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jeudi 17 février 2011

Mourir à Vivonne 1818/1824 - Analyse Globale.

Voici quelques petits tableaux permettant d'exploiter les précieux renseignements fournis entre 1818 et 1824 par Monsieur Enard, officier d'état civil à Vivonne .


Ci-dessus, la répartition mensuelle de la mortalité au cours de ces 6 années.
Variation de la mortalité en fonction des saisons, avec des pics en janvier, avril, septembre...

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 Parmi ces données, quelques périodes que nous analyserons plus précisément dans le billet suivant car elles correspondent à des pics de mortalité inattendus.

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Répartition des pathologies par classe d'âge.
Une petite immersion sémiologique dans les manuels du XIXème siècle a permis de trier toutes ces maladies mystérieuses (Exquinancie et autres hidropisies) en catégories (maladies digestives, broncho-pulmonaires, cardiovasculaires etc...)
Le tableau ci-dessus récapitule les pathologies par fréquence et par classe d'âge.
-Tout d'abord, peu d'accidents et de crimes à Vivonne ! On n'en compte qu'un par an.
- Une évidence : ce sont les enfants qui meurent le plus : 169 décès entre 0 et 14ans soit 48,6% des décès ! Je reviendrai en détail sur la mortalité maternelle et infantile.
La première cause de mortalité est pulmonaire (57DC), suivie de près par les fièvres dont certaines ont sans doute la même étiologie.
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Classe pathologique en fonction du sexe.
Si les fièvres et les maladies pulmonaires touchent nettement plus d'hommes que de femmes, elles restent la première cause de mortalité dans un sexe comme dans l'autre. Ce qui peut être qualifié de maladie cardio-vasculaire (beaucoup sont des pathologies oedémateuses un peu mystérieuses) est par contre nettement féminin.
En matière de vieillesse à Vivonne, on est d'autant plus "décrépi" qu'on est une fille ;-) Les vieux messieurs, eux, ont bien plus souvent droit à une étiologie plus précise lorsqu'ils meurent très âgés...


Voilà pour une première et modeste analyse.

 Je ne suis pas un as d'Excel, et j'ai niveau bac +36 ans de poussière sur mes compétences en statistiques... sachant que j'ai eu mon bac "C" grâce à la philo.

N'étant pas très forte en histoire de France non plus, tous les spécialistes, à même d'enrichir l'étude sont bienvenus !

Bref, je demande  l'indulgence des grosses têtes du jury ;-).

Je  précise à ceux qui souhaiteraient tenter l'aventure, qu'Excel refuse les voyages dans le temps, le XIXème siècle, n'est pas une date...

 J'ai la chance d'avoir à la maison,  un AS d'Access à ma disposition, que le sujet, de surcroît,  a intéressé et qui a eu la gentillesse (moyenant quelques p'tites récompenses gourmandes) de mettre tout ça en tables, de me lier les tables afin de répondre à de sorcières requêtes.

Dans les posts qui suivront, on se penchera sur

- la mortalité des enfants

- les pics de mortalité sur Vivonne

- Et tout ce qui me viendra à l'esprit.

A vos remarques et commentaires !
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

mercredi 9 février 2011

Mourir à Vivonne 1818/1824



C'est le sixième jour de Mars 1818, en rédigeant l'acte de décès de Catherine Proust que l'idée vint à Monsieur Enard, maire de Vivonne, d'indiquer sur la foi des déclarations de l'officier de santé, la cause du décès de ses compatriotes. Systématiquement et précisément, à chaque fois, pendant un peu plus de six ans.

Monsieur l'maire était-il ami des toubibs du coin ? Etait-il lui même, friand de science, de médecine, c'est à voir.



Toujours est-il  que la particularité de cette tranche d'état civil valait largement un travail de dépouillement appronfondi et un modeste début d'analyse.

Le dépouillement des DC de Vivonne de 1818 à 1824 en ligne.



Après avoir un peu travaillé la sémiologie du XIXème siècle, il a été possible d'établir quelques éléments statistiques, d'identifier quelques anecdotes, bref de faire vivre ces décès.









Catherine Proust est  morte de phtisie pulmonaire, c'est à dire de tuberculose. Jusque là facile, tout le monde suit, ce n'est pas à vous qu'on a besoin de souffler que c'est une tuberculose. Mais quelquefois ça se complique.

Petit résumé rapide, car on ne prépare pas encore le concours d'officier de santé.



Les affections pulmonaires sont fluxion de poitrine, consomption, catarrhe pulmonaire, phtisie....



Les maladies vermineuses, sont sans doute souvent parasitaires (on ne connaissait pas les vermifuges) ou autre, le terme semble largement utilisé dès qu'un enfant présente une affection autre que pulmonaire.



Les fièvres sont cataloguées à la Prévert : scorbutiques, putrides, vermineuses, adinamiques, remittentes, ataxiques, cérébrales, lente, catarrhales, bilieuses, ataxiques, asthéniques, elles sont aussi quartes, tierces...



Les affections générales sont mal définies, encophlegmatie, leucophlegmatie.

Les affections cardiovasculaires sont associées à des oedèmes, hidropisies, anasarques, le coeur fatigue, la tension monte, ça gonfle et on ne sait pas lutter contre.



Les affections gastro intestinales sont variées, les diarrhées sont asthéniques.

Certaines affections restent bien mystérieuses, si les exquinancies sont des amygdalites, mais que sont ces dépots à la tête, qu'y a-t-il derrière les métastases de la poitrine ?



Le grand âge a son cortège d'affections spécifiques langueur, caducité, décrépitude, vieillesse...



Quant aux tout petits, s'ils ne sont pas mort-nés, ils décèdent des suites de naissance, ou systématiquement qualifiés prématurés, ce qui signifie que l'enfant est mort trop tôt, et non pas né trop tôt, comme on l'entend aujourd'hui. Parfois, on soupçonne une malformation évidente à laquelle le décès est rapporté, ou un accouchement particulièrement difficile.

Les premiers jours passés, il faudra craindre les cocluches, les asthme, les rougeoles.

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 Je vous laisse digérer...



Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !