dimanche 9 mars 2014

Revue de Web du dimanche 9 Mars 2014



Ici, temps splendide, les chaises longues sont de sortie ! On en profite pour reprendre la lecture sur papier avec le dernier Herage du Cercle Généalogique Poitevin . Il nous parle, entre autres sujets passionnants, de la numérisation des archives notariales incommunicables, un projet en partenariat avec les AD86 qui avance à vive allure. Le CGP cherche des bénévoles pour mettre le turbo et terminer le travail pour le congrès de 2015 à Poitiers ! Le CGP cherche des bénévoles ! 

Bon dimanche ! 

jeudi 6 mars 2014

Sages-femmes en colère - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 6 Mars 2014

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.

Sages-femmes en colère, Châtellerault  1806 !
Châtellerault 1806. Depuis que la dame Dupuis est morte en couches, on murmure dans la ville. La sage-femme appelée a fait des manœuvres mal dirigées, forcément ! Et elle a montré bien peu de sagacité, nul n’en doute ! Voyez comme elle est novice! Elle n’a pas appelé le chirurgien !  Elle ? C’est Mlle Dupain.
Au premier rang des attaques, trois sages-femmes : La Verjus, la Fortin et la femme Larcher ! De bouche à oreille, relayée par les uns, déformée par les autres, assourdissante, la rumeur enfle tandis que grandit l’angoisse des femmes.  A qui se confier ? Seule et dos au mur, Mlle Dupain ne rend pas les armes et va se plaindre au préfet : « Tout ça n’est qu’ignorance et jalousie ! Confrontez-moi à mes consœurs ! »
Le 16 Octobre 1806, pour faire cesser « l’anarchie qui règne dans une profession si délicate », est convoqué à l’hôtel de ville, le jury médical, conseil de l’Ordre avant l’heure. A sa tête, Josle, médecin, accompagné du  sous préfet, du conseil municipal, des officiers de santé, des chirurgiens, des médecins, et du commissaire de police ! Autour d’eux, une foule de notables et la presse, car déjà, au menu des petites affaires médicales, les gourmands ne manquaient pas d’appétit !
On questionne la jeune sage-femme. Elle présente un CV prestigieux. Diplôme de l’Ecole de Médecine de Paris, signé Jussieu ;  certificat de Mme de la Chapelle,  troisième prix de l’école d’accouchement, visé par Baudeloque, médaille d’argent de l’école de la maternité. Elle s’explique sur le drame et convainc les experts du jury : « Il n’était pas au pouvoir de l’art de remédier à l’accident survenu ». Le jury rend justice à sa compétence, à sa sagacité, rappelle les risques du métier… On lui reproche à peine d’avoir trop longtemps différé l’appel du médecin. Questionnée sur ses connaissances académiques, elle reste incollable.
On passe ensuite à l’interrogatoire des trois accusatrices. 30 ans d’expérience, toutes élèves de Maury, elles furent en Poitou, parmi les premières formées. Bien qu’on leur pardonne d’avoir oublié les bases théoriques (elles placent les os du bassin dans la matrice), leur incompétence face à leur jeune consœur reste flagrante. L’une se vante sans vergogne de s’être enfuie face à un accouchement difficile ! Leur routine et les « inepties proférées » leur donnent  tort. 
1806, l’Empire s’attaque à la formation médicale anéantie par la révolution. Dans ce contexte, Canolle, élève de Maury, tout en se référant à la loi du 19 Ventôse de l’an XI, conclut  la séance châtelleraudaise par une petite leçon de déontologie, amenant  à s’interroger sur le pouvoir médical : si du talent nait la confiance publique, que chacun se garde que l’un et l’autre ne flattent  trop leur amour-propre !...
Source : Archives de la Vienne – Le Journal de la Vienne Janvier 1807.
Illustration : Mme de la Chapelle BIU Santé Paris.
Repères : 1793 sème la terreur dans les académies et les dissout. En 1794, sont fondées trois écoles de santé. Baudeloque nommé à Paris fait pour la première fois de l'art des accouchements une discipline à part entière. L'enseignement devient laique et en français ! Sous le consulat puis l’empire, Cabanis et Chaptal contre-attaquent ! La loi du 19 Ventôse de l'an XI, impose enfin la nécessité d'obtenir un diplôme pour exercer la médecine. On établit à l'aide de jurys médicaux un contrôle des connaissances, afin d’écarter les incompétents. Il faudra attendre 1892, pour que les officiers de santé disparaissent.



dimanche 2 mars 2014

Revue de Web du dimanche 2 Mars 2014.



On inaugure la boutique ! Espérons que son avenir sera meilleur que la plupart des devantures de nos centre villes ! Pour ceux qui s'ennuient le dimanche : quelques unes de mes lectures archives et généalogie de la semaine !

vendredi 28 février 2014

#Geneatheme de Février - Le document du mois.

Le document du mois ! Lequel choisir ?
Après 28 jours d'hésitation, de tergiversations, mais après tout, il y aura d'autres mois, j'ai choisi celui qui raconte une quête :  le dernier en date de ma plus époustouflante aventure généalogique !
La quête ?
Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !

Telle est ma quête,
Suivre l´étoile
Peu m´importent mes chances
Peu m´importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l´or d´un mot...

Pour l'or d'un mot, pour l'or d'une correspondance...Chris, Valérie et moi, nous en avions rêvé.
Retrouver les lettres de Jeanne Eulalie Lebourg, grand-mère de Cora Millet-Robinet. Jeanne Eulalie, l'aventurière de Saint Domingue, Jeanne Eulalie qui s'ennuie, Jeanne Eulalie qui lit, Jeanne Eulalie qui souffre, Jeanne Eulalie prise dans la bataille navale, Jeanne Eulalie qui écrit à sa soeur Rosette, restée à Nantes. Jeanne Eulalie, deux générations avant Cora et déjà une bien belle plume, et de surcroît reconnue pour ce talent. Les articles publiés dans la revue du Bas Poitou nous avaient mises en appétit. Retrouver les originaux de ces lettres, en lire l'intégralité, comprendre à partir de chaque petite anecdote racontée, le parcours de cette femme, analyser le graphisme, l'orthographe, le fond, la forme, le détail. Relire avec un autre regard que celui de la grande histoire.
Nous en avions rêvé ? Chris l'a suscité en retrouvant Hélène. Hélène, AAAAAA petite fille de Jeanne Eulalie.
Chris l'a suscité, Hélène l'a fait.

Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !

Telle est ma quete
Suivre l'étoile,
Peu m'importent....

Peu m'importent les tempêtes, les inondations ! 13 Février, direction la Vendée. Gros temps sur l'0uest, mais les rêves passent entre les gouttes, n'est ce pas ?
En route...
Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d´une possible fièvre
Partir où personne ne part

Partir et arriver. Emotion. L'émotion à facettes. D'abord celle renouvelée de l'accueil chaleureux d'Hélène. A chaque rencontre cette gentillesse, cette générosité, fait écho au beau personnage de Cora.

Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !

Rêver un impossible rêve...

Là, les lettres de Jeanne Eulalie, mais aussi tant d'autres documents, de photos... Tant de documents, alors que j'en ai si peu des miens ! Tant de vies qui ne demandent qu'à s'écrire...

Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s´éclabousseraient de bleu
Parce qu´un malheureux...

Je ne sais qui écrira ces vies, mais mon coeur serait tranquille si elles s'écrivaient...
Alors au travail, lire, relire, comprendre, ordonner, et partager !

Vous êtes généalogiste ? Alors vous connaissez la chanson !



Pour atteindre à s´en écarteler
Pour atteindre l´inaccessible étoile.

A chaque jour suffit sa peine. Juin sera le mois du ChallengeAZ, il sera entièrement consacré à Cora... En gros plan. De A à Z , à la manière d'un dictionnaire amoureux.

Prenez date, généalogiste ou pas, vous aimerez la chanson ! 




mercredi 26 février 2014

#Généathème de Janvier - L'entraide généalogique !


 Dans le monde des collectionneurs d’ancêtres, janvier était le mois de l'entraide généalogique !


 Dans le monde de Lulu Sorcière, janvier était le mois de l'entraide générationnelle !
Une manière de préparer l'avenir du passé !


Médaillée grand-mère sorcière deux étoiles, j'ai vu la p'tite sosa-1bis, m'offrir ses premiers sourires, j'ai savouré avec gourmandise les premiers échanges, blottie dans l'univers de l'enfance. Une enfance désormais majoritairement heureuse, un monde où la maternité bénéficie d'attention et de progrès.
J'ai par conséquent, un "peu" abandonné mes fantômes : petits assassins, voleurs de poules, inondations et belles dames sont restés au placard, même pas une indexation de recensement ou de poilu !

source : http://www.babou-bricole.com/blog/porcelainefroide/pendules.htm

Heureusement l'entraide généalogique est un mouvement perpétuel. Tic-tac, tic-tac. Lorsqu'on y a goûté, elle vous tient. L'histoire des autres devient la votre. La valeur du sang reprend sa place, un, parmi les éléments du hasard. L'intelligence, l'imaginaire, la curiosité, la culture s'appuient sur qui bon leur semble, et bâtissent la liberté au coeur de l'esprit.
L'entraide généalogique, c'est "aimer les anciens des autres comme les siens", un excellent catéchisme généalogique... Ah... J'en vois déjà au fond qui mormonnent ? A condition d'en préserver la laïcité bien sur !


Ce n'est pas Chris qui me contredira sur ces principes, elle qui a plongé dans les profondeurs de la généalogie de Cora, au point d'en remonter la descendance avec un tel talent... Grace à elle, la branche Gambier de la bonne dame de la Cataudière est venue me tirer par la manche en ce début d'année, m'offrant de nouvelles pièces maîtresse à cette fabuleuse histoire sans fin ! Brigitte, elle aussi, avait gardé les Millet-Robinet dans un coin de son carnet de recherches. Elle m'a ramené de sa visite aux archives nationales, un autre pièce passionnante de ce puzzle.
Merci à vous Mesdames, messagères de Cora ! Cora, qui est décidément mon plus acharné fantôme !
Et l'entraide de janvier amène naturellement au document du mois de février qui n'attendra pas Mars pour être évoqué...
Continuer à avancer sur le dossier de Cora, tandis qu'on roule sous les playmobil, qu'on nage dans le Mustela, qu'on mitonne des purées maison avec la moulinette de mémé, qu'on collectionne les catalogues de layette et qu'on médite sur les harmonies pastel des brins de laine...



 Foi de sorcière, ça c'est le mi-mi, c'est le mi-mi, c'est le miracle de l'entraide généalogique !
A suivre !

vendredi 14 février 2014

Février 1747 - Rétro Alerte Crue du Clain !


Le 19 Février 1747 
A Poitiers l'eau a passé par dessus les gardes du pont de Rochereuil ! 
et 
sa majesté* a fait rebatir le pont de Visvone ! 
nous dit le curé de Marigny-Chémereau ! 


en mil sept cent quarante sept le dix neuf février en carème jour de dimanche il commença à 
pluvoir sur environ les deux heures après midy une pluie médiocre qui continua jusque à la nuit du
lundy venant au mardy ou pendant cette nuit là il plut très abondemment avec un grand vent
ce qui fut cause que les rivières vinrent si monstrueuses que personne ne les avaient jamais vues
si haut montées. Sur la Vosne les eaux y firent un très grand désordre, car il n'y eut point de
point, ny de moulin où elles ne démolissent et renversassent quelque chose, au moulin qui est icy au
bout du pont l'eau avait bien renversé la moitié des murs des logements et du moulin et avait aussi
grandement endommagé le pont. Le Clain grace à dieu a Visvone n'avait pas augmenté à proportion
de la rivière de Vosne, et mesme on l'avait vu beaucoup plus monstrueux d'autres foy, quoyque
il ne laisse pas de devenir grand. A Visvone la basse rue qui est proche de la rivière de Vosne
était inondée, l'eau qui montait de devant les carmes et celle qui rejaillissait du coté du
pont de la levée, se joignaient presque au milieu de la rue, et de ce déluge
le pont de Vivosne en fut fort endommagé ce qui a engagé sa majesté à en faire batir un autre
lequel est beaucoup plus élevé et batis avec des bonnes grosses pierres de taille et ce sur le roc, que l'on
a cherché pour y mettre les fondements, au lieu que l'autre pont n'était pas bati de grosse pierre
comme celuy d'aujourd'hui, ny sur le fort, mais seulement sur des bois debout ou les fondements étaient
appuyés. A la fontaine qui est ici proche du chateau, l'eau a monté pardessus la quatrième pierre
du coin du pavillon de la fontaine, lesquelles pierres sont au dessus de la dite fontaine, et la dite
quatrième pierre est au dessous une qui a le bout de la cave cassé ou egrinié et emporté. Autre
remarque, proche la dite fontaine, l'eau a entré dans un trou de chaffau, où il y a une pierre
dedans, lequel trou est dans le mur, qui est entre les deux fontaines, ce trou est élevé
de la la terre qui est au pied du mur de cinq pieds et quelques pouces d'hauteur, et en prenant ?
de cette élévation de terre, ce trou se trouve élevé de sept pieds de hauteur.A Poitiers, l'eau a passé par
dessus les gardes du pont de Rochereuil. 

*Louis XV pour les nuls ;-)


jeudi 6 février 2014

Morts décryptées à Vivonne - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 6 Février 2014.

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1818-1824, Mourir à Vivonne…
C'est le six Mars 1818, en rédigeant l'acte de décès de Catherine Proust que l'idée vint à Mr Enard, maire de Vivonne, d'indiquer systématiquement, sur la foi des déclarations de l'officier de santé, la cause du décès de ses compatriotes. Et ce, pendant six ans, offrant ainsi  au généalogiste de passage, un trésor rare ! Mr le maire était-il carabin ? Friand de science ?  C'est à voir. Toujours est-il, qu’une petite initiation à la sémiologie du XIXème siècle permet d'établir quelques éléments statistiques, d'identifier quelques anecdotes. Bref, de faire vivre ces décès !
Le poumon ! Toujours le Poumon !
Catherine Proust est  morte, de « phtisie pulmonaire », c'est à dire de tuberculose. Fluxion de poitrine, consomption, catarrhe pulmonaire, et autres écrouelles, le poumon, toujours le poumon !  Les maladies vermineuses  sont parasitaires et  infantiles. Les fièvres sont cataloguées à la Prévert : scorbutiques, putrides, adinamiques, remittentes, ataxiques, cérébrales, lente, catarrhales, bilieuses, ataxiques, asthéniques, quartes, tierces...Les hidropisies signent l’insuffisance cardiaque.  Si les diarrhées sont à l’évidence asthéniques, certaines affections demeurent bien mystérieuses :. les exquinancies sont des amygdalites, mais que sont ces encophlegmaties, ces dépôts à la tête ? Le grand âge a son cortège d'affections spécifiques : langueur, caducité, la décrépitude est outrageusement féminine... Le crabe lui,  ne signe qu’une fois : «une diathèse cancéreuse » emporte Magdeleine Nicoulaud à 60 ans.
La mort rôde autour des enfants.
Quant aux tout petits  « mort-nés », ou des « suites de naissance », ils sont qualifiés « prématurés », au sens de morts trop tôt. Les enfants paient le plus lourd tribu à la faucheuse : 48,6% des décès ! Suivant parfois le trajet de la sage-femme, de maison en maison, brutale, inexorable, la fièvre puerpérale emporte les mères à peine délivrées.
1824, une mystérieuse épidémie.
En mars 1824, le drame s’annonce au village. Fièvre, rhume, catharres, exquinancies, emportent brutalement  une dizaine d’enfants, 7 le mois suivant. Enard( allez savoir pourquoi)arrête ses relevés étiologiques. En  Mai, le mal est à son comble. Il meurt 24 jeunes de plus. Entre Mars et Avril, 51 personnes disparaissent, 84% sont enfants ou jeunes adultes. Avec un total de 96 décès, la mortalité double à Vivonne, comme alentours, emportant des fratries entières.  Deux ans plus tard, la faucheuse a passé son chemin, la mort reprend son rythme ordinaire, et l’épidémie garde  son mystère. A moins qu’il n’en reste trace dans les comptes-rendus municipaux signés Enard? 

jeudi 23 janvier 2014

Que d'eau, que d'eau ! Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 23/01/2014

Décembre 2013, Janvier 2014, de la Bretagne au Var, les inondations gravent leur sillon de douleur dans l’esprit des  hommes, qui,  impuissants face au désastre, interrogent  la mémoire des anciens. De mémoire d’homme, a-t-on jamais vu tel désastre ? Quand ? Où ? Jusqu’à quelle hauteur ?
De mémoire de curé poitevin, les crues de 1740 furent telles qu’il reste de leur passage de profondes traces d’encre. La Creuse à Leugny et  à Buxeuil, la Gartempe à Antigny, La Clouère à Marnay, le Clain à Poitiers.
Ecoutons le curé de Ste Radegonde, qui eut de nouveau les pieds dans l’eau en 1747, et vint ajouter sur son registre un petit paragraphe en bas de page, léguant à la postérité une analyse météorologique comparative.
« C’est la nuit du cinq au six décembre que le Clain choisit de sortir de son lit, entre onze heures et minuit ! Il passa par-dessus les remparts, fendit les murs du prieuré de Ste Radegonde, monta dans les chambres et envahit même le tombeau de la Sainte jusqu’à sept pieds de hauteur ! Ce phénomène météorologique ne fut pas exclusif au Poitou. La France entière fut inondée, les ravages effroyables, les pertes infinies, et les noyades extrêmement nombreuses. Un fléau de Dieu sans aucun doute… selon notre homme !
A Antigny, la Gartempe déborda la même nuit, en 24 heures. Personne au village ne l’avait jamais vue si grande ! Figurez-vous qu’elle arriva à la porte de Louis Aubin et même à celle de Pierre Guenachon ! Elle emporta les arcades du pont de Montmorillon, fendit les murs et les maisons et couta plus de cent mille livres à la ville !
A Buxeuil, la Creuse aussi était en colère. Elle se déversa dans l’église, jusqu’au grand autel, mais ne fit heureusement que peu de dégâts. La voilà à 36 pieds de hauteur ! Elle détruisit 7 à 8 maisons, et même parmi les plus solides du bourg, et les pauvres paroissiens ne sauvèrent presque rien de leurs effets !
 A Leugny aussi on compare. En 1792  la crue,  plus forte de trois pieds que celle de 1740, atteignit le cimetière comme elle l’avait déjà fait alors ! Cette nuit du 5 décembre elle monta plus haut que jamais homme ne l’avait vu, allant au pied de la Croix du cimetière, où il y eut trois pieds d’eau ! On exposa dans l’église le Saint Sacrement, on dit une messe et l’eau cessa de monter ! Mais le mal était fait. Son cours avait été si rapide, que les terres étaient creusées, les plaines couvertes de pierres et de sable, les meubles des maisons emportés, les particuliers ne sauvèrent que leur pauvre vie, abandonnant leur maison à cette eau impitoyable.

Survenu le 5 décembre dans le Poitou, le phénomène toucha tout le royaume et au-delà jusqu’au mois de janvier. Les pluies incessantes, amenèrent la Seine à son plus haut niveau le 21 Décembre : 7,9 m au pont de la Tournelle,  inondant la capitale. Cette crue centennale occasionna des pertes matérielles considérables et un nombre de noyades effroyable.  Au plus loin de la mémoire des curés de la Vienne, on se souvient en 1615, de la colère des eaux de l’Envigne et de la Creuse, racontée par les curés de Scorbé-Clairvaux et de de Buxeuil . 


mardi 24 décembre 2013

Petit Noël né à Noël - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 24/25/12/2013.

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Le Père Noël et la Cigogne. Nuits magiques dans la Vienne.
La plus ancienne et la plus magique des saintes nuits eut lieu dans le petit village de Monts-sur-Guesnes en 1580. Ce soir-là, Robertine Robin et Gilette Viaux sont venues à pied dans la petite église, comme tous les paroissiens du village, autour de leur curé. Appuyées  sur le bras de leurs époux respectifs François Alain et Gilles Du Mazeau, ni l’une ni l’autre ne chemine très vite, tant leur silhouette est arrondie.  Mais pour la messe de minuit, tout le village doit être  là.  Le chemin du retour n’a pas du être très facile pour Robertine et cette marche nocturne n’est  sans doute pas sans conséquence sur la suite des heureux évènements !  Son époux  a-t-il eu le temps d’aller chercher la matrone ? On en doute, car c’est  à deux heures du matin, qu’elle  lui a donné un fils. La même nuit,  dans la maison voisine, Gilles et Gillette s’émerveillent eux aussi sur une  petite frimousse qui voit le jour. Deux naissances, la nuit de Noël dans un village de moins de 600 habitants, quel évènement ! On les prénomma tous deux Noël, comme il se doit !  
A Lhommaizé en 1622, l’évènement amuse Monsieur le curé qui le mentionne dans son registre : la petite Mesmin est « baptisée Noëlle parce qu’elle est née le jour de Noël »! Cependant la plupart du temps, aucun commentaire n’est fait.
Nommer l’enfant né un 25 Décembre « Noël » est une tradition qui remonte au XIIIème siècle dans notre pays. Les relevés  des naissances  établis par les généalogistes de la Vienne, nous permettent de retrouver du XVIème au XXème siècle, quarante-cinq communes  et soixante-douze enfants concernés par ce prénom singulier. La parité est loin d’être respectée, on compte 57 garçons pour 15 filles ! A  Loudun, Saint-Jean-de-Sauves, La Chaussée ou Mont-sur-Guesnes, on  compte à travers les âges, plus de quatre petits Noël dans les sabots des villageois ! Naître un 25 décembre est un hasard du calendrier qui tient parfois de la transmission générationnelle ! Ainsi voici deux p’tits Martin à Gouex ( 1745 et 1751), les  cousins Proust de Messais  (1755 et 1762), les p’tits Réau de Chouppes et Vouillé nés à trente ans d’intervalle (1738 et 1768),  et les deux p’tits Trillaud de St-Gaudent (1840 et 1869). Mais chez les Turquois, naître au pied du sapin devient  une tradition familiale : en voici un à Chouppes en 1726, et deux autres à La Chaussée en 1678 et 1725. Quant aux Guilbaut de Bournant, en 1635, on nait Noël et à Noël…de père en fils !
Prudence salutaire sans doute, on ne s’étonnera pas de ne retrouver aucun petit Noël le 5 Nivôse de l’an II et années  suivantes ! Les révolutions passent et la tradition reprend à Saint-Gaudent en 1840. Elle connaitra ses périodes de gloire avec une année particulièrement faste en 1948 où naîtront 1272 petits poupons à bonnet rouge bordé de blanc ! Apogée suivie d’un irrémédiable déclin, puisqu’en  2010, on ne compte plus que 26 enfants au prénom éponyme.  Le  choix du prénom, qu’on espère murement réfléchi n’obéit plus au hasard du calendrier, mais parfois encore aux évènements de l’actualité…
 Quant au petit Jésus du 25 décembre, sachez qu’il est fils unique dans notre département. Il est né en 1842 à Vivonne de Pierre Thibault et Marguerite Thomas !
A l’heure où s’écrivent ces lignes, nul ne sait encore combien de berceaux se rempliront au pied du sapin. Mais à tous ces nouveau-nés du covoiturage de la cigogne et du Père Noël, nous adressons tous nos meilleurs vœux de santé, bonheur et longue vie !

Les p'tits Noël des Archives - Dans Centre Presse aujourd'hui !


Sous l'oeil attentif de la Befana, 
le feu crépite, 
le sapin clignote, 
et le vent souffle...


Avec une pensée toute particulière 
pour les maisons douillettes 
où
 l'on ne sait pas encore qui, 
du vieux barbu ou de la cigogne,
terminera la course en tête...


Joyeux Noël à tous ! 

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !