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mercredi 4 septembre 2013

De la rage à la plage - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 04/09/2013.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.
Le loup d'Arçay - De la rage à la plage. 1725.
C'est le 6 Mars 1725, que la bête fait sa première victime. Féroce, enragé et solitaire, elle s'attaque dans le marais à un gamin de quinze ans et le dévore.
Tard dans la soirée du lendemain, elle revient à la charge, toujours solitaire et encore plus déchaînée. Dans les maisons de Briande, au village d'Arçay, elle s'attaque aux chiens et aux gens. Gabillon, sa femme, le valet de la Ronde et d'autres sont blessés, gravement.
L'animal est enragé, les morsures sont graves. Le temps presse.
A l'époque, contre la rage, une seule chance d'éviter l'issue fatale : les bains de mer et le sel. Le traitement connu depuis l'antiquité est recommandé depuis le XVIème siècle.
Des laisser-passer sont octroyés aux malades, afin qu'ils rejoignent au plus vite l'océan.
Nos villageois prennent la route sans tarder.
Gabillon qui est trop gravement blessé reste sur place.
Accompagnée de ses frères, sa femme, ainsi que Cabamier et le valet de la Ronde prennent la route.
Mais la route est longue, trop longue. La femme Gabillon affaiblie par la fièvre ne peut poursuivre. Ses frères la déposent à l'hôpital de Fontenay-le-Comte, à 100 km d'Arçay.
La femme Gabillon y meurt seule, huit jours avant son homme laissé à Briande.
Le reste de l'équipage poursuit sa route, Cabamier et le valet de la Ronde atteignent enfin la plage, probablement celle de l'Aiguillon.
Epuisés.
Il est hélas trop tard, le mal a fait son oeuvre.
Ils meurent tous deux en découvrant l'océan.

Source AD 86 - Arçay _ 1713/1732 pages 65 et 66

Accident funeste le mardy six mars mil sept cent vingt
cinq un loup enragé dévora un garçon de quinze ans dans le
maris de Vignole de la.. La nuit suivante il revint sur les 
onze heures du soir dans les maisons de briande où il mordit le
nommé Gabillon et sa femme batit les chiens, et encore a
mordu plusieurs personnes, un valet de la ronde et autres qui sont
allés à la mer. 

François Gabillon âgé de quarante six ans est
décédé après avoir reçu les sacrements et a esté
inhumé dans le cimetière le mercredy dix huit avril
mil sept cent vingt cinqu sa mort causée comme est dit de
l'autre part par la morsure d'un loup enragé. Il ne put
aller à la mer tant ses playes estaient dangereuses sa
femme y alla mais ne put s'en retourner, elle fut laissée
par ses frères qui la menèrent à l'hôpital de fontenay
le Conte où elle est morte de la maladie de rage huit jours
avant son dit mari qui en est aussi mort. le nommé friture
Cabamier qui estait aussi allé à la mer en est aussy mort et
aussy bien que le valet de la ronde.



mardi 29 novembre 2011

Ragon le farinier et la louve enragée de Pissotte Vendée. 1785.



La rage sévit dans le Poitou. A Pissotte, près de Fontenay-le-Comte, une louve atteinte fait des ravages, dans les troupeaux et dans la population. A tel point qu'un abonné des Affiches du Poitou adresse une lettre à son journal préféré pour lui signaler les faits. Correspondant local en quelque sorte. L'hebdomadaire relaie les faits racontés par M. de Mouillebert. 


Lettre de M. de Mouillebert du Poirou. 
Les évènements malheureux arrivés, M.., dans la paroisse de Pissot et aux environs peuvent me semble trouver place dans vos affiches, étant intéressant pour des voyageurs de les mettre à même d'éviter des accidents aussi funestes que sont ceux de M. Jourdain curé de Pissot, ma fait le récit dans la Lettre suivante :



...Le mardi après Pâques, une louve enragée s'est jetée sur un homme de la paroisse de Mervent, à demi-quart de lieu de la Paroisse de Mervent, ... l'a mordu au visage, aux mains; il est mort enragé  au bout de quelques jours. Un berger l'apercevant s'est mis ventre à terre et s'est couvert le visage; la louve mordait ses hardes avec fureur et l'aurait vraissemblablement dévoré, si quelques hommes, accompagnés de chiens, n'eussent passés par hasard.  Dans le même temps, un farinier, nommé RAGON, rencontra la louve ; il combattit vaillamment avec un homme qui l'accompagnait ; un coup de bâton lancé porta malheureusement sur une branche ; la louve le mordit à la cuisse et lui fit quatre ou cinq trous, celui-là n'en n'est point mort, je crois que la raison est que la louve ayant mordu au travers d'une culotte fort épaisse, l'écume ou si vous voulez la morve n'ayant point atteint la peau, n'a pu communiquer son venin, et cette circonstance peut être fort favorable au meunier. 


C'est lui qui a terrassé la louve, huit ou dix des habitants l'ont à la vérité tuée avec fusils et fourches , mais elle avait perdu une partie de ses forces. 

Beaucoup de bestiaux du voisinage ont été mordus ; ceux-ci en ont mordu d'autres et cela a produit de mauvaises fuites ; on a tué dans la paroisse cinq boeufs, quelques chiens et quelques vaches ; l'on vient de me dire que deux autres boeufs de Saint-Luc sont menacés de cette maladie. M. Bonamy a fait faire une chasse ; les dispositions en étaient très bonnes, mais l'éxécution n'a pas répondu ; les paysans, manquant de chefs, se sont dispersés, sans avoir rien tué.  Malgré les défenses réitérées, nos paysans laissaient leurs bêtes mortes sans les mettre en terre, et la nuit les loups et les chiens les mangeaient à demi pourries. Celà seur peut produire le mal dont on se plaint. 
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A la fin du registre de 1785, le curé Jourdain du village de Pissotte raconte l'épisode de la louve enragée. 1785 est de plus une année de disette...

Dans cette année
 une louve enragée a fait
 beaucoup de ravage dans cette 
paroisse et celle Mervent (?)
Deux hommes qui en ont
été mordus et lavaient terrassé
sont morts on a perdu
et été obligé de tuer
Dans ma paroisse sept ou 
huit boeufs  sept ou huit vaches
sept ou huit juments
tous ces malheurs joints à la 
Disete ont produit une année
très malheureuse le nombre
des pauvres était infini
beaucoup de métayers et bordiers
ont été forcé de demander 
l'aumone....


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Le Mardi 5 avril 1785 Pierre Dieumegard  meurt à Mervent
Jean Gelot 21 ans lui est mort le 28 mars. 
Peut-être les deux décès dont parle notre correspondant. 
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Le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest guide ma quête des loups. Le Lieutenant Colonel Chevalier Ruffigny (3ème Série) répertorie dans son article quelques dossiers des archives traitant des loups. La Cote C66 nous apporta hier l'excellente surprise d'un relevé nominatif qui sera progressivement dépouillé. 

 C'est sur ce relevé que nous retrouvons l'épisode de Pissotte, et l'on voit que le bénéfice de la chasse ne revient pas au farinier Ragon seul, mais à l'ensemble des villageois qui ont pris part à cette chasse. 
 Les références des Affiches du Poitou, nous permettent aujourd'hui de réunir tous les éléments de cette terrible histoire de louve enragée. 
La rage est là indubitable, et en période de disette, on ne sacrifie pas facilement le bétail. 
Les loups mordent, certes, mais les chiens aussi. 
Monsieur Mouillebert, conscient des mesures de prévention et d'encadrement de l'épidémie (mise en terre des cadavres, sacrifice des animaux atteints, isolement) peine à obtenir leur mise en place par les villageois...

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Sources : BSAO 3ème série, ADV C66, AD de la Vendée.