mercredi 19 juin 2013

1747/2013 - Crues de la Vosne et du Clain - Echo à CP Vigilance Jaune !


 Juin 2013 : 

Ce matin brutalement, la côte de Prinçay s'est transformée en torrent, la Clio en canoë, les fossés débordent, les vieux murs se noient, les vieilles tuiles épongent, les gouttières vomissent, les toitures ploient, les cerises pourrissent, les roses pleurent, les sorcières dégoulinent....
---------
Février 1747,
 le Clain, la Vonne, La Clouère, la Charente,  La Vienne... 
Les crues de 1747 semblent être les plus mentionnées de nos registres départementaux. 
La parole étant au curé de Marigny-Chémereau, je retourne à ma serpillère ! 

En mil sept cent quarante sept le dix neuf février en carème jour de dimanche il commença à
pluvoir sur environ les deux heures après midi une pluie médiocre qui continua jusque à la nuit du
lundi venant au mardi, ou pendant cette nuit-là il plut très abondemment avec un très grand vent/orage
ce qui fut cause, que les rivières vinrent si monstrueuses que personne ne les avait jamais vues
si haut montées. Sur la Vosne, les eaux y firent un très grand désordre, car il n'y eut point de
pont, ni de moulin ou elles ne démolirent et renversassent quelque chose, au moulin qui est ici au
bout du pont,l'eau avait bien renversé la moitié des murs des logements et du moulin et avait aussi
grandement endommagé le pont. le Clain grace à Dieu à Vivonne n'avait pas augmenté à proportion
de la rivière de Vosne, et même on l'avait vu beaucoup plus monstrueux d'autres fois, quoique
il ne laissa pas de devenir grand. A Vivonne la basse rue qui est proche de la rivière de Vosne
était inondée, l'eau qui montait de devant les carmes et celle qui rejaillissait du coté du
point de la levée se joignaient presque au milieu de la rue et de ce déluge
le pont de Vivonne en fut fort endommagé, ce qui a engagé sa majesté à en faire batir un autre
lequel est beaucoup plus élevé et bati avec de bonnes grosses pierres de taille, et ce sur le roc, que l'on
a cherché pour y mettre les fondements, au lieu que l'autre pont n'était pas bati de grosses pierres
comme celui d'aujourd'hui, ni sur le fort, mais seulement sur des bois debout ou les fondements étaient
appuyés. A la fontaine qui est ici proche du chateau, l'eau a monté pardessus la quatrième pierre
du coin du pavillon de la fontaine, lesquelles pierres sont au-dessus de la dite fontaine, et la ditte
quatrième pierre est dessous une, qui a le bout de la cave cassé ou égrinié et emporté. Autre remarque,
 proche la ditte fontaine l'eau a entré dans un trou de chaffau, où il y a une pierre
dedans, lequel trou est dans le mur, qui est entre les deux fontaines, ce trou est élevé de la terre
qui est au pied du mur de cinq pieds et quelques pouces d'hauteur, et en prenant des... de cette élévation de terre, ce trou se trouve élevé de sept pieds d'hauteur. A Poitiers l'eau a passé par dessus les gardes du pont de Rochereuil.

AD86 Marigny-Chémereau 1737/1754 page 48/81

Les crues de 1747 sont mentionnées dans les villages suivants :

CHAMPIGNY-LE-SEC
BUXEROLLES
SAINT-MAURICE-LA-CLOUERE
MARIGNY-CHEMERAULT
CHAPELLE-MOULIERE
SAINT-BENOIT











lundi 17 juin 2013

Vigilance orange, jusqu'à la dernière goutte à Ménigoute (79) - 1711.



Le 28 Juillet 1711, il pleut à grosses gouttes à Ménigoute !
Un orage terrible, de ceux que l'on mentionne dans les registres ! Le tonnerre gronde et tombe sur le clocher de la grande église des deux cotés !
Et pourtant aucun dégât !
Grâce à qui ? Grâce à quoi ?
Grâce à Dieu ? Eh non, pas du tout !
Grâce à Jean Tiolet le sacristain, qui n'écoutant que son courage et sa vigilance hors ange, imposant à sa prostate une discrétion citoyenne, monta tout en haut du clocher sans trébucher et éteignit le feu... avec son urine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Avait-il abusé du vin de messe ? Un miracle local l'avait-il changé en bière ? Ces détails appartiennent au secret de la confession. A ce qu'on dit, il le rendit  jusqu'à la dernière goutte et nul doute que le bon curé Bourceau n'en fut ni vert de rage ni rouge de honte et lui accorda illico l'absolution !

Dieu nous préserve de ses fléaux !




" Le 28ème jour de Juillet entre une et deux heures le tonnerre tomba sur le clocher de la grande église ota toutes les ardoises et découvrit l'église des deux coté du clocher sans pourtant rien bruler parce que le sacristain Jean Tiolet monta à la hauteur et estignit le feu avec son urine, dieu nous préserve de ses fléaux . Bourceau prêtre curé de Ménigoute."
AD 79 - Ménigoute BMS-1700-1711 vue 151 (1711)
Relevés GE86.

mercredi 12 juin 2013

Promenons nous dans les Bois de Doussay ! 1680


Me voilà partie par ce gris matin de juin à la chasse au loup !

Mon objectif, continuer la traque des victimes de loups dans la Vienne, et en établir la liste sous forme d'un tableau excel, suivant scrupuleusement le modèle utilisé par Monsieur Jean-Marc Moriceau qui fit il y a quelques semaines dans la RFG, un nouvel appel au peuple des généalogistes amateurs.
Commençons par le plus ancien des loups déjà répertorié dans les Archives Insolites de la Vienne. Pour une fois qu'elles servent à quelque chose, hein, mes 1358 curiosités !


Me voilà donc à Doussay, dans les bois. C'est Jean Baillargeau, qui est au menu d'un loup enragé le 12 Juin 1680. Il meurt des suites de ses blessures. Pour mes p'tites archives insolites, ça m'a suffit.
Mais Monsieur Moriceau lui, veut en savoir. Et l'âge de la victime, et sa filiation...
Essayons.
Sachant que les victimes sont bien souvent des jeunes ou des enfants, commençons donc par le registre 1668/1691.

Et c'est page 2, dans les bois de Doussay que Prinçaysse Lulu rencontra les Princes de Sérendip ! 

On se méfie bien trop des loups et pas assez des princes !
                            

"Regarde Lulu un mariage d'orfelin !" me dit le premier en me toisant du haut de son cheval blanc.
Servatis Servandis. Kezako ? Pendant les cours de latin, quand je ne papotais pas avec ma voisine, je dessinais... mal, mais je dessinais. C'est malin.
Servatis servandis : "ayant vérifié ce qui doit être", nous dit le curé Rampillon qui devrait vérifier qu'il n'est plus autorisé à utiliser le latin dans les registres (il y a des édits visionnaires quant à l'avenir des langues mortes).
Jean L'Orfelin se marie avec Augustine Poitiers, ce sont deux pauvres enfants de cette paroisse ! Deux enfants exposés sans doute ! A répertorier !
Servatis servandis...
"Voyons, si on latine à tous les mariages !" me chuchote Sérendip le second du haut de son cheval blond. Quels charmeurs ces Sérendip !
Regarde page de gauche, Lulu ! Bonne pioche, non seulement on latine à Doussay mais on lutine !!



Charles de Nivard, ce pauvre gentilhomme Sieur de la Cherpantière se marie avec Françoise Geleaume sa servante ! Il lui a fait plusieurs enfants et veut satisfaire à sa conscience ! Il était temps !
Servatis servandis !



"Attends, attends, Lulu page de droite en bas, regarde !!!" me dit le troisième du haut de son cheval crème.
Des triplés ou des convertis ? Le 29 Juillet 1668, deux des enfants masles et une fille de Monsieur et Madame  de Chouppes furent nommés et oints en la chapelle de leur maison seigneuriale de Baudeau. François, Pierre et Louise avaient été au préalable baptisées.
Où quand, comment. Pourquoi pas d'indication de parrainage ?


"Au fait Lulu, tu ne devais pas juste chercher la filiation du p'tit Baillargeau mordu par un loup enragé ?" gronde tout à coup le criquet qui vient de se jucher sur le bout de mon nez !



Servatis, servandis.... Et ensuite seulement on s'occupera des triplés du couple Chouppes, me murmure gentiment la fée bleue !


mardi 4 juin 2013

Dans Centre Presse aujourd'hui !






page 5 Jeanne fille de père inconnu et de Marie La Carte veuve de défunt Bourdilleau a esté baptisée le jeudy deuxième novembre mil sept cens treize ses parrain et maraine pierre Chevet et jeanne Gracieux qui ont déclaré ne scavoir signer Aubry Curé d'Arçay.
 --------
 Page suivante La fille de père inconnu et de Marie La carte âgée de seize jours est décédée et a esté inhumée dans le cimetière des innocents le samedy dix huit novembre mil sept cens treize. Cet enfant est mort de force car sa malheureuse mère l'ayat mis au monde le porta de nuit deux jours après son accouchement à la porte de Jean La Carte son oncle qu'elle a toujours dit en estre le père, il faut rapporté par ..... sur la croix du Carrefour de devant l'église et exposé dans ce lieu pendant plus d'une heure à la rigueur du froid et férocité des animaux ; enfin certaines considérations l'en firent oster par la nommée Jamin femme du dit La Carte qui a eu soin de l'allaiter pendant le susdit temps avec un peu de lait qu'elle lui faisait prendre dans une cuillère. funestes actions que Dieu vengeur des Crimes ne laissera pas impunies.

Un curé indigné - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 04/06/2013.

Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


A Arçay en 1713, deux femmes et un enfant, le Curé Aubry est indigné !

Des malheurs d'enfants, le curé Aubry en a vu d'autres.
Le Jeudi 2 novembre 1713, il baptise Jeanne, fille de père inconnu.
Sa mère, Marie La Carte est  veuve de Bourdilleau.
Nombreuses sont les veuves au XVIIIème siècle qui se retrouvent mendiantes. Certaines se prostituent pour un peu de nourriture ou quelques sous.
Aussitôt engrossées, aussitôt délaissées.
Même nommé, dénoncé, déclaré, le géniteur n’assume la plupart du temps, ni la grossesse, ni l’enfant.
Jeanne accouche probablement seule, ce jeudi-là.
La douleur des contractions mûrit son amertume, sa révolte gronde.
Dès son premier cri, Marie rejette cette petite fille, fruit d'une vie de misère, d'humiliation et de violence.
Marie La Carte sait bien à qui elle la doit cette violence, et cette haine qui monte et lui fait rejeter ensemble le sort et l'enfant. Cet enfant, bien vivante, dont les cris l'exaspèrent.
Marie porte l'enfant au curé qui la baptise Jeanne, ne trouve pas les mots pour apaiser la mère et ne désigne pas le père. Pourtant Aubry sait qui est le père.
Marie tient deux jours. Puis craque.
Il n'est pas d'elle cet enfant ! Il est à son oncle, c'est lui qui la force, qui l'achète !
Marie perd la tête. Il fait froid cette nuit de novembre, mais rien ne l'arrête plus. Elle court porter la petite Jeanne, deux jours, à la porte de l'irresponsable !
L’enfant hurlera une heure dehors, seule dans l'hiver et face au danger des animaux errants et féroces.
C'est la femme Jamain, la femme trompée, qui aura pitié.
C'est elle, Renée, qui va la décrocher de la porte, qui va la nourrir... à la cuiller d'un peu de lait.
Deux femmes meurtries. L'une rejette l'enfant, l'autre tente de le sauver.
Comment devient-on mère, comment ne le devient-on pas ?
"Certaines considérations l'en firent oster"....
Renée Jamain trouve-t-elle dans ce panier l'enfant qu'elle aimerait porter ?
Espère-t-elle en le sauvant conjurer le sort, ramener son homme dans son lit, unir son destin à celui d'une autre injustice ?
La petite Jeanne meurt 16 jours après son baptème.
Aubry, le curé d'Arçay indigné par la  disparition de ce bébé, tout autant que par l'inconséquence de ses géniteurs, promet dans l’acte de décès du nourrisson, la colère de Dieu aux responsables, et désigne enfin le père...
Renée Jamain a-t-elle pleuré cet enfant ? Sans doute.
Jean La Carte a-t-il exprimé des regrets, des remords ? Peut-être.
Ensemble, ils seront parents l'année suivante.
Un petit René naît le 16 Aout 1714, dix mois après la mort de la petite exposée.
L'histoire ne dit pas ce qu'est devenue Marie La Carte. Le registre ne lui mentionne aucun autre enfant.

Source : AD 86 BMS Arçay 1713/1732 page 5
.



mardi 28 mai 2013

Les Loups de Latillé - Avril 1751 - Echo à Centre Presse et à la RFG.


Retrouvez aujourd'hui l'article paru le 23 Mai 2012 dans Centre Presse, enrichi des dernières découvertes et à la suite, le dossier complet de l'affaire ! Echo également à l'appel lancé sur le site de la Revue Française de Généalogie "Loup y-es-tu ?" Dernier appel de Jean-Marc Moriceau afin de compléter la base nationale établie ! Le loup par l'archive ! A vos lectures insolites, il manque encore des loups dans la Vienne et dans le Sud Ouest de la France !  En vous promenant dans les bois, n'oubliez pas d'ajouter au  petit pot de beurre de votre panier, le livre de JM. Moriceau "Histoire du Méchant Loup", à dévorer ! Mais revenons sur Latillé...

-----------------
Avril 1751, les loups sont entrés dans Latillé ! L’un par la Chapelle-Montreuil, l’autre par Ayron, fini de rire, les loups sont à Latillé…
L'affaire commence-t-elle le 6 février ? Ce jour-là Gounin, curé de Béruges, mentionne la première découverte macabre dans son village . Pierre Merle a été retrouvé dévoré par les loups dans les bois de Lépine. On appelle les autorités pour établir les constatations et permettre la levée du corps. 
Le 8 avril, le curé d'Ayron mentionne dans son registre un drame épouvantable : Pierre Dribault a été dévoré dans les bois proches du pont. Les restes du cadavre sont mis en terre. Pierre avait 14 ans. Il n'est pas la première victime, le drame dure déjà depuis quelques semaines. Deux "bêtes féroces", mâle et femelle, terrorisent la population, dévorant jeunes gens, filles ou garçons, rodant de hameau en hameau, dans la forêt de l’Epine.
Dans une dizaine de villages alentour, les hommes organisent des battues, la traque commence. A peine aperçues, entendues, les deux bêtes ont disparu, elles se déplacent. Le 16 avril, elles sont à la Chapelle-Montreuil et attaquent Charles Guinard, 10 ans, le lendemain,  Françoise Magnen, 16 ans, la semaine suivante à Latillé, elles dévorent Jacques Chenier, 13 ans, et  le 28 c’est au tour de René Martineau, 16 ans, qui succombe à Ayron.
Quatorze victimes, nous disent les curés de l’époque : orphelin, domestiques, tous  vulnérables, mal protégés.
Quelle est cette bête ? Est-ce un loup ? Personne ne s’avance encore à l’écrire. Le 30 avril, les habitants de Latillé mettent fin au cauchemar. L’animal est abattu alors qu’il dévorait Jean Fradet, 10 ans, enfant de Benassay.

Un loup, c’est bien un loup ! Le curé de la Champigny-le-Sec l’a vu et nous le décrit avec une précision de spécialiste, dans son bilan de fin d’année :
 "Cette même année, il y eut deux loups élevretés mâle et femelle qui dévoraient les hommes, de ma connaissance ils ont mangé 14 personnes aux environs de Latillé et d'Ayron, cet animal est plus gros qu'un loup mâtin, la tête plus grosse, le nez plus allongé, le poil plus gros et comme rouge, la queue beaucoup plus courte et plus garnie de poils que celle du loup ordinaire. Ces animaux étant levés sur les pieds de derrière avaient sept pieds de hauteur, ils ne dévoraient que les hommes et non les animaux, ce sont les habitants de Latillé qui tuèrent le mâle, en mangeant un jeune homme après plus d'un mois de chasse....
 Le curé de la Chapelle-Moulière confirme.
Le cadavre de l’animal est porté à l’Intendance de Poitiers, les chasseurs reçoivent trois Louis (la prime habituelle est de 10 livres) et Mr de Blossac accepte que la bête soit montrée. Six sols pour voir le monstre, la foule se presse !
 Reste  la louve. Seule, pleine de cinq petits, elle hurle continuellement, facilitant ainsi sa traque. Les habitants de Benassay la tuent deux jours plus tard. Certains diront qu’elle dévorait une jeune fille au moment de sa capture… La légende est en route.
Ce drame bouleversa la région, un rapport fut adressé à Mr de la Martinière, premier chirurgien du Roi. A Versailles, il accusa réception sans plus d’empathie, il ne savait pas encore que treize ans plus tard, une autre bête, du coté du Gévaudan, marquerait à jamais la mémoire collective…
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le Dossier : 

Deux sources et des différences. 
       - Les registres paroissiaux. C'est le curé de Champigny-le-Sec qui nous résume l'affaire avec la plus grande rigueur et précision. Il compte 14 victimes. Le curé de Latillé sur l'acte de décès de Jacques Chenier mentionne en marge qu'il s'agit de la huitième victime du loup dans les trois semaines précédentes dans le village et alentour. Les différents curés me paraissent prudents dans leurs conclusions, ne mentionnent pas toujours le loup en première intention mais plutôt "une beste", précisent qu'elle est difficile à identifier. Une fois celle-ci mise hors d'état de nuire, ils reviennent sur les actes de décès pour apporter précisions et dénouement.

       - le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, l'article du Colonel Chevallier-Ruffigny mentionne une trentaine de victimes dont une jeune fille dévorée par la louve chassée le 2 Mai. Je ne l'ai pas encore retrouvée. Même en comptant tous les décès de jeunes gens alentour, je n'arrive pas à trente victimes entre Janvier et fin avril. Le loup était-il déjà là en décembre ? Chevallier-Ruffigny mentionne d'autres sources écrites que je n'ai pas encore consultées :

  • Le livre journal de Pierre Coutineau Dr Régent en la faculté de droit de Poitiers
  • La lettre écrite par un religieux de la Charité de Poitiers à M. de la Martinière

BSAO 3ème Série BXI La chasse aux loups par le Lieutenant-colonel Chevallier-Rufigny.

Reprenons  les décès dans les communes concernées depuis le début de l'année 1751. Nous savons que les victimes sont soit des jeunes gens, soit des enfants. Le tableau suivant nous donne les victimes possibles ou avérées. 

Dans cette liste les enfants Magnen interpellent. Marie et Françoise meurent à 17 jours d'intervalle, l'une de cause inconnue, l'autre attaquée par une bête. Ont-elles été attaquées ensemble, blessées et décédées à quelques jours d'intervalle ?

Les différents actes de décès retrouvés à ce jour :


Pierre Merle à Béruges le 6 Février 1751. Le loup est clairement mentionné. L'attaque a eu lieu dans la forêt de Lépine, la levée du corps a été faite par les officiers de Mr le Grand Prieur. 
Source AD86 Beruges BMS 1751/1753 page 1
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pierre Dribault à Ayron le 8 avril 1751 - 14 ans - Dévoré dans les bois de Me d' Ayron tout proches du pont - fils de René et de Jeanne Blanchard - Restes de cadavre - On assure que c'est un loup levrier qui a dévoré le dit enfant. 
Source AD86 Ayron BMS 1750/1753 page 16.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Charles Guinard à La Chapelle Montreuil le 16 avril 1751 - 10 ans - Fils de Charles Guinard - En marge fut tué par une beste. 
Françoise Magnen à la Chapelle Montreuil le 17 avril 1751 - 16 ans - fille de Pierre Magnen - En marge "laquelle fut tuée par une beste"
Source AD86 La Chapelle-Montreuil BMS 1744/1758 page 45. 
A noter le décès de Marie Magnen 6 ans sans mention particulière le 30 Mars.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jacques Chenier à Latillé le 24 avril 1751- 13 ans - Fils de Thomas Chenier et de défunte Jeanne Fradet - Domestique chez Cheneau au village du Lac noir  - Dévoré par une beste féroce à laquelle on n'a pu donner de nom - 
En marge : enfant dévoré par une beste féroce qui a été détruite par les habitants de cette paroisse le dernier du mois d'avril après avoir dévoré un enfant qui est le huitième qu'elle a dévoré aux environs de cette paroisse dans les précédentes trois semaines. Cet animal ressemblait à un loup il a esté porté à l'intendance les jours?
Source AD86 Latillé BMS 1743/1757 page76. 

Dans un premier temps le curé hésite, une fois l'animal chassé, il revient sur l'acte pour mentionner l'épilogue.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------

René Martineau à Ayron le 28 avril 1751 - 16 ans - Fils de René Martineau - Dévoré proche la ? - Restes de cadavre. 
Source AD86 Ayron  BMS 1750/1753 page 17. 
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jean Fradet à Benassay le 30 avril 1751- 10 ans et 7 mois quelques jours - fils de Jeanne Poudret, frère de Jeanne et Jean Fradet - morsure d'une beste féroce. 
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------
On en parle dans les villages alentour :


Cette même année, il y eut deux loups élevretés mâle et femelle qui dévoraient les hommes, de ma connaissance ils ont mangé 14 personnes aux environs de Latillé et d'Ayron, cet animal est plus gros qu'un loup mâtin, la tête plus grosse, le nez plus allongé, le poil plus gros et comme rouge, la queue beaucoup plus courte et plus garnie de poils que celle du loup ordinaire. Ces animaux étant levés sur les pieds de derrière avaient sept pieds de hauteur, ils ne dévoraient que les hommes et non les animaux, ce sont les habitants de Latillé qui tuèrent le mâle, en mangeant un jeune homme après plus d'un mois de chasse, on le porta à Mr l'Intendant de Poitiers qui donna trois Louis à ceux qui le tuèrent avec permission de le faire voir pour de l'argent dans toute la ville et la province, la femelle fut tuée dans la forêt de Monbel par les habitants de Benassay. Les hurlements de cette espèce d'animal sont différents de celui du loup mâtin, voilà ce qu'il s'est passé dans cette province la présente année 1751. On osait sortir qu'étant bien armés. 

Source AD86 Champigny-le-Sec  BMS 1745/1755 page 66. 
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Au mois d'avril 1751 les habitants de la paroisse de Latillé tuèrent deux bêtes ressemblant à un loup qui mangeaient les hommes, elles furent conduites à l'intendance et on donnait six sols pour les voir

Source AD86 La Chapelle-Moulière BMS 1740/1756 page 87/138

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

A suivre peut-être ! 

jeudi 23 mai 2013

Grand-Père.



Exilé de Corfou et de Constantinople
Ulysse qui jamais ne revint sur ses pas
Je suis de ton pays, métèque comme toi
Un enfant de l'enfant que te fit Pénélope..

Georges Moustaki.

------------
C'est pour toi que je joue Grand-père c'est pour toi
Tous les autres m'écoutent mais toi tu m'entends
On est du même bois on est du même sang
Et je porte ton nom et tu es un peu moi

Exilé de Corfou et de Constantinople
Ulysse qui jamais ne revint sur ses pas
Je suis de ton pays, métèque comme toi
Un enfant de l'enfant que te fit Pénélope

Tu étais déjà vieux quand je venais de naître
Arrivé juste à temps pour prendre le relais
Et je finirai bien un jour par ressembler
A la photo où tu as posé à l'ancêtre

C'est pour toi que je joue Grand-père c'est pour toi
Que je glisse mes doigts le long de mes six cordes
Pour réveiller un air tranquille et monocorde
C'est tout ce que je sais faire de mes dix doigts

Maître en oisiveté expert en braconnage
Comme toi j'ai vécu à l'ombre des bateaux
Et pour faire un festin je volais les oiseaux
Que le vent de la mer me ramenait du large

Comme toi j'ai couru les filles et les rêves
Buvant à chaque source que je rencontrais
Et sans être jamais vraiment désaltéré
Sans jamais être las de répandre ma sève

C'est pour toi que je joue Grand-père c'est pour toi
Pour remettre au présent tout ce qui est passé
Depuis que je ne parle plus que le français
Et j'écris des chansons que tu ne comprends pas

C'est pour toi que je joue Grand-père c'est pour toi
Tous les autres m'entourent mais toi tu m'attends
Même si tu es loin dans l'espace et le temps
Quand il faudra mourir on se retrouvera.




Des loups à Latillé. Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse 23/05/2013.


Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre.