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samedi 26 septembre 2020

Charlie du siècle des Lumières - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 15/01/2015.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


Chercher Charlie à travers l’archive.
A la lueur du cierge qu’ils brandirent en réparation publique des outrages faits à l’Eglise, trois Charlie du siècle des Lumières  éclairent à leur façon le chemin de croix qui mena la patrie de Voltaire vers une République laïque. Une République laïque dont il faut aujourd’hui, sans souffler sur les braises, raviver la lueur et protéger la flamme, en ce janvier 2015 de larmes et de rage.
Palsembleu ! Au catalogue de l’insolite, nos mécréants d’archives paroissiales sont rares : une possédée, une réparation publique, un blasphème.
Nom d’une pipe à Thuré ! Pour Françoise TOUDON, « possédée du diable de son vivant », le curé étouffe sagement les braises et l’enterre sans autre forme de procès en 1657. A l’époque des buchers, il est des curés qui doutent. Françoise est la seule sorcière du Poitou croisée à ce jour dans un registre paroissial…
Diantre à Mauprévoir ! Ce 27 avril 1757, qui peut imaginer ce qu’à bu François de Lousme !  Sacré mécréant le p’tit François, qui, confondant le clocher avec le cabaret causa scandale en « vomissant dans l’église pendant la messe et au terme de la consécration du vin »… « Pour en avoir trop bu ». Au village sans prétention, jarnicoton, il attrapa mauvaise réputation et à ce sacrilège, le curé imposa « réparation publique ». L’histoire ne dit pas si le fils de Lousme se présenta en titubant, devant l’autel de Saint Antoine pour honorer Dieu. Il s’y agenouilla et brandit à la main, tout le temps de la messe, un cierge allumé sous le regard courroucé, du curé, du bedeau, des bigottes et sous les rires étouffés des enfants de chœur…  Bigre ! François de Lousme n’était qu’une petite teigne, et son père dut payer l’amende d’une livre de cire en réparation. Il lui donna sans doute du bâton en consolidation de sa mauvaise éducation.
Jarnicoton à  Châtain ! Dans notre douce France, cinquante ans avant l’ère révolutionnaire, le blasphème est un crime passible de mort. Le curé offusqué de cette petite paroisse tient à témoigner de l’outrage pour les générations futures. En 1739, voyez cet Antoine Chaumont que l’ecclésiastique nous met à l’index. Il n’est plus tout jeune, 68 à 70 ans. Aimait-il comme ce patriarche du crayon, la chair dans toute l’étendue de son doux champ lexical ? On a plaisir aujourd’hui à l’imaginer en Charlie débonnaire, le vieil Antoine qui « blasphéma sous la colère le nom de Dieu »! Le serviteur en soutane n’entre pas dans les détails de cette fureur prérévolutionnaire, mais elle entraina les foudres de l’ecclésiastique comme celles de l’honorable écuyer de son village.
Sapristi dans la Vienne du XVIIIème ! Voyez nos sorcières mises à l’index, nos  mécréants à genoux, nos curés offusqués ! Le papier est encore rare, l’art reste académique,  le dessin de presse n’est pas encore né et c’est dommage car tous ces fantassins du Chevalier de la Barre ne sont-ils pas à croquer ?


Source : Archives de la Vienne. Registres paroissiaux. 

lundi 2 septembre 2019

Des maîtres d'école dans les registres des villages de la Vienne de 1613 à 1792 !

Bonne rentrée à tous !
VILLAGEMAITREDATESOURCE
ARCAYMAITRE1710/12/17AD86/IN4/1016
BLANZAYMAITRE1719/09/25AD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRENDAD86/IN4/1016
CELLE-L'EVESCAULTMAITRE1667/12/08AD86/IN4/1016
CHAMPAGNE-SAINT-HILAIREMAITRE1779/09/12AD86/IN4/1016
CHARRAISMAITRE1769/05/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1691/01/15AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1696/03/12AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1728/11/00AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1751/10/24AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1760/06/11AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1776/06/03AD86/IN4/1016
CHARROUXMAITRE1785/06/23AD86/IN4/1016
CHASSENEUILMAITRE1650AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1699/03/12AD86/IN4/1016
CHÂTEAU-GARNIERMAITRE1701/11/22AD86/IN4/1016
COUSSAY-LES-BOISMAITRENDAD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1776/03/08AD86/IN4/1016
CURZAYMAITRE1792/12/02AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1753/04/05AD86/IN4/1016
DISSAYMAITRE1787AD86/IN4/1016
DOUSSAYMAITRENDAD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/02/19AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1663/09/00AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1672/05/20AD86/IN4/1016
GENCAYMAITRE1777/11/13AD86/IN4/1016
JAULNAYMAITRENDAD86/IN4/1016
JAZENEUILMAITRE1689/01/08AD86/IN4/1016
LA-ROCHE-POSAYMAITRE1716/02/10AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1659/08/21AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1706/04/28AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1748/10/08AD86/IN4/1016
LATILLEMAITRE1760/05/28AD86/IN4/1016
LESIGNYMAITRE1710/11/03AD86/IN4/1016
L'ISLE-JOURDAINMAITRE1760/05/16AD86/IN4/1016
MARNAYMAITRE1778/02/15AD86/IN4/1016
MESSEMEMAITRE1706/05/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRENDAD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1613/01/11AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1620/04/16AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1724/01/17AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1694/07/27AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1695/08/28AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1721/08/25AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1751/09/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1752/09/03AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1762/10/07AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1771/03/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1689/10/29AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1700/10/13AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1743/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1745/07/18AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1760/09/15AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/04/26AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1790/07/23AD86/IN4/1016
MIREBEAUMAITRE1757/07/04AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1772/06/30AD86/IN4/1016
MONCONTOURMAITRE1789/05/20AD86/IN4/1016
MONTGAUGUIERMAITRE1785/12/04AD86/IN4/1016
NEUVILLEMAITRE1619/04/11AD86/IN4/1016
ORCHESMAITRE1737/10/08AD86/IN4/1016
PAYREMAITRENDAD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1651/03/13AD86/IN4/1016
POIZAY-LE-JOLIMAITRE1783/03/03AD86/IN4/1016
PRANZAYMAITRE1740/03/11AD86/IN4/1016
PRINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
QUINCAYMAITRENDAD86/IN4/1016
SAINT-GERVAISMAITRE1729/04/22AD86/IN4/1016
SAINT-JEAN-DE-SAUVESMAITRE1719/09/17AD86/IN4/1016
SAINT-MARTIN-l'ARSMAITRE1675/06/18AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1730/05/03AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1736/11/05AD86/IN4/1016
SAINT-MAURICE-LA-CLOUEREMAITRE1772/01/12AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1704/11/01AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1713/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1718/10/14AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1715/06/08AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1737/01/21AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1752/01/03AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/07/06AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1758/08/13AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1789/01/09AD86/IN4/1016
SAINT-SAUVANTMAITRE1792/08/31AD86/IN4/1016
SAINT-SECONDINMAITRE1790/04/12AD86/IN4/1016
SAMMARCOLLESMAITRE1761/11/04AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1753/10/27AD86/IN4/1016
SANXAY MAITRE1763/03/23AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1658/11/27AD86/IN4/1016
SOMMIERESMAITRE1660/12/07AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1646AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1694/01/11AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1698/08/13AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1791/02/16AD86/IN4/1016
USSONMAITRE1778/01/17AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1678/07/20AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1688/09/21AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1689/06/04AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1702/02/19AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1704/01/10AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1731/01/01AD86/IN4/1016
VENDEUVREMAITRE1737/05/04AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1629/10/19AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1640AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1642AD86/IN4/1016
VOUILLEMAITRE1731/05/28AD86/IN4/1016
VOUZAILLESMAITRE1752/06/17AD86/IN4/1016
ANCHEMAITRE1788/06/10AD86/BMS/1785/1792/P35
VENDEUVREMAITRE1679/04/29AD86/BMS/1686/1688/P135
VENDEUVREMAITRE1703/02/07AD86/BMS/1703/1704/P83
VENDEUVRE MAITRE1702/02/19AD86/BMS/1701/1702/P101

samedi 4 avril 2015

Un 4 avril 1785 à la porte de la cure. Enjambes (86)


"L'an mil sept cent quatre vingt cinq et le quatrième d'avril par moy curé soussigné a été baptisé Jean Martin fils de père et mère inconnus trouvé exposé à la porte de la cure ayant pour marque un ruban vert attaché au bras gauche. Ont été parrain et marraine Jean BARON demeurant la la Postière paroisse de Notre Dame et Marie CHARTIER servante chez Monsieur de la Jorginière juge de police de cette ville lesquels ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés." ENARD curé d'Enjambes
AD86 - BMS Enjambes 1774-1792 p.81
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Archive confiée par les membres de GE86  qui contribuent activement à l'indexation de l'insolite. 
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Un 4 avril, exposé à la porte de la cure...  Il s'appelera Jean Martin. Jean comme son parrain BARON  et Martin pour que naisse avec lui un patronyme, qui pour une fois ne raconte pas son histoire. Se laisser porter par l'éphéméride pour croiser l'insolite. C'est le grand privilège de l'indexation que de donner toujours matière à réflexion les matins qui trainent silencieusement en longueur....



vendredi 20 mars 2015

20 Mars 1798 Fête de la Souveraineté du Peuple !


Votera ? Votera pas ? 

 La veille des élections, le 30 Ventôse de l'an VI et de l'an VII (20 mars 1798 et 1799) fut instituée la Fête de la Souveraineté du Peuple, afin d'inciter le peuple à aller voter !
"Excercer son droit souverain "en faisaint de bons choix, de forcer les ennemis de la paix". 
" Les élections sont la grande affaire des Français : le législateur a voulu les y disposer par une cérémonie religieuse" (François de Neufchâteau, ministre de l'intérieur).
Et la cérémonie eut lieu aussi dans les petits villages de la Vienne. On y convoqua des vieillards, des jeunes filles, on y chanta, on y dansa, on y mangea, on y fit des feux de joie et on y planta des arbres de la liberté....
Et on y vota ! 

"Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français."

Voici le Procès-verbal de la Fête de la Souveraineté du Peuple à Usson en 1798, rapporté dans le livre passionnant de Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne. 

"Aujourd'hui, trente ventôse an six de la République française une et indivisible, nous agent, adjoints, commissaires du directoire exécutif près administration du canton d'Usson, secrétaire et habitants de ladite commune d'Usson en exécution de l'arrêté du 28 pluviôse dernier.
Au lever du soleil une décharge de fusil et le son du tambour ont annoncé au peuple la fête de la souveraineté.
Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français. Le père de famille s'en entretient avec ses enfants et l'époux avec son épouse; tous saisissent l'heureuse révolution qui a renversé le despotisme, la tyrannie et tous les vices qui leur servaient d'appui et a rendu à l'homme ses droits sacrés qu'il n'eut jamais dû perdre, mais qu'il ne se laissera jamais ravir.
A dix heures, tous les citoyens se sont réunis sur la place de la Révolution autour de l'autel de la patrie élevé au pied de l'arbre de la Liberté. Cet autel est orné de verdure, tenant à l'arbre de la Liberté; et on a suspendu un drapeau tricolore autour de l'autel de la patrie et formé une enceinte.
Dix huit vieillards choisis parmi les citoyens les plus âgés de la commune non célibataires, recommandables par leurs vertus civiques, se sont rendus à la maison commune d'où ils sont repartis dans l'ordre suivant, à l'autel de la patrie, chacun d'eux portant à la main une baguette blanche; ils ont été précédés par quatre jeunes gens choisis parmi ceux qui [se] sont distingués par leur attachement à la République; on lisait sur le premier: "la Souveraineté du peuple réside essentiellement dans l'universalité des citoyens (art .17 des droits de l'homme et du citoyen)".
Sur le second, on lisait: "l'universalité des citoyens est le souverain (art 2 du code constitutionnel). Sur le troisième, on lisait: "nul ne peut sans une délégation légale, exercer aucune autorité ni remplir aucune fonction publique (art19 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen) " et sur le quatrième, ces mots: "les citoyens se rappellent sans cesse que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires communales et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République (art 376 de la constitution).
Des détachements de la garde nationale ont précédé et suivi le cortège à la tête duquel ont marché douze jeunes filles vêtues de blanc et ornées des trois couleurs. Elles ont été accompagnées de quelques citoyens sachant jouer de quelques instruments de musique. Ils ont exécuté et chanté ensemble des airs patriotiques. On a ensuite déposé le livre de la constitution sur l'autel de la
patrie. Les citoyens étant rendus devant l'autel de la patrie, les jeunes gens qui portaient les écriteaux et la bannière ont été les planter des deux côtés de l'autel de la patrie. Immédiatement après eux, se sont placés les fonctionnaires publics ci-dessus désignés. La force armée a occupé l'extérieur de l'en-
ceinte.
La cérémonie a commencé par un chant analogue à la fête et par des hymnes patriotiques. Les vieillards se sont avancés ensuite au milieu de l'enceinte et ont réuni leurs baguettes. Ils en ont fait un faisceau qu'ils ont lié avec des bandelettes tricolores.
L'un des vieillards a monté sur les degrés de l'autel de la patrie et adressé aux magistrats les phrases suivantes: "La souveraineté du peuple est inaliénable. Comme il ne peut exercer lui-même tous les droits qu'elle lui donne, il délègue une partie de sa puissance à des représentants et à des magistrats choisis par lui-même ou par des électeurs qu'il a nommés. C'est pour se pénétrer de l'importance de ce choix que le peuple se rassemble aujourd'hui".
Le citoyen agent de la commune présent a répondu par les mots:"le peuple a su, par son courage, reconquérir ses droits trop longtemps méconnus, il saura les confirmer par l'usage qu'il en fera; il se souviendra de ce précepte qu'il a lui-même consacré par sa charte constitutionnelle que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République.
Aussitôt après, il a été donné lecture de la proclamation du directoire exé-
cutif du 28 pluviôse. La cérémonie a été terminée par des chants patriotiques."


Source :  Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne.
Source : AD 86 Série L41. 

Autres villages mentionnant la Fête de la Souveraineté du Peuple : Buxcrolles - La Chapelle Moulière - Dissay - Iteuil - Lhommaizé - Mon-contour - Montamisé - Moulismes - Morthemer - Neuville - Salles en Toulon - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin - Usson - Verrières. Moulismes - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin

jeudi 19 mars 2015

L'eclipse annulaire du 11 janvier 1777 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/03/2015



Pour le prix d'une éclipse vous trouverez une aurore boréale ! 

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Eclipse de Soleil
Le vingt mars 2015, le spectacle sera dans le ciel, et l’éclipse sera totale.  Au fil des siècles, le soleil eut souvent rendez-vous avec la lune, mais la mention de l’observation de cet évènement reste à trouver dans les registres paroissiaux d’un curé féru d’astronomie. Heureusement, le quotidien régional du XVIIIème siècle, « les Affiches du Poitou », décrit avec précision le phénomène observé à Saint-Maixant, le 9 janvier 1777. L’éclipse y est qualifiée d’annulaire et comparée à celle fort fameuse qui  fut visible dans le Poitou le 1 avril 1764. 1777, 1764, deux pistes à suivre. Paléographes, à  vos lunettes astronomiques, la chasse à l’éclipse dans les archives paroissiales reste ouverte !
De St-Maixant,, 11 Janvier. L'Eclipse de Soleil, annoncée pour le 9 de ce mois, a été très sensible ici, à 3 h. 45 min. de l'après-midi : l'air était fort serein, le vent à l'est, l'immersion s'est manifestée, les rayons du soleil éclipsés. On présume que l'Eclipse a été annulaire. Il semblait qu'on distinguait un anneau de lumière répandu autour de la Lune. Dans l'instant de la conjonction des disques, on a aperçu un nuage de feu fort léger qui a couvert les deux globes pendant une minute. Les rayons du soleil ont ensuite commencé à darder du côté du couchant, la partie supérieure du soleil restant obombrée. Ce nuage de feu s'est ensuite métamorphosé en une espèce de rideau brun, qui laissait à peine apercevoir l'interposition de la lune sur la moitié du globe du soleil. A trois fois différentes le disque de cet astre n'a point répandu de rayons, et alors on croyait voit le jeu d'un prisme, toutes les couleurs se manifestaient à la vue. A 4 heures précises, un nuage obscur a dérobé la suite de l'Eclipse, et à l'instant le vent est venu sud-ouest. Il y a eu pendant toute la nuit une espèce d'ouragan, et le dégel a suivi. Il tombe depuis hier matin une petite pluie fine en forme de rosée ; le vent tient toujours au sud. Il en arriva autant lors de la fameuse Eclipse du 1 Avril 1764, que l'on ne put reconnaître ici à cause d'un brouillard considérable. On a toujours remarqué qu'il venait de la pluie à la suite des Eclipse de Soleil.

 Source : Affiches du Poitou - n° 5 du 30/01/1777, p. 19
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jeudi 5 mars 2015

Une femme en 1730 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 05/03/2015.


Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


 Au répertoire des Petites Affaires Criminelles de la Vienne, la femme qui n’a pas encore sa journée,  n’est pas toujours l’avenir de l’homme.

Le soir du 3 Juillet 1730, Jean Bonneau, marchand, 32 ans, arrive à cheval dans les prés de la cure de Latillé, déterminé à y laisser brouter sa monture. Mais c'est compter sans la détermination de l'exploitante des lieux, Catherine Delamosse. Elle interpelle le cavalier, le somme de partir. Il la bouscule, elle se relève et lui envoie son sabot tout crotté à la figure ! Assommé, Bonneau fait marche arrière tandis qu’une équipe de gaillardes vient à sa rescousse se charger de la vilaine : sa femme, Marie Cante, et ses trois belles-sœurs, Gabrielle, Renée et Jeanne. Suit un sacré crêpage de chignons qui  interloque le voisinage et se termine, outrage suprême, par la mise en pièces de la coiffe de Catherine, qui s'enfuit tête nue, honteuse, sous la risée de certains. Tête nue, voilà une offense qui mérite réparation ! Au XVIIIème siècle, honte à celle qui sort « en cheveux » !
Agressée à nouveau par les mêmes furies, quatre jours plus tard, Catherine porte plainte. Tout le village est en émoi et le sénéchal instruit rapidement l'affaire. 
Les témoignages recueillis le 8 juillet sont concordants : l'altercation à l'initiative de Bonneau, le coup de sabot, et suite au coup, l'oeuf de pigeon (qui n’a peut-être que la taille d'une fève), la fureur des femmes, la coiffe déchirée, la honte...  
Une expertise médicale de la plaignante est demandée auprès du chirurgien local. Celui-ci constate des blessures superficielles, auxquelles s’ajoute, suite à la seconde agression, une fièvre pour laquelle il prescrit une saignée. 
L’histoire pourrait se réduire à une savoureuse affaire de gaillardes au marché de Latillé et prêter à sourire. D’autant plus qu’à la suite de Catherine, Jean Bonneau  porte plainte à son tour. On diligente alors une nouvelle enquête, on interroge une nouvelle série de témoins, qui apporte un éclairage différent. Le ton devient plus grave. Ce n'est plus un, mais plusieurs coups de sabots que le pauvre homme aurait subi et la réaction des femmes Cante en réponse l’agression apparait par conséquent, tout à fait justifiée. Il faut dire que cette fois, fini la journée des femmes, seuls les hommes sont entendus…
Le sénéchal doit statuer le 10 Juillet, mais au matin de ce jour-là, coup de théâtre !
Un bruit lui arrive du marché : Jean Bonneau est mort ! 
La farce tourne au tragique ! La responsabilité de Catherine est retenue, la voilà  immédiatement arrêtée et conduite en prison, pour y être de nouveau interrogée.
Jean Bonneau, lui, est enterré, entouré des femmes de sa famille et de son beau-frère. Il laisse à la charge de sa veuve, deux jeunes enfants Renée deux ans et Jeanne Geneviève, deux mois.
L’archive, hélas, ne dit pas ce qu’il advint de notre Cendrillon rebelle de Latillé…

Source : AD86 Série 8 B 170.



mercredi 25 février 2015

Un 25 février à Andillé.


Noyade à Andillé. 

Le vingt sept fevrier mil sept cent cinquante neuf a este inhumé dans
le cimetiere le corps de Jean Botereau le fils maréchal agé de trente deux
ans décédé de la veille dans la rivière du Clain ou on la trouvé noyé
par accident en passant le gué de lisle sur sa jument nayant pu recevoir
aucun sacrement de leglise lequel a esté pesché en présence du greffer
de Mr de Bernay qui en a fait son procès verbal sur la prairie de lisle
ont asiste à son entrerrement son père son épouse ses soeurs et beaufrères

et plusieurs autres parents et amis Gazil prieur et curé d'Andillé

jeudi 19 février 2015

Potions anti-grippe - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/02/2015.

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1773, la santé n’a pas encore sa loi, mais elle a ses règles et la presse en fait écho ! Dans une ville du Poitou, chirurgiens et apothicaire s’égratignent en justice à propos de leurs compétences respectives ! Pensez braves gens ce dernier saigne ses clients dans son arrière-boutique ! S’il admet avoir un peu empiété sur les compétences de ses rivaux, le pharmacien sait se défendre et assure qu’il cessera les pratiques dont on l’accuse dès lors que l’on défendra aux premiers de faire commerce de remèdes ! Dès lors qu’il s’agit de puissant, la justice peine à froisser et renvoie, dans sa grande sagesse, l’apothicaire à ses flacons et les chirurgiens à leurs bistouris. Tels sont alors pris qui croyaient prendre ! Interdits de remèdes, les chirurgiens se voient amputés d’un profit considérable ! Ils répondent à cette « injustice » en s’accordant à ne délivrer désormais que de la poudre d’Alliaud, potion dont ils semblent avoir l’exclusive distribution. La poudre d’Alliaud, késako ? Purgatif à tout faire, elle n’est rien d’autre que l’antidote du médicament générique. La médecine de l’époque a son axiome : le riche guérit d’autant mieux qu’il est  soigné plus cher… Pour que tout aille mieux, au Jalap du pauvre, Alliaud le visionnaire, ajoute un peu de Nerprun, vendant à prix d’or à Marquise,  sa poudre de perlimpinpin ! L’histoire dira que l’homme de l’Art est mort riche et décrépi… en sirotant  son remède.
Mais revenons à nos paroisses ! Tandis que ces spécialistes de la ville toussent au tribunal, la grippe est au village. Et au village, le désert médical règne avant l’heure ! Heureusement le curé est parfois un peu sorcier et distribue en toute impunité ses potions personnelles, remèdes d’une efficacité garantie par les cieux,  qui donnent à ses registres des allures de grimoire. Voyez contre la forte fièvre : un gros de quinquina, un gros et demi d’iris de Florence, l’un et l’autre bien pulvérisés et bien délayés dans un grand verre d’eau de la fontaine qu’il faut avaler avant le moment de l’accès de fièvre. Que si la fièvre ne vient que deux heures après avoir pris le breuvage, il faut absolument manger et ne point se purger d’un ou deux jours après.  Si malgré tout vient la pleurésie, prenez une tête d’orties rouges, les couper menues, faites les bouillir dans un grand verre de vin rouge et autant d’huile d’olive… passez le tout… et faites prendre le bouillon au malade, le plus chaud qu’il pourra !
L’épidémie de grippe ayant traversé les siècles en se moquant parfois du vaccin, avec le bon curé de Cernay, décoctons allègrement et  sans tarder quinquina, lierre, iris et orties ! Le jardin nous  gardera des fièvres, de la pleurésie et même en prime de la rage ! Pour ces remèdes incontestables, on s’étonnera malgré  tout de l’utilisation de l’huile d’olive en Poitou, quand celle de noix a chez nous des vertus de guéritou incontestables !

Source : Archives Paroissiales et Presse Ancienne de la Vienne.


samedi 14 février 2015

Cupidon des archives... #Geneatheme



Un p'tit poème courtois vieux de 444 ans, les filles, ça vous dit ? Voilà qui vous change la couleur grise ambiante  en un p'tit feu d'artifesse arc en ciel et qu'importe celui qui lance la première flêche !
Et en ce jour de février, un hommage s'impose à tous les amoureux : les fidèles, les volages, les perchés sur le petits nuages, les libertins, les coquins, les timides, les tendres, les colériques, les jaloux, les utopistes et les réconciliés. Bref l'amour se déguste à toutes les sauces. Et Monsieur l'curé était-il amoureux pour laisser trainer de telles paroles sur les pages bénies de ses registres paroissiaux ou bien est-ce le fait d'un diablotin de passage ?
Merci à Criptus Anonymous, il ne tient pas de blog,mais c'est un Cupidon des archives !
Février est le temps de l'insolite, dans le petit monde des Généabloggeurs à thèmes. Voilà qui permet de faire d'une flèche deux coups !
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Quand deux cours sont unis damour
Que leurs liens sont doux et de longue durée
Les sensibles plaisirs quils goutent tour a tour
Leur font trouver tout le tanps dune année
Bien plus court que celuy dun jour
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
depuis que jayme Lizette
je souffre nuit et jour les plus cruels tourmins
dans les plus doux plaisirs mon ame est inquiette
helas que mon cour vous regrette
tranquils jours, jours heureux charmants
ou je naimois que ma nuchette
//
Lizette proffitez dune aymable junesse
Qu'on passe sans plaisirs sy lon est sans tandresse
Quand on perd un momant du beau temp des amours
Souvenez vous qu'on le perd pour toujours
On peut pour mieux choizir et pour le
Satisfaire
Estre un temps sans engagement
Mais tost ou tard il fault qu'une bergere
Fasse choix dun fidel amant
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
dans nos prés dans nos bois
tout vit tout renouvelle
a proffiter du temps dune saison sy belle
amants heureux vous mettez tous vos soins
mais les cours malheureux
les ames languissantes parmi tant dagréements
ne languissent pas moins
et toutes les saisons leur sont indifferentes
//
bergers quy souffroient en aymant
soiez constant soiez fideles
souvant pour engager le cour des plus cruelles
il ne fault qu'un heureux momant
(arbre de la vie ou bouquet dessiné)
ces fleurs nouvelles en vostre amour nouveau
comme elles
font sentir a mon cour milles nouveaux
plaisirs
mais sy le cour suivoit trop ses désirs
ah quil mexposeroit a des paines cruelle
sy vostre amour nestoit pas plus constant
et ne duroit qu'autant que duroreroit
ces fleurs nouvelles 1698 1698 1698

mademoizelle vostre tres humble
hobeissant et tres
affectionné serviteur

laffligé
la douleur

Transcription Cryptus Anonymus.
Source : ADV Verrières BMS 1668-1674 pages 54 à 58.

vendredi 10 octobre 2014

Terrible peste bovine - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 10/10/2014

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1747, Brigueil-le-Chantre, Delaforest, le curé de la paroisse témoigne : « nous sommes allés en procession à Vilsalem pour prier Dieu pour l'intercession de St Roch et St Sébastien de nous préserver de la maladie qui règne sur le bétail et qui nous avoisine de toutes parts. Maladie qui a entièrement détruit le gros bétail dans plus de soixante paroisses sans y avoir laissé un seul boeuf ni vache particulièrement dans la province du Berry. La même maladie étant actuellement dans celle du Limousin. Dieu nous préserve. ». L’année suivante, le mal a envahi l’ensemble du royaume. Les processions se multiplient, vingt à vingt-cinq villages alentours !
St Roch, priez pour nous !
 Sans le savoir, de l’étable à l’église, les sabots des paroissiens diffusent le mal le long de chaque chemin de croix…1750, Charroux souffre depuis trois ans et « aucun remède », se plaint le curé. Les conséquences sont dramatiques pour « les particuliers, comme pour le service du public ». Pensez ! Pas de bœuf, pas de labour, pas de récolte, pas de lait, pas de viande. Seul espoir : prières et processions !

St Roch, ayez pitié de nous !
En plusieurs vagues, la peste bovine sévit dans toute l’Europe de 1711 à 1760. Venue de l’est, favorisée par les campagnes militaires, elle suit le trajet des troupes que le bétail accompagne.
On sait la décrire : 50 jours d’incubation contagieuse, puis les yeux s’éteignent, les narines sèchent, s’enflamment, ainsi que le palais, le cuir. La fièvre, la raideur, la diarrhée emportent l’animal en moins d’une semaine.
Tandis que les paroissiens diffusent le mal en implorant St Roch, tandis que les hommes font la guerre, partout en Europe les vétérinaires cherchent les lumières. Certains prônent les sels marins tandis que les italiens se moquent des français et de leurs  infusions vineuses de fiente de poule. Petit à petit, le pragmatisme et l’empirisme font avancer la lutte, la science, la connaissance.

St Roch aidez-nous !
On conseille les mises à couvert, les mises en quarantaine, les abattages préventifs. On se soucie du confort des animaux transportés. La peste recule mais revient…En 1761 elle amène Louis XV à promouvoir la création par Bourgelat, de la première Ecole Vétérinaire au monde, à Lyon, suivie de celle de Maison Alfort. Erasmus avant l’heure, elles accueilleront des étudiants européens et enrichiront la science et le dictionnaire. Le terme d’épizootie, maladie épidémique qui touche les animaux apparait en 1775.

L’épizootie du XVIIIème siècle, décima 200 millions de bovins en Europe et fut la première maladie virale animale éradiquée de la planète par l’homme au XXIème siècle. Merci St Roch !
.
Source : AD 86.
Illustration Wikipédia.



jeudi 4 septembre 2014

Sécheresse à Charroux - 1723 - Vie Locale




L'année 1723 a été remarquable par une
secheresse extraordinaire pesque générale en
Europe depuis la mis mars jusque au mois de
novembre à peine a-t-il tombé de l'eau pour détremper
la poussière ainsi les fourrages et mêmes les grains
ont été très rares les sources des puits et fontaines
ont été taries et les rivières ou mises à sec ou ....
d'eau .... pour y naviguer ou faire moudre
les moulins, les bestiaux ont souffert beaucoup
de la faim et de la soif les terres n'ont pu
être labourées. Le roy fut déclaré marié dès
octobre précédent 1722
Le cardinal dubois premier ministre mourut
au mois d'aout sa mort fut suivie
au mois de décembre suivant de celle de Mr
le duc d'Orléans qui avait gouverné l'état
pendant la minorité du roy Louis XV. Le duc
de Bourbon le chargeau du gouvernement
comme premier ministre.

mardi 2 septembre 2014

Plaudin René tué par imprudence Arçay 1713.


AD 86 Arçay BMS 1713/1732 page 14
René fils de Martin PLAUDIN et d'Anne GAULTIER sa femme âgé
de trois ans neuf mois est décédé et a esté inhumé dans le cimetière
des innocents le sus dit jour dix neuf décembre 1714. Sa mort
causée par l'imprudence du valet de Monsieur du Seau maire perpétuel
de Loudun qui voulant tirer d'un coup de pistolet un chien gasté tua
cet enfant qui estait dans la rue. il y a eu information de ce fait
par Messires les officiers de Coussay.
Aubry.

Source Archives Départementales de la Vienne. 

mercredi 27 août 2014

Les risques du métier - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 27/08/2014.

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Le prix d’une orangeade.
Dans la famille Piorry, la postérité retiendra Pierre-François qui mania avec zèle le bistouri du Dr Guillotin sous la Terreur, puis Pierre-Adolphe né en 1794, inventeur du plessimètre et de néologismes médicaux (toxémie, septicémie). Mais c’est à Georges, leur modeste cousin, chirurgien et hédoniste, que s’offre aujourd’hui un instant de notoriété.
L’été 1792, la fièvre ne gagna pas que les esprits et l’on requit Piorry chez les Thoreau pour quelques domestiques alanguis. L’homme s’arrêta en chemin déjeuner à Ligugé chez l’ami Jouslard. Repu, il fut accueilli à 15H à Smarves, par Mme Thoreau et s’affaira d’un domestique à l’autre. La chaleur expliquait la langueur des serviteurs. Ses consultations terminées, notre chirurgien suant et las, accepta volontiers le verre de sirop offert par son hôtesse. A peine le temps d’une première gorgée d’orangeade que surgit dans le petit salon, l’époux Thoreau fulminant de colère ! De retour de la chasse, bredouille et mal luné, armé d’un fusil double, le voilà qui couche Piorry en joue! La maitresse de maison se jette au cou du jaloux, le supplie tout en cherchant à s’emparer de son arme. « Ah malheureux, que veux-tu faire ? Mr Piorry !!! Sauvez-vous, mon mari veut vous tuer !!! ».Trop tard ! Le coup atteint le docte arrière-train et l’envoie sur le « carreau ». Thoreau chargea de nouveau, Piorry, craignant l’estocade, reprit ses esprits et ses jambes à son cou, quitta l’arène en clopinant et se réfugia chez Jouslard. Maury et Bertault viendront le soir même de Poitiers opérer leur ami. Le fondement entre deux chaises pendant plusieurs jours offrit à  Piorry le loisir de murir sa riposte. Il déposa sur le bureau du juge de Paix : un habit d’étoffe, un gilet de coton, une culotte percés de trous de plomb et une plainte pour tentative d’assassinat!
Thoreau, de son côté avait mal au front et vit rouge. Persuadé de porter une belle paire des cornes, le chasseur jaloux et bredouille renversa la situation, et au jeu du vaudeville, accusa Piorry d’avoir séduit sinon violenté son épouse ! Il fit valoir ses droits d’outrage, mais nia le crime. Sa dame avait maladroitement fait partir le coup en se réfugiant contre lui.
Piorry eut beau plaider sa bonne foi, sa déontologie, brandir les lettres convoquant son intervention, retracer son itinéraire auprès des domestiques, justifier sa présence dans le petit salon par l’orangeade offerte, et la fièvre qui le prit au corps par la seule météo caniculaire, l’affaire se conclut au bénéfice du mari outragé. Georges Piorry, chirurgien modeste, hédoniste et sans-culotte, débouté de sa plainte, mesura à ses dépens la profondeur des risques du métier…
Source : ADV Série LSUPPL 421.

jeudi 21 août 2014

Itinéraire d'un Ouragan - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 21/08/2014

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Itinéraire d’un ouragan.
Il est des ouragans sans nom qui laissent sans voix. Celui qui dévasta le Poitou, le 3 juillet 1777 fut de ceux-là. Quarante paroisses concernées, maisons dévastées, arbres arrachés, récoltes perdues. Le jour d’après, treize curés et les Affiches du Poitou racontent. Parmi eux, la plume de Maignen à Champniers s’envole.
"Le trois de juillet le Seigneur fit entendre sa voix (…). Vers les cinq heures du soir il ordonna au vent, à l'eau, au feu, au tonnerre, de se mêler et confondre ensemble pour former un tourbillon horrible destructeur de la plus précieuse portion de nos arbres (…) Mon pinceau n'est pas assez fort pour en tracer le tableau ; je frémis d'y penser. J'appelle à moi dans ce moment toutes mes pensées, mes sentiments et tout cela bouillonne dans ma tête, il me semble jusque sur le papier j'éprouve en même temps que, malgré l'effervescence de mes efforts, toute l'énergie de l'expression ne peut se proportionner à ce que je voudrais exprimer. »
« Figurez-vous donc une obscurité effrayante que les plus vifs éclairs n'interrompent que pour exciter dans le fond de l'âme un saisissement qui recommence à tout instant, on ne distingue point dans l'instant lequel des éléments dont la toute puissante main de Dieu a rompu l'équilibre fait le plus de fracas, l'éclat du tonnerre intercepté ne le propage point jusqu'à l'oreille, mais il n'en faut pas douter il est dans cette affreuse discordance la plus forte voix.
 La terre comme ébranlée ne peut retenir les arbres, les uns tombent en entier couvrant un terrain considérable ensemencé, d'autres perdent leurs branches que le tourbillon disperse au loin et de tous côtés. Le fracas de leur chute n'est point entendu un moindre bruit est absorbé par le plus grand, Dieu qui nous ménage en nous frappant semble cacher les convulsions de la nature pour ne pas tant effrayer ceux qui, surpris par l'orage, dans les chemins, se jettent dans des fosses sous les haies pour attendre pendant une heure et demie quel sera leur sort.
Retiré dans mon église j'attendais aussi avec la frayeur d'un pilote qui tient à peine le gouvernail, la fin de la tempête, et pour rentrer dans ma maison il m'eut fallu un bateau, la rivière domestique que la pluie avait formé ne s'écoula pas aussitôt que je l'aurais souhaité… Mais j'étais le moins à plaindre Tout le public gémissait non seulement sur le mal déjà fait mais encore sur le danger que la moisson semblait courir …. Lorsqu’enfin le ciel tout à coup redevint serein, sécha la faucille du moissonneur…. 
Conclusion :  un évènement de cette conséquence sera l'époque la plus remarquable de l'année mil sept cent soixante dix sept, il doit nous pénétrer de reconnaissance de ce que Dieu en brisant les arbres s'est contenté d'avertir les habitants de la terre. »
Nous devons aux colistiers de GE86 la traque de ce souffle dans les archives. Parmi eux, Sébastien Pissard pour Champniers et Alain Texier qui a illustré l’itinéraire de cet ouragan. Vous trouverez sur le blog et sur GE86, le dossier complet de cet ouragan sans nom.  

Sources :
-          Archives de la Vienne.

-          Archives insolites GE86. 

jeudi 17 juillet 2014

Canicule d'hier en écho à canicule du jour !



Cette année 1785 a été des plus dures à cause des grandes chaleurs, il y a eu peu de 
Blé qui a valu vers noël 3 12 le boisseau ; point d'avoines ni menus blés, peu de potagers 
beaucoup de vin sans beaucoup de qualité ; les foins et fourrages plus rares qu'on a bien … 
peut-être jamais vu ; le foin a valu jusqu'à quatre vingt francs le millier, la paille 
Soixante livres le cent de gerbes... Les chanvres et oignons manquent... 

Dans cette année, le presbiterre a presque été fini de rebatir, le jardin de la cure augmenté près la rivière à gauche, l'église a été 
réparée, tant le choeur que la nefe, les autels refaits. la niche du tabernacle 
Le christ et les chandeliers fournis ; la lampe sec. troqués : les ornements raccomodés 
la chappe, l'écharpe et chasuble uniformes fournis ; la commode fournie et neuve 
etc... 
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Source : Bonnes BMS 1783 - 1792 page 29 

mercredi 30 avril 2014

Le Poitou a tremblé - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 30/04/2014.

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Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.
A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?
A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.
1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes. En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !
La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.




jeudi 10 avril 2014

Contestation électorale à Usson - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 10/04/2014.

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Elections, bâtons et cornemuse à Usson !
Le premier Germinal de l’an VI, on vote à Usson !
L’assemblée primaire, formée des citoyens « actifs » du canton, va élire parmi ses membres, ceux qui renouvelleront  un tiers du corps législatif composé du Conseil des Cinq-Cents et de celui des Anciens.
La campagne électorale fait rage dans notre petit coin du Poitou. An VI, 1798, Directoire, Ière République. Les émigrés sont revenus, le droit de vote modifié en 1795 est restreint à 30 000 propriétaires, on essaie d’oublier la Terreur et les Tribunaux révolutionnaires ont rendu l’âme. Pendant que Bonaparte bataille et gravit les échelons, la Première République ne sait pas encore qu’elle va faire place au Consulat.
A Usson, dans les jours qui précèdent le scrutin, des réunions discrètes, des diners s’organisent. On dirait que ça complote chez Vallée l’aubergiste ! Ce jour-là parait-il, on y a vu Hubert, Imbault et Largeau réunis avec une trentaine de personnes, la veille du vote ! On a entendu l’un d’eux  s’enflammer bien avant le dessert,  et réclamer «  que ceux qui n’ont pas de culotte sortent ! » On a bien compris que le groupe avait pour projet d’envoyer Vallée le Jeune, Largeau et Gorin en grands électeurs. Ces trois-là, et aucun autre !
A-t-on soudoyé les électeurs ? Il semble qu’on ait vu quelques billets circuler sous les tables…
Le premier Germinal, tous les chemins du canton mènent à Usson. On va voter à pied, et la route est longue. En guise de profession de foi, plus efficace que les mots, les militants offrent un p’tit verre d’eau de vie… Puis un autre, un peu plus loin. A l’assemblée primaire, tout le monde arrive en titubant.  Directoriaux, jacobins, royalistes autant que « douteux », mais on ne sait plus très bien qui penche à droite et qui à gauche !
 Cependant  certains ont remarqué ce groupe d’une trentaine de personnes, venant de St Secondin, avec à leur tête notre trio. Tous diront qu’ils sont entrés en masse, un bâton sur l’épaule et une cornemuse en tête de cortège.  Qui a bousculé Rouil ? Qui lui a dit « Je ne veux pas que tu votes ni même que tu parles ! ». Lui prétend que c’est Imbault et sa bande ! Qu’ils l’ont empêché de voter, chassé de l’assemblée et qu’ils ont acheté le suffrage des autres !
Rouil le sans-culotte craint pour ses arrières et dépose plainte. On admet bien des dérapages, le paiement de quelques écots, des réunions un peu houleuses, des élections un peu arrosées. Mais franchement, il n’y a pas de quoi en faire une affaire d’état. Thibaudeau, le président du Tribunal Criminel, acquitte notre trio. La loi du 22 Floréal de l’an VI est passée par là, invalidant les législatives, mais à Usson, le compte est bon !  

Source AD 86 – Série LSUPPL 404.

Illustration Wikipédia : La Salle des Cinq-Cents à St Cloud, par J. Sablet 

mardi 8 avril 2014

Itinéraire d'un ouragan ! Echo à Degrés de Parenté.



Dominique me donne ce matin l'opportunité d'illustrer par l'exemple mes cogitations du billet suivant qui répondra aux passionnantes réflexions de Brigitte.
Commençons donc par l'exemple.
Dominique a déniché une pépite. Un bel ouragan à Thouars en 1751. Elle nous raconte à sa manière, cette nuit particulière du 14 au 15 Mars qui vit aussi naitre le p'tit Pierre JOUBERT. J'aime quand Dominique raconte ses histoires, son style me touche.

Archive Insolite ? Vous avez dit Archive Insolite ? Dans ma p'tit tête depuis l'temps, j'ai une circonvolution rien que pour ça. J'adore ça. Je ne suis jamais allée à la messe, mais j'aurais fait une bonne paroissienne,  j'arrête pas de lire les curés du Poitou ! Ils me régalent.
Direction ma base d'archives insolites.
Catégorie : Ouragans
Date : 1751
Villages : Angliers et la Chapelle Moulière.
En route !
AD 86, Angliers, BMS 1749/1754 page 23/48

 Angliers, le curé raconte : 
La même nuit venant au dit jour depuis minuit jusqu'au matin 
il a fait un vent si violent et si terrible qu'il a fait trembler 
les personnes les plus hardies, a découvert et renversé un grand 
nombre de maisons, a arraché , renversé et ébranlé presque tous 
les ormes des avenues d'angliers, et aussi presque tous les autres 
arbres, noyers, fruitiers, et autres ; de sorte que l'on croyait que 
tout devait périr tout d'un coup. Le même malheur est arrivé 
dans les autres endroits. 
Cet ouragan était accompagné d'un tremblement de terre, de 
tonnerres et d'éclairs, joint à celà, une grande inondation d'eaux 
non pas pendant l'ouragan, mais avant, et après, et aussi la lune 
paraissait toute en feu. on a redressé une partie des noyers et des 
autres arbres fruitiers qui ont résisté en partie. 

A Angliers, c'est la p'tite Magdeleine, la fille de René CLERC et Magdeleine GAILLARD, qui est née en pleine tempête ! Baptisée en coup d'vent le même jour. 

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AD 86, La Chapelle Moulière, BMS 1740/1756 page 87/138

A la Chapelle-Moulière le curé raconte l'ouragan mais bien plus ! 
Au mois d'avril 1751 les habitants de la paroisse 
de Latillé tuèrent deux bêtes ressemblants à un 
loup qui mangeaient les hommes, elles furent 
conduites à l'intendance et on donnait six sols 
pour les voir. 
La nuit du 15 février il fit un vent et un 
ouragan si impétueux que tous les hommes les 
plus rassurés tremblaient, il renversa plusieurs 
maisons, et plusieurs arbres. 
depuis le jour de la toussaint 1750 jusqu'au jour 
de la pentecôte 1751 il tomba toujours de l'eau 
avec des vents et des orages continuels à peine 
sema-t-on les bleds. 
Le bled froment s'est vendu 34l le boisseau à la 
pentecôte mesure de chatellerault et l'autre bled à 
proportion. lavoine 12 l le boisseau. 
au mois de septembre 1751 le froment s'est vendu 
2 ? 8 à chatellerault. 
Monseigneur le duc de Bourgonne est né au mois 
de septembre 1751. 
Le second bateau de l'icotière a été mis sur la rivière 
le 13 9bre 1751. 
A la naissance de monseigneur le duc de bourgonne le roy 
a dotté en mariage douze filles dans toute les villes 
royales, et il leur a fait donné à chacune 300?? 
Ce fut monseigneur levêque de poitiers qui épousa 
les douze de poitiers dans leglise de la pierre levée 
repas fut fait à l'intendance au mois de novembre 1751. 
la dernière nuit du mois de 9bre il fit un grand vent 
avec de grands tonnairs tous les hommes tremblaient mais ils 
n'eurent point de mal. 
Le jubilé de l'année sainte commença au 
mois d'aout et se termina au dernier décembre 
en suivant. 
le dernier jour de l'année 1751 ont été plantés 
les noyers qui sont le long du grand chemin 
au bas de la vigne de la Cure et du cabinet. 
le même jour ont été plantés les noisetiers qui 
forment le cabinet dans la cour de la cure 
au mois d'octobre 1751 monsieur le duc de Richelieu 
maréchal de france fut exilé à son chateau de 
Richelieu. 
Dom Colme? a été nommé à l'abbaye royalle de 
montierneuf de poitiers au mois de novembre 1751. 
à la fin de l'année 1751, le bled froment vallait 
2 ?10 l . Beaucoup de pauvres et de volleurs. 
le cabinet qui est au bout de l'allée de la vigne 
de la cure a été fait et planté les buis 
et les noisetiers le dernier jour de l'année 1751. 

Concentrons-nous sur l'ouragan. Je soupçonne le curé d'étourderie. Il fait le bilan d'une sacrée année, le temps a sans doute brouillé les dates. 
Cet ouragan du 15 Février a eu lieu, à mon humble avis, le 15 Mars ! 
Impossible de le vérifier sur le second registre, il n'est pas mentionné. 
Pas de naissance ce jour-là. 
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Voilà, c'est tout et c'est déjà beaucoup. 
Il y a des matins chagrins, aquoibonistes, faiseurs de plaisantristes, et puis il y a des matins où le vent se lève et où je le laisse m'emmener où bon lui semble. 
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Dominique est une récidiviste, pendant le challengeAZ déjà, elle nous avait régalé sur le même ton avec le T ou avec le I, voire avec le F. 
Dominique !  A quand une petite base d'Archives Insolites, pour passer du conte à l'indexation et revenir au conte ? 
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A bientôt. 

vendredi 4 avril 2014

Céruse Mortelle - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 04/04/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.


Hygiène : un mot qui n’est pas encore au dictionnaire en ce XVIIIème siècle. Néanmoins, les règles de la toilette sont en évolution. La surmortalité infantile commence à poser des problèmes démographiques et nombreux sont ceux qui se chargent de porter la bonne parole. Les pratiques doivent évoluer, l’allaitement, les soins doivent progresser. Il y va de l’avenir de « l’humanité naissante » !
Le nourrisson n’est plus vu comme un être inférieur à peine digne d’intérêt, mais comme un homme en devenir, en construction. Rousseau est passé par là ! Tout naturellement, la presse régionale se charge d’être didactique. En prêchant la bonne pratique à la citadine qui lit, elle espère toucher la femme misérable du village qui l’écoute, changer les pratiques des campagnes où persistent inexorablement les habitudes ancestrales délétères. Ainsi en est-il de cette incroyable usage de la céruse à effet dessicatif sur les irritations des nourrissons et des enfants. La céruse comme pâte à langer de l’époque en quelque sorte.
Or la céruse, nous disent les Affiches, n’est rien d’autre que du plomb et les effets de ce métal lourd sont d’autant mieux connus qu’ils furent décrits dans la région deux siècles plus tôt, d’où l’appelation éponyme des coliques qu’ils provoquent ! Diarrhées, crampes, vomissements, troubles neurologiques, la sémiologie est vaste et grave chez les peintres et les doreurs ! On imagine  sans peine à quel point l’application de ce produit put produire de dégats chez les petits à peau si fragile !
Mais le XVIIIème siècle se méfie encore trop de l’eau, bannie de la toilette depuis les épisodes de peste. En effet, on craint à l’époque, la transmission des maladies  par les pores. Par conséquent, on nettoie en frottant avec un linge sec et on bouche les pores avec la céruse ! Mais jamais on ne lave l’enfant avec de l’eau, au mieux le fait-on quelquefois avec… du vin !

Emmaillotées, les petites mains de l’humanité naissante ne s’accrochent pas encore au sein de leurs mères, encaustiqués, saucissonnés, bras et jambes entravées par les langes, crânes déformés par les bandages, espérons que l’humanité naissante n’attende pas longtemps encore que la lecture du quotidien préféré de la fermière atteigne enfin le foyer où ils tentent miraculeusement de grandir dans une nature si hostile !