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vendredi 20 mars 2015

20 Mars 1798 Fête de la Souveraineté du Peuple !


Votera ? Votera pas ? 

 La veille des élections, le 30 Ventôse de l'an VI et de l'an VII (20 mars 1798 et 1799) fut instituée la Fête de la Souveraineté du Peuple, afin d'inciter le peuple à aller voter !
"Excercer son droit souverain "en faisaint de bons choix, de forcer les ennemis de la paix". 
" Les élections sont la grande affaire des Français : le législateur a voulu les y disposer par une cérémonie religieuse" (François de Neufchâteau, ministre de l'intérieur).
Et la cérémonie eut lieu aussi dans les petits villages de la Vienne. On y convoqua des vieillards, des jeunes filles, on y chanta, on y dansa, on y mangea, on y fit des feux de joie et on y planta des arbres de la liberté....
Et on y vota ! 

"Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français."

Voici le Procès-verbal de la Fête de la Souveraineté du Peuple à Usson en 1798, rapporté dans le livre passionnant de Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne. 

"Aujourd'hui, trente ventôse an six de la République française une et indivisible, nous agent, adjoints, commissaires du directoire exécutif près administration du canton d'Usson, secrétaire et habitants de ladite commune d'Usson en exécution de l'arrêté du 28 pluviôse dernier.
Au lever du soleil une décharge de fusil et le son du tambour ont annoncé au peuple la fête de la souveraineté.
Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français. Le père de famille s'en entretient avec ses enfants et l'époux avec son épouse; tous saisissent l'heureuse révolution qui a renversé le despotisme, la tyrannie et tous les vices qui leur servaient d'appui et a rendu à l'homme ses droits sacrés qu'il n'eut jamais dû perdre, mais qu'il ne se laissera jamais ravir.
A dix heures, tous les citoyens se sont réunis sur la place de la Révolution autour de l'autel de la patrie élevé au pied de l'arbre de la Liberté. Cet autel est orné de verdure, tenant à l'arbre de la Liberté; et on a suspendu un drapeau tricolore autour de l'autel de la patrie et formé une enceinte.
Dix huit vieillards choisis parmi les citoyens les plus âgés de la commune non célibataires, recommandables par leurs vertus civiques, se sont rendus à la maison commune d'où ils sont repartis dans l'ordre suivant, à l'autel de la patrie, chacun d'eux portant à la main une baguette blanche; ils ont été précédés par quatre jeunes gens choisis parmi ceux qui [se] sont distingués par leur attachement à la République; on lisait sur le premier: "la Souveraineté du peuple réside essentiellement dans l'universalité des citoyens (art .17 des droits de l'homme et du citoyen)".
Sur le second, on lisait: "l'universalité des citoyens est le souverain (art 2 du code constitutionnel). Sur le troisième, on lisait: "nul ne peut sans une délégation légale, exercer aucune autorité ni remplir aucune fonction publique (art19 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen) " et sur le quatrième, ces mots: "les citoyens se rappellent sans cesse que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires communales et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République (art 376 de la constitution).
Des détachements de la garde nationale ont précédé et suivi le cortège à la tête duquel ont marché douze jeunes filles vêtues de blanc et ornées des trois couleurs. Elles ont été accompagnées de quelques citoyens sachant jouer de quelques instruments de musique. Ils ont exécuté et chanté ensemble des airs patriotiques. On a ensuite déposé le livre de la constitution sur l'autel de la
patrie. Les citoyens étant rendus devant l'autel de la patrie, les jeunes gens qui portaient les écriteaux et la bannière ont été les planter des deux côtés de l'autel de la patrie. Immédiatement après eux, se sont placés les fonctionnaires publics ci-dessus désignés. La force armée a occupé l'extérieur de l'en-
ceinte.
La cérémonie a commencé par un chant analogue à la fête et par des hymnes patriotiques. Les vieillards se sont avancés ensuite au milieu de l'enceinte et ont réuni leurs baguettes. Ils en ont fait un faisceau qu'ils ont lié avec des bandelettes tricolores.
L'un des vieillards a monté sur les degrés de l'autel de la patrie et adressé aux magistrats les phrases suivantes: "La souveraineté du peuple est inaliénable. Comme il ne peut exercer lui-même tous les droits qu'elle lui donne, il délègue une partie de sa puissance à des représentants et à des magistrats choisis par lui-même ou par des électeurs qu'il a nommés. C'est pour se pénétrer de l'importance de ce choix que le peuple se rassemble aujourd'hui".
Le citoyen agent de la commune présent a répondu par les mots:"le peuple a su, par son courage, reconquérir ses droits trop longtemps méconnus, il saura les confirmer par l'usage qu'il en fera; il se souviendra de ce précepte qu'il a lui-même consacré par sa charte constitutionnelle que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République.
Aussitôt après, il a été donné lecture de la proclamation du directoire exé-
cutif du 28 pluviôse. La cérémonie a été terminée par des chants patriotiques."


Source :  Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne.
Source : AD 86 Série L41. 

Autres villages mentionnant la Fête de la Souveraineté du Peuple : Buxcrolles - La Chapelle Moulière - Dissay - Iteuil - Lhommaizé - Mon-contour - Montamisé - Moulismes - Morthemer - Neuville - Salles en Toulon - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin - Usson - Verrières. Moulismes - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin

jeudi 10 avril 2014

Contestation électorale à Usson - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 10/04/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

Elections, bâtons et cornemuse à Usson !
Le premier Germinal de l’an VI, on vote à Usson !
L’assemblée primaire, formée des citoyens « actifs » du canton, va élire parmi ses membres, ceux qui renouvelleront  un tiers du corps législatif composé du Conseil des Cinq-Cents et de celui des Anciens.
La campagne électorale fait rage dans notre petit coin du Poitou. An VI, 1798, Directoire, Ière République. Les émigrés sont revenus, le droit de vote modifié en 1795 est restreint à 30 000 propriétaires, on essaie d’oublier la Terreur et les Tribunaux révolutionnaires ont rendu l’âme. Pendant que Bonaparte bataille et gravit les échelons, la Première République ne sait pas encore qu’elle va faire place au Consulat.
A Usson, dans les jours qui précèdent le scrutin, des réunions discrètes, des diners s’organisent. On dirait que ça complote chez Vallée l’aubergiste ! Ce jour-là parait-il, on y a vu Hubert, Imbault et Largeau réunis avec une trentaine de personnes, la veille du vote ! On a entendu l’un d’eux  s’enflammer bien avant le dessert,  et réclamer «  que ceux qui n’ont pas de culotte sortent ! » On a bien compris que le groupe avait pour projet d’envoyer Vallée le Jeune, Largeau et Gorin en grands électeurs. Ces trois-là, et aucun autre !
A-t-on soudoyé les électeurs ? Il semble qu’on ait vu quelques billets circuler sous les tables…
Le premier Germinal, tous les chemins du canton mènent à Usson. On va voter à pied, et la route est longue. En guise de profession de foi, plus efficace que les mots, les militants offrent un p’tit verre d’eau de vie… Puis un autre, un peu plus loin. A l’assemblée primaire, tout le monde arrive en titubant.  Directoriaux, jacobins, royalistes autant que « douteux », mais on ne sait plus très bien qui penche à droite et qui à gauche !
 Cependant  certains ont remarqué ce groupe d’une trentaine de personnes, venant de St Secondin, avec à leur tête notre trio. Tous diront qu’ils sont entrés en masse, un bâton sur l’épaule et une cornemuse en tête de cortège.  Qui a bousculé Rouil ? Qui lui a dit « Je ne veux pas que tu votes ni même que tu parles ! ». Lui prétend que c’est Imbault et sa bande ! Qu’ils l’ont empêché de voter, chassé de l’assemblée et qu’ils ont acheté le suffrage des autres !
Rouil le sans-culotte craint pour ses arrières et dépose plainte. On admet bien des dérapages, le paiement de quelques écots, des réunions un peu houleuses, des élections un peu arrosées. Mais franchement, il n’y a pas de quoi en faire une affaire d’état. Thibaudeau, le président du Tribunal Criminel, acquitte notre trio. La loi du 22 Floréal de l’an VI est passée par là, invalidant les législatives, mais à Usson, le compte est bon !  

Source AD 86 – Série LSUPPL 404.

Illustration Wikipédia : La Salle des Cinq-Cents à St Cloud, par J. Sablet 

dimanche 25 mars 2012

Le Crime d'Usson 1893 - Echo à la Pissarderie - Les petites Affaires criminelles de la Vienne.


Nouvelle petite affaire Criminelle de la Vienne  en ligne ! 
1893,  Usson, sombre assassinat de Marie Clément et Louise Elias. 
Nous voilà à la fin du 19ème siècle, les familles se déchirent pour peu de biens, les économies dorment encore dans les armoires, attisant les envies, les jalousies, les vengeances. La violence est là quotidienne, domestique, conjugale. Le mensonge, la tromperie, tout se sait, tout se tait, menant doucement et surement à l'explosion d'une haine silencieusement murie...
L'enquête, rebondissements, dénouement, protagonistes,  tout est à la Pissarderie, avec compléments généalogiques en bonus afin que chacun puisse y retrouver les siens. Bonne lecture à tous et un grand merci à Sébastien Pissard pour ce nouveau partage !