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mercredi 25 février 2015

Un 25 février à Andillé.


Noyade à Andillé. 

Le vingt sept fevrier mil sept cent cinquante neuf a este inhumé dans
le cimetiere le corps de Jean Botereau le fils maréchal agé de trente deux
ans décédé de la veille dans la rivière du Clain ou on la trouvé noyé
par accident en passant le gué de lisle sur sa jument nayant pu recevoir
aucun sacrement de leglise lequel a esté pesché en présence du greffer
de Mr de Bernay qui en a fait son procès verbal sur la prairie de lisle
ont asiste à son entrerrement son père son épouse ses soeurs et beaufrères

et plusieurs autres parents et amis Gazil prieur et curé d'Andillé

mercredi 30 avril 2014

Le Poitou a tremblé - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 30/04/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.
A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?
A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.
1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes. En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !
La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.




jeudi 31 octobre 2013

Abracadabra !


Juste avant de partir en virée,
 perchée sur mon balai,
 je remets à l'honneur cet inventaire à la Prévert 
de nos sorcières du Poitou ! 
Avec une de mes illustrations fétiches. 


La Sorcellerie au féminin
  • AMALRIC Madeleine - (1599) - Montmorillon (86) : Sorcière qui allait au sabbat et qui accusée de onze homicides fut mise à mort à 75 ans dans la Baronnie de la Trimouille. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège roya de Montmorillon en 1599 page 49)
  • CHASTENET Léonarde - (1599) -  Montmorillon (86) : Vieille femme de 80 ans, mendiante en Poitou vers 1591 et sorcière. Confrontée avec Mathurin BONNEVAULT qui soutenait l'avoir vue au sabbat, elle confessa y être allée avec son mari et que le diable qui s'y montrait sous forme de bouc, et était une bête fort puante. Elle nia les maléfices dont on l'accusait. Cependant elle fut accusée par 19 témoins d'avoir fait mourir cinq laboureurs et plusieurs bestiaux. Condamnée, elle confessa avoir fait un pacte avec le diable, lui avait donné de ses cheveux et promis de faire tout le mal qu'il ordonnerait. La nuit le diable venait la voir dans sa prison sous forme d'un chat. Elle dit à ce chat qu'elle souhaitait mourir. Le diable lui présenta des morceaux de cire, qu'elle devait manger pour disparaitre. Mais elle n'osa le faire. On analysa les morceaux qui gardèrent leur mystère. Elle fut brulée avec ses morceaux de cire. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège roya de Montmorillon en 1599 page 49)
  • GARAUDE Andrée - (1475) -  Noirlieu (79) : Brûlée vive en 1475 à Bressuire, elle avait 56 ans, veuve depuis 18 ans et avait  passé quelques mois au service d'un bourgeois à Poitiers. Elle Participe à de nombreux sabbats nocturnes qui regroupent trente à quarante personnes. Accuse Jeanne SEGUINELLE femme de Nueil de l'avoir entrainée.  Sur commandement du diable " a pissé troys foiz ou bénister et fait deux foiz sa grosse matière" en la nef de l'église de Noirlieu !  Fabrique un petit voeu de cire qu'elle place à la porte de la chambre du valet du seigneur de Noirlieu. "incontinent mal luy prinst tellement qu'il ne povoit riens faire ne boyre ne manger que bien peu". Elle enlève le voeu et procède au désencorcellement.  Elle envoute le vicaire de Noirlieu avec un voeu de Jeanne THORU de Boesse, elle le désencorcelle en le lavant. Elle envoute le frère de Jean LECOMTE à Poitiers, Micheau qui l'avait traitée de vieille. Mais elle n'enlève pas le voeu et Micheau meurt (ordre du diable).  Empoisonne avec des poudres la chèvre de Jean THORU à Noirlieu. 
  • GIRAUDELLE - (XVème siècle) - Chaillé (85) : Vieille femme qui garde les troupeaux aux champs. fabrique un voeu pour  nuire au prieur de Chaillé et le fait baptiser par un prêtre de Tablier. Le prieur a du mal à mourir, elle en appelle aux démons, le toit de la maison du prieur s'écroule... Le prieur survit et confie son aventure à Jean VINCENT Prieur de Moutier qui écrira un ouvrage sur les arts magiques.
  • L'EFFRAYEE Thomine - (1458 ) - Andillé (86) : 60 ans veuve, a volé un bonnet chez sa patronne.
  • LEPREUSE anonyme - (XVème siècle) - Vaux (86) : Elle transporte des têtes de couleuvre et autres ingrédients, on l'enferme avec d'autres lépreux accusés et on brûle la coupable.
  • MOREL Jeanne - (1401) -  Velluire (85) : Veuve de Jean JOULAIN au Gué de Velluire a volé une oie et une paire de chaussures. Convaincue d'avoir envouté et fait périr plusieurs personnes. 
  • ROULLETTE Jeanne -  (1475) - Fontaine le Comte (86) : Veuve, plusieurs enfants dont deux filles à marier. Femme de J. GAVAY pauvre bonne femme. Accusée par son voisin Jean GAUVRIEL. Mais on lui rend justice  le 24 mai 1476 devant la Cour du Sénéchal de Poitiers.
  • DE VALESA Peronelle -  (1314) - Poitiers (86) : Sortilèges contre Jean de CHERCHEMONT chanoine de Ste Radegonde à Poitiers. Exécutée  à Paris en 1314. 
  • YVENASGE Marie - (XVème siècle) - Loudun (86) : Fait mourir par le poison personnes et bêtes.

La sorcellerie au masculin
  • BETUIS DE LA GARINIERE Lucas -  (1469) - Commequiers (85) : Homme ivrogne blasphémateur, injurieur de personnes. Se sert de venins et poison de poudres. Frappé mortellement par Jean FAVEREAU laboureur de la Garinière, paroisse de Commequiers, reconnait avoir fait mourir le grand-père, le père et le beau-frère et un des enfants FAVEREAU.
  • BOBIN Nicolas - (1599) - Montmorillonn(86) : Confesse qu'il va au sabbat et se donne au diable qui lui fait renier Dieu et ses parents. Le Diable prend l'allure d'un homme noir, à la voix cassée. Il vient en homme ou en bouc. Bobin va au sabbat porté par le vent. Il utilise des poudres pour mal faire. Il porte la marque du diable sur l'épaule. Bobin donne et guérit au nom du Diable, et qu'il fait mourir parfois. (Source : Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tirés des procès criminels jugés au siège royal de Montmorillon en 1599 page 49)
  • CAMUS Pierre (1377) - Champeaux (79) : Homme de conversation déshonnête, prenait pain et volaille chez les gens, savait détourner n'importe quelle femme du devoir ! 
  • DU LiGNON Berthomé - (1599) - Montmorillonn(86) : Avoue que son père l'a mené au sabbat dès sa jeunesse. A promis au diable son âme et son corps. A participé au grand sabbat de la St Jean dernière. Le diable un bouc  noir, lui donne quarante sous à chaque sabbat ainsi que des poudres pour faire des maléfices.
  • GABILLEAU Guillaume - 1497 - St Romain (86)
  • GUERINEAU Thouars - (XVème siècle) - Thouars (79) : Louise BRUNELLE  lui refuse de la pâte pour faire le pain et tombe malade. Voit mourir son fils du même mal en cinq ans.
  • GAVAY Jean - (XVème siècle) -  fils de sorcière, sa mère fut emprisonnée comme sorcière sa femme fut aussi accusée et emprisonnée. Familles de sorciers
  • DE LURE Guillaume dit HAMELINE - (1453) - St Benoist - (86) : Moine convaincu de sorcellerie.
  • DE MONTSORBIER Guillemot - (1429/1430) - Gençay (86) : Demande l'intervention de maître Thomas PELET pour lui confectionner un voeu de plomb en certains points des planètes, que PELET fait baptiser à St Porchaire de Poitiers. (AD 86 3H 1/725)
  • MATIVER Messire - (1446) - Lussac Mazerolles (86) : Prêtre chapelain à Lussac pour le seigneur de Mortemer et curé de Mazerolles, convaincu de sorcellerie, et accusé de plusieurs adultères, agressions et vol de nuit à la tête d'une bande. Il fait des voeux, les baptise, les débaptise "au nom de l'ennemi et pour nuire à autrui".
  • PANCEREAU Jean - (XVème siècle) - Courlay (79) : Vit au village des Marchais paroisse de Courlay , marié 60 ans, maquignon en conflit avec ses voisins. A son procès Jean POITEVIN médecin affirme que tous dans sa famille sont sorciers. Jean DE LA FAYE compère sorcier de Jean PANCEREAU. PANCEREAU utilise des poisons. Nombreux témoins à charge et victimes. SUITREAU Jean, meunier de l'Ebaupin, 30ans empoisonné; Au total de ses victimes, 25 personnes, cinq taureaux, cinq boeufs, seize vaches, un cheval un âne, vingt quatre porcs, cent quarante brebis, et dix huit essaims d'abeilles. Frappe sa victime sur la main le dos ou le cou en prononçant les paroles "par le sang de dieu". Autres maléfices : Fontaine pleine de grenouilles mortes;

 Les villages Sorciers du Poitou

  • Mazerolles (86)
  • St Romain (86)
  • Andillé (86)
  • Thouars 
  • Bressuire
  • Mauléon
  • Commequiers
  • Tiffauges
  • Fossay
  • Montmorillon
  •  
Sources :
Dictionnaire Infernal par J. Collin de Plancy : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5754923d
Persée quelques procès criminels au XVIIème : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1965_num_123_2_449706_t1_0637_0000_2
La Sorcellerie en Poitou : http://huysmans.org/poitousorcellerie.htm
La sorcellerie en Poitou par Robert Favreau. http://books.google.fr/books/about/La_sorcellerie_en_Poitou_%C3%A0_la_fin_du_Mo.html?id=vOj7OAAACAAJ&redir_esc=y