles. Elle est la fille de Georges Alfred SARRAZIN et de Renée ROY. Belle descendance pour Ginette : 4 enfants, 13 petits-enfants, 13 arrière petits-enfants. Et mémoire vive au coeur de chacun.

mercredi 1 juin 2016

A - Deux ancêtres pour une Allumette - #challengeAZ - Objets de Mémoire.


On s'était dit qu'on ne se marierait jamais.
On s'était dit qu'on ne tiendrait pas dix ans.
On s'était dit qu'on ferait quatre filles. 
On s'était dit qu'on se dirait tout.
On s'était dit, on s'était dit...
On s'est marié quand même.
On se dit que 34 ans, c'est passé vite.
On s'est mis au monde cinq filles et un garçon.
On s'est dit l'essentiel.
On se dit, on se dit...
Qu'il est temps de siroter nos meilleures bouteilles.

A comme Allumette. Regardez-le ce p'tit étui. Il manque une allumette, une seule. Une allumette pour une étincelle. Une étincelle pour un foyer. Un foyer pour prendre racine.

Deux ancêtres pour une allumette.
En généalogie, on commence son arbre en se regardant le nombril. On est alors le Sosa 1. Avec le temps et quelques cordons ombilicaux coupés, on se retrouve bien plus haut perché. Sosa 7, ça c'est une belle promo !

Gloria (Sosa 7) et Alain (Sosa 6) mariés le 18 septembre 1982 à la mairie de Targé et à l'église d'Availles.
    • Mathilde (Sosa 3) et Ludovic (Sosa 2)
      • Victor (Sosa 1)
      • Margaux (Sosa 1)
      • Gaspard (Sosa 1)
    • Camille (Sosa 3) et Pierre (Sosa 2)
      • Jade (Sosa 1)
      • Arsène (Sosa 1)
    • Constance (Tantine)
    • Félix (Tonton)
    • Louise (Tantine)
    • Joséphine (Tantine)

Les objets de mémoire ont de tendres gardiens. Louise, notre cinquième élément est la gardienne de cet objet. Merci à elle. 


lundi 22 juin 2015

S comme L'insolite de Saint-Georges-les-Baillargeaux (86) - #challengeAZ

Et un jour, dans le cadre de mon dada pour la maternité, je me mis à collectionner la gemellité dans les registres paroissiaux...Je les cherchais, on m'en envoyait, je les indexais. On ne sait jamais ça peut servir. Total : 95 grossesses multiples, 64 paires, 30 triplés, 1 quadruplé.
N'oubliez pas que l'on associe trop souvent "gemellité" et "jumeaux" au nombre deux. Les jumeaux sont des enfants nés de la même ventrée pour utiliser une image claire léguée par nos ancêtres ces sage-hommes de curés. Et dans la même "ventrée", il arrive que les p'tits lardons soient, deux assez souvent, trois bien moins souvent, et quatre exceptionnellement.
Un jour donc, après quelques trios gemellaires fatals, forcément fatals, on m'envoya cette belle archive insolite que je m'empressai de mettre en ligne.


Cette fois, les trois enfants étaient nés vivants. Le premier survécut trois jours, la troisième un mois, et la seconde était absente des pages suivantes du registre, laissant planer l'espoir d'un avenir et suscitant l'enthousiasme des colistiers de GE86, comme autant de fées penchées sur ces trois petits berceaux !
On chercha un peu à raconter l'histoire de la famille Godet. 
Les parents Joseph Godet et Anne Dain s'étaient mariés à Jaunay-Clan le 20/2/1719. La naissance des triplés survint 15 ans après leur mariage.
L'âge de la maman n'est pas possible à déterminer avec précision, sans doute plus de 35 ans. Ce qui constitue un facteur de gemellité.
Anne et Joseph avaient déjà deux enfants : Anne Eleonor qui est née à Dissay en 1721 et Estienne qui est né en 1725 également à Dissay. 
Il n'y aura plus d'autre naissance après ces triplés. 
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Le 9 Avril 1734 sont nés trois enfants de même commerce tous fils de Joseph Godet et de Anne Dain son épouse. Lesquels ont tous été baptisés à la maison à cause du danger de mort, et ensuite le même jour portés à l'église pour leur être suppléés les cérémonies lesquels ont été nommés .... le premier qui est le garçon nommé René par Bruneau et Marie Dain, le second c'est une fille nommée Marie par Jean Rat et Marie Coindre, le troisième est aussi une fille nommée Marie Anne par Jean Bertonneau et Marie Anne Letard tous lesquels parrain et marraine le sont seulement au catéchisme.
G Philippe Vicaire de Saint Georges les Baillargeaux.
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Le 12 avril 1734 a été enterré René agé de deux jours, fils de Joseph Godet et de Anne Dain
Robin curé de Saint Georges
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Le 7 mai a été enterrée Marie Anne agée d'un mois , fille de Joseph Godet et Anne Dain.
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Source ADV Saint-Georges-les-Baillargeaux 1725-1736 page 100. 



La collectionnite est une maladie contagieuse. Sur la piste de la petite Marie, il y avait désormais du monde.
A qui allait-elle livrer son secret ? 
C'est grâce à la patience et à la lecture attentive d'Anita (GE86) que nous en avons su un peu plus sur la triplette de Saint-Georges ! 
Marie va grandir. ça c'est un vrai bonheur d'archives. Prendre un enfant par la main et l'emmener un peu plus loin que le cimetière d'à coté !
 Marie se mariera une première fois le 16 Janvier 1769 avec Maurice Sabourin à Poitiers (Saint Michel). 
Marie va vieillir et plutôt bien... Veuve de son premier époux, elle se remarie à Jaunay-Clan, le 30 Messidor An 7 (18 Juillet 1799)
 à l'âge de 65 ans 
avec Antoine Texier
Un p'tit jeune de 61 ans 
qu'on espère en pleine forme
 comme elle ;-)
On ne lui connait pas de jumeaux...
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Au cours du XVIIIème siècle, les naissances de jumeaux et à fortiori de triplés sont très souvent suivies de décès. La prématurité, l'abscence de soins, les difficultés de l'accouchement laissent peu de chance à ces nouveaux-nés là.
Le destin de la petite Marie Godet est fabuleusement exceptionnel.
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Source
 ADV Poitiers Saint Michel BMS 1763-1770 page 84
ADV Jaunay Clan M 1793-1802 page 111

vendredi 19 juin 2015

Q comme l'insolite de Queaux (86) - #ChallengeAZ




A Qeaux, aucun doute possible : De 1782 à 1792, on a un problème avec la matrone !!!  "Ondoyé et mort au bassin", "ondoyé et mort au bassin". La mention "mort au bassin", je ne l'avais jamais rencontrée jusqu'à présent. Les  mentions de morts-nés sont fréquentes dans les villages, la mort entoure la naissance, le risque est là, présent, lorsque la mère survit c'est déjà un grand soulagement. Ces mentions sont à peine des insolites, tant elles sont "banales". Mais parfois, il y a un problème, la mort envahit l'espace de la naissance. Il peut arriver qu'elle suive le parcours de la sage-femme sur une courte période, on pensera alors à l'infection qui se propage de maison en maison. Mais à Qeaux sur dix ans, je n'ai jamais vu ailleurs autant de mentions, inévitablement on pense à la matrone, face à une telle hécatombe. 1782, six morts au bassin pour quatorze naissances ! 1784 encore six enfants perdus... Au moins deux enfants morts-nés par an, souvent trois, quatre... Aucune mort maternelle. L'enseignement des sage-femmes dans le Poitou est encore bien rare. Madame Du Coudray est venue donner des cours, elle a apporté sa machine, le Dr Maury a pris le relai de cet enseignement. Mais il touche peu les campagnes et les curés commencent à peine à sélectionner les paroissiennes afin qu'elles bénéficient d'un rudiment de connaissances avant de s'instituer sage-femme du village. A Queaux, il est grand temps que le progrès arrive ! Ici c'est l'accumulation qui fait l'insolite et ces archives méritent que l'on se penche plus précisément sur le sujet, que l'on verifie les naissances ultérieures de ces accouchées, l'âge de leur décès. Anne Cavin perd son enfant en janvier 1785, et meurt en septembre, sans précision particulière, à l'âge de 33 ans.

Le chapitre des naissances est décidément étonnant à Queaux, nous voilà avec des triplés. Là, quelle que soit la formation de la sage-femme, les petits ont bien du mal à survivre, la mention d'ondoiement n'est pas étonnante pour les trois nouveaux-nés "morts au bassin" de Jacques Chantreau et Marguerite Régné
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Un petit assassinat me tire par la manche, les chemins, non plus, ne sont pas très surs à Queaux...


Antoine Martin âgé d'environ 35 ans ayant été assassiné hier soir en s'en allant du bourg chez lui au bourg de Grand Chaume ne m'ayant donné aucne marque de vie lorsque j'ai arrivé ou il a été trouvé il a été enterré au cimetière en présence de Antoinette Cherpantier sa mère, Jaque et René Martin ses frères, Pierre Martin et autres.
Source : ADV Queaux BMS 1720-1728 vue 36. Relevés GE86
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Heureusement, la vie religieuse à Queaux est riche : Reliques et baptêmes de cloche, nous content le quotidien de la paroisse, mentionnant les notables.


"L'an mil sept cent soixante et douze et le dix-neuf juillet, je prêtre curé de cette paroisse soussigné assisté de messieurs Gauffereau curé de Bouresse, Duffour curé d'Adriers, Ouillard curé de Lussac le Château, Conte curé de Gouex, Proust curé de Maserolle, Royer curé prieur de Salle en Toulon, Remerand père dedos gardien du couvent de la Rallerie, Bonnet curé de Persac, Coyrault vicaire de cette paroisse, nos confrères, ai fait l'exposition publique et solennele des Reliques des saints martins didier ... ... et tranquile que j'ai fait venir de Rome, les quelles ont été authorisées par le souverain pontife Benoist quatorse, comme il paraist par l'authentique qu'il a donné à ce sujet, le quatre mai mil sept cent quarante quatre par la quelle il en permait l'exposition à la veneration du public, signée ... cardinalis vicarius et contresignée Cardi Bienetisievetarius, la quelle authentique a été reconnue et les reliques égallement authorisées par monseigneur de la Marlonie évêque de Poitiers qui en a donné un acte en forme en datte du deux aoust mil sept cent cinquante huit J. L. évêque de Poitiers, lesquelles Reliques j'ai fait enchasser les deux châsses différentes, dont ... en presence les ossements des saints martins didier, et clair, et..."

Relevé par http://geneablog86.over-blog.com/
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1727, 1751, 1788, c'est la fête des cloches au village !!!

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chasseur de loups :
MERIVE Janvier 1770
Source Série C66.
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jeudi 18 juin 2015

P comme l'insolite de Persac (86) - #ChallengeAZ



Au  menu des archives insolites, c'est l'ancien régime qui régale. Les curés sont bavards, et même s'ils obéissent aux lois de Dieu, il leur arrive de prendre quelques libertés avec le catéchisme de l'écriture des actes, ce qui nous mitonne d'étonnantes révélations.
La Révolution passée, l'officier d'Etat civil qui a pris le relai de la rédaction des naissances, mariages, et décès, plaisante nettement moins. Fini les ratures, les dessins, les poésies qui trainent sur les pages blanches, les chroniques météo et les rappels à l'Histoire. L'archive insolite, sauf lorsqu'elle fait mention d'un cadavre retrouvé sur un chemin est nettement moins bavarde.
Celle retrouvée à Persac n'en est que plus savoureuse. Les animaux s'invitent aux archives, sur invitation de l'acte de décès du jeune Léonardi Paolo, agé de treize ans, fils de Léonardi Franco, laboureur et Angela Dominique demeurant à Stréla dans le Duché de Parme. Le petit Léonardi  est domestique de Capellini Francesco, lequel est conducteur d'animaux : d'une ourse, d'un dromadaire et de trois singes !! Tous ces protagonistes sont mentionnés en marge de l'acte de décès du jeune domestique !!!
Voilà donc un acte triste qui pose une lueur joyeuse sur la vie du village de Persac. Si comme souvent, on ne saura sans doute jamais rien de la mort de ce jeune, on imagine les villageois à la fête, admirant pour la première et peut-être seule fois de leur vie toute cette ménagerie !
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Source : ADV Persac NPMD 1838-1840 p 45 gauche.

mercredi 17 juin 2015

O comme L'insolite de Orches.


Avec l'insolite, on croise parfois du beau monde. Voyez à Orches pour le baptême du petit Jules, un parrain VIP en la personne de Louis Georges Oudard Feudrix BREQUIGNY, dont le curé ( eh oui c'est encore le curé qui fait le travail) nous dit qu'il est l'un des quarante de l'Académie Française et de celle des Inscriptions et Belles Lettres !! Arrière grand-père maternel du nouveau-né ! Un tel ancêtre mentionné dans un baptême est un insolite dans l'insolite. Elevé ici à la puissance deux, puisque le petit Jules a la chance d'avoir encore son arrière grand-mère paternelle ! Une famille de centenaires à suivre ! Elevés au rang de parrain et marraine, les bisaieux se sont fait représenter, mais tout de même...
On notera au passage que Madame BAROUX est sage-femme sur Châtellerault, ça peut toujours servir ! Et qu'elle ne sait pas signer, ce qui est un peu inquiétant sur la qualité de sa formation. Mais c'est une autre histoire....
Revenons à notre académicien perdu dans un registre du Poitou.
Voilà les informations le concernant trouvées sur le site des immortels :


Né en Normandie, le 22 janvier 1714.
Historien et érudit, il fut admis à l’Académie des Inscriptions en 1759. Il fut nommé le 23 mai 1772 à l'Académie française, sans sollicitations, au fauteuil de Armand-Jérôme Bignon, en remplacement de l'abbé Delille dont l'élection n'avait pas obtenu la confirmation royale ; il fut reçu par le prince de Beauvau le 6 juillet 1772. Il fut le dernier élu sous le protectorat de Louis XV.
Le gouvernement envoya Bréquigny à Londres avec la mission de recueillir dans les archives et les collections nationales les documents relatifs à l'histoire de France ; il en rapporta 12 000 copies de pièces qui forment 107 volumes à la Bibliothèque nationale. Il assista à la dernière séance de l'Académie le 5 août 1793 ; quelques jours après, elle était dissoute par la Convention.

Mort le 3 juillet 1795.

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L'an mil sept cent quatre vingt onze et le neuf aout avant midi a été 
baptisé Jules Louis né du matin du légitime mariage de M. Pierre Louis
François La Chesnaye et Dame Marie Henriette De Varusse demeurant aux 
Clouseaux : le parrain a été M. Louis Georges Oudard Feudrix Brequigny
l'un des quarante de l'académie française et de celle des inscriptions et
belles lettres, bisayeuil maternel du baptisé représenté par le Sieur Pajeault
entrepreneur, et la marraine Dame Françoise Marguerite Douet veuve de 
M. François Gabriel Césard Courault Salvert, bisayeul paterneille du 
baptisé représenté par Madame Baroux sage-femme en la ville de 
Châtellerault, qui l'un et l'autre ont déclaré ne savoir signer....




mardi 16 juin 2015

N comme l'insolite de Nieuil-l'Espoir (86) - #challengeAZ


Des petits assassinés on en trouve quelques uns dans les registres paroissiaux, ils s'ajoutent avec bonheur à mes dépouillements judiciaires. Parfois les histoires se complètent, le curé est bavard et donne sa version, ou bien c'est un taiseux qui enterre les victimes de violence comme si de rien n'était. Mais, la plupart du temps, dans les registres paroissiaux, si l'on entend parler de la victime et pour cause, des circonstances et lieu de la mort, on entend rarement parler du criminel. J. Ferre le prêtre de Nieuil nomme clairement l'assassin de Gabriel BOUTET, lhomme de 45 ans, frappé à la tête à l'aide d'une pierre ( un grand classique des p'tits assassinats de l'époque) par un nommé François MAIGRET. Le pauvre Gabriel meurt 4 jours après son agression, le trois mai  1679. 


"Gabriel BOUTET a esté enterré par moy soubsigné
"en leglise de Nieuil lEspoir le quatoziesme may
"mil six cent soixante et dix neuf aagé de quarante
"cinq ans, ayant esté frappé a la teste dune pierre
"par un nommé François MAIGRET le trente avril
"susditte année et décéda de ce malheureux coup
"le troiziesme may aussi susditte année
J. FERRE prestre curé de Nieuil
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Source : Nieuil-l'Espoir-BMS-1677-1703-vue 9 (dernier acte) - Relevés GE86

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Baptême tardif avec initiation latine pour Marie, fille de Marie "cujus pater incognitus", eh oui, vous avez trouvé "dont le père est inconnu" ! Père inconnu, père inconnu, ce n'est pas vraiment une raison pour attendre six ans pour se faire baptiser. Calvin et sa religion réformée est en filigrane de cet acte particulier. Qui est la maman Marie GUIOT, est-elle vivante, partie ? La petite Marie a-t-elle été abandonnée ? Mise en nourrice ? Elle est "nourrie" au village de Vayolle par Catherine MARTRON et Jean GAULTIER, pourquoi, depuis quand ? Cette archive pose, comme souvent, plus de questions, qu'elle ne donne de réponse !


"ce jourdhuy huictiesme de decembre mil six cent
"cinq(an)te cinq Marie fille de Marie GUIOT cujus pater
"est incognitus aagee de six ans et demy ou en(viro)n
"toujours nourrit au village de la Vayolle de cette
"parrosse de Nieuil par Jean GAULTIER et Catherine
"MARTRON a esté baptisee p(ar) moy p(rê)tre soubsigne
"en leglise dud(it) Nieuil son parain est Jean
"MARTRON et sa maraine est Marie GAUTIER
"tous de cette p(a)roisse lesq(ue)ls ont declare ne scavoir
" de se enquis baptisee p(ar) moy

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Source : BMS Nieuil--1637-1673-vue 43 - Relevés GE86

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A l'inventaire des accidents, le puits est un grand fournisseur. Il y tombe bien plus de filles que de garçons. C'est ce qui arriva à la petite Jacquette FONTAINE, agée de 14 ans, dont on ne nous dit rien de plus... 

"Jacquette FONTAINE aagée de quatorze ans tombas dans le puis de la (...)
"de Nieuil voulant puiser de l'éeau et y mourut le seize septembre (mil)
"six cent quatre vingt cinq et son corps fut inhumé au cimetiere de (céans)
"par moy soubsigné le dix septiesme dudit mois susditte année
FERRE curé de (Nieuil)
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Source : Nieuil-l'Espoir BMS-1677-1703 vue 28 - Relevés GE86

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Et pour terminer, nous voilà avec un couple mixte !! Estranges Estrangers ! Charlotte TREPIGNAT appartient au beau monde de la paroisse, voyez, munie de tous les sacrements (pénitence, eucharistie, Extrème onction) elle est inhumée dans l'église le 12 mars 1707. Son époux est anglais et se nomme Henry BARKER, natif de Londres, et fils d'Henry BARKER milord, et clairon de la Couronne !!! Le registre qui abrite cette archive, est riche. On y trouvera également un vieillard mort sur le chemin, une pauvre noyée, et de nombreux décès de personnes agées qui ont toutes exactement le même âge : quatre-vingt ans ou environ. Enfin ça c'est pour ces messieurs, les dames, les pauvres meurent bien plus jeunes ! 

Le douzième jour de mars mil sept cent sept a esté inhumé dans 
L'église de nieuil Lespoir charlotte Trepignat femme d'henry
Barker natif de Londres fils d'henry Barker milor et clairon? de la coronne, après avoir reçu les sacrements de 
penitence d'Eucharistie et d'extremonction par moy soussigné 
Laq trepignat aagéé de 40 ans.  A. Orillard prêtre curé 
Source : Nieuil-l'Espoir BMS 1704-1722 page 15. 


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Chasseurs de loups 
Chatel François en 1770
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Patronymes relevés dans les Petites Affaires Criminelles de Nieuil indexées. 
LAURENDEAU -GUIGNIER - TURPAULT - DIXINIER

lundi 15 juin 2015

M comme l'insolite de Migné-Auxances (86) - #ChallengeAZ


A Migné-Auxances, l'archive est coquine !!

Le vingtcinquième aoust an cy dessus a esté baptisée en léglise de St-pierre
de Migné jeanne concue par fornication de laquelle le père le nomme a ce
qu'on ma raporté René (Jean rayé) RAT de la paroisse de Bonne sa mère est
Jeanne GIRAULT a esté parrain Vincent ROUX qui a signé le pr(esenàt acte
marraine Jeanne CAHOUR qui a declaré ne scavoir signer.

BMS-1689-1700-vue51/107-Migné (année 1695)

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Archive confiée par Cryptus Anonymus (GE86)

Le mois de Juin avance et le temps manque. Potager, petite descendance, l'été pictave impose son rythme qui s'ajoute à celui effréné de ce challenge. J'ai peur de ne pas terminer... Voici avec cette archive, une mise en bouche, si j'ose dire : un village, un insolite. Tranquillement et ultérieurement, dans la douceur de mes hivers plus solitaires, je compléterai les données sur chaque village et poursuivrai la ronde des villages de A à Z, un village par semaine... Environ.
De l'étonnement partagé à la collection. 
Certains me demandent comment j'en suis arrivée là. Là, à tant et tant d'insolites retrouvés.
Il y a la vie des blogs et il y a la vie des clubs. Le mien s'appelle GE86. Inscrite depuis mes premiers pas en généalogie, c'est là que j'ai posé mes premières questions naïves, que j'ai découvert cette passion des archives, que je me suis fait des amis, que je me suis fait doucher aussi... C'est là, à travers une liste de diffusion dynamique, que j'ai rencontré des passionnés discrets, talentueux, indulgents souvent et parfois bougons.
Les sorcières se méfient des fées, mais n'ont pas peur des ogres.
Il est des ogres paléographes étonnants.
Cryptus Anonymus, que tout l'monde connait dans l'Poitou généalogique est de ceux-là. Le XIXème, XVIIIème c'est pas son rayon, c'est trop facile à lire. Lui, il lui faut du lourd, du challenge, du déchiffrage, du XVIIème.
Pendant que certains, comme moi, usent leurs lorgnons sur trois lignes, lui a dévoré trois pages, mis en contexte, en synthèse.
Bref, un artiste, comme tant d'autres méconnus de nous pauvres geeks ! La toile n'est que la partie émergée de l'Iceberg. Rendre hommage, assurer à travers nos publications, nos indexations, une mise en lumière de ce talent là, c'est une chance,
Une vraie chance.
La chance que me donnent souvent Cryptus et les autres de la bande de GE86, en partageant leurs trouvailles, en corrigeant mes fautes de lecture...
Merci à eux, merci à GE86.

A suivre !!!

samedi 13 juin 2015

L comme l'insolite de Leugny (86) - #ChallengeAZ



Le Challenge de cette année est celui des gourmands. Evelyne qui nous régale jour après jour  et tous ces petits plats se dégustent sans faim de A à Z. La faim ? L'archive la raconte en quelques mots qui nous prennent aux tripes, dessinent des courbes, et en appellent à l'histoire.



En cette année 1694, le Roi Soleil, ébloui par la construction de son palais versaillais, va-t-il enfin y voir un peu clair ? Depuis deux ans déjà, il fait froid dans son royaume, si froid que l’on parlera de « petite période glaciaire ». Les récoltes sont médiocres, d’année en année réduites à néant, aggravant la précarité des couches populaires. L’hiver 1693/1694, le thermomètre chute encore. Le setier de blé atteint des records à 52 livres. En ce printemps 1694, trop froid et trop humide, le Parlement, enfin, réagit. Il ordonne aux curés d’établir un bilan des pauvres de chaque paroisse, impose l’aide aux miséreux par les plus riches. Interdit aux malheureux d’errer sur les chemins !  Les curés multiplient les processions.  En mars, Jean Bart, corsaire, déjouant l’ennemi anglais, ramène 27 navires de blé des pays nordiques, puis encore 30, puis 60 ! A Paris les femmes se révoltent et  Fénelon  écrit à sa Majesté : « La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions. »
Dans les maisons glaciales du Poitou et d’ailleurs, on fait du pain de n’importe quoi : du pain de fougère, du pain de gland, du pain d’orties, du pain d’herbes bouillies. Avec la malnutrition, les épidémies s’installent,  la typhoïde, la dysenterie, le scorbut gagnent : fièvres putrides, malignes, pestilentes achèvent d’affaiblir les corps. L’absence de nourriture pousse les pauvres sur les chemins, dans les bois, sur les routes, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre.

La famine cruelle se lit les traits creusés  et pâles des enfants dénutris mais aussi des adultes. Les abandons se multiplient, des hordes de petits mendiants errent sans ressource et sans secours dans les campagnes démunies comme dans les villes.

 Les villageois désemparés, fouillent les bois, rongent les racines et meurent d’épuisement n’importe où,  là où la faim les a menés et où la faucheuse les guette. Méthodiquement, le curé de Leugny enterre ses paroissiens : des nourrissons, des enfants, des jeunes, des vieillards.

 Méthodiquement le curé de Leugny note sur son registre la cause de chacune de ces morts révoltantes, le désespoir est dans l’énumération  : mort de faim, mort de misère, mort sur le chemin, mort d’épuisement, mort faute de nourriture, mort de défaillance en pleine rue….

En ce printemps 1694, la mortalité a doublé dans le royaume,  la population a baissé de 6,8%, la natalité est en chute, on ne marie plus, et les grossesses sont rares. En ce mois d’avril 1694, le curé de Leugny  désespéré, ne sait pas encore que cette année, enfin, les récoltes de son village seront meilleures et qu’il verra la famine reculer.


vendredi 12 juin 2015

K commme L'insolite de Karacadagdemirci (86) - #ChallengeAZ.



Comment ça il n'existe aucun village commençant par un K dans les registres de la Vienne ? Mais si bien sur !!! Il existe des milliers de villages commençant par la lettre K dans la tête de Ménard,  prêtre d'Angles-sur-l'Anglin !


De quels rêves d'empire du levant, le prieur peuplait-t-il ses mille et une nuits et ses jours d'Angles ?
Quelles envies de voyage, quelles lectures l'amenèrent à cet inventaire à la Prévert ?
Menard l'orientaliste nous offre en deux temps un lexique complet de l'organisation de l'armée et de la société ottomane.
Une première fois au tout début de l'année 1688 et une seconde fois à la fin de cette même année.
Sans autre explication.
Fascination à la lecture d'un ouvrage de voyage ?
Lequel ? Pourquoi ?
Loti n'était pas encore né, mais Busbecq était déjà revenu avec quelques lettres...

BMS 1684-1690
page 47  B-A BA de l'armée ottomanne.



Il y a 12000 janissaires dix desquels ont leur Odabassi
Le Bolachbassi commande à cent innissaires ainsy il y a 120 boluchbassi des innissaires
Les solachs sont des estafiers du prince et sont 150
Le solachbassi est leur chef
Les spaccoglans sont 3000 jeunes gens qui accompagnent le prince à cheval et sont à sa droite et ont
un Aga ou Capitaine, un lieutenant ou un sacronive?
Les silichtavs sont 3000 autres cavaliers qui marchent à la gauche du prince
Les 2 Olofagibassi c'est à dire les chefs des soldats ont sous eux 2000 olofages
Les Caripoglans c'est à dire pauvres jeunes ... soldats sont 2000
Les 2 bracovbassi c'est à dire maitres d'écurie
Les 16000 sarrachi sont ceux qui accoutrent les brides, mous et selles
Les caissi sont valets d'étable
Les cavmandari ont le soin des mulets

Les danigi gouvernent les chameaux
Les cauviligi font paitre les trouppes de chevaux en divers lieux
les 40 peichs sont valets de pied .... qui courent partout aux ordres du prince
Les 2 achergibassi  à la charge des esperviers
les 2 achergibassi et chef des fauconniers
Les 200 zaniglier sont sou le zachergibassi
Le gebegibassi a la charge des armures et commande à 500 gabazi
Le Topcigibassi est le chef des canonniers
.... sont les 3000 canonniers

L'imervalen Aga est le porte enseigne du prince et est capitaine de tous les mechters
L'Arpaemin est le pourvoyeur pour les bleds, et a un pvotogar ou lieutenant
Le savaemin est un pourvoyeur qui a la charge des chemins des édifices fontaines canaux
Le bavatemin est celuy qui dispense les commandements du prince par écrit, et exige les deniers
Le Dvagoman est l'interprète et truchement de toutes langues
Les Azamoglans sont les enfans de tribu dont on tire les innissaires et ont leur Aga
Les Asapi sont 1000
Le Baglerban de la mer c'est l'admiral
Les sangeacs sont les gouverneurs des places
les spacqui sont 30000 soldats à cheval
Les Timarati sont 20000 en nombre, et sont des soldats qui ont des commanderies et servent à la défense
Les Aquengi sont 60000 avanturiers à cheval
Les 7 baglerbens 1 de grèce ou d'Europe et 6 d'Asie, 1 de Natolie ou Asie mineur qui contient le pont, la Bithinie, la propre Asia, la Lidie, Cavie et Licie, 2 de Cavama..
qui est la licie et pamphilie 3 d'Aladule ou paphlagonie 4 d'Amasie et Joccato jadis capadoce et Galatie 5 de Mesopotamie et Armenie mineure
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page 57

Le muphti est le souverain pontife des Turcs
Le casnadarbassi qui est le chef des .... et est eunuque
chiuchter est celuy qui porte les souliers du grand Seigneur
Le Scilichtar porte l'arc et les flèches
Le chiocadar porte l'habillement
Le saraptar porte le vase d'eau
Le scemeglili porte le siège ( du grand seigneur)
L'odabassi est le chef de la chambre
Le Capabassi eunuque est le chef de la porte
Le Luilergibassi est le maitre des dépenses
Le saraidarbassi est le garde du serail et est eunuque
Le capoglan est le chef des jeunes gens
Le bostangibassi est le chef des jardiniers
le protogere est son lieutenant
Le boluchbassi préside sur dix jardiniers
L'Assibassi est le maitre des cuisiniers
Le Cavalgibassi est le chef des confituriers


Le Casnergirbassi est le chef des dépensiers et ... maitre d'hotel
le mutpachemin est le dépensier
Les sacca sont les porteurs d'eau
Les capigibassi sont les capitaines des portes
Les capigiquequessi est l'autre nom des capigi
Les Cadilesquiers talismans sont les docteurs de la loy
Les cadi sont les juges
Les muchdubassi sont comme ...
Les defterdari ou teferdari sont comme nos trésoriers
Les 2 rosunamogi sont les maitres clercs qui recoivent et déboursent l'argent
Les desnadars sont les peseurs qui payent les aspres et ducas
Les Saraffieri sont les banquiers qui connaissent l'or et l'argent s'il est bon
Le Nessargibassi est comme le chancelier qui signe les lettres du prince


Les 10 casnadri sont les petits trésoriers sous le cajnadarbassi
Les bestermin sont sou les casnadri et tiennent registre des gages des officiers
Les 80 mutaferaques portent la lance tous les jours quand le prince sort en campagne
Le chirusbassi? est le chef des sergens de l'armée
Le mechtarbassi est le chef des tapissiers du prince et de ceux qui...
L'Aga est le capitaine des Janissaires
Le Chaucaya est le lieutenant de l'Aga
Les Jannizerinssis est le scribe des janissaires
Le sech mombassi est le maitre des chiens de chasse.


Moi, Lulu Cavalgibassi (chef des confitures), certifie n'avoir pas eu d'autre solution pour participer au #challengeAZ que d'utiliser ce subterfuge pour la lettre K....