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lundi 31 juillet 2017

Deux Papas et un enfant - Poitiers 1774 - AD86 - Presse ancienne



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux en ligne.
 Le style, la diversité des sujets, l'approfondissement philosophique, la vulgarisation intelligente, l'anecdotique au service du progrès et non l'inverse, le respect du lecteur....



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux... du XVIIIème siècle.
Chez nous, les Affiches du Poitou sont en ligne. Une mine d'or pour les curieux, généalogistes ou pas.


Poitiers 1774.
Deux papas et un enfant...exposé, au siècle des Lumières, un document qui éclaire nos lanternes !
Nous avons entrevu le sort de ces petits au travers des nombreux actes d'Angliers. 
En voici un autre témoignage. Resté anonyme dans ce texte, et c'est bien dommage car son histoire est fort singulière.
On y lit qu'il revient au propriétaire de la porte sur laquelle l'enfant est accroché de se charger du colis.
On y lit qu'il peut monnayer d'en confier la charge auprès de L'Hotel Dieu de Poitiers.
On y lit que les papas s'attachent aux enfants qui croisent leur chemin.
On y  lit deux "papas" potentiels plaider pour la garde d'un petit garçon de 7 ans. Il y lit aussi une maman nourricière, certes, mais l'émotion, les sentiments des deux pères potentiels est dévoilée, et c'est rarement le cas.
On y lit la définition du mariage : Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. 

On y lit la détresse du manque d'enfant
On y lit l'attachement, cet attachement dont on doute souvent à la lecture des documents de l'époque. Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union, un bon fils, un joli enfant. 
On y lit le bonheur d'une famille adoptive. cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils...

On y lit les pratiques de la mise en nourrice. Qui est ce Seigneur ? Qui sont ses enfants légitimes ? Tous en nourrice, comme il est d'usage, ils ne reviennent au foyer familial que quelques années plus tard. Le bel enfant qu'il rencontre, ce bâtard de personne, aurait-il grandi mieux que les petits nobles ?
On y lit les droits que chacun des pères pense avoir sur l'enfant : le droit de le réclamer, le droit de le reprendre, le droit de le garder
On y lit la critique de la loi, les préjugés de la Jurisprudence Féodale.
On y lit les effets de la marchandisation de l'enfant. La famille nourricière abandonne la rente pour justifier de son attachement,  pour convaincre de sa volonté d'adoption.
On y lit la parole rendue à l'enfant. Un enfant de sept ans ! la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient
On y lit la justice épaulée par les  notaires, la place du notaire dans le mariage au XVIIIème siècle.  on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte. 

On y lit un accord amiable. Ensemble, les notaires, le juge et les protagonistes trouvent une solution.
La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.
Une solution pour le bien d'un enfant à Poitiers en 1774.
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Il s'en est fallu il y a quelques jours qu'il ne soit élevé en cette ville un procès singulier, qui aurait pu être mis au rang des causes célèbres. un Seigneur obligé suivant les lois du royaume, de faire nourrir et élever un enfant inconnu, trouvé exposé sur ses terres, le fit recevoir à l'Hôtel Dieu de Poitiers en payant un prix convenu. Cet enfant y resta trois ans, au bout duquel temps le Seigneur pensa qu'il serait mieux alors dans une maison particulière pour y être instruit et mis dans le cas de prendre un jour une profession honnête. Le sort d'un batard intéresse toujours les bons coeurs ; c'est à la société à le venger de la dureté des parents qui l'ont abandonné. on proposa celui-ci à deux époux qui n'avaient point d'enfant ; ils l'acceptèrent moyennant une pension que promit le Seigneur, et qu'il a payée très exactement. Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. Ceux à qui la nature refuse cette satisfaction, désirent et semblent chercher du dédommagement. Ils accueillent le premier objet qu'ils croient digne de leur tendresse ; et cette illusion qui leur devient plus chère de jour en jour par l'habitude et le besoin d'aimer, les attache souvent autant que la réalité même.



 Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union ; ils l'ont élevé pendant quatre ans avec les soins les plus tendres , cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils ; il leur donne lui-même les titres que celui-ci suppose; Enfin c'est un joli enfant, digne jusques à présent de la bonne fortune que le sort parait lui promettre. Le Seigneur étant il y a quelques jours à Poitiers, voulut le voir ; sa physionomie l'intéressa au point qu'il déclara vouloir le reprendre, et prétendit qu'il avait le droit de le réclamer ; les parents adoptifs s'y opposèrent, dirent qu'il faisait leur plaisir, qu'il ferait leur bonheur et qu'ils feraient le sien, que son enfance leur appartenait, et qu'ils croyaient avoir le droit de le conserver, pour prix des soins qu'ils en avaient eu. Le Seigneur en tachant d'appuyer sa prétention sur les préjugés de la Jurisprudence Féodale, assura qu'il avait aussi pour lui les meilleures intentions. La contradiction se soutenant, on convint de s'en rapporter au jugement du Magistrat ; chacun plaida sa cause devant lui ; la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient.



La tendresse et la reconnaissance sont des impressions les plus profondes jusque dans les plus jeunes coeurs ; il n'y a point d'enfance pour la sensibilité ; l'enfant témoigna sa préférence par ses larmes et par ses cris ; il ne voulait pas sortir des bras des deux époux qui juraient eux-mêmes en pleurant qu'il ne le céderaient jamais. Il est plus aisé de sentir cette scène attendrissante que de la peindre. Le Seigneur lui-même finit par en être touché ; on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte ; le Seigneur abandonna sa réclamation ; l'enfant resta à ses bienfaiteurs, qui déclarèrent qu'ils le garderaient gratuitement, et promirent de lui faire embrasser une profession honnête et utile. La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.

dimanche 29 mars 2015

L'heure d'été - Tic-tac des archives.


" A fait l'horloge de ce lieu, il y a plus de neuf ans, guidant un serrurier"

Joseph VIDARD, religieux des Chapeliers de St Bernard, frère du curé de Jazeneuil, décédé le 5 décembre 1687.
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"L'horloge qui est actuellement dans le clocher, en ce jour d'hui cinquième jour de septembre 1755 a été mise et posée dans la place qu'elle occupe par le sr de la Roche de Poitiers qui en est l'auteur..."
Vivonne 1755
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"Aujourd'hui 5 juillet 1768 a été placé dans le clocher de cette églice l'horloge avec son cadran attaché au grand pignon qui a été fait aux fris de la paroisse et fabriquée par Brunier...." 
Availles-Limouzine 1768.
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 Relevé dans les Archives du Poitou 
Utilité offerte aux habitans de Poitiers.
Personne ne conteste la nécessité des horloges, & combien il est utile & agréable .de les multiplier dans les Villes. Il y en avait une autrefois sur le portail de l'Eglise des RR. Augustins, vis-à vis la Place Royale, que je ne sais quelles circonstances ont laissé tomber en ruine. Elle ne pouvoit être mieux placée. C’était l'horloge du quartier, & on pourrait dire de la Ville, dans cette place fait à peu près le centre, & est un lieu de promenade très-fréquenté par le peuple, surtout les Fêtes & Dimanches. Une horloge dans un quartier, règle l'heure des travaux, des repas, du lever, du coucher, annonce celle des Offices Divins. L'horloges des Augustins serait encore très utiles aux Troupes, dont le corps de garde principal est de l'autre côté de la Place, sur laquelle elles s'assemblent tout les jours pour leurs différents exercices ; une fois par jour vers midi pour ce qu'on appele la Parade ; & le soir il y a une heure précise pour battre la retraite. En rétablissant cette horloge, elles ne seront plus obligées de prêter l'oreille au son d'un timbre éloigné, dans les différentes circonstances & lorsqu'il s'agira de monter & de descendre les gardes. Ces différentes considérations d'utilité générale & d'agrément public, ont déterminé les RR. Augustins, sollicités depuis long-temps par les habitants des environs de la place, à faire rétablir cette horloge ; & s'ils ont tardé à céder à cette sollicitation, c'est parce qu'ils ne sont pas en état d'en faire seuls les frais. Ils ont délibéré d'y contribuer pour un tiers, dans l'espoir que le public voudra bien faire le reste. Plusieurs bons Citoyens ont déjà suscrit. Le devis de l'ouvrage a été dressé. La dépense sera en totalité de six cent livres. Joseph Charles, le jeune, Maître Couvreur, en cette Ville, en est l'entrepreneur. Il va commencer ce travail & promet qu'il sera fini à la St Jean prochaine, autant néanmoins que le montant de la souscription sera rempli. Les Souscripteurs pouront être regardés comme des bienfaiteurs de la Ville. Ce titre fait le motif de l'exhortation qu'on leur présente. On tiendra un registre exact, dans lequel on ecrira sous leurs ieux, leurs noms & le montant de leur contribution volontaire. On en fera même, s'ils le désirent, imprimer la liste, dont il sera remis un exemplaire à chacun, tans pour rendre hommage à leur générosité, que pour donner des preuves de la fidélité & de la reconnaissance des RR. Augustins.

 Affiches du Poitou, n° 15, du 13 Avril 1780, page 58
Archive relevée par Alain Texier GE86

vendredi 9 mai 2014

La peste sévit à Poitiers - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 9/05/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

1631, c’était un temps où les ruelles pictaves regorgeaient d’immondices. C’était un temps où les latrines manquaient, où les seaux d’aisance se vidaient le matin aux fenêtres. C’était un temps où les ordures ménagères n’étaient l’affaire de personne.
1631, c’était le printemps des odeurs, dans Poitiers la Grande,  se côtoyaient hommes et bêtes, épluchures et déjections. Les  glycines et les lilas peinait à masquer le pullulement d’une vie microbienne grouillante sous les déchets, progressant dans un univers souterrain dont les rats étaient maitres, s’insinuant de maison en maison, polluant les couches de paille, déversant leur flot de puces, laissant une armée bactériologique invisible et invincible faire son œuvre, sournoise, déterminée,  menant inexorablement à la contamination des hommes.
1631, les ordures ménagères deviennent le problème de tous,  la peste est là. Les décharges s’organisent, les charretiers,  ancêtres de nos éboueurs, collectent, éloignent, pauvres Sisyphe d’une terre déjà  irresponsable dans une atmosphère irrespirable. Depuis le XVè siècle la peste était endémique et Poitiers avait maintes fois lutté. De l’autre côté du Clain, la cité avait son hôpital des champs dédié à la contagion, ses « sanitat » permettant d’isoler les malades. Estienne Thevenet, tentait les remèdes, venin de vipère, bave de crapaud, incision des bubons. A Buxerolles, au Logis de la Barre, les rescapés espéraient  guérir.
1631, la peste fleurit au printemps sur le terreau de la saleté, de la misère et de la crise économique. Qu’on se le dise, le prix de la contagion suivit dans tout le royaume celui du vin et du froment, il poussa le nanti à fuir avec ses biens vers une autarcie villageoise salutaire, vite et loin, le plus vite possible, loin de la ville putride où l’on enfermait les contaminés. L’exilé emportait dans sa fuite essoufflée, ce bacille que nul ne connaissait encore. 
1631, les registres paroissiaux racontent l’exil d’une épidémie… Parmi les 32 mentions de peste retrouvées, 20 occupent les années 1630 et 1631. La peste est au village ! A Cissé, le curé la nomme  «  l’année de la grande mortalité ».  A Craon on enterre les morts dans les jardins,  à Posay-le Joly, à Arcay, à Amberre, à Nouaillé-Maupertuis, on mentionne la contagion. A Thurageau, elle impose  son cimetière, à Montamisé, l’un après l’autre, les Joubert s’enterrent dans leur jardin. Le 7 juin,  ce sont les « corbeaux » de l’hôpital de Poitiers qui recouvrent le dernier.
1631, dans ce village du Poitou, la contagion est à son comble au printemps, un an après le premier cas signalé dans le registre, elle a tué 117 personnes, multipliant la mortalité par dix. A Poitiers, la ville décimée compte 10 000 morts, la moitié de sa population.
2014, dans un monde où  les bactéries résistent, où  la gale revient, où la crise économique gronde, le printemps pictave des glycines et des lilas peine à couvrir les effluves d’alarme des sacs poubelle. Les ordures ménagères seront-elles enfin, l’affaire de tous ?


vendredi 14 février 2014

Février 1747 - Rétro Alerte Crue du Clain !


Le 19 Février 1747 
A Poitiers l'eau a passé par dessus les gardes du pont de Rochereuil ! 
et 
sa majesté* a fait rebatir le pont de Visvone ! 
nous dit le curé de Marigny-Chémereau ! 


en mil sept cent quarante sept le dix neuf février en carème jour de dimanche il commença à 
pluvoir sur environ les deux heures après midy une pluie médiocre qui continua jusque à la nuit du
lundy venant au mardy ou pendant cette nuit là il plut très abondemment avec un grand vent
ce qui fut cause que les rivières vinrent si monstrueuses que personne ne les avaient jamais vues
si haut montées. Sur la Vosne les eaux y firent un très grand désordre, car il n'y eut point de
point, ny de moulin où elles ne démolissent et renversassent quelque chose, au moulin qui est icy au
bout du pont l'eau avait bien renversé la moitié des murs des logements et du moulin et avait aussi
grandement endommagé le pont. Le Clain grace à dieu a Visvone n'avait pas augmenté à proportion
de la rivière de Vosne, et mesme on l'avait vu beaucoup plus monstrueux d'autres foy, quoyque
il ne laisse pas de devenir grand. A Visvone la basse rue qui est proche de la rivière de Vosne
était inondée, l'eau qui montait de devant les carmes et celle qui rejaillissait du coté du
pont de la levée, se joignaient presque au milieu de la rue, et de ce déluge
le pont de Vivosne en fut fort endommagé ce qui a engagé sa majesté à en faire batir un autre
lequel est beaucoup plus élevé et batis avec des bonnes grosses pierres de taille et ce sur le roc, que l'on
a cherché pour y mettre les fondements, au lieu que l'autre pont n'était pas bati de grosse pierre
comme celuy d'aujourd'hui, ny sur le fort, mais seulement sur des bois debout ou les fondements étaient
appuyés. A la fontaine qui est ici proche du chateau, l'eau a monté pardessus la quatrième pierre
du coin du pavillon de la fontaine, lesquelles pierres sont au dessus de la dite fontaine, et la dite
quatrième pierre est au dessous une qui a le bout de la cave cassé ou egrinié et emporté. Autre
remarque, proche la dite fontaine, l'eau a entré dans un trou de chaffau, où il y a une pierre
dedans, lequel trou est dans le mur, qui est entre les deux fontaines, ce trou est élevé
de la la terre qui est au pied du mur de cinq pieds et quelques pouces d'hauteur, et en prenant ?
de cette élévation de terre, ce trou se trouve élevé de sept pieds de hauteur.A Poitiers, l'eau a passé par
dessus les gardes du pont de Rochereuil. 

*Louis XV pour les nuls ;-)


jeudi 23 janvier 2014

Que d'eau, que d'eau ! Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 23/01/2014

Décembre 2013, Janvier 2014, de la Bretagne au Var, les inondations gravent leur sillon de douleur dans l’esprit des  hommes, qui,  impuissants face au désastre, interrogent  la mémoire des anciens. De mémoire d’homme, a-t-on jamais vu tel désastre ? Quand ? Où ? Jusqu’à quelle hauteur ?
De mémoire de curé poitevin, les crues de 1740 furent telles qu’il reste de leur passage de profondes traces d’encre. La Creuse à Leugny et  à Buxeuil, la Gartempe à Antigny, La Clouère à Marnay, le Clain à Poitiers.
Ecoutons le curé de Ste Radegonde, qui eut de nouveau les pieds dans l’eau en 1747, et vint ajouter sur son registre un petit paragraphe en bas de page, léguant à la postérité une analyse météorologique comparative.
« C’est la nuit du cinq au six décembre que le Clain choisit de sortir de son lit, entre onze heures et minuit ! Il passa par-dessus les remparts, fendit les murs du prieuré de Ste Radegonde, monta dans les chambres et envahit même le tombeau de la Sainte jusqu’à sept pieds de hauteur ! Ce phénomène météorologique ne fut pas exclusif au Poitou. La France entière fut inondée, les ravages effroyables, les pertes infinies, et les noyades extrêmement nombreuses. Un fléau de Dieu sans aucun doute… selon notre homme !
A Antigny, la Gartempe déborda la même nuit, en 24 heures. Personne au village ne l’avait jamais vue si grande ! Figurez-vous qu’elle arriva à la porte de Louis Aubin et même à celle de Pierre Guenachon ! Elle emporta les arcades du pont de Montmorillon, fendit les murs et les maisons et couta plus de cent mille livres à la ville !
A Buxeuil, la Creuse aussi était en colère. Elle se déversa dans l’église, jusqu’au grand autel, mais ne fit heureusement que peu de dégâts. La voilà à 36 pieds de hauteur ! Elle détruisit 7 à 8 maisons, et même parmi les plus solides du bourg, et les pauvres paroissiens ne sauvèrent presque rien de leurs effets !
 A Leugny aussi on compare. En 1792  la crue,  plus forte de trois pieds que celle de 1740, atteignit le cimetière comme elle l’avait déjà fait alors ! Cette nuit du 5 décembre elle monta plus haut que jamais homme ne l’avait vu, allant au pied de la Croix du cimetière, où il y eut trois pieds d’eau ! On exposa dans l’église le Saint Sacrement, on dit une messe et l’eau cessa de monter ! Mais le mal était fait. Son cours avait été si rapide, que les terres étaient creusées, les plaines couvertes de pierres et de sable, les meubles des maisons emportés, les particuliers ne sauvèrent que leur pauvre vie, abandonnant leur maison à cette eau impitoyable.

Survenu le 5 décembre dans le Poitou, le phénomène toucha tout le royaume et au-delà jusqu’au mois de janvier. Les pluies incessantes, amenèrent la Seine à son plus haut niveau le 21 Décembre : 7,9 m au pont de la Tournelle,  inondant la capitale. Cette crue centennale occasionna des pertes matérielles considérables et un nombre de noyades effroyable.  Au plus loin de la mémoire des curés de la Vienne, on se souvient en 1615, de la colère des eaux de l’Envigne et de la Creuse, racontée par les curés de Scorbé-Clairvaux et de de Buxeuil . 


jeudi 31 octobre 2013

Abracadabra !


Juste avant de partir en virée,
 perchée sur mon balai,
 je remets à l'honneur cet inventaire à la Prévert 
de nos sorcières du Poitou ! 
Avec une de mes illustrations fétiches. 


La Sorcellerie au féminin
  • AMALRIC Madeleine - (1599) - Montmorillon (86) : Sorcière qui allait au sabbat et qui accusée de onze homicides fut mise à mort à 75 ans dans la Baronnie de la Trimouille. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège roya de Montmorillon en 1599 page 49)
  • CHASTENET Léonarde - (1599) -  Montmorillon (86) : Vieille femme de 80 ans, mendiante en Poitou vers 1591 et sorcière. Confrontée avec Mathurin BONNEVAULT qui soutenait l'avoir vue au sabbat, elle confessa y être allée avec son mari et que le diable qui s'y montrait sous forme de bouc, et était une bête fort puante. Elle nia les maléfices dont on l'accusait. Cependant elle fut accusée par 19 témoins d'avoir fait mourir cinq laboureurs et plusieurs bestiaux. Condamnée, elle confessa avoir fait un pacte avec le diable, lui avait donné de ses cheveux et promis de faire tout le mal qu'il ordonnerait. La nuit le diable venait la voir dans sa prison sous forme d'un chat. Elle dit à ce chat qu'elle souhaitait mourir. Le diable lui présenta des morceaux de cire, qu'elle devait manger pour disparaitre. Mais elle n'osa le faire. On analysa les morceaux qui gardèrent leur mystère. Elle fut brulée avec ses morceaux de cire. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège roya de Montmorillon en 1599 page 49)
  • GARAUDE Andrée - (1475) -  Noirlieu (79) : Brûlée vive en 1475 à Bressuire, elle avait 56 ans, veuve depuis 18 ans et avait  passé quelques mois au service d'un bourgeois à Poitiers. Elle Participe à de nombreux sabbats nocturnes qui regroupent trente à quarante personnes. Accuse Jeanne SEGUINELLE femme de Nueil de l'avoir entrainée.  Sur commandement du diable " a pissé troys foiz ou bénister et fait deux foiz sa grosse matière" en la nef de l'église de Noirlieu !  Fabrique un petit voeu de cire qu'elle place à la porte de la chambre du valet du seigneur de Noirlieu. "incontinent mal luy prinst tellement qu'il ne povoit riens faire ne boyre ne manger que bien peu". Elle enlève le voeu et procède au désencorcellement.  Elle envoute le vicaire de Noirlieu avec un voeu de Jeanne THORU de Boesse, elle le désencorcelle en le lavant. Elle envoute le frère de Jean LECOMTE à Poitiers, Micheau qui l'avait traitée de vieille. Mais elle n'enlève pas le voeu et Micheau meurt (ordre du diable).  Empoisonne avec des poudres la chèvre de Jean THORU à Noirlieu. 
  • GIRAUDELLE - (XVème siècle) - Chaillé (85) : Vieille femme qui garde les troupeaux aux champs. fabrique un voeu pour  nuire au prieur de Chaillé et le fait baptiser par un prêtre de Tablier. Le prieur a du mal à mourir, elle en appelle aux démons, le toit de la maison du prieur s'écroule... Le prieur survit et confie son aventure à Jean VINCENT Prieur de Moutier qui écrira un ouvrage sur les arts magiques.
  • L'EFFRAYEE Thomine - (1458 ) - Andillé (86) : 60 ans veuve, a volé un bonnet chez sa patronne.
  • LEPREUSE anonyme - (XVème siècle) - Vaux (86) : Elle transporte des têtes de couleuvre et autres ingrédients, on l'enferme avec d'autres lépreux accusés et on brûle la coupable.
  • MOREL Jeanne - (1401) -  Velluire (85) : Veuve de Jean JOULAIN au Gué de Velluire a volé une oie et une paire de chaussures. Convaincue d'avoir envouté et fait périr plusieurs personnes. 
  • ROULLETTE Jeanne -  (1475) - Fontaine le Comte (86) : Veuve, plusieurs enfants dont deux filles à marier. Femme de J. GAVAY pauvre bonne femme. Accusée par son voisin Jean GAUVRIEL. Mais on lui rend justice  le 24 mai 1476 devant la Cour du Sénéchal de Poitiers.
  • DE VALESA Peronelle -  (1314) - Poitiers (86) : Sortilèges contre Jean de CHERCHEMONT chanoine de Ste Radegonde à Poitiers. Exécutée  à Paris en 1314. 
  • YVENASGE Marie - (XVème siècle) - Loudun (86) : Fait mourir par le poison personnes et bêtes.

La sorcellerie au masculin
  • BETUIS DE LA GARINIERE Lucas -  (1469) - Commequiers (85) : Homme ivrogne blasphémateur, injurieur de personnes. Se sert de venins et poison de poudres. Frappé mortellement par Jean FAVEREAU laboureur de la Garinière, paroisse de Commequiers, reconnait avoir fait mourir le grand-père, le père et le beau-frère et un des enfants FAVEREAU.
  • BOBIN Nicolas - (1599) - Montmorillonn(86) : Confesse qu'il va au sabbat et se donne au diable qui lui fait renier Dieu et ses parents. Le Diable prend l'allure d'un homme noir, à la voix cassée. Il vient en homme ou en bouc. Bobin va au sabbat porté par le vent. Il utilise des poudres pour mal faire. Il porte la marque du diable sur l'épaule. Bobin donne et guérit au nom du Diable, et qu'il fait mourir parfois. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège royal de Montmorillon en 1599 page 49)
  • CAMUS Pierre (1377) - Champeaux (79) : Homme de conversation déshonnête, prenait pain et volaille chez les gens, savait détourner n'importe quelle femme du devoir ! 
  • DU LiGNON Berthomé - (1599) - Montmorillonn(86) : Avoue que son père l'a mené au sabbat dès sa jeunesse. A promis au diable son âme et son corps. A participé au grand sabbat de la St Jean dernière. Le diable un bouc  noir, lui donne quarante sous à chaque sabbat ainsi que des poudres pour faire des maléfices.
  • GABILLEAU Guillaume - 1497 - St Romain (86)
  • GUERINEAU Thouars - (XVème siècle) - Thouars (79) : Louise BRUNELLE  lui refuse de la pâte pour faire le pain et tombe malade. Voit mourir son fils du même mal en cinq ans.
  • GAVAY Jean - (XVème siècle) -  fils de sorcière, sa mère fut emprisonnée comme sorcière sa femme fut aussi accusée et emprisonnée. Familles de sorciers
  • DE LURE Guillaume dit HAMELINE - (1453) - St Benoist - (86) : Moine convaincu de sorcellerie.
  • DE MONTSORBIER Guillemot - (1429/1430) - Gençay (86) : Demande l'intervention de maître Thomas PELET pour lui confectionner un voeu de plomb en certains points des planètes, que PELET fait baptiser à St Porchaire de Poitiers. (AD 86 3H 1/725)
  • MATIVER Messire - (1446) - Lussac Mazerolles (86) : Prêtre chapelain à Lussac pour le seigneur de Mortemer et curé de Mazerolles, convaincu de sorcellerie, et accusé de plusieurs adultères, agressions et vol de nuit à la tête d'une bande. Il fait des voeux, les baptise, les débaptise "au nom de l'ennemi et pour nuire à autrui".
  • PANCEREAU Jean - (XVème siècle) - Courlay (79) : Vit au village des Marchais paroisse de Courlay , marié 60 ans, maquignon en conflit avec ses voisins. A son procès Jean POITEVIN médecin affirme que tous dans sa famille sont sorciers. Jean DE LA FAYE compère sorcier de Jean PANCEREAU. PANCEREAU utilise des poisons. Nombreux témoins à charge et victimes. SUITREAU Jean, meunier de l'Ebaupin, 30ans empoisonné; Au total de ses victimes, 25 personnes, cinq taureaux, cinq boeufs, seize vaches, un cheval un âne, vingt quatre porcs, cent quarante brebis, et dix huit essaims d'abeilles. Frappe sa victime sur la main le dos ou le cou en prononçant les paroles "par le sang de dieu". Autres maléfices : Fontaine pleine de grenouilles mortes;

 Les villages Sorciers du Poitou

  • Mazerolles (86)
  • St Romain (86)
  • Andillé (86)
  • Thouars 
  • Bressuire
  • Mauléon
  • Commequiers
  • Tiffauges
  • Fossay
  • Montmorillon
  •  
Sources :
Dictionnaire Infernal par J. Collin de Plancy : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5754923d
Persée quelques procès criminels au XVIIème : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1965_num_123_2_449706_t1_0637_0000_2
La Sorcellerie en Poitou : http://huysmans.org/poitousorcellerie.htm
La sorcellerie en Poitou par Robert Favreau. http://books.google.fr/books/about/La_sorcellerie_en_Poitou_%C3%A0_la_fin_du_Mo.html?id=vOj7OAAACAAJ&redir_esc=y

dimanche 27 janvier 2013

Deux papas et un enfant - Poitiers - 1774



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux en ligne.
 Le style, la diversité des sujets, l'approfondissement philosophique, la vulgarisation intelligente, l'anecdotique au service du progrès et non l'inverse, le respect du lecteur....



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux... du XVIIIème siècle.
Chez nous, les Affiches du Poitou sont en ligne. Une mine d'or pour les curieux, généalogistes ou pas.


Poitiers 1774.
Deux papas et un enfant...exposé, au siècle des Lumières, un document qui éclaire nos lanternes !
Nous avons entrevu le sort de ces petits au travers des nombreux actes d'Angliers. 
En voici un autre témoignage. Resté anonyme dans ce texte, et c'est bien dommage car son histoire est fort singulière.
On y lit qu'il revient au propriétaire de la porte sur laquelle l'enfant est accroché de se charger du colis.
On y lit qu'il peut monnayer d'en confier la charge auprès de L'Hotel Dieu de Poitiers.
On y lit que les papas s'attachent aux enfants qui croisent leur chemin.
On y  lit deux "papas" potentiels plaider pour la garde d'un petit garçon de 7 ans. On y lit aussi une maman nourricière, certes, mais l'émotion, les sentiments des deux pères potentiels est dévoilée, et c'est rarement le cas.
On y lit la définition du mariage : Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. 

On y lit la détresse du manque d'enfant
On y lit l'attachement, cet attachement dont on doute souvent à la lecture des documents de l'époque. Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union, un bon fils, un joli enfant. 
On y lit le bonheur d'une famille adoptive. cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils...

On y lit les pratiques de la mise en nourrice. Qui est ce Seigneur ? Qui sont ses enfants légitimes ? Tous en nourrice, comme il est d'usage, ils ne reviennent au foyer familial que quelques années plus tard. Le bel enfant qu'il rencontre, ce bâtard de personne, aurait-il grandi mieux que les petits nobles ?
On y lit les droits que chacun des pères pense avoir sur l'enfant : le droit de le réclamer, le droit de le reprendre, le droit de le garder
On y lit la critique de la loi, les préjugés de la Jurisprudence Féodale.
On y lit les effets de la marchandisation de l'enfant. La famille nourricière abandonne la rente pour justifier de son attachement,  pour convaincre de sa volonté d'adoption.
On y lit la parole rendue à l'enfant. Un enfant de sept ans ! la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient
On y lit la justice épaulée par les  notaires, la place du notaire dans le mariage au XVIIIème siècle.  on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte. 

On y lit un accord amiable. Ensemble, les notaires, le juge et les protagonistes trouvent une solution.
La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.
Une solution pour le bien d'un enfant à Poitiers en 1774.
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Il s'en est fallu il y a quelques jours qu'il ne soit élevé en cette ville un procès singulier, qui aurait pu être mis au rang des causes célèbres. un Seigneur obligé suivant les lois du royaume, de faire nourrir et élever un enfant inconnu, trouvé exposé sur ses terres, le fit recevoir à l'Hôtel Dieu de Poitiers en payant un prix convenu. Cet enfant y resta trois ans, au bout duquel temps le Seigneur pensa qu'il serait mieux alors dans une maison particulière pour y être instruit et mis dans le cas de prendre un jour une profession honnête. Le sort d'un batard intéresse toujours les bons coeurs ; c'est à la société à le venger de la dureté des parents qui l'ont abandonné. on proposa celui-ci à deux époux qui n'avaient point d'enfant ; ils l'acceptèrent moyennant une pension que promit le Seigneur, et qu'il a payée très exactement. Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. Ceux à qui la nature refuse cette satisfaction, désirent et semblent chercher du dédommagement. Ils accueillent le premier objet qu'ils croient digne de leur tendresse ; et cette illusion qui leur devient plus chère de jour en jour par l'habitude et le besoin d'aimer, les attache souvent autant que la réalité même.



 Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union ; ils l'ont élevé pendant quatre ans avec les soins les plus tendres , cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils ; il leur donne lui-même les titres que celui-ci suppose; Enfin c'est un joli enfant, digne jusques à présent de la bonne fortune que le sort parait lui promettre. Le Seigneur étant il y a quelques jours à Poitiers, voulut le voir ; sa physionomie l'intéressa au point qu'il déclara vouloir le reprendre, et prétendit qu'il avait le droit de le réclamer ; les parents adoptifs s'y opposèrent, dirent qu'il faisait leur plaisir, qu'il ferait leur bonheur et qu'ils feraient le sien, que son enfance leur appartenait, et qu'ils croyaient avoir le droit de le conserver, pour prix des soins qu'ils en avaient eu. Le Seigneur en tachant d'appuyer sa prétention sur les préjugés de la Jurisprudence Féodale, assura qu'il avait aussi pour lui les meilleures intentions. La contradiction se soutenant, on convint de s'en rapporter au jugement du Magistrat ; chacun plaida sa cause devant lui ; la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient.



La tendresse et la reconnaissance sont des impressions les plus profondes jusque dans les plus jeunes coeurs ; il n'y a point d'enfance pour la sensibilité ; l'enfant témoigna sa préférence par ses larmes et par ses cris ; il ne voulait pas sortir des bras des deux époux qui juraient eux-mêmes en pleurant qu'il ne le céderaient jamais. Il est plus aisé de sentir cette scène attendrissante que de la peindre. Le Seigneur lui-même finit par en être touché ; on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte ; le Seigneur abandonna sa réclamation ; l'enfant resta à ses bienfaiteurs, qui déclarèrent qu'ils le garderaient gratuitement, et promirent de lui faire embrasser une profession honnête et utile. La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.

vendredi 9 décembre 2011

Femme d'émigré - CSR - 15/29 Sept 1793.




Séance du 15 septembre 1793. 


Arrestation des Femmes d'Emigrés. 

Arrêté que les femmes des émigrés seront mises en arrestation sauf le cas de maladie ou d'infirmités notoires et de grand nombre d'enfants. 
Transmis au trompette de la ville pour le lire à tous les carrefours. 
Injonction de se rendre à la maison de détention faute de quoi elles seront contraintes par la force armée. 
Copie aux six districts du département pour s'y conformer. 
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Ce jour là, ça commence doucement, seule la femme Folgère est arrêtée. 
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 17 septembre, 
Le matin, on en arrête 10, l'après-midi 3. 
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Le 18 Septembre
On en arrête 12. 
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Le 19 septembre,
20. 
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Le 20... 19, 
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Le 21 petite journée, onze. 
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Le lendemain on bascule dans une autre dimension.
68 femmes sont arrêtées le 22 dont 28 religieuses, et 85 femmes le lendemain dont 50 religieuses. 


Tout ça rien qu'à Poitiers. 
Elles sont toutes embarquées : jeunes, vieilles, malades, enceintes, mères de famille avec leur marmaille, grabataires... 
de 16 à 86 ans. 

Les problèmes d'intendance surviennent rapidement. 
Le concierge de la maison de la Trinité se plaint du grand nombre de domestiques qui l'assiègent aux heures des repas pour porter des vivres  aux personnes détenues ! 
Il demande du renfort ! 
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En moins de 15 jours, 287 femmes ont rejoint les prisons de Poitiers. Si elles ne sont pas religieuses, elles sont femmes d'aristocrates, mais pas toujours, on compte parmi elles quelques domestiques, une libraire, une marchande.
 Leurs maris sont partis depuis quelques mois déjà se mettre à l'abri ou rejoindre les armées de Vendée. 
Les prisons de Poitiers ne suffisent pas à les contenir toutes. Certaines seront maintenues enfermées chez elles.
Nous y reviendrons... 


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Vous retrouverez toutes ces femmes dans la base crimes à la prochaine mise à jour. 







jeudi 24 novembre 2011

La Triplette de Saint-Georges !


Souvenez-vous, nous l'avions laissée dans les bras de sa maman le 9 avril 1734, possible unique rescapée de cette naissance triple qui eut lieu à Saint-Georges les Baillargeaux. 
Grâce à la patience et à la lecture attentive d'Anita (GE86) nous en savons un peu plus sur la petite Marie Godet. 
Marie va grandir. Elle se mariera une première fois le 16 Janvier 1769 avec Maurice Sabourin à Poitiers (Saint Michel). 
Marie va vieillir et plutôt bien... Veuve de son premier époux, elle se remarie à Jaunay-Clan, le 30 Messidor An 7 (18 Juillet 1799)
 à l'âge de 65 ans 
avec Antoine Texier
Un p'tit jeune de 61 ans 
qu'on espère en pleine forme
 comme elle ;-)
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Au cours du XVIIème siècle, les naissances de jumeaux et à fortiori de triplés sont très souvent suivies de décès. La prématurité, l'abscence de soins, les difficultés de l'accouchement laissent peu de chance à ces nouveaux-nés là.
Le destin de la petite Marie Godet est fabuleusement exceptionnel.
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Source
 ADV Poitiers Saint Michel BMS 1763-1770 page 84
ADV Jaunay Clan M 1793-1802 page 111