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lundi 17 décembre 2012

La noyade de Saint Saviol - 1749 - Mise à jour.



Mercredi 12 Décembre, Alain Texier a présenté devant l'assemblée des Amis du Pays Civraisien,
 la noyade de Saint Saviol. 
L'occasion de préciser les données, de développer des hypothèses, d'illustrer cette étrange affaire.
Pour notre plus grand plaisir, Alain Texier raconte, précise et récapitule. 
Embarquement immédiat. 

La noyade de Saint-Saviol - 1749

Présentation

Après avoir relu les différentes pièces du dossier, je reviens sur mes premiers écrits, car je m’aperçois que j’y ai commis quelques erreurs. Je vous prie de bien vouloir m’en excuser, et je pense que la version qui suit correspond davantage à la réalité des faits.

En recherchant les traces de certains de mes ancêtres à Saint-Saviol, un texte des registres paroissiaux a attiré mon regard. En effet, les actes de baptême ne prennent que 4 à 5 lignes, les actes de mariages environ une demi-page, et les actes de sépulture comportent 6 à 7 lignes, selon le nombre d’accompagnateurs à la dernière demeure du défunt. Ici, un acte de sépulture daté de 1749 s’étalait sur quinze lignes, et le nombre de 22 corps enterrés ce jour là m’a très fortement intrigué. C’est en lisant ce texte que j’ai pris connaissance du drame qui s’était déroulé dans ce secteur du Sud de la Vienne.
L’existence d’un procès verbal dressé par l’administration de l’époque étant mentionnée dans l’acte, j’ai caressé l’espoir que ces papiers avaient été conservés.

Ayant parlé de ce fait divers sur un forum de généalogie (GE86), Sébastien Pissard a trouvé les références du dossier judiciaire de cette affaire (4B 68) et Gloria, notre sorcière, s’est déplacée aux Archives Départementales pour en faire des photos qu’elle m’a transmis.

Le registre de St Saviol

Voici donc l’écrit qui a éveillé ma curiosité : il s’agit, sur cet écran, d’un montage des photos des pages 29 et 30 du registre BMS – 1745-1763, prises sur le site des Archives Départementales de la Vienne.



Texte
           
Remis en français actuel, avec ponctuation et majuscules.

Aujourd’hui dix sept mars mil sept cent quarante neuf ont été inhumés dans le cimetière du bourg le nombre de vingt deux corps morts tant femmes, garçons, filles de tous ages tous mendiants à nous, presque tous (jeunes) et tous de paroisses étrangères, qui se sont noyés de hier en passant au bateau de Réfoux dont procès verbal et levée des dits corps a été fait par messieurs les officiers de Civray du nombre desquels on cite Jeanne âgée de douze ans, Louis, âgé de huit ans, fils de Gabriel Bertaud du village de Fortran, paroisse de Linazay, Jeanne âgée de seize ans, Jacques âgé de huit ans fils de feu Jean Metayer et de Charlotte Moduit, Jeanne Baudain fille de André Baudin et de Elizabeth Baré âgée de douze ans, Françoise Micheau âgée de trente ans ou environ, Louis et Paul Picoult, ses enfants, Jeanne Ménard veuve de André Braud, François Braud son fils, Lisabelle Epinoux et sa fille Jeanne et deux de ses enfants, femme de Pierre Lemape, la femme de Briand, la Chermante et sa fille, le fils de Chesnain, la fille de Pierre Barbarin
Bruneau, prieur curé de St Saviol.


Ce qu’il nous apprend : nombre de victimes avec leur provenance et condition sociale, lieu de l’accident, existence d’une enquête, et l’identité de la plupart d’entre elles.

Le document de Linazay

La plupart des victimes étant originaires de Linazay, le curé de cette paroisse a également reporté sur ses registres le nom de celles de ces ouailles qui ont péri dans l’accident. Je vous fais l’économie de la photo de l’acte, mais en voilà le contenu (registres de Linazay BMS - 1746-1764, page 19 – AD86). Notez qu’il a commis une grossière erreur sur la date puisqu’il écrit celle du 16 janvier 1749, soit deux mois avant les faits. Il se trompe aussi sur le nom d’une de ses paroissiennes, dont pourtant il avait baptisé les enfants : il écrit « Françoise Michel » au lieu de « Michau ».

Le seize janvier 1749 vingt quatre pauvres se sont noyés dans la rivière de Charente près le moulin de Réfoux paroisse de Saint-Saviol du nombre desquels étaient Jeanne Menart, François Braut son fils, Francoise Michel veuve de Louis Picaut, Louis et Paul Picaut ses enfants, Jeanne et Louis Bertaut, Jeanne et Jacques Metayer, et Jeanne Baudin, tous du village de Fortrant de cette paroisse qui ont été inhumés dans le cimetière de Saint-Saviol.
H. Moreau curé de Linasay.


Les lieux



La Charente constitue un obstacle à franchir pour les voyageurs, et les passages entre Civray et Comporté étaient (et sont encore) rares. Il n’y avait alors de pont qu’à Dalidant.
Nous verrons tout à l’heure que les personnes qui se sont noyées venaient de Fortran, sur Linazay pour se rendre au Ravary, et que des témoins revenaient de la messe de St Saviol pour rentrer chez eux, aux Champs et Chez Boisson.
Pour traverser la rivière sans faire de longs détours, il était donc nécessaire de prendre des bacs, et il y en avait justement un au moulin du Réfoux. Il devait aussi être possible de traverser à gué, mais au mois de mars, en période de hautes eaux, ce ne devait être possible qu’en voiture à cheval, et encore, ce n’est pas sûr.
Le pont Bridé n’existait pas, mais il est probable qu’à cet endroit il y avait un gué.
Je pense également que c’est par bateau que les habitants des Poiriers se rendaient à la messe à St Saviol, avec une embarcation qui devait être en aval du moulin de Roche, auquel ils accédaient par le raidillon actuel (un chemin d’ailleurs existe toujours qui va de l’église de St Saviol vers le moulin de Roche Papillon, mais s’arrête en plein champ, comme celui de Bessigny). C’est quand même plus court que de faire le détour par Comporté.
Pour aller de St Saviol au Réfoux, comme l’a fait le meunier, il est possible soit de passer par Chez Sagaud, descendre le coteau et rejoindre Bessigny, soit de passer par Chalbret. De Bessigny vers le moulin, avant le Ravary, un chemin qui existe encore, qui se dirige vers le moulin, mais qui, actuellement ne va pas jusqu’au bord de l’eau. Il est probable qu’à l’époque c’était le chemin ordinaire pour accéder au bac.
Les passages par ce moulin et ce bac étaient donc fréquents, et le meunier ou ses aides devaient souvent être appelés à faire l’aller-retour (moyennant piécettes ?).

Le moulin se trouvait au dessus d’un canal qui existe encore, qui alimentait la roue. Les logements et la cour du moulin se trouvaient sur la rive droite, du côté de l’Echelle. De l’autre côté du canal, il y a un îlot où il devait être possible de se rendre depuis la cour par une passerelle passant devant le bâtiment du moulin, au-dessus de l’accès à la roue, comme on le voit sur tous les moulins. Le bac se trouvait sur l’autre rive de l’îlot, vers Bessigny.
Immédiatement en aval de cet îlot, la Charente se divise encore une fois et contourne la « Grande Ile du Réfoux », le bras de droite étant cependant bien moins important que celui de gauche, qui longe les coteaux.
En se rendant sur place actuellement, au lieu-dit « le Réfoux », sur la rive droite de la Charente, (donc du côté de la laiterie), on ne voit que deux petites maisons, semblant inoccupées, et un hangar agricole, au bord d’un petit bras canalisé de la rivière.

L’histoire


Ce schéma est adapté de celui de Bernard Baillargeon, qui est cordialement remercié.
Le dimanche matin 16 mars 1749, sous le règne de Louis XV, dit le Bien Aimé, tombe cette année là un mois jour pour jour avant Pâques. Le soleil se lève vers 5 h 45 et se couche vers 18 h 15 à l’heure solaire qui était suivie à cette époque. Denis Bourdereau, le meunier du moulin du Réfoux, un homme d’environ 57 ans, revient de la messe dite par le curé Bruneau à Saint-Saviol avec son épouse, Jeanne Blanchard. Ils sont sûrement accompagnés de leurs trois enfants, Louis, 16 ans, Suzanne-Magdeleine, 12 ans et Jeanne 10 ans. Ils passent par Bessigny, suivent le chemin qui mène à la rivière, et prennent le bateau qui les attend pour traverser jusqu’au moulin.
Arrivés dans la cour du moulin, il y trouve une troupe d’une vingtaine de femmes et d’enfants. Ce sont des miséreux dont la plupart sont de Fortran, de la paroisse de Linazay. Oh, il reconnaît bien parmi elles la Grimaude, la fille de Pierre Grimaud des Poiriers, une belle plante de 17 ans, avec un panier de sardines sous son bras, et la jeune veuve Dragon qu’il connaissait de nom, donnant le sein à un bébé d’un an ou deux.
En homme charitable, ayant reçu la communion le matin même, il leur distribue quelques piécettes. Elles lui demandent alors de leur faire traverser l’eau, car elles veulent aller au Ravary. Le brave meunier ne le désire pas : il avait déjà fait la traversée deux fois dans la matinée, et il était l’heure de la soupe (il était vers les 10 et demi – heure solaire). Les femmes se tournent alors vers le farinier du moulin, Louis d’Aulière (ou d’Auliene), qui ne peut pas résister à un joli sourire de l’une ou l’autre, et accepte de les faire traverser. 
Tout le monde se précipite dans le bateau, en essayant de se caser tant bien que mal, la plupart des femmes restant debout, faute de place.
Nous sommes à la fin de l’hiver, et le courant est assez fort, d’autant que le moulin ne fonctionnant pas en cette journée de dimanche, les pelles de l’exutoire sont ouvertes, faisant augmenter d’autant le courant dans la branche principale.
Vers le milieu de la rivière, le bateau, trop chargé, commence à prendre l’eau, mais l’on est presque arrivé. Encore un coup de perche, et enfin la barque touche la berge, mais hélas, comme souvent, l’accostage ne se fait pas en douceur, et le choc du bateau contre le bord déséquilibre les personnes debout qui se renversent les unes sur les autres et finissent par tomber à l’eau. Le bateau se remplit rapidement d’eau et coule. Bien évidemment, personne ne sait nager, et les pauvres femmes sont encombrées par leurs cotillons, ou tentent de garder leur bébé dans les bras. Aucune n’en réchappera.
Quant à d’Aulière, le farinier passeur, il a la chance d’être secouru par son valet Pignou qui se trouvait sur la berge et lui tend une perche qui l’aide à sortir de l’eau.
Les gens du moulin, sur l’îlot, assistent à la scène : les domestiques Pierre Dugué, Jacques Challeroux et Pierre Chesnain. Je pense que le meunier a du également voir le drame. Sur l’autre rive se tiennent Pierre Gendreau, habitant les Champs, paroisse de St Pierre, et Charles Bouchet de Chez Boisson qui arrivaient également de la messe à St Saviol, et désiraient traverser par le bac pour rentrer chez eux.
Bien sûr, ce fut l’affolement au moulin. Pierre Chesnais attelle la ghiole (pour les non patoisants, c’est une voiture à cheval), et emmène sa patronne, Jeanne Blanchard, à Civray, où ils vont rapporter les faits au procureur du Roi, monsieur Lelong de la Fragnée, qui dépêche aussitôt une commission d’enquête constituée par :
-          Jean Albert, conseiller du Roi, juge de la sénéchaussée de Civray, (selon Bobe : « sieur de Bellevue, gendre de Jacques Cacault, mourut le même jour que sa femme après 56 ans de mariage »). En effet, Jean Albert et Louise Marguerite Cacault s’étaient mariés le 24/10/1695 à Saint-Clémentin (BMS – 1693-1724, p. 5). Ils ont été inhumés tous les deux dans la même tombe le 5 novembre 1750 (BMS – 1745-1750, p. 114), lui, à l’âge de 77 ans, et elle, à 76 ans. Il avait donc 75 ans environ au moment de cette enquête.
-          Jean Malapert, procureur du Roi, commis greffier en l’absence du greffier ordinaire,
-          André Descats, huissier et
-          Jean Pascault, maître chirurgien, lieutenant des chirurgiens de Civray.
(Tous ces personnages sont cités également comme tels dans l’ouvrage de Bobe : A. BOBE – Histoire de Civray – Imprimerie administrative centrale – Paris - 1935).
Arrivé sur place, en tout début d’après-midi, le juge interroge en premier le meunier Bourdereau. C’est de cet interrogatoire que nous sont parvenues la plupart des informations que nous avons sur ce drame.
Après l’interrogatoire du meunier, les enquêteurs vont sur les lieux mêmes, où ils peuvent voir des cadavres sur des îlots. Malheureusement, il n’était plus possible d’aller les chercher, car il n’y avait plus de bateau sur place, le seul existant ayant coulé. Trois personnes (Louis Barantin de l’Echelle, Jean Meusnier et Jacques Ollivier, tous deux du Ravary) sont dépêchées au moulin de Roche sous les Poiriers (Roche Papillon) pour y emprunter un bateau qui servira au repêchage des corps. Avec Jacques Dardou (ou Dardon), habitant au Réfoux et François Garnier, de St Saviol, ils vont sortir les cadavres de l’eau et les emmener aux moulins – au pluriel dans le PV : il y avait donc plusieurs moulins au Réfoux.
A six heures, la commission judiciaire interrompt ses investigations, en demandant que les recherches continuent. Il s’en vont diner à Comporté (pour 18 sols).
Le lundi 17 mars, à huit heures du matin, les enquêteurs sont de nouveau sur place, mais aujourd’hui, le procureur Lelong de la Fragnée les accompagne, et ordonne que les corps soient enterrés au cimetière de Saint Saviol, et que les fosses soient creusées. Les recherches reprennent et les cadavres de dix sept victimes sont sortis des moulins où ils avaient passé la nuit pour être exposés dans l’îlot : sept jeunes garçons et dix femmes et filles de différents âges.
La nouvelle de ce tragique accident s’était bien sûr répandue dans les villages alentours, et beaucoup de monde est venu : des parents et des maris inquiets de ne pas avoir vu revenir leur famille la veille au soir. C’est ainsi que Jacques Briand, de Champagné le Sec, reconnaît sa femme Anne Feumolant. De Fortran à Linazay, les sœurs Suzanne et Françoise Brault découvrent les cadavres de leur mère Jeanne Mesnard et de leur frère François Brault. La malheureuse était la veuve d’André Brault. Catherine Moussault, femme de Gabriel Bertault a reconnu deux des cadavres pour être ceux de Louis et Jeanne Bertault, ses enfants.
Les enquêteurs remarquent à la ceinture de l’une des jeunes femmes trois clés et des ciseaux, et à la ceinture de l’autre une grosse clé, que Suzanne Brault dit lui appartenir, mais que réclame Françoise Bouteland, sa belle-mère.
Après ces premières constatations, le juge fait embarquer les cadavres pour les disposer dans deux charrettes de l’autre côté de la rivière afin les conduire au bourg de St Saviol. C’est en effet le chemin le plus logique si le gué Bridé n’était pas praticable. Nous connaissons les noms des conducteurs de ces charrettes : il s’agit de François Bonnet, Pierre Bouchet, Charles Gibault et Pierre Dexmier.
Le chirurgien Pascault (le médecin légiste avant la lettre) a eu le temps d’examiner les corps, et déclare que la mort est due à « l’abondance d’eau dans laquelle ils tombèrent le jour d’hier et dont ils ont été suffoqués, étouffés et noyés. »
Tous ces événements ont pris la matinée, et, à midi, les enquêteurs se retirent pour prendre leur repas (toujours à Comporté). Mais les recherches des autres cadavres se poursuivent, par les nommés Barantin, Savy, Boucher, Dardou et Rivaud. A deux heures, le ventre repu (moins cher que la veille au soir : 16 sols), les membres de la commission reprennent leurs travaux, en examinant cinq autres cadavres. Le juge ordonne que ceux-ci rejoignent les autres au cimetière de St Saviol, et nomme les personnes chargés de creuser les fosses : Jacques Marché, sacristain de la paroisse, les nommés Pierre Saunier et Gabriel Cognac, Jacques Brumault, Pierre Moreau et Estienne ?.
A cinq heures de l’après midi, le juge Albert clôt son procès verbal et l’huissier André Descats a déjà rédigé l’injonction à comparaître dès le lendemain mardi à 10 heures à Civray, des différents témoins pour prendre leurs dépositions.

Ce même jour, le curé Bruneau procède à la sépulture collective.

Le mardi 18 mars donc, Pierre Gendrault, laboureur au village des Champs (St Pierre), Charles Bouchet, laboureur à Chez Boisson (St Saviol), Jacques Chaleroux, Jacques Verdon, et Pierre Chesnin, qui sont tous les trois domestiques au moulin, font leurs dépositions. Celle de Chesnin nous est parvenue incomplète : il n’en reste que les premières lignes, qui ne sont que les formules officielles, mais rien sur son récit. Les autres concordent à quelques détails près sur la position du bateau au moment du naufrage, et sur l’emplacement des cadavres retrouvés. Selon Verdon, il se serait mis à l’eau, avec d’autres, et aurait retiré trois corps sur la berge : il doit s’agir de ceux que les enquêteurs ont vu en premier. Il est possible qu’il était plus facile de traverser cette partie en ayant pied, sans avoir besoin de nager. Ce passage entre l’îlot du moulin et la grande île est actuellement fermé par une digue.

Un peu plus tard, le 31 mars, Albert fait les comptes de ces deux journées d’investigations ce qui nous permet de connaître les tarifs pratiqués :
Le juge Albert a touché 16 livres pour les deux jours,
le chirurgien Pascault : 8 livres,
l’huissier : 6 livres,
les « pêcheurs de cadavres » : 30 sols,
les faiseurs de coffres : 15 sols,
les charretiers : 20 sols.
Il y a eu également pour 6 sols de papier.

Mais, me direz-vous, on n’a pas beaucoup entendu parler du farinier passeur et de son acolyte ! Car, vous l’avez sûrement compris, il était le principal responsable du désastre par l’imprudence qu’il a commis en faisant embarquer trop de monde dans un petit bateau. Il faut remarquer que son nom n’est pas certain, car l’orthographe diffère d’un document à l’autre. En effet, on peut lire : de Rehange, Dauhiere ou Dauliere et Dezaulier, aux trois passages où son nom est cité. Seul son prénom, Louis est connu avec certitude.
Toujours est-il que, dans ses attendus, le procureur du Roi après avoir décrit les faits, écrit la phrase suivante : « … (tous ont) péris, à la réserve du batelier, qui s’est sauvé à la faveur d’une gaule qu’on lui a présenté, ce qui fait que pour le dit de Rehange il requiert que » suivi d’un blanc. La ligne suivante parle d’autre chose : « Ce considéré, Monsieur, etc. … ». Cela sous-entend que des poursuites ont été faites à son encontre, mais le dossier qui nous est parvenu n’en parle pas.
Il est certain que se sentant coupable, il a pris la poudre d’escampette, sans attendre que les autorités arrivent.


Les victimes


Voyons maintenant quelles sont les victimes. Dans sa déposition, Bourdereau le meunier donne le chiffre de 24 personnes dans la cour du moulin lorsqu’il est revenu de la messe. Les a-t’il vraiment compté ? S’en souvient-il parce qu’il leur a donné à chacun une piécette ?
Le procès verbal, lui, décompte 17 cadavres retirés de l’eau le 16 mars, et 5 le lendemain, ce qui fait 22, comme le curé l’écrit sur l’acte d’inhumation, mais en n’identifiant que 19 individus. Je pense avoir retrouvé l’identité de chacune, et parfois une partie de sa vie. Le curé de Linazay n’a repris que les 10 noms de ses paroissiennes et leurs enfants.
Le tableau donne pour chaque victime le nom, le sexe et l’âge qu’il a été possible de déterminer, ainsi que le nom de son mari, et éventuellement de ses parents. Les autres colonnes indiquent le document qui a fourni les renseignements.

Les victimes, que nous allons énumérer selon l’ordre de la liste du curé Bruneau de Saint-Saviol sont donc :

  1. Jeanne Bertault, 13 ans, et
  2. Louis Bertault, 8 ans, enfants de Gabriel Bertault et de Catherine Moussault. Tous les enfants de ce couple ont été baptisés à Linazay. Les deux aînés (Philippe 18 ans et Catherine 16 ans) leur restaient peut-être.
  3. Jeanne Metayer, 16 ans : il s’agit en toute vraisemblance de Jeanne Metayer, fille de défunt Jean Métayer et de Charlotte Mauduit. Son père est décédé à Linazay en octobre 1748, à 43 ans.
  4. Jacques Metayer, 8 ans, son frère. Leur mère, Charlotte Mauduit reste donc veuve, avec la petite Catherine âgée de 5 ans et Jean, âgé de 4 mois, donc né après le décès de son père.
  5. Jeanne Baudin, 12 ans. Elle est la fille d’André Baudin et d’Elizabeth Barré, mariés en 1728 à Linazay. Elle avait 2 sœurs et un frère, tous plus âgés.
  6. Françoise Micheau (pour le curé de Saint-Saviol) ou Michel (pour celui de Linazay). Agée de 30 ans ou environ, elle est veuve de Louis Picoult (ou Picaut, selon les curés). Ils s’étaient mariés en 1738 à Linazay. Son mari avait 26 ans lorsqu’il est mort à Linazay en 1746. Il est donc a penser qu’elle devait en avoir moins de 29 lorsqu’elle s’est noyée avec ses deux enfants, qui suivent.
  7. Louis Picaut, 9 ans, fils de défunt Louis et de Françoise Micheau.
  8. Paul Picaut, 4 ans, son frère.
  9. Jeanne Mesnard, épouse d’André Brault, a été reconnue par ses filles, Françoise née en 1743 à Linazay (6 ans) et Suzanne, vraisemblablement plus âgée.
  10. François Brault, son fils, est également parmi les victimes.
  11. Isabelle Epinoux. Je n’ai rien trouvé sur cette personne. La citation du curé de Saint Saviol dit qu’elle est la mère de Jeanne, qui suit.
  12. Jeanne, fille de la précédente, et femme de Pierre ? : Le nom du mari est difficilement lisible, et chercher le mariage d’un Pierre inconnu avec une Jeanne inconnue, même en connaissant le nom de la belle mère, est une tâche impossible, sauf coup de chance.
  13. Un enfant de la Jeanne précédente, fille d’Isabelle Epinoux.
  14. Un autre enfant de la même Jeanne, de sexe opposé au premier.
  15. Anne Feumolant s’est mariée avec Jacques Briand en 1738 à St Pierre d’Exideuil, après être passée devant le notaire. Je n’ai pas trouvé sa date de naissance, mais ses parents se sont mariés en 1704. Elle avait donc moins de 45 ans au moment de son décès. Elle a eu au moins 5 enfants, dont deux ont dû mourir en bas âge. Le petit dernier, François avait 3 ans.
  16. La Chermante. Je n’ai trouvé aucun nom se rapprochant. Peut-être était-ce un surnom.
  17. La fille de la Chermante : ne connaissant pas la mère, je n’ai évidemment pas pu trouver sa fille.
  18. Le fils de Chesnin. Se pourrait-il qu’il s’agisse d’un enfant de Pierre Chesnin, le domestique du moulin ? Ce n’est pas impossible, mais d’une part le curé Bruneau dit bien que toutes les personnes inhumées ce jour là étaient étrangères à sa paroisse, et d’autre part, si son fils avait été parmi les victimes, son père aurait plutôt chercher à le retrouver dans l’eau que d’aller accompagner sa patronne à Civray.
  19. La fille de Pierre Barbarin : Je n’ai pas trouvé de famille Barbarin sur le secteur à cette époque.
  20. La fille Grimaud, reconnue par Bourdereau dans sa cour, porteuse d’un panier de sardine. Il dit qu’elle a 17 ans et vient des Poiriers. J’ai trouvé deux candidates dans la paroisse de Saint Macoux, toutes deux filles d’un Jean Grimault : Magdeleine, fille de Magdeleine Beau, née le 25/08/1733, ou Françoise, fille de Suzanne Rougier, née le 06/06/1735.
  21. La veuve Dragon est mentionnée par Bourdereau comme étant une des personnes qui attendaient dans la cour du moulin. Aucun des curés ne la mentionne, et je n’ai pas trouvé ce nom dans les bases de données. Elle portait un bébé au sein.
  22. Le bébé Dragon.

Il y a donc eu 14 femmes ou filles, 7 jeunes garçons et 1 bébé.

Conclusion

Il est navrant de penser que c’est par l’imprudence d’un homme qui n’a même pas eu le courage d’assumer la responsabilité de son acte, que ce tragique fait divers a pu avoir lieu. Mais le fait d’en parler permet d’avoir une pensée pour ces pauvres gens et pour les difficiles conditions de vie de l’époque.

Alain TEXIER

A lire l'article publié en Janvier concernant cette affaire. Vous y trouverez d'autres illustrations (Merci à Bernard Baillargeon pour sa participation, les premières hypothèses et discussions. 

mercredi 25 avril 2012

Histoires aux environs de REFOUX vers 1749.

Prolongement de la noyade de Saint Saviol, histoires autour du Refoux : Linazay, Saint-Saviol, Champagné-le-Sec par B.Baillargeon lecteur participatif !
Histoires aux environs de REFOUX vers 1749.

 

Bernard Baillargeon nous propose un récapitulatif des petites histoires autour du Refoux, lieu de la noyade de Saint-Saviol, établi à partir des ouvrages suivants :
 (A) : Collection les communes de la vienne : éditions Flohic.
(B)  Dictionnaire des communes et pays de la vienne. Dirigé par Dominique Guillemet. Geste éditions.
JOUSSERAND : http:// jm.ouvrard.
(C) Monographie sur la commune de Saint Saviol par H. Dechambre. Visibles en bibliothèques.

A SAINT PIERRE D’EXCIDEUIL  
 Page 204 – A - La première mention de St Pierre, en 892, signale la construction par les Jousserant de Lairé de leur château.
Cette famille Jousserant joue un rôle très important dans toute la région. Alliée aux principales familles poitevines – La Rochefoucauld, Saint Georges…..- elle est divisée en plusieurs branches qui possèdent les plus importants fiefs du Civraisien. Convertie au protestantisme, elle entraine à sa suite de nombreux notables. Son influence diminue au XVII siècle au profit des Maron. Jacques Maron, descendant d’une famille de marchands sauniers, fait restaurer l’église et construire, à La Bonnardeliére, (1500 m au nord Des Champs), un château terminé en 1659. Son petit fils Louis-René ouvre une carrière. Le 24 septembre 1752, (3 ans après 1749) une grande cérémonie réunit les paroissiens ainsi que les habitants des environs pour le baptême de deux cloches. Le parrain est Louis-René Maron de Cerzé, chevalier, seigneur de La Bonnadelière, et la marraine sa femme Anne-Thérèze de Couhé-Lusignan.
La légende dit qu’à La Bonnardeliére il y avait le seigneur  était cruel, a-t-il participé aux dragonnades de 1681 ?

° Page 205 – A - Le château de Lairé, ou Layré, (à 400 m du moulin de Réfoux) est situé sur un rocher dominant la Charente. Ses origines remontent à 892. Il a appartenu pendant presque 1000 ans aux Jousserant, la plus importante famille seigneuriale du Civraisien.
° Page 206 – A  - En 1650, Le Village de La Bonnardeliére  devient suite à un échange, propriété de Jacques Maron qui y entreprend de grands travaux. Autour du château et des fermes des Maron sont élevées, dans la seconde moitié du XVII siècle, une grange dîmiére et des maisons.
(La dîme ce n’est pas un impôt qui rendit le seigneur impopulaire).
° Page 207 – A – Le château de L’Estang (à 800 m du moulin de Réfoux) tire son nom d’un étang aujourd’hui asséché. Il a longtemps appartenu à la famille Jousserand.
° Page 294 – B -  Le château de Léray campé sur un «laire »- un promontoire au bord de la Charente, cet édifice présente un porche monumental nanti d’1 mâchicoulis. Fortement endommagés pendant les guerres de religion……………, le château est reconstruit à la charnière des XVI et XVII siècle par la famille Jousserand qui posséde le fief depuis le xiv siècle. Jean Jousserand est un « gentilhomme doué d’une piété et de vertu excellente » aux dire du pasteur Jacques Croizé qui exerce à Civray au lendemain de l’édit de Nantes (1598). A l’instar de cette noblesse séduite par la réforme, la population de St Pierre est gagnée par les idées nouvelles.  En 1688-89 le catholicisme est soutenu par Jacques Maron de La Bonnardeliére qui, avant son décès survenu en 1683, restaure l’église tout en édifiant son logis. A proximité, ses descendants découvrent et exploitent une carrière de marbre dans les années 1770. Mais ils émigrent rn 1792.

JOUSSERAND branche de LAIRE : Feuilles 5/16 & 6/16.
XI) JOUSSERAND Olivier : Chevalier, seigneur de Lairé ; Il fut baptisé le 4 Aout 1647, par Masson, ministre de la religion prétendu réformée. Il fut inhumé dans l’église saint Nicolas de Civray, le 31 décembre 1679, âgé de 32 ans.
Sa veuve se remaria, le 4 octobre 1682, à Linazay (86), avec Louis Eschallé, écuyer, seigneur de la Foubertiére (proche de Fortran et de Bois Guillemot). Ce dernier fit aveu de Lairé, (je ne sais pas ce que cela veux dire).
Jousserand Charles, chevalier, seigneur de Lairé eut de son troisième mariage ; Jeanne-Catherine, baptisée à St Nicolas de Civray, le 21 Avril 1718. Elle épousa le18/09/1733, Pierre- François de Raymond.
Sa mère l’institua son héritière universelle………Le 29  Aout 1746, ils constituèrent 50 livres de rente volante au profit des pauvres de l’hôpital général d’Angoulême…..

IX) JOUSSERAND René : écuyer, seigneur de Londigny et de la Bonnardeliére.
René eut de son premier mariage : NICOLE , qui épousa avant 1604, René de Menou, écuyer, seigneur de Charnizay, écuyer de l’écurie du roi.
 Pascal.baudoin. Pages londigny 16 (15 km au sud ouest) : Charles de Menou est peut-être né vers 1605 à Londigny, en tous cas c’est un petit fils Jousserand, seigneur du Peux.
Parti de Loudun au XVII siécle, avec son cousin Isaac de Razilly, à quelques encablures de Samuel de Champlain (fondateur de Québec), Charles de menou s’installe ( et fonde l’) en Acadie.
Vers 1636, il succède au commandeur de Razilly et transporte la colonie à Port Royal. Il construit un nouveau fort et accomplit de grands travaux. Chassés par les anglais en 1773, de retour en France, des Acadiens trouvèrent provisoirement refuge au village d’Archigny (86) ; la ligne Acadienne.

A SAINT SAVIOL  -
° Page 208 – A – La guerre de cent ans est dévastatrice. Le Bourg est détruit.
Les guerres de religion et les Dragonnades  (1681) donnent également lieu à de nombreuses violences.
CHATEAU de FAYOLLE : En 1345, ce château appartient aux Jousserant de Lairé. Avant la révolution, il est aux mains des Du Rousseau de Fayolle, dont un membre, Pierre, est par sa mère, au moins le petit fils du protestant Jean Guiton, maire de La Rochelle en 1627et 1628. Pierre du Rousseau de Fayolle est également apparenté, toujours par sa mère, au marin Duquesne. Il accompagne La Fayette lors de la guerre d’indépendance américaine et meurt à Boston le 26 juin 1780.
CHATEAU de La FEUILLETRIE : Le fief de la Feuilletrie existe dés 1498. Le château appartient pendant longtemps aux Bessac, venus de Bretagne.

° Page 300 – B – Entre 1199 et 1204, a été enfoui prés du village de Beaumont (1100 m de Réfoux) un vase de terre cuite qui contenait plus de quatorze cents pièces.
Sur le territoire de cette paroisse, relevant de l’archiprêchè de Gençay, étaient construit 2 châteaux.
Le Fief de FAYOLLE était aux mains des Joubert au XV siècle, des Sapinault au XV siècle,  des Durousseau au XVII siècle.
En face de l’Eglise se trouve celui de La FEUILLETRIE. A.Brouillet, qui en a laissé un croquis, le datait du XVI siècle. La seigneurerie attachée à ce logis appartenait à la famille De Bessac.

JOUSSERAND Rameau de BONNEVIE : Feuilles 8/16 & 9/16.
Jousserand  François……….. devenu veuf, il épousa en secondes noces Henriette- Jaquette- Renée de Jousserand, fille de Charles, chevalier, seigneur de Lairé,…… la cérémonie eut lieu le 29 mai 1719 dans la chapelle de Fayolle.
JOUSSERAND François, alias François Frédéric, chevalier, seigneur de Bonnevie, Lairé, La Bigeonnerie (500 m au sud de Linazay), Linazay (Le Logis 200 m ouest de), La Sibiliére (Ingrandes nord 86). Il naquit le 13 et fut baptisé le 16 mars 1720 à Civray. Il demeurait, le 3 octobre 1747, à Lestang, paroisse de St Pierre d’Excideuil.
Bonnevie : Je l’ai lu dans un livre sur l’origine des noms se disait BONNE VIE, en 2 mots. C’était peut être la garçonnière de certains seigneurs. Vers 1900 Bonnevie devait être un ferme importante ; cour fermée entourée de sa maison d’habitation, son puits, son four, ses écuries sa grange. Vu dans le grenier de l’habitation, par les reprises de maçonneries, la forme de cette maison a évolué.

° Page 12 – C -  En 1534, Calvin vint à Poitiers. Bientôt ses idées se répandirent  dans le pays……….il est probable que les adeptes du protestantisme furent assez nombreux suivant en cela la noblesse et plus particulièrement les seigneurs de Lairé et de Comporté.
Le seigneur  de Comporté de la Rochefaton  avait une église réformée dans son château et le pasteur Cognée de Civray venait y prêcher. Comporté étant à la limite des deux communes de Saint Saviol et de Saint Macoux (la route des ponts est la limite)………….. Le pasteur Jean Masson exerça à Civray et à Comporté ….. Son fils Philippe Masson lui succéda jusqu’en 1678.
Mai Louis XIV employa tous moyens pour faire cesser le protestantisme. Vers 1681, des moines accompagnés de dragons parcourent les campagnes logeant chez l’habitant ……… Les protestants inquiets doivent se cacher, s’enfuir ou abjurer. Enfin le culte protestant fut interdit à Civray le 27 juillet 1687.

AU TEMPS de la ROYAUTE ABSOLUE.
De la fin des guerres de religion à la révolution de 1789, aucun fait marquant ne se passe dans la région. Les habitants de la commune peuvent travailler en paix mais leur vie n’est cependant pas exempte de soucis. Il y a les corvées et les tailles.  Les habitants de la paroisse sont conviés parfois à faire certains travaux pour l’entretien des grands chemins…………….Naturellement  le paysan de Chalbret ne va pas casser des cailloux ou les mettre en place aux Maisons-Blanches, mais les travaux imposés à la commune sont donnés à une entreprise à l’adjudication au rabais. L’entreprise fait exécuter les travaux et la corvée se traduit ainsi par un surplus d’impôts à payer. Pourtant les tailles sont exhorbitantes et la population se plaint comme cela eut lieu à St Saviol et à St Pierre d’Excideuil le 5 Avril 1767. (18 ans après Réfoux, les tailles avaient certainement commencés avant 1749) : MARON (petit fils ?) seigneur de La Bonnardeliére, fait valoir deux métairies et une borderie et refuse de payer la taille, occupe dix bœufs ce qui excède ses privilèges qu’il n’a d’autre vue que celle de fatiguer les habitants sous le prétexte de qui, déjà supporte des impositions hors de proportions à leurs biens.
Le seigneur aussi peut exiger la corvée. Heureux les habitants des pays dont le châtelain n’avait pas des exigences aussi stupides que celui dont les vassaux étaient obligés de venir certains jours de l’année faire des grimaces le visage tourné vers les fenêtres du château et de battre les fossés pour empêcher le bruit des grenouilles (Seigneurerie du prince de Soubise à Routais). Enfin, le paysan doit aussi compter avec d’autres fléaux dus à l’inclémence des agents atmosphériques contre lesquels il ne peut rien ; Hivers….grêle et ouragan, sécheresse  etc……………………….
L’état civil avant la révolution : pour la période 1712 à 1744, la mortalité infantile est très forte, les décès sont très fréquents chez les enfants âgés de quelques jours ou de 2 ou 3 ans. D’autre part, le jeune âge de l’enfant à son baptême qui a lieu le plus souvent le lendemain de sa naissance n’est peut-être pas étranger à cette mortalité ; la vie d’1 assez grand nombre de nouveaux-nés se résume ainsi ; premier jour : naissance, jour 2 = baptême. jour 3 = décès.

° Page 16 – C – LE FIEF de FAYOLLE. Seigneur DUROUSSEAU
Probablement présent à Fayolle en 1749 : Pierre chevalier seigneur de Fayolle capitaine au régiment de Navarre épousa dame Marie-Anne Prévost (1666-1752) ; Ils eurent,
 1 : Charles Jacques Louis qui suit.
2 : Philippe Casimir (1703-1712).
3 : Pierre chevalier de Saint louis, ancien lieutenant colonel du régiment  de Cambise  (1708-1788).
4 : Renée. 5 : André capitaine au régiment royal infanterie. 6 : Anne.
CHARLES Jacques Louis épousa Marguerite Duquesne (1708- 1787) parente du grand Duquesne,  lieutenant général des armées navales de Louis XIV. Ils eurent,
1 : Auguste Charles né 3 mai 1738.
2 : Diane née 5 janvier 1740.
3 : PIERRE n é le 9 avril 1741 fut compagnon de Lafayette et pris part à la guerre d’indépendance américaine.
4 : Marie (1722-1744). 5 : André Guy né le 15 novembre 1744. 6 : Jean Baptiste né le 16 avril 1746.

° Page 20 – C – DE FAYOLLE à COMPORTE par le Chemin du Carosse.
 Des faits relatés ici ce sont passés bien après La tragédie du moulin de Réfoux mais je pense qu’ils  sont proches de comportements qui ne sont pas décrits.
 La tradition populaire  nous a appris qu’un peu avant la Révolution de 1789, les seigneurs de Fayolle avaient entrepris l’édification d’un château à Comporté.
Pour se rendre de Fayolle à Comporté, on empruntait le chemin qu’on appelle « le chemin du carosse ».
La légende populaire nous apprend aussi que le travail des paysans accomplissant une corvée était commandé par un contremaître armé d’un fouet. Les paysans recevaient un morceau de pain et  une mauvaise soupe de fèves. Elle n’était pas généreuse  la châtelaine de Fayolle quand elle coupait le pain pour les pauvres. Cette histoire de tartines est encore d’actualité dans les années 1950-1960. Lorsque les grand-mères fabriquaient les tartines, la pointe du couteau allait rechercher, dans les gros et moyens trous dans la mie du pain, la confiture ou du fromage blanc pour mieux la graisser là ou la mie est serrée .Si la légende est vraie, nous devons cependant penser qu’elle ne s’applique pas à toutes les châtelaines de Fayolle ni aux châtelains, car ceux-ci étaient renommés pour leur bonté ainsi que le prouvent les documents du curé de St Gaudent.

°  Page 22 – C – Le FIEF de la FEUILLETRIE.
Le château de la feuilletrie (à 1500 m de Réfoux) était le siège d’une seigneurie qui, du XIV jusqu’à 1789 a toujours appartenu aux De Bessac.
René Jacques  de Bessac né le 9 octobre 1729 – DcD le 13 vendémiaire, an VII, épousa Marie Motheau  dcd le 25 avril 1793. En marge de son acte de décès une note écrite au crayon : « a un fils émigré. Elle a du bien ».
Famille de POISDEBON : Etienne de Poisdebon épouse Marie de Bessac (le 17 juin 1749). Ils eurent 9 enfants. Dont Marie-Victorine 21 novembre 1749 épouse Jacques Guérin, Marie-Madeleine, 1751-1817.  Ex-religieuse à Fontevrault. Gabrielle 1752 ? – 1820 ex-religieuse à Fontevrault.
Page 25 : Etienne de Poisdebon et Marie de Bessac eurent 3 filles de leur mariage. L’une d’elle fut mariée avec un valet du moulin de St Macoux, du nom de Po-----on. Ils eurent un fils qui fut également valet de moulin ; il était célèbre par sa grossièreté naïve qui lui avait fait donner par le public le surnom de « Michâ jholit homme ». 
François Bernard de Ravarit est nommé page 39. En 1812.
Page 40 : Les métiers à St Saviol ; Avant 1773, nous ne trouvons pour ainsi dire aucun document. Mais de 1773 à 1792, le nom de la personne est presque toujours accompagné du métier et parfois le village se trouve aussi désigné.
En premier lieu, il faut citer les laboureurs qui sont fort ainsi que les journaliers. Il convient de citer les domestiques qui louent leur services au Château de Fayolle, de la Feuilletrie, de Comporté, dans quelques autres maisons riches et dans les moulins. (Revoir le commentaire  dans état des lieux 2012 des iles). bail.ber@orange.fr

A LINAZAY  - A = Flohic.  B = Dictionnaire des communes.
°  Page 195 – A -  Linazay avait 3 châteaux. L’histoire de l’un des curés témoigne de l’insécurité qui régnait. Le curé Tranchot « estant allé diner à grange le lendemain de Noel 1694 et s’en revenant de nuit fut assassiné par deux mauvais garçons poussés par leur très méchante et pernicieuse mère qui a fait la guerre à 4 curés : ayant été laissé pour mort. Ce pauvre curé revenu de son évanouissement, se traina jusqu’à la fuye du logis de Linazay………..
LE CHATEAU du MAGNOU : Après avoir été la propriété  des Echallé, ce château passe à la famille Jousserant jusqu’à la révolution.
LE CHATEAU de LA CHAUX : L’endroit encore appelé « Buffefeu » . La seigneurerie de La Chaux a appartenu aux Jousserant.
° Page 185 – 186 – B -  De 1508 à 1757 au moins, le fief château Du Magnou est entre les mains  de Jean Escnalle, » seigneur du Magnou et de Linazay. En 1688 -1689, son descendant, « Monsieur de Linazay gentilhomme » est le seigneur de 64 feux à Linazay.
Plusieurs habitants ont adhérés au calvinisme, 23 abjurations………Les péripéties religieuse n’empêche pas la communauté de s’étoffer, 93 foyers………. A partir de 1757, Le Magnou appartient à la famille Jousserand qui possède aussi, avant la révolution, la gentilhommière de La Chaux dont certains vestiges datent du XVII siècle.
JOUSSERAND branche de la CHAUX  : Feuilles 6/16 & 7/16.
XI) JOUSSERAND Jacob : Chevalier. Seigneur de Bonnevie. Le 6 Septembre (1686) il fut en procès contre Pierre Gigou, écuyer, et Jacquette du Bois.
Le 25 mai 1683 il acquit de Jean de Vivonne, la terre de La Chaux, pour 12500 livres.
Le 5 juin 1685, Olivier Jousserand, lui cédèrent la métairie de Boisvert et autres terres.
Le 8 juillet 1695, fut passé  bail, concernant les maisons nobles de Bonnevie et de La Chaux, appartenant à ses enfants mineurs.
Le 14 janvier 1707,  ……………. vendirent à Olivier …….la seigneurie et maison de Bonnevie pour 5200 livres.
XII) JOUSSERAND Olivier : chevalier, seigneur de Bonnevie et de La Chaux.
Il reçu la Maison Noble de Linazay le 7 Aout 1700.
Le 14 janv. 1717, sa mère et ses sœurs lui vendirent, la terre et seigneurerie de Bonnevie, pour 5000 livres.
XIII) JOUSSERAND  Charles-Olivier : chevalier, seigneur de Bonnevie et de La Chaux.
Il fut capitaine d’infanterie. Le 6 juin 1747 par acte passé à La Chaux, il donna une procuration à Jean Jousserand…
Par une légende locale nous savons : Que l’hiver se terminant, la souris du bal de l’an d’hier se fait rat.

A CHAMPAGNE le SEC  
° Page 175 – A – La seigneurie de Champagné le Sec est aux mains des Jousserant de Lairé jusqu’en 1601, puis passe par mariage aux Saint Georges, marquis de Couhé.
° Page 110 – B – La maison noble de Champagné le Sec est aux mains des Jousserant qui possèdent la seigneurie. Mais Olivier de Saint Georges, seigneur de Vérac, baron de Couhé et futur marquis, épouse Anne de Jousserand, dame de Tasay et de Champagné le Sec, et installe son notaire dans la maison noble.
Les Vérac et les Jousserand ont étés séduits par la Réforme.

En plus ça voyage :
JOUSSERAND François, écuyer, seigneur de….Il fut enseigne de vaisseau du roi, et fut parrain à Saint Jean du Perrot, le 12 février 1705.
JOUSSERANT Jean-Charles, grand-prévôt dans l’île de Saint Domingue (y compris Haïti). Il demanda l’enregistrement de ses lettres de noblesse…………….le 22 Avril 1777.
° Page 171 – A – En 1741, c’est Jean Baillargé qui émigre au Canada ; il part de Villaret (3 km au nord-est du Bois Guillemot).
Récapitulatif sommaire :
L’on remarque sur cette carte 2 zones :
Une au nord-est sous influence du seigneur (et successeurs) MARON de La Bonnardeliére.
Une au sud-ouest sous influence des seigneurs  JOUSSERAND de Lairé.
La ligne A1 entre ces deux zones est très proche du trajet du Bois Guillemot à Réfoux, sur laquelle sont placés Chez Boisson (Charles Bouchet) et Les Champs (Pierre Gendreau).

 Et si les Maron allaient moudre du grain au moulin de Réfoux ; un compromis  lors de l’abjuration des Jousserand en 1681 ?? à suivre.

Les références : 
(A) : Collection les communes  de la vienne : éditions Flohic.
(B)  Dictionnaire des communes et pays de la vienne. Dirigé par Dominique Guillemet. Geste éditions.
JOUSSERAND : http:// jm.ouvrard.
(C) Monographie sur la commune de Saint Saviol par H. Dechambre. Visibles en bibliothèques.
bail.ber@orange.fr                                                                                                                                            









mardi 14 février 2012

Noyade de Saint-Saviol - POSITION des INTERVENANTS lors de la TRAGEDIE

Merci à Bernard, lecteur attentif, fin connaisseur des lieux, qui fait rebondir l'histoire et nous propose aujourd'hui une illustration de ce drame à la lumière des témoignages recueillis. 
Voici ses réflexions. 
Il me semble en effet effarant qu'il n'y ait eu aucun survivant hormis celui qui menait la barque....



POSITION des INTERVENANTS lors de la TRAGEDIE:
Déposition de Denis Bourdereaux (le patron meunier); en arrivant de l'autre coté de la riviére, le bateau s'étant heurté contre le sol,aurait fait jeter tous ces pauvres ........
Mais ou était plaçé D. Bourdereaux pour avoir cette vue; certainement prés du moulin (et avoir aussi une vue sur le parking) pour surveiller que d'éventuels trainards (et chapardeurs) ne viennent pas visiter celui ci et voler de la farine. Et puis cet embarquement n'est pas son affaire.
Il a entendu des cris, a regardé en direction de ceux ci ( de la barque). Il lui a semblé que la barque a heurté l'autre rive, en réalité je pense qu'elle a heurté le bout de l'îlot C.
Plan Envoyé a part.
Déposition de P. Gendreau; s'approchant de Réfoux, il vit dans 1 bateau plusieurs personnes qui passaient la Charente. C'est vague.
Déposition de Ch Bouchet; lui et le précédent témoin .........il vit plusieurs personnes dans un bateau ( les quels étant auprés du bord du près). Le dit bateau s'enfonce sous eux.
Je pense que Gendreau et Bouchet étaient sur la rive gauche dans le près ( du coté de Bessigny et Du Ravarit)en face de la noyade.
Déposition de J. Challeroux; le farinier les conduisit et comme ils furent auprés des petits ilots, le bateaux s'enfonce....
Ou était Challeroux pour voir cela, je pense au delà du parking prés des maisons ou de fermettes pour surveiller qu'il n'y ait pas de vols dans celles ci.( comme Bourdéreaux le fait pour le moulin). Ensuite au moment des cris Challeroux rejoint ses collégues sur l'ilot A, ainsi que Bourderaux qui l'a vu et déclaré.
Déposition de Jacques Verdon; étant dans le bateau et presque passés, le bateau s'enfonce et tout ces pauvres gens furent encevelis dans la Charente sans pouvoir les sauver, que cependant lui....se mirent dans la Charente et en joignirent 3 qu'ils sortirent mais qu'il ne fut pas possible de leur sauver la vie. (au moment du naufrage Verdon, qui n'est pas signalé présent par Bourdereaux au moment des faits était certainement sur le parking prés de Challeroux).
Verdon en se mettant a l'eau n'est pas allé de l'autre coté de la Charente, sur la rive gauche, ou sont présent Gendreau et Bouchet,car ici la Charente est certainement profonde et le courant y est fort.
Je site, Lelong de la Fragnée-Albert (page 9): Impossible de traverser, c'est par l'abondance d'eau dans laquelle ils tombérent le jour d'hier et dont ils ont étés suffoqué étouffés et noyés...
Verdon s'est mis à l'eau la ou c'est peu profond dans le chenal entre les ilots A et C.
OU SONT LES DEPOSITIONS de Dagué, Chesnain, d'Auliére, de Pignou,et de la femme du meunier Bourdereaux.
Ce qui est étonnant c'est qu'il n'y a pas eu de survivants parmis les passagers de la barque(avec des personnes pour leurs tendre des gaules); Sont'ils morts par hydrocution???.
Verdon s'est mis à l'eau pour récupérer des corps! !Louis d'Auliére est tombé à l'eau sauvé par la gaule de Pignou.....Ils ont survécus.
A quoi ont servis les gaules?????
Pourquoi L. D'Auliére était ici, je pense qu'il n'était pas employé au moulin(il avait son valet personnel; Pignou).
Ou allaient ces pauvresses.
Bien des questions. A suivre.
Bernard Baillargeon
bail.ber@orange.fr