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samedi 26 septembre 2020

Charlie du siècle des Lumières - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 15/01/2015.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


Chercher Charlie à travers l’archive.
A la lueur du cierge qu’ils brandirent en réparation publique des outrages faits à l’Eglise, trois Charlie du siècle des Lumières  éclairent à leur façon le chemin de croix qui mena la patrie de Voltaire vers une République laïque. Une République laïque dont il faut aujourd’hui, sans souffler sur les braises, raviver la lueur et protéger la flamme, en ce janvier 2015 de larmes et de rage.
Palsembleu ! Au catalogue de l’insolite, nos mécréants d’archives paroissiales sont rares : une possédée, une réparation publique, un blasphème.
Nom d’une pipe à Thuré ! Pour Françoise TOUDON, « possédée du diable de son vivant », le curé étouffe sagement les braises et l’enterre sans autre forme de procès en 1657. A l’époque des buchers, il est des curés qui doutent. Françoise est la seule sorcière du Poitou croisée à ce jour dans un registre paroissial…
Diantre à Mauprévoir ! Ce 27 avril 1757, qui peut imaginer ce qu’à bu François de Lousme !  Sacré mécréant le p’tit François, qui, confondant le clocher avec le cabaret causa scandale en « vomissant dans l’église pendant la messe et au terme de la consécration du vin »… « Pour en avoir trop bu ». Au village sans prétention, jarnicoton, il attrapa mauvaise réputation et à ce sacrilège, le curé imposa « réparation publique ». L’histoire ne dit pas si le fils de Lousme se présenta en titubant, devant l’autel de Saint Antoine pour honorer Dieu. Il s’y agenouilla et brandit à la main, tout le temps de la messe, un cierge allumé sous le regard courroucé, du curé, du bedeau, des bigottes et sous les rires étouffés des enfants de chœur…  Bigre ! François de Lousme n’était qu’une petite teigne, et son père dut payer l’amende d’une livre de cire en réparation. Il lui donna sans doute du bâton en consolidation de sa mauvaise éducation.
Jarnicoton à  Châtain ! Dans notre douce France, cinquante ans avant l’ère révolutionnaire, le blasphème est un crime passible de mort. Le curé offusqué de cette petite paroisse tient à témoigner de l’outrage pour les générations futures. En 1739, voyez cet Antoine Chaumont que l’ecclésiastique nous met à l’index. Il n’est plus tout jeune, 68 à 70 ans. Aimait-il comme ce patriarche du crayon, la chair dans toute l’étendue de son doux champ lexical ? On a plaisir aujourd’hui à l’imaginer en Charlie débonnaire, le vieil Antoine qui « blasphéma sous la colère le nom de Dieu »! Le serviteur en soutane n’entre pas dans les détails de cette fureur prérévolutionnaire, mais elle entraina les foudres de l’ecclésiastique comme celles de l’honorable écuyer de son village.
Sapristi dans la Vienne du XVIIIème ! Voyez nos sorcières mises à l’index, nos  mécréants à genoux, nos curés offusqués ! Le papier est encore rare, l’art reste académique,  le dessin de presse n’est pas encore né et c’est dommage car tous ces fantassins du Chevalier de la Barre ne sont-ils pas à croquer ?


Source : Archives de la Vienne. Registres paroissiaux. 

mardi 3 septembre 2019

Des violences d'un autre âge - Lulu Archive dans Centre Presse -

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. Article rédigé en 2014.

Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale.
Elle se déchaina atrocement ces dernières semaines dans la Vienne. On la qualifie d’un autre âge, et pourtant, elle interpellait déjà au XVIIème !
Liglet, 1691. François Bichier, curé, désigne sur son registre paroissial, Louis MONTETAUD. Sans doute l’a-t-il nommé aussi à la messe du dimanche, tentant par ses prêches de vaincre ce fléau ordinaire qui touchait si gravement les femmes de l’ancien Régime. Dans le silence des villages endormis, cette violence tue.
Louis MONTETAUD vit à Journet. Il n'est plus tout jeune. Tous ses enfants sont partis de la maison. Avec Marie, ils en eurent sept. Qu’importe. Au bout de sa vie de misère, rien n’apaise la colère de cet homme, attisée par l’alcool. Louis frappe sa femme  tant et tant, et depuis tant de temps, que plus personne ne l’entend faire. Ce soir-là,  Marie BONNEAU pleurait-elle trop ? Un mois avant, sa fille Anne mourait. Elle venait de mettre au monde deux petites filles, l’une des deux l’accompagna dans la tombe. Marie pleure sa fille, sa petite fille et Louis frappe. Epuisée, blessée, laissant son époux ivre de haine, Marie fuit enfin, profitant du sommeil de son bourreau. La route est longue, 12 km pour trouver refuge à Liglet chez son gendre, Pierre BIDEAU et sa fille cadette Jeanne.
Marie se repose enfin, mais ne va toujours pas mieux. Elle est sans doute venue trop tard. Le 12 mars, Jeanne appelle le curé. Marie lui confie dans son dernier souffle qu'elle meurt à cause des coups subis : des coups de genoux et des coups de bâton dans l'estomac. Les coups de Louis, son époux. Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale. Il n'y a pas d'âge non plus. La pauvre Marie BONNEAU avait « soixante et quelques années »...
L’histoire devrait s’arrêter là. Mais autour de l’acte de décès de Marie Bonneau, le registre chuchote.
Cinq jours après la mort de sa mère, le curé de Liglet enterre Jeanne, et la semaine suivante Pierre Bideau ! Que se passe-t-il dans cette maison ? La colère de Dieu s’est trompée de cible, elle s’est abattue sur tout le village ! En cinq mois, il va mourir à Liglet 32 âmes, dont les 2/3 ont moins de 40 ans, la mortalité annuelle habituelle est multipliée par deux en seulement un semestre. Etrangement, dans la maison des Bideau, les trois petits orphelins de 9, 5 et 2 ans vont survivre.
Etrangement le curé ne s’étonne pas de cette hécatombe dans sa paroisse.
Cette violence mystérieuse et extraordinaire aura-t-elle arraché quelques larmes au regard embrumé de Louis Montetaud, qui a perdu cette année-là six membres de sa famille ? Seul à Journet, le vieil homme mourra à son tour le 6 décembre de la même année à l’âge de 70 ans. Il n’y a pas d’âge pour la violence ordinaire.



vendredi 15 septembre 2017

1677 - Infanticide à St-Sauvant - #AD86 - #GeneaCrim86 - Echo à Centre Presse et la Nouvelle République

 Bienvenue sur ce blog à Thierry Péronnet, généalogiste passionné qui rejoint aujourd'hui les chroniqueurs d'archives de Centre Presse et la Nouvelle République. Il nous offre aujourd'hui une petite affaire criminelle du XVIIème siècle. En voici la version détaillée avec l'ensemble des protagonistes, afin de permettre aux généalogistes de la Vienne et d'ailleurs de tenter d'y retrouver leurs ancêtres. 
Bonne lecture ! 

le 09-02-1677, infanticide, Jeanne GALTEAU 22 ans village de Longe à St-sauvant originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre GALTEAU maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU accouche clandestinement d’un enfant, elle était est tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré, elle est servante domestique de Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe et de Marthe BIGEON 30 ans sa femme, selon sa déclaration du 31-03-1677 elle ne savait pas qu’elle était enceinte, elle croyait avoir des coliques, elle n’a rien dit au père de l’enfant qu’elle n’a revu qu’une fois, elle affirme que l’enfant était mort-né et qu’elle l’a mis sous du fumier dans le toit au brebis, le 15-02-1677 plusieurs témoignages recueillis, Mathurin TEXIER déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort, le reste étant caché, il avertit alors sa femme Marthe BIGEON par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il rajoute qu’il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de filer sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison, Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa et rajoute que son mari l’informa de la trouvaille à son retour et que le père refusa de venir mais que la belle-mère se déplaça, Pierre BERNARD 27 ans laboureur à bras de Longe déclare que de nombreuses personnes savaient que l’accusée était grosse que l’enfant paraissait assez « puissant », Thoinette BOUMIER 62 ans femme de Jean (plutôt Jacques) BERNARD déclare que ses voisins l’avaient appelé pour voir ce qu’ils avaient découvert, que le bras et la tête paraissait assez puissant, rajoute qu’à sa question lui demandant pourquoi elle avait fait une si mauvaise action l’accusée ne dit rien, Jacques BERNARD 60 ans laboureur marchand de Longe déclare que l’enfant mort est un garçon assez puissant, André SABOURIN 25 ans journalier de Longe dit qu’il ne sait pas grand-chose, qu’il avait oui dire que l’accusée était grosse, Anne JOLLI 30 ans femme de Jacques COUSTEAU journalier de Longe raconte que l’accusée menaçait de tuer à coup de couteau ceux qui luis disaient qu’elle était grosse, qu’elle lui a dit  que, si son maitre et sa belle-mère l’avait écoutée, elle ne serait pas dans cette état, Françoise ROBIN 40 ans femme de Gabriel CARTAIS laboureur de Longe déclare que la femme de Mathurin TEXIER avait trouvé beaucoup de sang à sa porte et qu’elle affirmait que l’accusée avait accouché, elle rajoute que munit d’une chandelle elle vit le bras d’un enfant mort dans le têt à brebis le reste étant dans le fiand (fumier), que l’accusée lui confessa que l’enfant était d’elle et d’un certain PAREAU valet à la Brousse-Sapin, Renée PETIT 25 ans fille de Jean PETIT journalier de Longe dit qu’elle ne sait pas grand-chose et déclare avoir oui dire que l’accusée était enceinte, et qu’elle nous a vu la mettre à cheval pour l’emmener prisonnière, (Jacques Pierre et Jean BERNARD père et fils), le chirurgien qui examina l’enfant le jour de sa découverte ne trouva aucune trace de coups, il dit que seule la bouche était un peu noire, il déclara que la mort était récente, il examina aussi l’accusée et affirma qu’elle avait fraichement accouchée, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU est accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant et est condamnée à être pendu et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice, Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres, à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pouvant l’ensevelir ensuite, le jugement confirmé l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice,


Source AD86  6-B-40 DSCN 2247 à 2308

mercredi 5 juillet 2017

Bandit, voyou, voleur, chenapan !... St Hilaire (86) 1887. Echo à Centre Presse.


Bandit, voyou, voleur, chenapan !...
J’ai 13 ans et c’est ainsi qu’on me nomme, moi,  Louis Victor Godineau né à Bouzillé dans le Maine et Loire (le 17 décembre 1872), en septembre 1886. J’ai grandi à Nantes, rue Richet.  Louis Victor mon père et Félicité Esseuil ma mère sont de bons parents, mais moi c’est autre chose, je suis bagarreur, j’ai mauvais caractère et de mauvaises mœurs, mais je ne suis pas bête. C’est le juge qui l’a dit !

La dernière fois, en septembre 1886, j’ai tapé un peu trop fort, bing !  « Coupable de coups et blessures, agit sans discernement », alors on m’a envoyé ici. Ici, dans le Poitou, à la Colonie Pénitentiaire St Hilaire, loin de chez moi et je vais y rester jusqu’à mes vingt ans. On va m’éduquer et comme je ne suis pas si bête, j’apprendrai le métier de boulanger. Mes parents sont soulagés. On leur a donné le droit de venir me voir.  C’est le juge qui l’a dit !

J’ai 13 ans, les sourcils chatains, le front haut, les yeux bleu azur pale, le nez convexe, une petite bouche, un menton rond et un visage allongé, le teint brun. Au-dessus du sourcil droit, j’ai une cicatrice de 2cm. Je suis en bonne santé, juste un peu lymphatique. C’est le médecin qui l’a dit !

A Saint Hilaire, depuis trois mois. Je commence l’année 1887 avec une mauvaise bronchite et une diarrhée chronique. On m’a envoyé à l’infirmerie.  Là-bas, ça castagne aussi,  hier je me suis pris un coup de sabot. D’accord, je ne l’avais pas volé, mais qu’est-ce que j’ai mal au genou ! Mais je me tais, je me méfie, la loi des sauvageons de St Hilaire, je commence à m’y faire, mais les punitions des matons, ça non… C’est les colons qui vous le disent !

Ça fait bien  trois mois que je hurle en silence à cause de ce fichu genou, mais ce matin, je n’ai pas pu me lever et j’ai dû  montrer ma jambe, alors ils ont bricolé une attelle.

En juin, « Un épanchement considérable de synovie remplit l’articulation dont tous les tissus sont tuméfiés et inflammés. Il s’est déclaré à la partie interne de la jambe une vaste collection purulente. Aujourd’hui l’enfant est atteint de tumeur blanche du genou, les condyles du fémur ont presque doublé de volume, les ligaments de l’articulation du genou se sont relachés et le tibia se luxe de plus en plus sous le fémur sans qu’il ait été possible dans l’origine de s’opposer au développement des os par des appareils contensifs par suite de la formation de la collection purulente.  ». Il faut que j’aille à l’hôpital. C’est le médecin qui l’a dit !   

A l’Hotel Dieu depuis le 8 Juillet 1887, je coute 2 francs 08 la journée, l’état paiera mes soins. C’est le préfet qui l’a dit ! 

Mai 88, ça fait presque un an à l’hosto ! Je vais un peu mieux même si la guérison est encore loin.  Les notes de frais s’ajoutent. C’est le directeur de l’hôtel dieu qui le dit.
Juillet Ça y est, c’est fait j’ai moins mal, enfin j’ai mal autrement. Un an, ils ont mis un an à couper ma jambe !J’ai dérouillé, mais je suis vivant. Je vais pouvoir sortir de l’hosto, c’est Luneau qui m’l’a dit ! 

Et on va me payer une jambe de bois, c’est le préfet qui l’a dit ! 

Février 1889 : ça se passe jamais aussi vite que prévu, j’ai fini l’année à l’hosto . Je vais me tenir à carreau. Je sortirai bientôt de St Hilaire, le 16 décembre 1893, enfin c’est ce qui est prévu. C’est le directeur qui l’a écrit ! 

Ce jour-là avec ma jambe de bois et ma tête de pioche, je serai devenu  l’roi de la brioche
 et ça
 c’est moi qui vous l’dit !

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L’enfant Godineau est-il sorti du bagne ? Rien ne le confirme dans son dossier. La série 3Y59 des AD86  comprend une liste nominative des dossiers d’enfants détenus à la Colonie pénitentiaire de St Hilaire au XIXème siècle. Fondé en 1842, l’établissement devient autonome en 1860. De bagne en IPES, il accueillit au fil des réformes, les enfants en éducation surveillée. Fermé en 1974, il fut transformé…

 en golf en 1985.

Article paru le 11 septembre 2014

Merci Centre Presse pour l'enfant Godineau ! 


lundi 20 avril 2015

Un 20 avril 1754 à St Macoux...


Saura-t-on un jour quel différent opposa François Marteau à l'homme qui le tua d'un coup de fusil le 20 avril 1754 ? La victime est domestique chez Messire François BALLIOT et le drame se déroule devant plusieurs témoins, habitants de Saint-Macoux ou de Saint-Saviol. 
Prudent, comme la plupart du temps dans ces petites affaires criminelles rapportées dans les registres paroissiaux, le curé du village se garde bien de nous donner un indice quelconque sur le motif ou l'identité du criminel... 
François Marteau, fils de Pierre et de Marie Raffoux, marié à Marie Birault le 13 Octobre 1745 à Saint Macoux, ne semble pas avoir de descendance. 
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François Marteau, agé de 34 à 35 ans, en son vivant époux de Marie
Birault, domestique à .... en la maison de Me
François Bailliot fut tué d'un coup de fusil par un
homme de cette paroisse et ce en présence dudit Bailliot
de Jean Frangé meunier, de Jean Texereau, de Rogeon et
plusieurs de la paroisse de St Saviol et de celle-ci et ce
le vingt avril 1754 et fut enterré au cimetière de
cette paroisse par Messire Georges Bruneau prieur curé de St
Savil le vingt et un du même mois comme étant
de cette paroisse et mort dans le chemin dans la dite paroisse
Marie Raffoux mère dudit feu François Marteau
assistèrent à son enterrement.
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BAILLARGON , inculpé(1764)
MAREUL DUPARC , inculpé(1793)
 PEURET Magdeleine, inculpé(1870)
 SICAULT Charles, inculpé(1764)
 SICAULT François Jean, inculpé(1764)
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BAUDIN Pierre, victime(1729)
MORATRIE (1782)
 VIE LOCALE Saint Macoux(1754)
VIE LOCALE Saint Macoux(1777)

mercredi 25 mars 2015

Un 25 Mars à Saint-Benoit - L'assassinat du marchand de Chinon.



Le 25 Mars 1694, Louis Jacquelin, marchand de Chinon, accompagné de sa femme, de deux de leurs grands fils et d'une fille plus jeune infirme circulent en forêt de Châtellerault. Ils y font une bien mauvaise rencontre. Une escouade de soldats se rendant à Poitiers* agresse le marchand, lui vole sa malle et son argent et le roue de coups. 
Transporté à Saint-Benoit, le pauvre homme gravement blessé a le temps de raconter son histoire au curé en confession et de lui préciser que Louis Jacquelin n'est pas son propre nom mais celui de son grand-père ou de son oncle chez qui il fut élevé.... 
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....
a eté inhumé dans le grand cimetière 
de cette parroisse le corps de défunt Louis Jacquelin
marchand mercier qui m'a déclaré être de 
la ville de Chinon, lequel avait sa femme et deux
ou trois grands enfants, avec une fille de moindre
age qui est infirme, sa mort provoquée dans une 
rencontre avec une escouade de soldats dans la forêt
de Châtellerault se rendant à Poitiers aux foires
de Lamicaresme qui lui volèrent sa malle et
son argent et le batirent tant qu'il en est 
mort après avoir reçu les sacrements
nécessaires au salut, il m'a aussi déclaré que
le nom de Jacquelin n'était pas son propre nom
mais celui de son grand-père ou oncle chez
lequel il a été élevé? ; tout ce que dessus
je certifie m'avoir été déclaré
après l'avoir entendu en confession fait
le jour et an ci-dessus. 
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Merci à Elodie de Bouhet pour son aide précieuse à la transcription ! 


mardi 24 mars 2015

Anché au fil des indexations.


Patronymes des Dossiers criminels répertoriés :
- SAINT CLAIR 
- BLANCHARD 
- FERRAND 
- AUDOUX 
- BOYER
- GARREAU
 CREUSELIER. 

Actes Insolites répertoriés :

- NEAU Pierre est chasseur de loup. Récompensé pour en avoir tué un en février 1770 - Cote ADV C66 
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* Baptème de Cloche : 23 Juillet 1692. Elle s'appelle Martin en présence de Sieur Charles René Varin et Dame Radegonde de Pelisson. 
Source : ADV Anche BMS 1675/1699 page 59
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* Mariage le 10 Juin 1788 du Maitre d'école Jacques Grimaud fils de sacristain avec Jeanne Suraut fille de jardinier
 Source : ADV Anche - BMS 1785/1792 page 35. 
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* Reconstruction du pont d'Anché 1788 :
     Le pont d'Anché composé de six arches dans
     sa première construction a été refait à neuf
     et réduit à trois arches en l'année mil
     sept cent quatre vingt huit. Certifié 
     veritable par moi Bernardeau Curé d'Anché; 
Un peu plus loin :
En l'an mil sept cent quatre vingt neuf la quatrième
arche et tous les abords ont été construits par
les soins et la libéralité de Mre de la Chatre
De Mallevaud, de Villenom, et de Bernardeau
curé d'Anché. Il se trouve que le pont d'Anché est
très avantageux pour les passants. 

Source : ADV Anché BMS 1785/1792 page 43. 
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Loges des Bois des Coussières.
Nota. On distinque le bois des grandes coussières
d'avec celuy des petites coussières ? toutes les petites
coussières sont dans la paroisse de st Martin
d'Anché avec une partie des grandes, et c'est
la plus petite partie ; l'autre partie qui est la
plus grande est de la paroisse de Marnay, c'est
le chemin de champagné st hylaire à Vivonne
qui sépare les deux paroisses : ce qui donne lieu
a cette notice c'est la coupe du bois des grandes
coussières en la présente année 1789 on y a
batis plusieurs loges, les uns se sont trouvés
dans la paroisse d'Anché, les autres dans celle de
St Pierre de Marnay, chaque curé respectif a
reconnu sans contestation celles de son distric
ce que j'assure sincère et véritable à anché
dernier jour de l'année mil sept cent quatre
vingt neuf Bernardeau curé d'Anché.

Source ADV- Anché - BMS - 1785/1792 page 51, 52
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*Etats Généraux :

C'est en cette année 1789 que les etats generaux ont
été convoqués, époque heureuse pour la nation qui s'est
vue régénérée, étant tombée dans le plus grand
anneantissement.
---
En marge en haut de la page.
4 may 1789
nota le roy
a substitué au
terme d'états
genearux (un mot rayé)
la denomination
d'assemblée
nationale. Cette
assemblée nationale
a donné occasion
a beaucoup de
troubles et de
désordres, paris
s'est vu menacé
d'une entière subversion.
--------

Cette meme année on a éprouvé l'hyver le plus rude
qu'on ait jamais éprouvé de mémoire d'homme il avait
été précédé par une grande secheresse aussi pendant
ce tems la, les rivières les puits et les fontaines ont
presque taris; on a été dans le plus grand embarras
pour abreuver le Betail, la glaie se montrait par
tout fort épaisse ; les bleds heureusement ont été
conservés par la neige qui a duré sept semaines. Le
froid s'est fait sentir violement pendant trente six
jours de suitte et le thermometre est descendu dix
huit degrés au dessous du zero. Le bled a valû beaucoup
d'argent, ayant manqué l'année precedente : le froment
a monté jusqu'à onze et douze livres la quarte ; le vin n'a
pas été cher, un louis dix écus la barique. Je donne
avec plaisir cette note, elle mérite d'être conservée.
Bernardeau Curé d'Anché.
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En marge :
nota. environ la
st jean de cette même
année, le bled est
devenu très rare
et n'avait pas de
prix.
L'assemblée des trois ordres de la province s'est tenue
à poitiers le 16 du mois de mars 1789. jamais assemblée
n'a été plus bele et poitiers si brillant, tout s'est
passé sans tumulte et les trois ordres ont déliberés
cachun separement.
L'année 1789 est l'année des grandes épôques (+), un hiver des plus
cruels, le bled est monté au plus haut prix, une guerre
intestine dans la capitale et dans plusieurs provinces a
l'occasion des états généraux et chose plus funeste encore on
on a vu la moitie de la nation prendre les armes par une peure
dont on n'a pu deviner la cause.
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(+) : (en marge) la moitié des noyers et des chateniers ont gelés.
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Source ADV Anche BMS 1785/1792 page 53. 
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___________________
Abjurations à Anché.

* BMS 1750/1771 page 12 :
     Joseph ROCHET  13 ans, fils de Jacques Rochet et Louise ? .
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* BMS 1750/1771 page 77 :
Le huit janvier mil sept cent soixante huit je soussigné
par commission à moy adressée par mgr notre évèque
ay fait rentrer dans le sein de l'église romaine pierre
moisnet meunier au rest de cette paroisse, dont
l'abjuration solennelle a été faite en présence de
jean Brejon marchand cabaretier de ce bourg, de
françois Bourdon farinier au dit moulin témoins appelé
et qui se sont avec moy soussignés.
Bernardeau Curé d'Anché.
--------------------------
* BMS 1750/1771 page 77 :
Abjuration des rets.
le quinze aout mil sept cent soixante huit en présence des témoins sousigné marie bideau de cette paroisse (mot rayé)
(...) de pierre moisnet meunier aux rets agée de trente
ans environ ; ayant reconnu que hors la (...) eglise
il n'y a point de salut, de sa propre volonté et sans
aucune contrainte a fait sa profession de la foy
catholique, apostolique et romaine et abjurée l'hérésie de
calvin entre mes mains, de la quelle je lui ay donné
publiquement l'absolution en vertu du pouvoir que mgr
l'évèque de poitiers m'a donné pour cet effet : en foy de
quoy jé curé de St Martin d'anché ay signé le présent
acte avce messire charle le coq écuyer Sgr du plessis
et jean Bergeon marchand cabaretier de le bourg ainsi signés.
Bernardeau Curé d'Anché.
-----------------------
* BMS 1772/1777 page 9:
le vingt deux may mil sept cent soixante treize a été
enterré dans le cimettière de cette paroisse Louis Dupond
domestique agé de trente six ans ou environ mort de hier
dans la communion de l'église munis des sacrements et
après avoir abjuré dans le cour de la maladie dont il
est mort, la religion de Calvin : ont été présents à son
enterrement pierre mauduit (...) son beaufrère, louise Dupond
sa soeure, françois peignaud son voisin et françois gesnard
domestique à l'(...?) qui ont tous déclarés ne savoir signer
de ce enqui Bernardeau Curé d'Anché




jeudi 5 mars 2015

Une femme en 1730 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 05/03/2015.


Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


 Au répertoire des Petites Affaires Criminelles de la Vienne, la femme qui n’a pas encore sa journée,  n’est pas toujours l’avenir de l’homme.

Le soir du 3 Juillet 1730, Jean Bonneau, marchand, 32 ans, arrive à cheval dans les prés de la cure de Latillé, déterminé à y laisser brouter sa monture. Mais c'est compter sans la détermination de l'exploitante des lieux, Catherine Delamosse. Elle interpelle le cavalier, le somme de partir. Il la bouscule, elle se relève et lui envoie son sabot tout crotté à la figure ! Assommé, Bonneau fait marche arrière tandis qu’une équipe de gaillardes vient à sa rescousse se charger de la vilaine : sa femme, Marie Cante, et ses trois belles-sœurs, Gabrielle, Renée et Jeanne. Suit un sacré crêpage de chignons qui  interloque le voisinage et se termine, outrage suprême, par la mise en pièces de la coiffe de Catherine, qui s'enfuit tête nue, honteuse, sous la risée de certains. Tête nue, voilà une offense qui mérite réparation ! Au XVIIIème siècle, honte à celle qui sort « en cheveux » !
Agressée à nouveau par les mêmes furies, quatre jours plus tard, Catherine porte plainte. Tout le village est en émoi et le sénéchal instruit rapidement l'affaire. 
Les témoignages recueillis le 8 juillet sont concordants : l'altercation à l'initiative de Bonneau, le coup de sabot, et suite au coup, l'oeuf de pigeon (qui n’a peut-être que la taille d'une fève), la fureur des femmes, la coiffe déchirée, la honte...  
Une expertise médicale de la plaignante est demandée auprès du chirurgien local. Celui-ci constate des blessures superficielles, auxquelles s’ajoute, suite à la seconde agression, une fièvre pour laquelle il prescrit une saignée. 
L’histoire pourrait se réduire à une savoureuse affaire de gaillardes au marché de Latillé et prêter à sourire. D’autant plus qu’à la suite de Catherine, Jean Bonneau  porte plainte à son tour. On diligente alors une nouvelle enquête, on interroge une nouvelle série de témoins, qui apporte un éclairage différent. Le ton devient plus grave. Ce n'est plus un, mais plusieurs coups de sabots que le pauvre homme aurait subi et la réaction des femmes Cante en réponse l’agression apparait par conséquent, tout à fait justifiée. Il faut dire que cette fois, fini la journée des femmes, seuls les hommes sont entendus…
Le sénéchal doit statuer le 10 Juillet, mais au matin de ce jour-là, coup de théâtre !
Un bruit lui arrive du marché : Jean Bonneau est mort ! 
La farce tourne au tragique ! La responsabilité de Catherine est retenue, la voilà  immédiatement arrêtée et conduite en prison, pour y être de nouveau interrogée.
Jean Bonneau, lui, est enterré, entouré des femmes de sa famille et de son beau-frère. Il laisse à la charge de sa veuve, deux jeunes enfants Renée deux ans et Jeanne Geneviève, deux mois.
L’archive, hélas, ne dit pas ce qu’il advint de notre Cendrillon rebelle de Latillé…

Source : AD86 Série 8 B 170.



mercredi 3 septembre 2014

L'insolite de Beaumont.

Archives Insolites. 
COURSIE Renée/VERDIN Jean (1712) :  triplés
MERIGOT Jean 1711 maladies
Les Allemands de Beaumont en 1734, 1770 et 1787.


Patronymes concernés par les petites affaires criminelles.
BARBOTIN - BASTELLE - BAUDEAU - BEAUPRE - BOURLAULT - CHADUC - CHRETIEN -  DAVEAU - DUPUY - DURAND - IRLAND - JARASSON - LACROIX - LINARD - MORIN - RAISSANT - RENAULT - SERREAU - VERDIN - VILLAUME

Pour plus de détail n'hésitez pas à me contacter !


mardi 2 septembre 2014

Plaudin René tué par imprudence Arçay 1713.


AD 86 Arçay BMS 1713/1732 page 14
René fils de Martin PLAUDIN et d'Anne GAULTIER sa femme âgé
de trois ans neuf mois est décédé et a esté inhumé dans le cimetière
des innocents le sus dit jour dix neuf décembre 1714. Sa mort
causée par l'imprudence du valet de Monsieur du Seau maire perpétuel
de Loudun qui voulant tirer d'un coup de pistolet un chien gasté tua
cet enfant qui estait dans la rue. il y a eu information de ce fait
par Messires les officiers de Coussay.
Aubry.

Source Archives Départementales de la Vienne. 

lundi 1 septembre 2014

L #Archinsolite d'Avanton #Vienne86

De village en village, mon travail (insolite, affaires criminelles, loups, CSR) et les liens lorsque je les connais vers celui des autres.

Archives Insolites

Pèlerinage COMPOSTELLE 1603/05/11 AD86/IN4/1016
Passants OUVRIERS DE ROCHEFORT 1693/08/29 AD86/IN4/1016
VIE LOCALE CLOCHE 1665/05/08 AD86/IN4/1016
VIE LOCALE CLOCHE 1763/08/03 AD86/IN4/1016
Capucins ND AD86/IN4/1016

Patronymes concernés par les petites affaires criminelles. 

BEAUDET , inculpé(1793)
BONNEAU , inculpé(1793)
CHEBRET , inculpé(1793)
COMPAIN , inculpé (1840)
COUSIN , inculpé (1894)
COUTURIER de LA SALLE Marie Thérèse, inculpé(1793)
FELUCHON , inculpé(1793)
GUIGNARD , inculpé(1793)
GUIGNARD , inculpé(1793)
JOUSSANT , inculpé(1793)
PATRAULT , inculpé (1828)
PLOURDE , inculpé (1842)
SAINT SAVIN Marie Françoise, inculpé(1793)

Loups

Pas d'histoire de loup à ma connaissance, sur cette commune.

Aventon pendant la Terreur.
BEAUDET
BONNEAU
CHEBRET
FELUCHON
GUIGNARD GREFFIER 
JOUSSANT  PRETRE 

Histoire et vie locale.
Aventon Mémoire.  ouvrage disponible sur l'histoire d'Aventon.


N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus sur ces insolites.

Sources : AD86 



mercredi 27 août 2014

Les risques du métier - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 27/08/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 

Le prix d’une orangeade.
Dans la famille Piorry, la postérité retiendra Pierre-François qui mania avec zèle le bistouri du Dr Guillotin sous la Terreur, puis Pierre-Adolphe né en 1794, inventeur du plessimètre et de néologismes médicaux (toxémie, septicémie). Mais c’est à Georges, leur modeste cousin, chirurgien et hédoniste, que s’offre aujourd’hui un instant de notoriété.
L’été 1792, la fièvre ne gagna pas que les esprits et l’on requit Piorry chez les Thoreau pour quelques domestiques alanguis. L’homme s’arrêta en chemin déjeuner à Ligugé chez l’ami Jouslard. Repu, il fut accueilli à 15H à Smarves, par Mme Thoreau et s’affaira d’un domestique à l’autre. La chaleur expliquait la langueur des serviteurs. Ses consultations terminées, notre chirurgien suant et las, accepta volontiers le verre de sirop offert par son hôtesse. A peine le temps d’une première gorgée d’orangeade que surgit dans le petit salon, l’époux Thoreau fulminant de colère ! De retour de la chasse, bredouille et mal luné, armé d’un fusil double, le voilà qui couche Piorry en joue! La maitresse de maison se jette au cou du jaloux, le supplie tout en cherchant à s’emparer de son arme. « Ah malheureux, que veux-tu faire ? Mr Piorry !!! Sauvez-vous, mon mari veut vous tuer !!! ».Trop tard ! Le coup atteint le docte arrière-train et l’envoie sur le « carreau ». Thoreau chargea de nouveau, Piorry, craignant l’estocade, reprit ses esprits et ses jambes à son cou, quitta l’arène en clopinant et se réfugia chez Jouslard. Maury et Bertault viendront le soir même de Poitiers opérer leur ami. Le fondement entre deux chaises pendant plusieurs jours offrit à  Piorry le loisir de murir sa riposte. Il déposa sur le bureau du juge de Paix : un habit d’étoffe, un gilet de coton, une culotte percés de trous de plomb et une plainte pour tentative d’assassinat!
Thoreau, de son côté avait mal au front et vit rouge. Persuadé de porter une belle paire des cornes, le chasseur jaloux et bredouille renversa la situation, et au jeu du vaudeville, accusa Piorry d’avoir séduit sinon violenté son épouse ! Il fit valoir ses droits d’outrage, mais nia le crime. Sa dame avait maladroitement fait partir le coup en se réfugiant contre lui.
Piorry eut beau plaider sa bonne foi, sa déontologie, brandir les lettres convoquant son intervention, retracer son itinéraire auprès des domestiques, justifier sa présence dans le petit salon par l’orangeade offerte, et la fièvre qui le prit au corps par la seule météo caniculaire, l’affaire se conclut au bénéfice du mari outragé. Georges Piorry, chirurgien modeste, hédoniste et sans-culotte, débouté de sa plainte, mesura à ses dépens la profondeur des risques du métier…
Source : ADV Série LSUPPL 421.

vendredi 6 juin 2014

Ligugé solidaire en 1899 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 06/06/2014

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

1899, Ligugé. Au village sans prétention, Adolphe Barge n’a pas mauvaise réputation ! Pensez-donc, ce père de sept enfants, maçon, bon catholique,  sait même lire et écrire !
Cependant, c’est alors qu’il travaille à la nouvelle voie ferrée du canton de Vivonne, que les brigadiers l’interpellent, le 27 juillet. La veille, Jean Rouault a rendu  l’âme.
Adolphe a 51 ans.  Le soir du 23 Juillet, c’était encore dimanche et tout le monde avait arrosé ça, Adolphe en conviendra volontiers. Dans la soirée, il est allé chercher une scie chez sa belle-mère. Au retour, route d’Iteuil, il croise Rouault qui travaille pour lui de temps en temps. L’homme est ivre,  titube, l’invective, le suit en lui réclamant son dû. Barge l’envoie cuver son vin et lui dit de ramener sa note. L’autre s’énerve, persuadé qu’il n’aura pas son compte de sitôt. Le ton monte jusqu’à  la porte des Barge. Adolphe dira avoir contenu sa colère, être rentré chez lui. « Fainéant ! » c’est le mot de trop prononcé par Rouault. Adolphe ressort, toise l’importun, l’attrape par les épaules et le pousse en arrière. Son geste exaspéré, est ce geste de trop, qui fait basculer tragiquement deux destins d’homme. Raoult, tombe lourdement, sa tête grisée, vient se fracasser au sol. Barge sidéré l’observe, l’alcool s’évapore, désormais c’est  la peur qui brouille son esprit. Persuadé de l’aboutissement de cette chute, il tourne les talons. Rouault perd connaissance, ramené chez lui par les voisins accourus, il meurt deux jours plus tard, l’autopsie révèle une fracture du crâne longue de 22 cm et une hémorragie massive ayant entrainé le décès, quelques ecchymoses signent l’altercation le long du trajet.
Confronté à deux témoins qui l’accablent, le père de famille maintient sa version des faits, il n’a pas poussé violemment Rouault, un enfant de trois ans aurait pu le faire tomber tant il était ivre
Le procureur, sans indulgence, l’inculpe, mais tout Ligugé le soutient. 166 signatures parviennent à la justice pour demander un non-lieu ! Au village sans prétention, personne ne voudrait le voir pendu ce père de famille qui n’a jamais eu de querelle avec personne ! Peine perdue. Adolphe sera jugé devant les Assises de Poitiers et en attendant il reste en prison.
Au village sans prétention, on s’alarme pour l’épouse éplorée, pour les enfants si nombreux, les braves gens mènent de nouveau pétition ! Cette fois 180 noms parviendront aux jurés de la Cour d’Assises ! Une démarche qui portera ses fruits !

Acquitté, Adolphe Barge, reviendra  au village. Sans prétention, il y poursuivra sa vie de labeur tout en préservant  sa bonne réputation. 

jeudi 10 avril 2014

Contestation électorale à Usson - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 10/04/2014.

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Elections, bâtons et cornemuse à Usson !
Le premier Germinal de l’an VI, on vote à Usson !
L’assemblée primaire, formée des citoyens « actifs » du canton, va élire parmi ses membres, ceux qui renouvelleront  un tiers du corps législatif composé du Conseil des Cinq-Cents et de celui des Anciens.
La campagne électorale fait rage dans notre petit coin du Poitou. An VI, 1798, Directoire, Ière République. Les émigrés sont revenus, le droit de vote modifié en 1795 est restreint à 30 000 propriétaires, on essaie d’oublier la Terreur et les Tribunaux révolutionnaires ont rendu l’âme. Pendant que Bonaparte bataille et gravit les échelons, la Première République ne sait pas encore qu’elle va faire place au Consulat.
A Usson, dans les jours qui précèdent le scrutin, des réunions discrètes, des diners s’organisent. On dirait que ça complote chez Vallée l’aubergiste ! Ce jour-là parait-il, on y a vu Hubert, Imbault et Largeau réunis avec une trentaine de personnes, la veille du vote ! On a entendu l’un d’eux  s’enflammer bien avant le dessert,  et réclamer «  que ceux qui n’ont pas de culotte sortent ! » On a bien compris que le groupe avait pour projet d’envoyer Vallée le Jeune, Largeau et Gorin en grands électeurs. Ces trois-là, et aucun autre !
A-t-on soudoyé les électeurs ? Il semble qu’on ait vu quelques billets circuler sous les tables…
Le premier Germinal, tous les chemins du canton mènent à Usson. On va voter à pied, et la route est longue. En guise de profession de foi, plus efficace que les mots, les militants offrent un p’tit verre d’eau de vie… Puis un autre, un peu plus loin. A l’assemblée primaire, tout le monde arrive en titubant.  Directoriaux, jacobins, royalistes autant que « douteux », mais on ne sait plus très bien qui penche à droite et qui à gauche !
 Cependant  certains ont remarqué ce groupe d’une trentaine de personnes, venant de St Secondin, avec à leur tête notre trio. Tous diront qu’ils sont entrés en masse, un bâton sur l’épaule et une cornemuse en tête de cortège.  Qui a bousculé Rouil ? Qui lui a dit « Je ne veux pas que tu votes ni même que tu parles ! ». Lui prétend que c’est Imbault et sa bande ! Qu’ils l’ont empêché de voter, chassé de l’assemblée et qu’ils ont acheté le suffrage des autres !
Rouil le sans-culotte craint pour ses arrières et dépose plainte. On admet bien des dérapages, le paiement de quelques écots, des réunions un peu houleuses, des élections un peu arrosées. Mais franchement, il n’y a pas de quoi en faire une affaire d’état. Thibaudeau, le président du Tribunal Criminel, acquitte notre trio. La loi du 22 Floréal de l’an VI est passée par là, invalidant les législatives, mais à Usson, le compte est bon !  

Source AD 86 – Série LSUPPL 404.

Illustration Wikipédia : La Salle des Cinq-Cents à St Cloud, par J. Sablet 

jeudi 27 mars 2014

Maires d'alors de 1789 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 27/03/2014

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 Maires d’alors, de 1789 à 1793.
1789 va donner  à Mr l’maire ses lettres de noblesse.  Le 14 décembre, les municipalités sont instituées par décret : « le chef de tout corps municipal portera le nom de maire ». Il est élu au scrutin individuel par les citoyens qui paient des impôts.
Les premiers maires révolutionnaires furent parfois des pères. C’est au curé du village, que fut confiée la charge de la fonction, le faisant passer d’un sacerdoce à l’autre, dans une église rebaptisée en maison du peuple. A Genouillé  Picard prête serment, à Availles, Fradin se dévoue. Les sans-culottes n’en n’ont pas encore trop après la calotte, le prêtre s’adapte : souvenez-vous Capion venu se marier à Poitiers pour prouver sa bonne « foi ».
1793. La fièvre mène au délire, la veuve s’installe de place en place, le vertige gagne dans un torticolis général.
Le comité de surveillance révolutionnaire(CSR) mis en place à Poitiers tient registre. Sa lecture sidérante, nous livre les arrestations brutales, les dénonciations honteuses, les hésitations, l’improvisation, l’ivresse d’une folie destructrice. Le maire du village n’échappe pas aux poursuites. Bourgouin Latouche à Liaigues, Louis Clément à Smarves, Tribert  à Lusignan sont arrêtés sur dénonciation. Inculpés de rébellion contre-révolutionnaire, un mot suffit à les perdre. La délation est érigée en devoir civique et point n’est besoin d’électronique pour être sur écoutes !
Les choses s’arrangent parfois, ainsi Louis Alexandre Chartre, maire de la Celle-Levescault, dénoncé par ses administrés, sera acquitté après un court séjour à Poitiers.
Il en va des maires d’alors comme de ceux de la semaine prochaine. Certains sont aimés, défendus bec et ongles tant par les mégères de leur village que par leurs maris jaloux. Qu’ils soient nobles, prêtres, ou arrivés, ils ont su gagner la proximité. Se constituent alors des pétitions, des comités de villageois, qui montent à Poitiers affronter Planier, et toute la bande du CSR pour sauver la tête de l’édile de leur village ! D’autres ont moins de chance, et malgré une innocence manifeste, laissent leur vie dans cette tourmente.
Brault à Champagné le Sec, Rouillon à Gisay s’en sortent plutôt bien. Mais Emery Louis Gauvain,  maire de Vouneuil  sera guillotiné à Paris.
Chronique d’une terreur ordinaire, le registre du CSR est un précieux outil d’histoire locale. Il a fait l’objet aux ADV, d’un dépouillement nominatif, et offre la liste des  administrés qui ont eu maille à partir avec la Terreur.
 Après un entre-deux tours où les accords électoraux se tranchent à la lame, souhaitons aux prochains élus de la Vienne et à leurs administrés, une mandature efficace, citoyenne et sans prise de tête !
 Salut et Fraternité.

Source ADV L464 à 466.
Blog : Chronique d’une terreur ordinaire, lecture suivie du registre du CSR : http://lulusorciere-archive.blogspot.fr/search/label/CSR
  

jeudi 6 mars 2014

Sages-femmes en colère - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 6 Mars 2014

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Sages-femmes en colère, Châtellerault  1806 !
Châtellerault 1806. Depuis que la dame Dupuis est morte en couches, on murmure dans la ville. La sage-femme appelée a fait des manœuvres mal dirigées, forcément ! Et elle a montré bien peu de sagacité, nul n’en doute ! Voyez comme elle est novice! Elle n’a pas appelé le chirurgien !  Elle ? C’est Mlle Dupain.
Au premier rang des attaques, trois sages-femmes : La Verjus, la Fortin et la femme Larcher ! De bouche à oreille, relayée par les uns, déformée par les autres, assourdissante, la rumeur enfle tandis que grandit l’angoisse des femmes.  A qui se confier ? Seule et dos au mur, Mlle Dupain ne rend pas les armes et va se plaindre au préfet : « Tout ça n’est qu’ignorance et jalousie ! Confrontez-moi à mes consœurs ! »
Le 16 Octobre 1806, pour faire cesser « l’anarchie qui règne dans une profession si délicate », est convoqué à l’hôtel de ville, le jury médical, conseil de l’Ordre avant l’heure. A sa tête, Josle, médecin, accompagné du  sous préfet, du conseil municipal, des officiers de santé, des chirurgiens, des médecins, et du commissaire de police ! Autour d’eux, une foule de notables et la presse, car déjà, au menu des petites affaires médicales, les gourmands ne manquaient pas d’appétit !
On questionne la jeune sage-femme. Elle présente un CV prestigieux. Diplôme de l’Ecole de Médecine de Paris, signé Jussieu ;  certificat de Mme de la Chapelle,  troisième prix de l’école d’accouchement, visé par Baudeloque, médaille d’argent de l’école de la maternité. Elle s’explique sur le drame et convainc les experts du jury : « Il n’était pas au pouvoir de l’art de remédier à l’accident survenu ». Le jury rend justice à sa compétence, à sa sagacité, rappelle les risques du métier… On lui reproche à peine d’avoir trop longtemps différé l’appel du médecin. Questionnée sur ses connaissances académiques, elle reste incollable.
On passe ensuite à l’interrogatoire des trois accusatrices. 30 ans d’expérience, toutes élèves de Maury, elles furent en Poitou, parmi les premières formées. Bien qu’on leur pardonne d’avoir oublié les bases théoriques (elles placent les os du bassin dans la matrice), leur incompétence face à leur jeune consœur reste flagrante. L’une se vante sans vergogne de s’être enfuie face à un accouchement difficile ! Leur routine et les « inepties proférées » leur donnent  tort. 
1806, l’Empire s’attaque à la formation médicale anéantie par la révolution. Dans ce contexte, Canolle, élève de Maury, tout en se référant à la loi du 19 Ventôse de l’an XI, conclut  la séance châtelleraudaise par une petite leçon de déontologie, amenant  à s’interroger sur le pouvoir médical : si du talent nait la confiance publique, que chacun se garde que l’un et l’autre ne flattent  trop leur amour-propre !...
Source : Archives de la Vienne – Le Journal de la Vienne Janvier 1807.
Illustration : Mme de la Chapelle BIU Santé Paris.
Repères : 1793 sème la terreur dans les académies et les dissout. En 1794, sont fondées trois écoles de santé. Baudeloque nommé à Paris fait pour la première fois de l'art des accouchements une discipline à part entière. L'enseignement devient laique et en français ! Sous le consulat puis l’empire, Cabanis et Chaptal contre-attaquent ! La loi du 19 Ventôse de l'an XI, impose enfin la nécessité d'obtenir un diplôme pour exercer la médecine. On établit à l'aide de jurys médicaux un contrôle des connaissances, afin d’écarter les incompétents. Il faudra attendre 1892, pour que les officiers de santé disparaissent.



jeudi 19 décembre 2013

Arsenic et vieilles archives. Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/12/2013.

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La poudre de succession : Arsenic la bien nommée ! Insecticide, pesticide, disponible, comme la haine qui suinte des murs aux oreilles assourdies de querelles ménagères. On la croit du genre féminin, c'est faux. Au Master-Chef de la paix des ménages, les marmitons s’accordent essentiellement au masculin !
Voyez Bardon, en 1804, garçon meunier au moulin Leroy à la Chapelle-Montreuil. Il rentre chez lui et cherche à éloigner épouse et enfants. A ses filles, il propose du migé qu’il a fait lui-même ! De retour, la femme Bardon trouve les petites épuisées de douleurs abdominales. Elle accuse son mari. Les enfants vomissent du sang et on trouve dans les matières une substance blanche : le crime est signé ! Le bruit se repend : Bardon a voulu assassiner ses enfants ! La plus jeune succombe au bout de 7 jours de souffrance. L'ainée se remet. On ordonne une enquête et une autopsie. Pas de trace du poison. Bardon est acquitté.
A Sossay, la même année, Louis Lambleux est furieux. L’héritage de sa belle-mère va lui passer sous le nez. Lambleux va chez sa belle-soeur jouer les marmitons. Il s'assoit près du feu, fait mine de surveiller la soupe, va jusqu'à « tourner la cuillère pour faire rentrer le chou dans le pot » ! Quelle sollicitude !  A sa main, une tabatière qu'il ne quitte pas... La vieille, sa seconde fille, hormis Lambleux, toute la tablée est prise de maux de ventre! Même les chiens à qui l’on a donné les restes vont mal ! On ne roule pas comme ça une belle-mère dans l'arsenic ! Les soupçons s’installent. Trois ans plus tard, un soir de Nivôse, on trouve Audouard,  assassiné sur le chemin. Lambleux le coléreux l'avait menacé ouvertement devant témoins. La gendarmerie trouve chez lui des vêtements tâchés de sang, fraichement lavés. L’arsenic est un plat qui se mange froid, Lambleux est inculpé pour les deux affaires. Le tribunal ne retient pas l'empoisonnement, mais le condamne à 20 ans de fers pour le meurtre d’Audouard.
Et que dire de Dubreuil à Jaunay-Clan ? Ce soir d’octobre 1794, il rentre tard. Taciturne et titubant . Sa femme s’éloigne quelques instants. A son retour dans la pièce, elle trouve son homme détendu, presque tendre. Il lui propose de boire le potage qu’elle a cuisiné. Elle se méfie et quitte la pièce. Lui part chasser dans la nuit. Tranquille enfin, dans la maison vide, elle revient se servir un bol de soupe.
Est-ce l'amerture de sa morne vie qui à la première gorgée, glisse dans son corps un gout acre ? Sous sa langue roulent des petits grumeaux durs, comme autant de grains au sablier du temps perdu. Elle croit comprendre, se précipite chez sa voisine, La femme L'Epée. Dubreuil a empoisonné la soupe, elle le sait !  A la surface du potage, une poudre blanche flotte. Au retour du mari, L’Epée accuse. Dubreuil   jette le pot à terre comme un aveu. En attendant les gendarmes, La femme L'Epée recueille quelques grammes de poudre sur le bord de la terre cuite brisée et les enveloppe dans un petit papier. Le mari violent est arrêté.
On perquisitionne la maison. La voisine confie son trésor  aux enquêteurs. C’est bien de l’arsenic ! Certes l’épouse est battue régulièrement, mais il n’y a pas mort d’homme, et la présomption d’innocence vaut à Dubreuil d’être acquitté…
Parmi tous ces toqués des crimes assaisonnés, bien peu payèrent la note et l’indulgence du jury en laissa sans doute plus d’une sur sa faim…
Source : AD 86.






jeudi 12 décembre 2013

Voler et brûler les pieds - Lulu Archive dans Centre Presse - 12/12/2013

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


On n’alarmera jamais assez sur les dangers des feux de cheminée,  par les hivers qui grelottent ! Mais ils ne sont pas toujours ceux que l’on craint. Les Brûleurs de pied sont des saisonniers, portés par les vents froids, la neige et les frimas, poussés par la faim et la misère. Hordes sauvages, ils tracent leur route de village en village, de maison en maison. Ils sont prêts à toutes les extrémités en s'attaquant aux nôtres, pour arriver à leurs fins... Craignons les braises sur lesquelles souffle la misère !
Lorsqu’ils arrivent à huit la nuit du 11 Prairial An IV, les Barré de Coussay sont couchés. Ils s’emparent du vieux, sous les yeux de sa femme. Ils le ligotent, le frappent, le jettent à terre, s’emparent de ce qui leur parait être de valeur. Mais le butin est maigre, comme souvent. Alors, ils jettent un jupon sur le visage de la vieille, la ligotent à son tour, et commencent la torture, avec méthode, tellement à l’identique d’une agression à l’autre, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre, que la justice en fait un délit à part entière : « vol et brûlements de pieds ». Une méthode qui ressemble à un rituel, qui sévit à travers la France,  à tel point que la presse s’en inquiète, à tel point que les élus s’en alarment. Les bandes se connaissent, les procès se recoupent.
Le but n’est pas de tuer, mais de trouver le magot. Les blessures infligées sont toujours graves, elles laissent des séquelles et la mort est souvent au bout de cette nuit noire. Les brûleurs de pieds sont dans la Vienne. Leur arme ? La cheminée de la maison. Ce soir là, le fils Barré 22 ans les a entendus arriver. Il est allé chercher les voisins. Les voleurs s’enfuient en catastrophe, laissant derrière eux un bâton et un couteau. Louise Guillon, sa mère, est blessée, gravement. Une semaine après l’attaque, les procédures commencent. Louise raconte. Elle a reconnu le bâton d’un certain Leclerc, les quatre qui étaient dans la maison avaient un fort accent loudunais et ressemblaient à des bourgeois. Etienne, le fils Barré revient sur ses déclarations et dénonce. Ce sont les frères Gaubert² qu’il a vus ainsi que Suffiseau et Leclerc le cordonnier. Leclerc avouera, mais dira avoir été entrainé. Il charge Suffiseau et les frères Gaubert. Suffiseau nie. Il dit que c’est son libertinage qui le perd, qu’on cherche à se venger de lui ! Les frères Gaubert nient aussi. François Suffiseau  Pierre et René Gaubert  François Provost, Pierre Leclerc et Louis Meunier sont condamnés à mort.  Gasselin , le joueur de violon est condamné par contumace.
L’affaire prend de l’ampleur, des clans se forment, des témoins viennent défendre Suffiseau et les frères Gaubert,  tandis que d’autres les accablent. Mauvaise vie, petits larcins, tout est à charge. L’appel très circonstancié, sur une bonne vingtaine de pages, plaide le doute. En vain.
 Les six doivent être exécutés dans les 24 H. C’est la loi. Impossible dit le bourreau, ils sont trop nombreux ! Il demande de l’aide et l’exécution est reportée au 30 Messidor. Les condamnés arrivent sur la place de la liberté à Poitiers en tombereau sous grosse escorte. L’ordre est difficile à maintenir… Juste avant l’exécution, Pierre Leclerc, et Louis Meunier tout en donnant des précisions sur d’autres affaires similaires en cours de jugement, disculpent Pierre Gaubert, en vain, il sera comme les cinq autres, guillotiné.


lundi 2 décembre 2013

De Bertillon à l'ADN !


De Bertillon à l'ADN !
Du poêle à charbon à la cybercriminalité ! 
De la mondaine à l'appât ! 
Le 36 se met sur son 31
avant de filer à l'anglaise au Batignolles ! 
 Laissez-vous prendre en filature, l'expo est passionnante, 
avec des guides aux p'tits oignons, qu'on suit pieds et poings liés et qu'on n'hésite pas à cuisiner!
Des crimes qui font l'histoire et dont on se souvient ou pas. 
Des confidences, des nostalgies, des photos inédites, des films, des bouquins,
 les p'tites affaires dans la grande Histoire, 
les p'tites histoires des grandes affaires, 
les trous de serrure...
Des conférences passionnantes, variées, didactiques. 
Les poulets ont leur histoire, et ils la racontent bien !