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jeudi 19 mars 2015

L'eclipse annulaire du 11 janvier 1777 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/03/2015



Pour le prix d'une éclipse vous trouverez une aurore boréale ! 

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Eclipse de Soleil
Le vingt mars 2015, le spectacle sera dans le ciel, et l’éclipse sera totale.  Au fil des siècles, le soleil eut souvent rendez-vous avec la lune, mais la mention de l’observation de cet évènement reste à trouver dans les registres paroissiaux d’un curé féru d’astronomie. Heureusement, le quotidien régional du XVIIIème siècle, « les Affiches du Poitou », décrit avec précision le phénomène observé à Saint-Maixant, le 9 janvier 1777. L’éclipse y est qualifiée d’annulaire et comparée à celle fort fameuse qui  fut visible dans le Poitou le 1 avril 1764. 1777, 1764, deux pistes à suivre. Paléographes, à  vos lunettes astronomiques, la chasse à l’éclipse dans les archives paroissiales reste ouverte !
De St-Maixant,, 11 Janvier. L'Eclipse de Soleil, annoncée pour le 9 de ce mois, a été très sensible ici, à 3 h. 45 min. de l'après-midi : l'air était fort serein, le vent à l'est, l'immersion s'est manifestée, les rayons du soleil éclipsés. On présume que l'Eclipse a été annulaire. Il semblait qu'on distinguait un anneau de lumière répandu autour de la Lune. Dans l'instant de la conjonction des disques, on a aperçu un nuage de feu fort léger qui a couvert les deux globes pendant une minute. Les rayons du soleil ont ensuite commencé à darder du côté du couchant, la partie supérieure du soleil restant obombrée. Ce nuage de feu s'est ensuite métamorphosé en une espèce de rideau brun, qui laissait à peine apercevoir l'interposition de la lune sur la moitié du globe du soleil. A trois fois différentes le disque de cet astre n'a point répandu de rayons, et alors on croyait voit le jeu d'un prisme, toutes les couleurs se manifestaient à la vue. A 4 heures précises, un nuage obscur a dérobé la suite de l'Eclipse, et à l'instant le vent est venu sud-ouest. Il y a eu pendant toute la nuit une espèce d'ouragan, et le dégel a suivi. Il tombe depuis hier matin une petite pluie fine en forme de rosée ; le vent tient toujours au sud. Il en arriva autant lors de la fameuse Eclipse du 1 Avril 1764, que l'on ne put reconnaître ici à cause d'un brouillard considérable. On a toujours remarqué qu'il venait de la pluie à la suite des Eclipse de Soleil.

 Source : Affiches du Poitou - n° 5 du 30/01/1777, p. 19
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jeudi 18 décembre 2014

Une estoille extraordinaire - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 18/12/2014

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

En cette fin d'année 1664, la France lève le nez vers le ciel. Pour les puissants comme pour les misérables, du roi Soleil au curé de Leugny, le spectacle est là, inoubliable. L’abbé Godin dépeint pour nous « la grande Estoille » qui illumine ses insomnies. Devine-t-il dans cette lueur, un message du passé ? Soupçonne-t-il qu'on y cherchera 350 ans plus tard, la clé de la vie sur terre ? Ose-t-il s'imaginer dans un futur lointain, un petit robot nommé Philae, à l’énergie poitevine,  posant sa main de fer sur l'une de ces inaccessibles étoiles ?
Qui sait ? Godin note, transformant son registre en journal des astres.
"Cette année 1664 a été remarquable par une "estoille extraordinaire" qui a commencé de paraitre par toute la France dès le commencement de novembre et a duré jusqu'à la fin de décembre, se levant sur les une à deux heures après minuit…. un peu au-delà du tropique du Capricorne."
En 1664, de cette localisation précise, les astrologues prétendent encore déduire le futur : la sécheresse, la guerre, la peste, la mort des puissants...
A Leugny, la contemplation s'étire tout au long des nuits d'insomnies du curé :
"Et  pendant le temps clair on la voyait  jusqu’à  ce que le jour  par sa lumière cachât l'étoile … aussi quand son coucher arrivait sur ce temps-là, elle était au-delà du zodiaque vers le pole antarctique … "
Regardons-la d'un peu plus près, cette comète anonyme :
" La comète était un peu émoussée ce qui la faisait paraitre plus grosse que les autres, et poussait
vers la droite, entre le septentrion et le couchant, une queue fort longue, et plus brillante que
l'étoile même, s'écartant sur sa fin à la façon de la queue d'une hirondelle."
La queue d'une hirondelle ? Ce n'est sans doute pas un mauvais présage ! La queue d'une hirondelle c'est une sorte de triangle, et dans le triangle d'une queue de comète, les astrologues voient le génie et le savoir. Mais peu importe à l'abbé Godin les présages des astrologues, nulle mention de la colère de Dieu, l’observation seule s’inscrit pour mémoire !
"Ses causes et les présages  qu’elle signifie seront déclarés par les  astrologues ..."
Mais une comète peut en cacher une autre, suscitant l’enthousiasme de notre savant curé, dans le paragraphe suivant !
« Au commencement de l’an 1665, il parut encore une autre comète, sur le jour couchant, un peu plus avancée que la Cassiopée Poussinière et pas du tout si élevée sur mon horizon, dont la queue regardait le levant… »
Etait-ce la même ou bien une autre ?
Avec l’observation de la comète de 1664, la connaissance avance. Cassini commence  à en comprendre la trajectoire.  20 ans plus tard, il accueillera à l’Observatoire Royal de Paris,  le jeune Halley,  qui, en étudiant  sa comète éponyme, percera le secret de la trajectoire elliptique et saura calculer la périodicité de ses passages.
Hélas, en cette année 1680, nulle poussière d'étoile ne brille dans les registres de Leugny...

Source : Archives de la Vienne.

Illustration : Gallica BNF

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La même comète vue en Anjou, racontée sur le blog Feuilles d'Ardoises