Affichage des articles dont le libellé est archives insolites. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est archives insolites. Afficher tous les articles

jeudi 10 février 2022

Archive Insolite - AD86 - Série 5M2 - Echo à l'actualité récente.

Archives départementales de la Vienne, série 5 M 2

Je fais le ménage dans les centaines de photos faites aux #AD86, au gré de ma sérendipité des années passées. J'y trouve quelques pépites dont je ferai quelques brèves avant élimination de mon disque dur. Juste pour vous donner envie de fouiller au hasard et me donner envie de m'y remettre. #luluarchive

J'aime lorsque l'archive fait écho au présent, modestement, sans faire dire au passé ce qu'il n'a pas à dire. Sans défigurer l'histoire, sans insulter les morts. Une manière de prendre un peu de temps en traversant le temps. 

Aujourd'hui l'histoire de GUILLE, menuisier à Gençay, fait écho à une actualité récente et dramatique qui a ému la planète entière, l'affaire du petit Rayan tombé dans un puits au Maroc. 

le 9 décembre 1837, GUILLE, menuisier à Gençay, passe par la Brunetrie à Airoux. C'est un bon gars GUILLE, père de famille, sympa et toujours prêt à rendre service. Pour ramener un vase de peu de valeur qui appartient au fermier du hameau, il descend au fond d'un puits de 52 pieds (15 m). Arrivé au fond, il entend des pierres sous ses pieds qui s'écroulent. Il demande une corde pour remonter, on lui glisse en vain, il est enseveli sous 50 pieds de terre. 

En surface l'alarme devient générale. Les hommes arrivent mais au bord du gouffre, "leur courage devient pusillanimité et s'amollit par la difficulté et l'énormité des travaux à exécuter" pour trouver celui qu'on pense broyé sous le poids des décombres. 

La famille de Guillé réclame la présence du médecin, il s'agit du Dr BAROT et c'est lui qui raconte. Il s'étonne qu'on l'appelle, "comme si son art pouvait faire surgir de la terre un homme enfoui dans ses plus profondes entrailles".

Quoiqu'il en soit BAROT accourt et il fait bien. 

Sur place tout le monde s'accorde pour dire que GUILLE est mort, écrasé par les pierres. Mais BAROT le médecin, n'est pas d'accord. Il fait observer aux uns et aux autres que leur crainte est mal fondée, que la lenteur à exécuter les travaux pourrait être la cause de la mort du pauvre menuisier. 

La "foule" écoute.  Barot raconte l'histoire de DUFAVELLE qui avait survécu 12 à 15 jours sous terre.

La "foule" se laisse convaincre et les travaux commencent. De toutes parts surviennent de nouveaux secours. Monsieur le curé de Magné, jeune et dévoué ecclésiastique arrive et ne cesse de soutenir le courage des sauveteurs. "Enfin, la clameur publique ayant répandu de toute part, on voit arriver des jeunes gens forts et robustes qui ne ménagent pas leur courage". 

Bientôt la gendarmerie de Gençay se joint aux secours. "M le Brigadier DUPONT dirige et conduit jusqu'au dernier moment la foule tumultueuse". 

La "foule est tumultueuse" mais elle se laisse guider par le brigadier DUPONT, elle donne sa chance à l'ordre dans cette course contre la montre. 

Alexandre DELCOUR, caporal au premier régiment de sapeur du Génie, en séjour chez son père à Gençay, à la nouvelle de cet évènement a volé à la Brunetrie et là, ce jeune soldat va conduire les travaux de creusement, étant lui-même à l'œuvre. En 42h on a fait un trou perpendiculaire dans la direction du puits démoli, le déblaiement s'opère en même temps.  

La foule est tumultueuse mais elle laisse DELCOUR organiser les travaux, elle donne sa chance à l'intelligence et au savoir dans cette course contre la montre. 

La foule à la force des poignets enlève 8 à 10 pieds de décombre. 

Soudain, une voix souterraine se fait entendre, elle arme les hommes d'un nouveau courage et les "coeurs palpitent de joie"... On leur fait distribuer des vivres. Même M. le Comte de la BRUYE a bien voulu envoyer ses domestiques. 

La foule creuse, vendredi, samedi, nuit et jour, les hommes se relaient, force, méthode et précautions. Dans la nuit de samedi à dimanche à 2h du matin, on trouve enfin le malheureux GUILLE... VIVANT ! 

Muré en position verticale, on réussit à grand mal à le remonter du puits.

GUILLE n'a pas de blessure grave, il est très affaibli, présente de nombreuses plaies mais pas de fracture et en ce mois de décembre son hypothermie est majeure. 

Le bon Dr BAROT est à son chevet, il a bon espoir de le rétablir au mieux.

Un coup d'oeil rapide sur les tables décennales, elles ne mentionnent aucun décès de GUILLE en 1837 ni sur Gençay, ni sur Airoux. 

Ouf !  

Source :  #AD86 Série 5M2


Il faudrait faire une transcription soignée de cette archive. 

Il faudrait creuser l'histoire familiale de GUILLE, celle de BAROT et celle de ce brave DELCOUR. 

Il faudrait regarder ce qu'en ont dit les journaux. 

Il faudrait se renseigner sur l'affaire DUFAVELLE

Il faudrait, il faudrait... 







samedi 26 septembre 2020

Charlie du siècle des Lumières - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 15/01/2015.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


Chercher Charlie à travers l’archive.
A la lueur du cierge qu’ils brandirent en réparation publique des outrages faits à l’Eglise, trois Charlie du siècle des Lumières  éclairent à leur façon le chemin de croix qui mena la patrie de Voltaire vers une République laïque. Une République laïque dont il faut aujourd’hui, sans souffler sur les braises, raviver la lueur et protéger la flamme, en ce janvier 2015 de larmes et de rage.
Palsembleu ! Au catalogue de l’insolite, nos mécréants d’archives paroissiales sont rares : une possédée, une réparation publique, un blasphème.
Nom d’une pipe à Thuré ! Pour Françoise TOUDON, « possédée du diable de son vivant », le curé étouffe sagement les braises et l’enterre sans autre forme de procès en 1657. A l’époque des buchers, il est des curés qui doutent. Françoise est la seule sorcière du Poitou croisée à ce jour dans un registre paroissial…
Diantre à Mauprévoir ! Ce 27 avril 1757, qui peut imaginer ce qu’à bu François de Lousme !  Sacré mécréant le p’tit François, qui, confondant le clocher avec le cabaret causa scandale en « vomissant dans l’église pendant la messe et au terme de la consécration du vin »… « Pour en avoir trop bu ». Au village sans prétention, jarnicoton, il attrapa mauvaise réputation et à ce sacrilège, le curé imposa « réparation publique ». L’histoire ne dit pas si le fils de Lousme se présenta en titubant, devant l’autel de Saint Antoine pour honorer Dieu. Il s’y agenouilla et brandit à la main, tout le temps de la messe, un cierge allumé sous le regard courroucé, du curé, du bedeau, des bigottes et sous les rires étouffés des enfants de chœur…  Bigre ! François de Lousme n’était qu’une petite teigne, et son père dut payer l’amende d’une livre de cire en réparation. Il lui donna sans doute du bâton en consolidation de sa mauvaise éducation.
Jarnicoton à  Châtain ! Dans notre douce France, cinquante ans avant l’ère révolutionnaire, le blasphème est un crime passible de mort. Le curé offusqué de cette petite paroisse tient à témoigner de l’outrage pour les générations futures. En 1739, voyez cet Antoine Chaumont que l’ecclésiastique nous met à l’index. Il n’est plus tout jeune, 68 à 70 ans. Aimait-il comme ce patriarche du crayon, la chair dans toute l’étendue de son doux champ lexical ? On a plaisir aujourd’hui à l’imaginer en Charlie débonnaire, le vieil Antoine qui « blasphéma sous la colère le nom de Dieu »! Le serviteur en soutane n’entre pas dans les détails de cette fureur prérévolutionnaire, mais elle entraina les foudres de l’ecclésiastique comme celles de l’honorable écuyer de son village.
Sapristi dans la Vienne du XVIIIème ! Voyez nos sorcières mises à l’index, nos  mécréants à genoux, nos curés offusqués ! Le papier est encore rare, l’art reste académique,  le dessin de presse n’est pas encore né et c’est dommage car tous ces fantassins du Chevalier de la Barre ne sont-ils pas à croquer ?


Source : Archives de la Vienne. Registres paroissiaux. 

mardi 3 septembre 2019

Des violences d'un autre âge - Lulu Archive dans Centre Presse -

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. Article rédigé en 2014.

Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale.
Elle se déchaina atrocement ces dernières semaines dans la Vienne. On la qualifie d’un autre âge, et pourtant, elle interpellait déjà au XVIIème !
Liglet, 1691. François Bichier, curé, désigne sur son registre paroissial, Louis MONTETAUD. Sans doute l’a-t-il nommé aussi à la messe du dimanche, tentant par ses prêches de vaincre ce fléau ordinaire qui touchait si gravement les femmes de l’ancien Régime. Dans le silence des villages endormis, cette violence tue.
Louis MONTETAUD vit à Journet. Il n'est plus tout jeune. Tous ses enfants sont partis de la maison. Avec Marie, ils en eurent sept. Qu’importe. Au bout de sa vie de misère, rien n’apaise la colère de cet homme, attisée par l’alcool. Louis frappe sa femme  tant et tant, et depuis tant de temps, que plus personne ne l’entend faire. Ce soir-là,  Marie BONNEAU pleurait-elle trop ? Un mois avant, sa fille Anne mourait. Elle venait de mettre au monde deux petites filles, l’une des deux l’accompagna dans la tombe. Marie pleure sa fille, sa petite fille et Louis frappe. Epuisée, blessée, laissant son époux ivre de haine, Marie fuit enfin, profitant du sommeil de son bourreau. La route est longue, 12 km pour trouver refuge à Liglet chez son gendre, Pierre BIDEAU et sa fille cadette Jeanne.
Marie se repose enfin, mais ne va toujours pas mieux. Elle est sans doute venue trop tard. Le 12 mars, Jeanne appelle le curé. Marie lui confie dans son dernier souffle qu'elle meurt à cause des coups subis : des coups de genoux et des coups de bâton dans l'estomac. Les coups de Louis, son époux. Il n'y a pas d'époque pour la violence conjugale. Il n'y a pas d'âge non plus. La pauvre Marie BONNEAU avait « soixante et quelques années »...
L’histoire devrait s’arrêter là. Mais autour de l’acte de décès de Marie Bonneau, le registre chuchote.
Cinq jours après la mort de sa mère, le curé de Liglet enterre Jeanne, et la semaine suivante Pierre Bideau ! Que se passe-t-il dans cette maison ? La colère de Dieu s’est trompée de cible, elle s’est abattue sur tout le village ! En cinq mois, il va mourir à Liglet 32 âmes, dont les 2/3 ont moins de 40 ans, la mortalité annuelle habituelle est multipliée par deux en seulement un semestre. Etrangement, dans la maison des Bideau, les trois petits orphelins de 9, 5 et 2 ans vont survivre.
Etrangement le curé ne s’étonne pas de cette hécatombe dans sa paroisse.
Cette violence mystérieuse et extraordinaire aura-t-elle arraché quelques larmes au regard embrumé de Louis Montetaud, qui a perdu cette année-là six membres de sa famille ? Seul à Journet, le vieil homme mourra à son tour le 6 décembre de la même année à l’âge de 70 ans. Il n’y a pas d’âge pour la violence ordinaire.



jeudi 14 février 2019

Mariage Jubilatoire - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 20/02/2014.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

L'article paru dans Centre Presse et la réponse du Pr Jean-Marie Augustin !
L'article
Mariage Jubilatoire ou la Saint Valentin des archives à Oyré !
Il  n’est pas toujours facile de mettre un point final sur les i de clandestinité. Avant l’avènement des communiqués de presse people, les occasions étaient rares d’officialiser les douceurs d’une alcôve clandestine. La religion imposait ses dogmes infranchissables ! Infranchissables ? A l’exception des jours de Jubilé ! Car Jubilé rime avec pardonné !  Une opportunité dont se réjouissaient aussi les amoureux en mal de légitimité !
Ainsi le 7 avril 1668, Maitre René Thénault, de la paroisse d’Oyré,  profita-t-il des fêtes données en l’honneur du Jubilé du Pape Clément IX pour officialiser l’union qu’il partageait avec Louise Durand depuis déjà quatorze ans ! L’histoire ne dit pas s’ils eurent des enfants et combien. L’ajout, après réflexion, de la mention « mariage clandestin » par le curé d’Oyré, nous en dit plus sur l’origine de cette régularisation : même si l’acte de mariage ne fait mention ni d’abjuration ni de conversion, nos épousés étaient probablement protestants.  Qu’il soit un notable de la paroisse n’épargnera pas à Maitre Thénault d’argumenter son dossier. Période de pardon et de conversion, le Jubilé est l’occasion d’ « indulgences partielles ou plénières » qui demandent quelques efforts spirituels : faire de manière publique quelques pénitences (jeûne, pèlerinage), prier, se confesser, offrir  généreusement quelques dons. A ces seules conditions, sera offerte à notre Valentin pêcheur,  l’occasion de rendre officielle et honorable une situation pour le moins embarrassante, voire dangereuse. L’évènement solennel restera très encadré comme en témoignent la présence d’André Boulé du couvent des Cordeliers et Maitre Jacques Brandin étudiant en théologie. A Charroux, à Couhé, 1668 rime également avec conversion au catholicisme. Le curé de Jaunay-Clan nous apprend qu’un autre Jubilé débuta en 1724, le premier dimanche de l’avent dans les villes mais le second dans les campagnes !
Le premier Jubilé du christianisme fut décrété en 1300 par le pape Boniface VIII, au rythme d’un par siècle,  l’intervalle se réduisit de pape en pape et à partir de 1400 le jubilé eut lieu tous les 25 ans. A ces festivités programmées, s’ajoutent quelques  années saintes extraordinaires. Clément IX, jésuite, fut pape de 1667 à 1669.  Homme de lettres, il fit construire le premier opéra de Rome. En 1668, il fut médiateur lors du Traité d’Aix-la-Chapelle mettant fin à la guerre de dévolution, premier conflit du jeune roi Louis XIV qui dut rendre à l’Espagne la Franche-Comté mais garda la Flandre conquise par Turenne.
1668 ne fut pas une «année sainte extraordinaire » au sens religieux du terme… Mais, exceptionnelle, elle le fut sans aucun doute, pour René et Louise, les vieux amants d’Oyré!
Sources :
Archives Départementales de la Vienne

Illustration : Fragonard , le baiser à la dérobée Musée de L’Ermitage Image Wikipédia

-----
La réponse de Jean-Marie Augustin 


vendredi 30 mars 2018

Quand les curés du XVIIIème luttaient contre les charlatans ! #ArchInsolite



20 décembre 1780 à Moncontour (86330), FRANCE
Notes : l’an mil sept cent quatre vint le vint decembre a 
eté batisée sous condition ayant eu lieu de douter 
de la validité de l’ondoyement ui luy a été administré 
a la maison a cause du danger de mort marie née 
le jour précédent à dix heures du soir fille 
du soi disant jacques michel orry depuis quinze jours 
demeurant en cette paroisse ou il a paru en qualité 
de charlatan et d’henriette savant légitiment 
mariés comme il parais par un extrait de mariage 
qu’il ma montré en datte du vint avril mil sept 
cent soixante dix neuf signé guyare prieur de... 

Moncontour BMS 1772-1792 page 57


lundi 2 octobre 2017

Tremblements de terre du Poitou. #Archinsolite - #AD86




Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.

A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?

A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.


1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes.

En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !

La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l'échelle MSK soit environ 5,5 sur  l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

(Article paru dans Centre Presse en 2014)

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.





ANDILLE1708/00/00AD86/BMS/1706-1725/vue 9
BONNES1704/03/11BMS 1702-1708 page 48
VENDEUVRE1704/03/11AD86/BMS/1703-1704/vue 88
CERNAY1711/10/06AD86/BMS/1701-1712/97
MONCONTOUR1711/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107.
BRIGUEIL-LE-CHANTRE1749/10/11AD86/1745-1753/vue51
LA CHAPELLE-MOULIERE1749/10/11AD 86, La Chapelle Moulière, BMS 1740/1756 page 87/138
VERRUE 1711/10/06AD86/Verrue/BMS/1701-1715/vue 66
RANTON1711/10/06Source ADV Ranton BMS 1703 - 1712 page 87
ANDILLE1708/00/00AD86/andillé/BMS 1706-1725/vue 9
BOUSSAY1749/00/00AD 37 - Relevés GE86
ANGLIERS1751/00/00AD 86/Angliers, BMS 1749/1754 page 23/48
ANGLIERS1752/00/00AD 86 Angliers BMS 1749/1754 page 23 en bas.
ARCAY1714/01/25AD86/ Arçay/ BMS 1713-1732 p 7/106 doite, bas
MONCONTOUR1713/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107
NIORT1776/04/30AD86/PRESSE ANCIENNE/1776/AVR/VUE 14

lundi 4 septembre 2017

Je m'appelle Georges - 1827 - Varennes - #AD86 #Archinsolite



TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE NAISSANCE DE « GEORGES »
(Varennes, 24 avril 1827, NMD 1823-1832, 5 MI 072, p 20-21)
------

Aujourd’hui vingt-quatre avril mil huit cent vingt-sept, à deux heures de l’après-midi. Devant nous Jean Huet, maire et faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Varennes, canton de Mirebeau, arrondissement de Poitiers, département de la Vienne soussigné.
Est comparu Pierre-François Dagôt, âgé de vingt-sept ans, meunier demeurant au hameau de Rhimbault, en cette commune, lequel était accompagné des sieurs Jean Servant, métayer au hameau de Noiron, âgé de trente-cinq ans et Jean Lasne, meunier au moulin de Saint-Martin, âgé de cinquante-et-un ans. Lequel nous a  remis un enfant nouveau-né du sexe masculin, qui  nous a paru n’avoir été mis au monde que depuis deux jours au plus. Cet enfant était vêtu d’un petit lange en toile de gros, d’un autre mauvais petit lange d’étoffe grise rapiécée de vieille étoffe gris-bleu bordé par le haut et par le bas d’un vieux galon en fil bleu, d’une petite chemise de brassière en vieille percale garnie ainsi que les manches en vieille mousseline, d’une petite brassière en coton bleu à petites raies, à laquelle était attachée un billet portant Je m’appelle Georges, ainsi écrit « Je m aplle Jorge » ; et d’une calotte en vieille soie rayée de diverses couleurs, doublée de toile, sur laquelle sont trois petits morceaux de galon velouté et garnie d’un béguin de dentelle. Le dit Dagôt nous a déclaré que vers le milieu de la nuit dernière il a été éveillé par un  bruit qui a été fait à la porte de la chambre de la veuve Lasne sa belle-mère avec laquelle il demeure au dit Moulin de Rhimbault. Que s’étant levé et ayant demandé qui frappait ainsi, une voix qu’il n’a pas connue lui a dit d’ouvrir, qu’ayant ouvert en effet, il n’a vu ni n’a plus entendu personne et a seulement aperçu par terre un petit paquet qu’il a ramassé et qui s’est trouvé à son grand étonnement être l’enfant sus-dit. Qu’il a porté cet enfant au lit de Julienne Lasne son épouse qui est nourrice, et qui lui a donné depuis ce moment les soins nécessaires à son âge. Le comparant a dit n’avoir trouvé avec l’enfant aucun autre effet que ceux dont il était vêtu, lui a donné le nom de Georges indiqué par le billet qui lui était attaché, a demandé à le garder pour le faire nourrir par son épouse et a déclaré ainsi que les témoins ci-dessus désignés ne savoir signer après leur en avoir donné lecture.
Nous maire sus-dit, avons laissé cet enfant entre les mains et à la garde du dit Dagôt jusqu’à la décision de l’autorité supérieure sur le fait de savoir s’il restera confié aux soins de son épouse. Avons arrêté que le présent procès-verbal sera par nous transmis à Monsieur le préfêt de ce département pour être par lui décidé ce qu’il jugera convenable.
Fait et arrêté en notre demeure à Noiron dite commune de Varennes les jour, mois et an que dessus et avons signé. Jean Huet, maire.

Cette archive insolite m'a été confiée par E. Bonnet auteur du site "Mille ans à Bouhet", un site qui vaut le détour.


mardi 14 février 2017

La St Valentin de l'#Archive #Insolite #geneatheme


Pourles amoureux en panne d'inspiration
;-)

--------------
Quand deux cours sont unis damour 
Que leurs liens sont doux et de longue durée 
Les sensibles plaisirs quils goutent tour a tour 
Leur font trouver tout le tanps dune année 
Bien plus court que celuy dun jour 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
depuis que jayme Lizette 
je souffre nuit et jour les plus cruels tourmins 
dans les plus doux plaisirs mon ame est inquiette 
helas que mon cour vous regrette 
tranquils jours, jours heureux charmants 
ou je naimois que ma nuchette 
// 
Lizette proffitez dune aymable junesse 
Qu'on passe sans plaisirs sy lon est sans tandresse 
Quand on perd un momant du beau temp des amours 
Souvenez vous qu'on le perd pour toujours 
On peut pour mieux choizir et pour le 
Satisfaire 
Estre un temps sans engagement 
Mais tost ou tard il fault qu'une bergere 
Fasse choix dun fidel amant 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
dans nos prés dans nos bois 
tout vit tout renouvelle 
a proffiter du temps dune saison sy belle 
amants heureux vous mettez tous vos soins 
mais les cours malheureux 
les ames languissantes parmi tant dagréements 
ne languissent pas moins 
et toutes les saisons leur sont indifferentes 
// 
bergers quy souffroient en aymant 
soiez constant soiez fideles 
souvant pour engager le cour des plus cruelles 
il ne fault qu'un heureux momant 
(arbre de la vie ou bouquet dessiné) 
ces fleurs nouvelles en vostre amour nouveau 
comme elles 
font sentir a mon cour milles nouveaux 
plaisirs 
mais sy le cour suivoit trop ses désirs 
ah quil mexposeroit a des paines cruelle 
sy vostre amour nestoit pas plus constant 
et ne duroit qu'autant que duroreroit 
ces fleurs nouvelles 1698 1698 1698 

mademoizelle vostre tres humble 
hobeissant et tres 
affectionné serviteur 

laffligé 
la douleur 
------

Archive insolite relevée par les amis de  GE86 et parmi eux  le célèbre et talentueux
Cryptus Anonymus, à qui nous devons cette transcription d'un poème courtois vieux de 315 ans...
-------------
Source : ADV Verrières BMS 1668-1674 pages 54 à 58. 

lundi 20 avril 2015

Un 20 avril 1754 à St Macoux...


Saura-t-on un jour quel différent opposa François Marteau à l'homme qui le tua d'un coup de fusil le 20 avril 1754 ? La victime est domestique chez Messire François BALLIOT et le drame se déroule devant plusieurs témoins, habitants de Saint-Macoux ou de Saint-Saviol. 
Prudent, comme la plupart du temps dans ces petites affaires criminelles rapportées dans les registres paroissiaux, le curé du village se garde bien de nous donner un indice quelconque sur le motif ou l'identité du criminel... 
François Marteau, fils de Pierre et de Marie Raffoux, marié à Marie Birault le 13 Octobre 1745 à Saint Macoux, ne semble pas avoir de descendance. 
-------------

François Marteau, agé de 34 à 35 ans, en son vivant époux de Marie
Birault, domestique à .... en la maison de Me
François Bailliot fut tué d'un coup de fusil par un
homme de cette paroisse et ce en présence dudit Bailliot
de Jean Frangé meunier, de Jean Texereau, de Rogeon et
plusieurs de la paroisse de St Saviol et de celle-ci et ce
le vingt avril 1754 et fut enterré au cimetière de
cette paroisse par Messire Georges Bruneau prieur curé de St
Savil le vingt et un du même mois comme étant
de cette paroisse et mort dans le chemin dans la dite paroisse
Marie Raffoux mère dudit feu François Marteau
assistèrent à son enterrement.
------------
BAILLARGON , inculpé(1764)
MAREUL DUPARC , inculpé(1793)
 PEURET Magdeleine, inculpé(1870)
 SICAULT Charles, inculpé(1764)
 SICAULT François Jean, inculpé(1764)
-------------------
BAUDIN Pierre, victime(1729)
MORATRIE (1782)
 VIE LOCALE Saint Macoux(1754)
VIE LOCALE Saint Macoux(1777)

dimanche 29 mars 2015

L'heure d'été - Tic-tac des archives.


" A fait l'horloge de ce lieu, il y a plus de neuf ans, guidant un serrurier"

Joseph VIDARD, religieux des Chapeliers de St Bernard, frère du curé de Jazeneuil, décédé le 5 décembre 1687.
------------

"L'horloge qui est actuellement dans le clocher, en ce jour d'hui cinquième jour de septembre 1755 a été mise et posée dans la place qu'elle occupe par le sr de la Roche de Poitiers qui en est l'auteur..."
Vivonne 1755
----------------
"Aujourd'hui 5 juillet 1768 a été placé dans le clocher de cette églice l'horloge avec son cadran attaché au grand pignon qui a été fait aux fris de la paroisse et fabriquée par Brunier...." 
Availles-Limouzine 1768.
-----------
 Relevé dans les Archives du Poitou 
Utilité offerte aux habitans de Poitiers.
Personne ne conteste la nécessité des horloges, & combien il est utile & agréable .de les multiplier dans les Villes. Il y en avait une autrefois sur le portail de l'Eglise des RR. Augustins, vis-à vis la Place Royale, que je ne sais quelles circonstances ont laissé tomber en ruine. Elle ne pouvoit être mieux placée. C’était l'horloge du quartier, & on pourrait dire de la Ville, dans cette place fait à peu près le centre, & est un lieu de promenade très-fréquenté par le peuple, surtout les Fêtes & Dimanches. Une horloge dans un quartier, règle l'heure des travaux, des repas, du lever, du coucher, annonce celle des Offices Divins. L'horloges des Augustins serait encore très utiles aux Troupes, dont le corps de garde principal est de l'autre côté de la Place, sur laquelle elles s'assemblent tout les jours pour leurs différents exercices ; une fois par jour vers midi pour ce qu'on appele la Parade ; & le soir il y a une heure précise pour battre la retraite. En rétablissant cette horloge, elles ne seront plus obligées de prêter l'oreille au son d'un timbre éloigné, dans les différentes circonstances & lorsqu'il s'agira de monter & de descendre les gardes. Ces différentes considérations d'utilité générale & d'agrément public, ont déterminé les RR. Augustins, sollicités depuis long-temps par les habitants des environs de la place, à faire rétablir cette horloge ; & s'ils ont tardé à céder à cette sollicitation, c'est parce qu'ils ne sont pas en état d'en faire seuls les frais. Ils ont délibéré d'y contribuer pour un tiers, dans l'espoir que le public voudra bien faire le reste. Plusieurs bons Citoyens ont déjà suscrit. Le devis de l'ouvrage a été dressé. La dépense sera en totalité de six cent livres. Joseph Charles, le jeune, Maître Couvreur, en cette Ville, en est l'entrepreneur. Il va commencer ce travail & promet qu'il sera fini à la St Jean prochaine, autant néanmoins que le montant de la souscription sera rempli. Les Souscripteurs pouront être regardés comme des bienfaiteurs de la Ville. Ce titre fait le motif de l'exhortation qu'on leur présente. On tiendra un registre exact, dans lequel on ecrira sous leurs ieux, leurs noms & le montant de leur contribution volontaire. On en fera même, s'ils le désirent, imprimer la liste, dont il sera remis un exemplaire à chacun, tans pour rendre hommage à leur générosité, que pour donner des preuves de la fidélité & de la reconnaissance des RR. Augustins.

 Affiches du Poitou, n° 15, du 13 Avril 1780, page 58
Archive relevée par Alain Texier GE86

mercredi 25 mars 2015

Un 25 Mars à Saint-Benoit - L'assassinat du marchand de Chinon.



Le 25 Mars 1694, Louis Jacquelin, marchand de Chinon, accompagné de sa femme, de deux de leurs grands fils et d'une fille plus jeune infirme circulent en forêt de Châtellerault. Ils y font une bien mauvaise rencontre. Une escouade de soldats se rendant à Poitiers* agresse le marchand, lui vole sa malle et son argent et le roue de coups. 
Transporté à Saint-Benoit, le pauvre homme gravement blessé a le temps de raconter son histoire au curé en confession et de lui préciser que Louis Jacquelin n'est pas son propre nom mais celui de son grand-père ou de son oncle chez qui il fut élevé.... 
--------------


....
a eté inhumé dans le grand cimetière 
de cette parroisse le corps de défunt Louis Jacquelin
marchand mercier qui m'a déclaré être de 
la ville de Chinon, lequel avait sa femme et deux
ou trois grands enfants, avec une fille de moindre
age qui est infirme, sa mort provoquée dans une 
rencontre avec une escouade de soldats dans la forêt
de Châtellerault se rendant à Poitiers aux foires
de Lamicaresme qui lui volèrent sa malle et
son argent et le batirent tant qu'il en est 
mort après avoir reçu les sacrements
nécessaires au salut, il m'a aussi déclaré que
le nom de Jacquelin n'était pas son propre nom
mais celui de son grand-père ou oncle chez
lequel il a été élevé? ; tout ce que dessus
je certifie m'avoir été déclaré
après l'avoir entendu en confession fait
le jour et an ci-dessus. 
----
Merci à Elodie de Bouhet pour son aide précieuse à la transcription ! 


mardi 24 mars 2015

Anché au fil des indexations.


Patronymes des Dossiers criminels répertoriés :
- SAINT CLAIR 
- BLANCHARD 
- FERRAND 
- AUDOUX 
- BOYER
- GARREAU
 CREUSELIER. 

Actes Insolites répertoriés :

- NEAU Pierre est chasseur de loup. Récompensé pour en avoir tué un en février 1770 - Cote ADV C66 
----------------
* Baptème de Cloche : 23 Juillet 1692. Elle s'appelle Martin en présence de Sieur Charles René Varin et Dame Radegonde de Pelisson. 
Source : ADV Anche BMS 1675/1699 page 59
----------------
* Mariage le 10 Juin 1788 du Maitre d'école Jacques Grimaud fils de sacristain avec Jeanne Suraut fille de jardinier
 Source : ADV Anche - BMS 1785/1792 page 35. 
-----------
* Reconstruction du pont d'Anché 1788 :
     Le pont d'Anché composé de six arches dans
     sa première construction a été refait à neuf
     et réduit à trois arches en l'année mil
     sept cent quatre vingt huit. Certifié 
     veritable par moi Bernardeau Curé d'Anché; 
Un peu plus loin :
En l'an mil sept cent quatre vingt neuf la quatrième
arche et tous les abords ont été construits par
les soins et la libéralité de Mre de la Chatre
De Mallevaud, de Villenom, et de Bernardeau
curé d'Anché. Il se trouve que le pont d'Anché est
très avantageux pour les passants. 

Source : ADV Anché BMS 1785/1792 page 43. 
-----------------
Loges des Bois des Coussières.
Nota. On distinque le bois des grandes coussières
d'avec celuy des petites coussières ? toutes les petites
coussières sont dans la paroisse de st Martin
d'Anché avec une partie des grandes, et c'est
la plus petite partie ; l'autre partie qui est la
plus grande est de la paroisse de Marnay, c'est
le chemin de champagné st hylaire à Vivonne
qui sépare les deux paroisses : ce qui donne lieu
a cette notice c'est la coupe du bois des grandes
coussières en la présente année 1789 on y a
batis plusieurs loges, les uns se sont trouvés
dans la paroisse d'Anché, les autres dans celle de
St Pierre de Marnay, chaque curé respectif a
reconnu sans contestation celles de son distric
ce que j'assure sincère et véritable à anché
dernier jour de l'année mil sept cent quatre
vingt neuf Bernardeau curé d'Anché.

Source ADV- Anché - BMS - 1785/1792 page 51, 52
----------------

*Etats Généraux :

C'est en cette année 1789 que les etats generaux ont
été convoqués, époque heureuse pour la nation qui s'est
vue régénérée, étant tombée dans le plus grand
anneantissement.
---
En marge en haut de la page.
4 may 1789
nota le roy
a substitué au
terme d'états
genearux (un mot rayé)
la denomination
d'assemblée
nationale. Cette
assemblée nationale
a donné occasion
a beaucoup de
troubles et de
désordres, paris
s'est vu menacé
d'une entière subversion.
--------

Cette meme année on a éprouvé l'hyver le plus rude
qu'on ait jamais éprouvé de mémoire d'homme il avait
été précédé par une grande secheresse aussi pendant
ce tems la, les rivières les puits et les fontaines ont
presque taris; on a été dans le plus grand embarras
pour abreuver le Betail, la glaie se montrait par
tout fort épaisse ; les bleds heureusement ont été
conservés par la neige qui a duré sept semaines. Le
froid s'est fait sentir violement pendant trente six
jours de suitte et le thermometre est descendu dix
huit degrés au dessous du zero. Le bled a valû beaucoup
d'argent, ayant manqué l'année precedente : le froment
a monté jusqu'à onze et douze livres la quarte ; le vin n'a
pas été cher, un louis dix écus la barique. Je donne
avec plaisir cette note, elle mérite d'être conservée.
Bernardeau Curé d'Anché.
--------
En marge :
nota. environ la
st jean de cette même
année, le bled est
devenu très rare
et n'avait pas de
prix.
L'assemblée des trois ordres de la province s'est tenue
à poitiers le 16 du mois de mars 1789. jamais assemblée
n'a été plus bele et poitiers si brillant, tout s'est
passé sans tumulte et les trois ordres ont déliberés
cachun separement.
L'année 1789 est l'année des grandes épôques (+), un hiver des plus
cruels, le bled est monté au plus haut prix, une guerre
intestine dans la capitale et dans plusieurs provinces a
l'occasion des états généraux et chose plus funeste encore on
on a vu la moitie de la nation prendre les armes par une peure
dont on n'a pu deviner la cause.
-----
(+) : (en marge) la moitié des noyers et des chateniers ont gelés.
--------


Source ADV Anche BMS 1785/1792 page 53. 
_____________________
___________________
Abjurations à Anché.

* BMS 1750/1771 page 12 :
     Joseph ROCHET  13 ans, fils de Jacques Rochet et Louise ? .
-------------------
* BMS 1750/1771 page 77 :
Le huit janvier mil sept cent soixante huit je soussigné
par commission à moy adressée par mgr notre évèque
ay fait rentrer dans le sein de l'église romaine pierre
moisnet meunier au rest de cette paroisse, dont
l'abjuration solennelle a été faite en présence de
jean Brejon marchand cabaretier de ce bourg, de
françois Bourdon farinier au dit moulin témoins appelé
et qui se sont avec moy soussignés.
Bernardeau Curé d'Anché.
--------------------------
* BMS 1750/1771 page 77 :
Abjuration des rets.
le quinze aout mil sept cent soixante huit en présence des témoins sousigné marie bideau de cette paroisse (mot rayé)
(...) de pierre moisnet meunier aux rets agée de trente
ans environ ; ayant reconnu que hors la (...) eglise
il n'y a point de salut, de sa propre volonté et sans
aucune contrainte a fait sa profession de la foy
catholique, apostolique et romaine et abjurée l'hérésie de
calvin entre mes mains, de la quelle je lui ay donné
publiquement l'absolution en vertu du pouvoir que mgr
l'évèque de poitiers m'a donné pour cet effet : en foy de
quoy jé curé de St Martin d'anché ay signé le présent
acte avce messire charle le coq écuyer Sgr du plessis
et jean Bergeon marchand cabaretier de le bourg ainsi signés.
Bernardeau Curé d'Anché.
-----------------------
* BMS 1772/1777 page 9:
le vingt deux may mil sept cent soixante treize a été
enterré dans le cimettière de cette paroisse Louis Dupond
domestique agé de trente six ans ou environ mort de hier
dans la communion de l'église munis des sacrements et
après avoir abjuré dans le cour de la maladie dont il
est mort, la religion de Calvin : ont été présents à son
enterrement pierre mauduit (...) son beaufrère, louise Dupond
sa soeure, françois peignaud son voisin et françois gesnard
domestique à l'(...?) qui ont tous déclarés ne savoir signer
de ce enqui Bernardeau Curé d'Anché




lundi 23 mars 2015

Un 23 mars à Couhé - Perdre les eaux pendant les grandes eaux !



Le 23 mars 1704, Judith RIVAULT a perdu les eaux à Couhé. Seulement voilà, elle est de Ceaux et il a plu des seaux, la Dive déborde, ce sont les Grandes eaux ! Le curé du village ne sachant qoué faire s'empresse de baptiser la p'tite Jeanne, fille d'Etienne Moricet en mentionnant sur son registre, l'aventure ! 

jeudi 19 mars 2015

L'eclipse annulaire du 11 janvier 1777 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/03/2015



Pour le prix d'une éclipse vous trouverez une aurore boréale ! 

---------------

Eclipse de Soleil
Le vingt mars 2015, le spectacle sera dans le ciel, et l’éclipse sera totale.  Au fil des siècles, le soleil eut souvent rendez-vous avec la lune, mais la mention de l’observation de cet évènement reste à trouver dans les registres paroissiaux d’un curé féru d’astronomie. Heureusement, le quotidien régional du XVIIIème siècle, « les Affiches du Poitou », décrit avec précision le phénomène observé à Saint-Maixant, le 9 janvier 1777. L’éclipse y est qualifiée d’annulaire et comparée à celle fort fameuse qui  fut visible dans le Poitou le 1 avril 1764. 1777, 1764, deux pistes à suivre. Paléographes, à  vos lunettes astronomiques, la chasse à l’éclipse dans les archives paroissiales reste ouverte !
De St-Maixant,, 11 Janvier. L'Eclipse de Soleil, annoncée pour le 9 de ce mois, a été très sensible ici, à 3 h. 45 min. de l'après-midi : l'air était fort serein, le vent à l'est, l'immersion s'est manifestée, les rayons du soleil éclipsés. On présume que l'Eclipse a été annulaire. Il semblait qu'on distinguait un anneau de lumière répandu autour de la Lune. Dans l'instant de la conjonction des disques, on a aperçu un nuage de feu fort léger qui a couvert les deux globes pendant une minute. Les rayons du soleil ont ensuite commencé à darder du côté du couchant, la partie supérieure du soleil restant obombrée. Ce nuage de feu s'est ensuite métamorphosé en une espèce de rideau brun, qui laissait à peine apercevoir l'interposition de la lune sur la moitié du globe du soleil. A trois fois différentes le disque de cet astre n'a point répandu de rayons, et alors on croyait voit le jeu d'un prisme, toutes les couleurs se manifestaient à la vue. A 4 heures précises, un nuage obscur a dérobé la suite de l'Eclipse, et à l'instant le vent est venu sud-ouest. Il y a eu pendant toute la nuit une espèce d'ouragan, et le dégel a suivi. Il tombe depuis hier matin une petite pluie fine en forme de rosée ; le vent tient toujours au sud. Il en arriva autant lors de la fameuse Eclipse du 1 Avril 1764, que l'on ne put reconnaître ici à cause d'un brouillard considérable. On a toujours remarqué qu'il venait de la pluie à la suite des Eclipse de Soleil.

 Source : Affiches du Poitou - n° 5 du 30/01/1777, p. 19
____________



jeudi 5 mars 2015

Une femme en 1730 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 05/03/2015.


Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


 Au répertoire des Petites Affaires Criminelles de la Vienne, la femme qui n’a pas encore sa journée,  n’est pas toujours l’avenir de l’homme.

Le soir du 3 Juillet 1730, Jean Bonneau, marchand, 32 ans, arrive à cheval dans les prés de la cure de Latillé, déterminé à y laisser brouter sa monture. Mais c'est compter sans la détermination de l'exploitante des lieux, Catherine Delamosse. Elle interpelle le cavalier, le somme de partir. Il la bouscule, elle se relève et lui envoie son sabot tout crotté à la figure ! Assommé, Bonneau fait marche arrière tandis qu’une équipe de gaillardes vient à sa rescousse se charger de la vilaine : sa femme, Marie Cante, et ses trois belles-sœurs, Gabrielle, Renée et Jeanne. Suit un sacré crêpage de chignons qui  interloque le voisinage et se termine, outrage suprême, par la mise en pièces de la coiffe de Catherine, qui s'enfuit tête nue, honteuse, sous la risée de certains. Tête nue, voilà une offense qui mérite réparation ! Au XVIIIème siècle, honte à celle qui sort « en cheveux » !
Agressée à nouveau par les mêmes furies, quatre jours plus tard, Catherine porte plainte. Tout le village est en émoi et le sénéchal instruit rapidement l'affaire. 
Les témoignages recueillis le 8 juillet sont concordants : l'altercation à l'initiative de Bonneau, le coup de sabot, et suite au coup, l'oeuf de pigeon (qui n’a peut-être que la taille d'une fève), la fureur des femmes, la coiffe déchirée, la honte...  
Une expertise médicale de la plaignante est demandée auprès du chirurgien local. Celui-ci constate des blessures superficielles, auxquelles s’ajoute, suite à la seconde agression, une fièvre pour laquelle il prescrit une saignée. 
L’histoire pourrait se réduire à une savoureuse affaire de gaillardes au marché de Latillé et prêter à sourire. D’autant plus qu’à la suite de Catherine, Jean Bonneau  porte plainte à son tour. On diligente alors une nouvelle enquête, on interroge une nouvelle série de témoins, qui apporte un éclairage différent. Le ton devient plus grave. Ce n'est plus un, mais plusieurs coups de sabots que le pauvre homme aurait subi et la réaction des femmes Cante en réponse l’agression apparait par conséquent, tout à fait justifiée. Il faut dire que cette fois, fini la journée des femmes, seuls les hommes sont entendus…
Le sénéchal doit statuer le 10 Juillet, mais au matin de ce jour-là, coup de théâtre !
Un bruit lui arrive du marché : Jean Bonneau est mort ! 
La farce tourne au tragique ! La responsabilité de Catherine est retenue, la voilà  immédiatement arrêtée et conduite en prison, pour y être de nouveau interrogée.
Jean Bonneau, lui, est enterré, entouré des femmes de sa famille et de son beau-frère. Il laisse à la charge de sa veuve, deux jeunes enfants Renée deux ans et Jeanne Geneviève, deux mois.
L’archive, hélas, ne dit pas ce qu’il advint de notre Cendrillon rebelle de Latillé…

Source : AD86 Série 8 B 170.



mercredi 4 mars 2015

4 Mars 1691 - Au menu du carême - Rossay (86) -


Même mauvaise paroissienne, la sorcière connait la règle :
Pendant le carème : ni viande, ni oeufs ! 
Alors elle n'en croit pas ses yeux : 
------
Le 4ème jour de mars 1691, suivant l'ordre de Monseigneur François 
Ignace de Baglion de Saillant, évêque de Triguier nommé à l'Evêché 
de Poitiers, j'ai publié dans cette paroisse la permission qu'il a
accordée à tout son diocèse dudit Poitiers de manger des oeufs pendant le carême
de la présente année 1691, attendu la rareté des viandes de carême
que l'on ne peut avoir à cause des guerres qui empêchent le
commerce avec les étrangers. 
Brin Curé de Rossay. 
-------
De la viande de carême, de la viande de carême...
Késako ???
Turlulututu chapeau pointu,
A la sorcière, mauvaise paroissienne,
 il semble qu'il ne puisse s'agir que de...
poisson !
(nommé aussi viande d'eau) 

En 1691, sous le règne du Roi Soleil, pour les pauvres villageois de Rossay et d'ailleurs le ciel est bien sombre.  La France est en guerre et ne commerce plus avec l'étranger, comme nous dit le père Brin. Depuis un an, le climat change et se refroidit et le royaume ne sait pas encore qu'il va connaitre un "petit âge glaciaire" qui durera jusqu'en 1720...

Au XVIIème siècle,
 le roi est soleil, mais le siècle n'est pas encore aux lumières. 
Au XVIIème siècle,
En religion, le dogme prime, 
Au XXIème siècle,
on en a, hélas, trop souvent encore, la terrifiante démonstration ! 

Alors, 
324 ans plus tard, 
Turlulututu,
La sorcière tire son chapeau pointu à l'évêque de Poitiers et au curé de Rossay,
qui, avec beaucoup de bon sens et en toute bonne foi,
ont fait fi des lois de Dieu,
pour sauver les vies ! 


mercredi 25 février 2015

Un 25 février à Andillé.


Noyade à Andillé. 

Le vingt sept fevrier mil sept cent cinquante neuf a este inhumé dans
le cimetiere le corps de Jean Botereau le fils maréchal agé de trente deux
ans décédé de la veille dans la rivière du Clain ou on la trouvé noyé
par accident en passant le gué de lisle sur sa jument nayant pu recevoir
aucun sacrement de leglise lequel a esté pesché en présence du greffer
de Mr de Bernay qui en a fait son procès verbal sur la prairie de lisle
ont asiste à son entrerrement son père son épouse ses soeurs et beaufrères

et plusieurs autres parents et amis Gazil prieur et curé d'Andillé

jeudi 19 février 2015

Potions anti-grippe - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/02/2015.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


1773, la santé n’a pas encore sa loi, mais elle a ses règles et la presse en fait écho ! Dans une ville du Poitou, chirurgiens et apothicaire s’égratignent en justice à propos de leurs compétences respectives ! Pensez braves gens ce dernier saigne ses clients dans son arrière-boutique ! S’il admet avoir un peu empiété sur les compétences de ses rivaux, le pharmacien sait se défendre et assure qu’il cessera les pratiques dont on l’accuse dès lors que l’on défendra aux premiers de faire commerce de remèdes ! Dès lors qu’il s’agit de puissant, la justice peine à froisser et renvoie, dans sa grande sagesse, l’apothicaire à ses flacons et les chirurgiens à leurs bistouris. Tels sont alors pris qui croyaient prendre ! Interdits de remèdes, les chirurgiens se voient amputés d’un profit considérable ! Ils répondent à cette « injustice » en s’accordant à ne délivrer désormais que de la poudre d’Alliaud, potion dont ils semblent avoir l’exclusive distribution. La poudre d’Alliaud, késako ? Purgatif à tout faire, elle n’est rien d’autre que l’antidote du médicament générique. La médecine de l’époque a son axiome : le riche guérit d’autant mieux qu’il est  soigné plus cher… Pour que tout aille mieux, au Jalap du pauvre, Alliaud le visionnaire, ajoute un peu de Nerprun, vendant à prix d’or à Marquise,  sa poudre de perlimpinpin ! L’histoire dira que l’homme de l’Art est mort riche et décrépi… en sirotant  son remède.
Mais revenons à nos paroisses ! Tandis que ces spécialistes de la ville toussent au tribunal, la grippe est au village. Et au village, le désert médical règne avant l’heure ! Heureusement le curé est parfois un peu sorcier et distribue en toute impunité ses potions personnelles, remèdes d’une efficacité garantie par les cieux,  qui donnent à ses registres des allures de grimoire. Voyez contre la forte fièvre : un gros de quinquina, un gros et demi d’iris de Florence, l’un et l’autre bien pulvérisés et bien délayés dans un grand verre d’eau de la fontaine qu’il faut avaler avant le moment de l’accès de fièvre. Que si la fièvre ne vient que deux heures après avoir pris le breuvage, il faut absolument manger et ne point se purger d’un ou deux jours après.  Si malgré tout vient la pleurésie, prenez une tête d’orties rouges, les couper menues, faites les bouillir dans un grand verre de vin rouge et autant d’huile d’olive… passez le tout… et faites prendre le bouillon au malade, le plus chaud qu’il pourra !
L’épidémie de grippe ayant traversé les siècles en se moquant parfois du vaccin, avec le bon curé de Cernay, décoctons allègrement et  sans tarder quinquina, lierre, iris et orties ! Le jardin nous  gardera des fièvres, de la pleurésie et même en prime de la rage ! Pour ces remèdes incontestables, on s’étonnera malgré  tout de l’utilisation de l’huile d’olive en Poitou, quand celle de noix a chez nous des vertus de guéritou incontestables !

Source : Archives Paroissiales et Presse Ancienne de la Vienne.