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lundi 23 mars 2015

Un 23 mars à Couhé - Perdre les eaux pendant les grandes eaux !



Le 23 mars 1704, Judith RIVAULT a perdu les eaux à Couhé. Seulement voilà, elle est de Ceaux et il a plu des seaux, la Dive déborde, ce sont les Grandes eaux ! Le curé du village ne sachant qoué faire s'empresse de baptiser la p'tite Jeanne, fille d'Etienne Moricet en mentionnant sur son registre, l'aventure ! 

vendredi 14 février 2014

Février 1747 - Rétro Alerte Crue du Clain !


Le 19 Février 1747 
A Poitiers l'eau a passé par dessus les gardes du pont de Rochereuil ! 
et 
sa majesté* a fait rebatir le pont de Visvone ! 
nous dit le curé de Marigny-Chémereau ! 


en mil sept cent quarante sept le dix neuf février en carème jour de dimanche il commença à 
pluvoir sur environ les deux heures après midy une pluie médiocre qui continua jusque à la nuit du
lundy venant au mardy ou pendant cette nuit là il plut très abondemment avec un grand vent
ce qui fut cause que les rivières vinrent si monstrueuses que personne ne les avaient jamais vues
si haut montées. Sur la Vosne les eaux y firent un très grand désordre, car il n'y eut point de
point, ny de moulin où elles ne démolissent et renversassent quelque chose, au moulin qui est icy au
bout du pont l'eau avait bien renversé la moitié des murs des logements et du moulin et avait aussi
grandement endommagé le pont. Le Clain grace à dieu a Visvone n'avait pas augmenté à proportion
de la rivière de Vosne, et mesme on l'avait vu beaucoup plus monstrueux d'autres foy, quoyque
il ne laisse pas de devenir grand. A Visvone la basse rue qui est proche de la rivière de Vosne
était inondée, l'eau qui montait de devant les carmes et celle qui rejaillissait du coté du
pont de la levée, se joignaient presque au milieu de la rue, et de ce déluge
le pont de Vivosne en fut fort endommagé ce qui a engagé sa majesté à en faire batir un autre
lequel est beaucoup plus élevé et batis avec des bonnes grosses pierres de taille et ce sur le roc, que l'on
a cherché pour y mettre les fondements, au lieu que l'autre pont n'était pas bati de grosse pierre
comme celuy d'aujourd'hui, ny sur le fort, mais seulement sur des bois debout ou les fondements étaient
appuyés. A la fontaine qui est ici proche du chateau, l'eau a monté pardessus la quatrième pierre
du coin du pavillon de la fontaine, lesquelles pierres sont au dessus de la dite fontaine, et la dite
quatrième pierre est au dessous une qui a le bout de la cave cassé ou egrinié et emporté. Autre
remarque, proche la dite fontaine, l'eau a entré dans un trou de chaffau, où il y a une pierre
dedans, lequel trou est dans le mur, qui est entre les deux fontaines, ce trou est élevé
de la la terre qui est au pied du mur de cinq pieds et quelques pouces d'hauteur, et en prenant ?
de cette élévation de terre, ce trou se trouve élevé de sept pieds de hauteur.A Poitiers, l'eau a passé par
dessus les gardes du pont de Rochereuil. 

*Louis XV pour les nuls ;-)


jeudi 23 janvier 2014

Que d'eau, que d'eau ! Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 23/01/2014

Décembre 2013, Janvier 2014, de la Bretagne au Var, les inondations gravent leur sillon de douleur dans l’esprit des  hommes, qui,  impuissants face au désastre, interrogent  la mémoire des anciens. De mémoire d’homme, a-t-on jamais vu tel désastre ? Quand ? Où ? Jusqu’à quelle hauteur ?
De mémoire de curé poitevin, les crues de 1740 furent telles qu’il reste de leur passage de profondes traces d’encre. La Creuse à Leugny et  à Buxeuil, la Gartempe à Antigny, La Clouère à Marnay, le Clain à Poitiers.
Ecoutons le curé de Ste Radegonde, qui eut de nouveau les pieds dans l’eau en 1747, et vint ajouter sur son registre un petit paragraphe en bas de page, léguant à la postérité une analyse météorologique comparative.
« C’est la nuit du cinq au six décembre que le Clain choisit de sortir de son lit, entre onze heures et minuit ! Il passa par-dessus les remparts, fendit les murs du prieuré de Ste Radegonde, monta dans les chambres et envahit même le tombeau de la Sainte jusqu’à sept pieds de hauteur ! Ce phénomène météorologique ne fut pas exclusif au Poitou. La France entière fut inondée, les ravages effroyables, les pertes infinies, et les noyades extrêmement nombreuses. Un fléau de Dieu sans aucun doute… selon notre homme !
A Antigny, la Gartempe déborda la même nuit, en 24 heures. Personne au village ne l’avait jamais vue si grande ! Figurez-vous qu’elle arriva à la porte de Louis Aubin et même à celle de Pierre Guenachon ! Elle emporta les arcades du pont de Montmorillon, fendit les murs et les maisons et couta plus de cent mille livres à la ville !
A Buxeuil, la Creuse aussi était en colère. Elle se déversa dans l’église, jusqu’au grand autel, mais ne fit heureusement que peu de dégâts. La voilà à 36 pieds de hauteur ! Elle détruisit 7 à 8 maisons, et même parmi les plus solides du bourg, et les pauvres paroissiens ne sauvèrent presque rien de leurs effets !
 A Leugny aussi on compare. En 1792  la crue,  plus forte de trois pieds que celle de 1740, atteignit le cimetière comme elle l’avait déjà fait alors ! Cette nuit du 5 décembre elle monta plus haut que jamais homme ne l’avait vu, allant au pied de la Croix du cimetière, où il y eut trois pieds d’eau ! On exposa dans l’église le Saint Sacrement, on dit une messe et l’eau cessa de monter ! Mais le mal était fait. Son cours avait été si rapide, que les terres étaient creusées, les plaines couvertes de pierres et de sable, les meubles des maisons emportés, les particuliers ne sauvèrent que leur pauvre vie, abandonnant leur maison à cette eau impitoyable.

Survenu le 5 décembre dans le Poitou, le phénomène toucha tout le royaume et au-delà jusqu’au mois de janvier. Les pluies incessantes, amenèrent la Seine à son plus haut niveau le 21 Décembre : 7,9 m au pont de la Tournelle,  inondant la capitale. Cette crue centennale occasionna des pertes matérielles considérables et un nombre de noyades effroyable.  Au plus loin de la mémoire des curés de la Vienne, on se souvient en 1615, de la colère des eaux de l’Envigne et de la Creuse, racontée par les curés de Scorbé-Clairvaux et de de Buxeuil . 


mercredi 19 juin 2013

1747/2013 - Crues de la Vosne et du Clain - Echo à CP Vigilance Jaune !


 Juin 2013 : 

Ce matin brutalement, la côte de Prinçay s'est transformée en torrent, la Clio en canoë, les fossés débordent, les vieux murs se noient, les vieilles tuiles épongent, les gouttières vomissent, les toitures ploient, les cerises pourrissent, les roses pleurent, les sorcières dégoulinent....
---------
Février 1747,
 le Clain, la Vonne, La Clouère, la Charente,  La Vienne... 
Les crues de 1747 semblent être les plus mentionnées de nos registres départementaux. 
La parole étant au curé de Marigny-Chémereau, je retourne à ma serpillère ! 

En mil sept cent quarante sept le dix neuf février en carème jour de dimanche il commença à
pluvoir sur environ les deux heures après midi une pluie médiocre qui continua jusque à la nuit du
lundi venant au mardi, ou pendant cette nuit-là il plut très abondemment avec un très grand vent/orage
ce qui fut cause, que les rivières vinrent si monstrueuses que personne ne les avait jamais vues
si haut montées. Sur la Vosne, les eaux y firent un très grand désordre, car il n'y eut point de
pont, ni de moulin ou elles ne démolirent et renversassent quelque chose, au moulin qui est ici au
bout du pont,l'eau avait bien renversé la moitié des murs des logements et du moulin et avait aussi
grandement endommagé le pont. le Clain grace à Dieu à Vivonne n'avait pas augmenté à proportion
de la rivière de Vosne, et même on l'avait vu beaucoup plus monstrueux d'autres fois, quoique
il ne laissa pas de devenir grand. A Vivonne la basse rue qui est proche de la rivière de Vosne
était inondée, l'eau qui montait de devant les carmes et celle qui rejaillissait du coté du
point de la levée se joignaient presque au milieu de la rue et de ce déluge
le pont de Vivonne en fut fort endommagé, ce qui a engagé sa majesté à en faire batir un autre
lequel est beaucoup plus élevé et bati avec de bonnes grosses pierres de taille, et ce sur le roc, que l'on
a cherché pour y mettre les fondements, au lieu que l'autre pont n'était pas bati de grosses pierres
comme celui d'aujourd'hui, ni sur le fort, mais seulement sur des bois debout ou les fondements étaient
appuyés. A la fontaine qui est ici proche du chateau, l'eau a monté pardessus la quatrième pierre
du coin du pavillon de la fontaine, lesquelles pierres sont au-dessus de la dite fontaine, et la ditte
quatrième pierre est dessous une, qui a le bout de la cave cassé ou égrinié et emporté. Autre remarque,
 proche la ditte fontaine l'eau a entré dans un trou de chaffau, où il y a une pierre
dedans, lequel trou est dans le mur, qui est entre les deux fontaines, ce trou est élevé de la terre
qui est au pied du mur de cinq pieds et quelques pouces d'hauteur, et en prenant des... de cette élévation de terre, ce trou se trouve élevé de sept pieds d'hauteur. A Poitiers l'eau a passé par dessus les gardes du pont de Rochereuil.

AD86 Marigny-Chémereau 1737/1754 page 48/81

Les crues de 1747 sont mentionnées dans les villages suivants :

CHAMPIGNY-LE-SEC
BUXEROLLES
SAINT-MAURICE-LA-CLOUERE
MARIGNY-CHEMERAULT
CHAPELLE-MOULIERE
SAINT-BENOIT