La noyade de St-Saviol - 1749

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Hypothèses et discussion.
A la lumière de l'enquête menée par Alain Texier, Bernard nous propose une illustration et des hypothèses. Leur discussion riche et documentée est à lire dans les commentaires de l'article. Ils connaissent les lieux, laissez-vous guider. 
Ci-dessous le travail de Bernard. 



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Le 16 mars 1749 : Journée de drame à Saint-Saviol (Vienne) - 
Par Alain Texier GE86

La lecture des registres paroissiaux, actuellement facilitée par la numérisation des archives, révèle souvent des faits divers passés à l’oubli. Les curés qui tenaient ces registres (obligatoires depuis l’édit de Villers-Cotterêts, par François 1er, en 1539) y notaient parfois les circonstances des décès, ainsi que des observations météorologiques ou autres.
Les lignes qui suivent sont dues à la redécouverte des documents de l’époque par les membres d’un club de généalogistes amateurs de la Vienne (Généalogie Entraide 86), et en particulier à Gloria Godard, qui tient un site Internet consacré aux affaires criminelles du département[1], et à Sébastien Pissard, qui nous a signalé la référence du procès-verbal d’instruction conservé aux archives départementales. Tous les deux ont également contribué à la lecture de ce dernier document.

C’est ainsi que nous pouvons avoir connaissance d’un terrible accident survenu à Saint-Saviol, le lundi 16 mars 1749. Voici en effet ce qui est écrit dans le registre des années 1745-1763, pages 29 et 30 (orthographe actuelle) :



Aujourd’hui dix sept mars mil sept cent quarante neuf ont été inhumés dans le cimetière du bourg le nombre de vingt deux corps morts tant femmes, garçons, filles de tous ages tous mendiants à nous, presque tous (jeunes) et tous de paroisses étrangères, qui se sont noyés de hier en passant au bateau de Réfoux dont procès verbal et levée des dits corps a été fait par messieurs les officiers de Civray du nombre desquels on cite Jeanne âgée de douze ans, Louis, âgé de huit ans, fils de Gabriel Bertaud du village de Fortran, paroisse de Linazay, Jeanne âgée de seize ans, Jacques âgé de huit ans fils de feu Jean Metayer et de Charlotte Moduit, Jeanne Baudain fille de André Baudin et de Elizabeth Baré âgée de douze ans, Françoise Micheau âgée de trente ans ou environ, Louis et Paul Picoult, ses enfants, Jeanne Ménard … de André Braud, François son fils, …, Lisabelle Epinoux et sa fille Jeanne et deux de ses enfants, femme de Pierre Lemape, la femme de Briand, la Chermante et sa fille, le fils de Chesnain, la fille de Pierre …
Bruneau, prieur curé de St Saviol.

Le curé de Linazay n’est pas en reste, en reportant de son coté (registres de Linazay 1746-1764, page 19)[2], avec une erreur de date, mais l’acte est situé entre un daté du 10 mars et le suivant du 11 juin, erreur donc très facilement levée :


Le seize janvier 1749 vingt quatre pauvres se sont noyés dans la rivière de Charente près le moulin de Réfoux paroisse de Saint-Saviol du nombre desquels étaient Jeanne Menart, François Braut son fils, Francoise Michel veuve de Louis Picaut, Louis et Paul Picaut ses enfants, Jeanne et Louis Bertaut, Jeanne et Jacques Metayer, et Jeanne Baudin, tous du village de Fortrant de cette paroisse qui ont été inhumés dans le cimetière de Saint-Saviol.
H. Moreau curé de Linasay.

Une observation de forme peut être émise sur ces documents :
Le curé de Saint-Saviol, qui était aux premières loges a signalé 22 victimes, mais il n’en a énuméré que 19 (ou 20). Le curé de Linazay, qui s’est limité à ne noter que ses paroissiens victimes de l’accident, reporte le chiffre de 24, qui est celui mentionné par les enquêteurs.

Par bonheur, les papiers de la sénéchaussée de Civray ont été conservés aux archives départementales de la Vienne, et nous avons pu avoir une copie de ceux relatifs à cette affaire. Il s’agit des documents répertoriés sous la référence 4B 68 (1749 – « 16-17 mars, information relative à un accident arrivé au moulin de Rifoux (plusieurs personnes noyées en passant le bac) »)[3], dont la transcription est donnée en annexe.

Nous sommes donc à même de reconstituer les faits :
Le dimanche 16 mars 1749, après la messe à Saint-Saviol, le meunier du Réfoux, Denis Bourdereau, accompagné de son épouse, Jeanne Blanchard, trouvent devant leur moulin un groupe de 24 femmes et enfants, miséreux, à qui ils donnent l’aumône. Ces personnes lui demandent de les faire passer de l’autre côté de la rivière, ce que, lui, il refuse. Son « farinier », Louis d’Aulière, par contre, accepte de le faire et toute la troupe monte sur le bateau. L’accostage sur l’autre rive se fait un peu brutalement, et les personnes sur le bateau tombent les unes sur les autres, déséquilibrant l’embarcation, tombent à l’eau et se noient, à l’exception du passeur qui s’agrippe à une perche tendue par son valet, Jacques Pignou.
Jeanne Blanchard, la meunière, accompagnée par Pierre Chesnain, son domestique, se rend à Civray auprès du lieutenant général criminel de la sénéchaussée pour signaler cet accident. Ce dernier dépêche alors l’équipe judiciaire composée de Joseph Lelong de la Fragnée, procureur du roi, Jean Albert, conseiller du roi, juge magistrat et Jean Pascault, maître chirurgien assisté de Jean Malapert, greffier commis d’office, en l’absence du greffier ordinaire. Cette équipe d’enquêteurs se rend sur place et procède aux interrogatoires des témoins, en commençant par le patron meunier, Denis Bourdereaux. Ils prennent ensuite les dispositions pour que les cadavres soient retirés de la rivière et réunis sur l’îlot proche du moulin, où ils sont examinés, que des cercueils soient fabriqués et des fosses préparées pour l’inhumation à Saint-Saviol. Tout cela a été fait entre le dimanche 16 en fin de matinée et le 17 dans l’après-midi, puisque les enterrements ont eu lieu le 17, selon les actes de sépultures des curés Georges Grimaud de Saint-Saviol et H. Moreau, de Linazay.
Par exploit de l’huissier Descats, les témoins ont été convoqués devant le lieutenant général criminel dès le mardi 18 mars, à 10 h, à Civray, pour y faire leurs dépositions. Il s’agissait de Pierre Gendreau, laboureur aux Champs, paroisse de St Pierre d’Excideuil, Charles Bouchet, laboureur à Chez Boisson, paroisse de Saint-Saviol, et Pierre Chesnain, Jacques Chaleroux et Jacques Verdon, trois valets du meunier du Réfoux. La déposition de Pierre Chesnain est incomplète dans les documents. Les autres reportent en gros les mêmes faits :
Pierre Gendreau, et Charles Bouchet revenant de la messe ont vu plusieurs personnes dans un bateau qui s’est enfoncé, et a coulé, entraînant la noyade des passagers.
Jacques Chaléroux : il précise le rassemblement des pauvres et l’aumône qu’ils ont reçue, le fait que c’est le farinier qui les a fait traverser, mais il déclare que le bateau s’est enfoncé avant d’avoir rejoint l’autre rive. Jacques Verdon dit la même chose que son collègue, en précisant qu’il s’est mis à l’eau (ainsi que d’autres ?) pour tenter de sauver quelques personnes, sans succès. Il également a participé aux recherches.
La fin du procès-verbal nous donne des indications sur les prix des services pratiqués à l’époque : 15 sols par jour pour les hommes chargés de retrouver et repêcher les cadavres, 15 sols également pour un coffre en bois (fabrication et fourniture), 1 livre (20 sols) pour un charretier pour le transport des corps du moulin au cimetière.
Les personnes :
Il est curieux de remarquer que les documents administratifs ne donnent l’identité que de quelques unes des personnes décédées. Il n’est pas impossible que cette liste, de même que la suite de la déposition d’un des témoins interrogés, soit égarée. Les listes citées dans les registres paroissiaux nous en apprennent davantage à ce sujet.

Les victimes nommées par le curé de Saint-Saviol sont constituées de 14 enfants ou adolescents et 5 femmes adultes. Il s’agit de pauvres mendiants comme l’indiquent les témoignages. La moitié d’entre elles (10) sont originaires du village de Fortran, paroisse de Linazay, et les autres sont dites étrangères à la paroisse de Saint-Saviol, mais le curé en a identifiées certaines. L’enquête de police nous en a donné quelques autres.

Voici ce que j’ai trouvé à leur sujet, en commençant par les habitants de Fortran (les noms des victimes sont soulignés) :
- Jeanne et Louis sont les enfants de Gabriel Bertaud et de Catherine Mousseau. Ils sont nés respectivement le 25 février 1736, et le 6 octobre 1740, à Linazay. Ils avaient (au moins) 3 autres frères et sœurs : Françoise (née le 19 octobre 1728), Philippe (né le 23 janvier 1730 et Catherine (née le 17 février 1732). Leurs parents se sont mariés le 28 octobre 1727 à Linazay, et dans l’acte de mariage, il est précisé que Catherine Mousseau est originaire de Saint-Saviol. Ses deux parents étaient décédés au moment de son mariage. Le curé de Linazay n’avait malheureusement pas l’habitude, comme certains autres, de mentionner les professions de ses paroissiens. Catherine Mousseau était présente le lundi matin, devant les corps de ses enfants.
- Jean Metayer, de Linazay et Charlotte Mauduit de Blanzay se sont mariés le 20 octobre 1732 à Linazay, et ont eu au moins 3 enfants : Jeanne née le 5 juin 1733, Catherine née le 5 mai 1744 et Jean né le 17 novembre 1748. L’aînée et le benjamin sont parmi les victimes.
- André Baudin et Elizabeth Baré se sont mariés le 4 février 1728. Ils ont eu Marie née le 28 novembre 1728, Antoinette née le 9 décembre 1729, André né le 6 novembre 1733 et enfin Jeanne, une des victimes, qui est née le 3 février 1736.
- Louis et Paul Picault, nés respectivement le 1er janvier 1740 et le 22 juin 1744 sont les deux enfants de Louis Picault et de Françoise Micheau (ou Michel) qui s’étaient mariés à Linazay le 17 février 1738. Elle est fille de Jean Micheau et d’Anne Tessereau.
- Défunt André Braud a eu de Jeanne Menard une fille Françoise, née le 26 mars 1743. C’est un fils François qui a trouvé la mort ce jour là, avec sa mère. Suzanne, une autre de leurs enfants et Françoise sont venues au moulin le lundi matin, et ont pu reconnaître leur mère et leur frère. La belle-mère de Suzanne, Françoise Boutelant, a récupéré une grosse clef suspendue à la ceinture de Jeanne Menard (et peut-être les ciseaux, mais ce n’est pas précisé). Parmi les victimes dites originaires d’autres paroisses, il y a :
- Lisabelle Epinoux et sa fille Jeanne et deux de ses enfants, femme de Pierre Lemape (?), dont je n’ai pas retrouvé de traces.
- Anne Feumollant, épouse de Jacques Briant, demeurant le Bois Guillemot paroisse de Champagné-le-Sec, désignée par le curé comme « la femme de Briand ». Ils se sont mariés en 1738, à Civray et si je ne me trompe pas, ils avaient au moins 5 enfants, dont le plus jeune avait 3 ans en 1749.                                                                                                          
 - la Chermante et sa fille, dont je ne sais rien, ainsi que de la fille de Pierre Barbarin.
- le fils de Chesnain, dont c’était peut-être le père qui a participé aux recherches et a été interrogé par les enquêteurs. Si c’est le cas, habitant sur place, il se serait joint par jeu aux autres enfants sur le bateau.                                                                                                         
- une veuve de Fortran à Linazay, porteuse d’un enfant de 1 à 2 ans, impossible à connaître, ainsi que la fille Grimaude (Grimaud), 17 ans, des Poiriers de la paroisse de Saint-Macoux.
Soit 21 victimes : il en manque une selon le curé de Saint-Saviol, et 3 selon la police.

Les protagonistes du drame, par ordre de citation dans le PV (les orthographes peuvent différer d’un scripteur à un autre, les différents feuillets n’étant pas tous de la même main) :

Jeanne Blanchard, meunière au Réfoux, épouse de Denis Bourdereau, (ils se sont mariés à Civray le 28 février 1729).
Pierre Chesnain - Témoin interrogé, domestique du dit moulin, peut-être le père d’une victime ; il est peut-être l’époux de Marie Gagnaire, et se serait marié à Civray, le 28/06/1728.
Jean Malapert, greffier commis d’office, de Civray, appartenant à une famille de gens de justice de Civray.
André Descats, huissier ordinaire de Civray (cité comme tel dans A. Bobe)[4].
Maître Jean Pascault, maître chirurgien, lieutenant des chirurgiens de Civray, (Jean François dans le cours du texte, Jean Joachin selon A. Bobe).
Joseph Lelong de la Fragnée, procureur du roi (cité comme tel dans A. Bobe).
Jean Albert, conseiller du roi, juge magistrat de la sénéchaussée et siège royal de Civray, (selon Bobe : « sieur de Bellevue, gendre de Jacques Cacault, mourut le même jour que sa femme après 56 ans de mariage »). En effet, Jean Albert et Louise Marguerite Cacault s’étaient mariés le 24/10/1695 à Saint-Clémentin (BMS – 1693-1724, p. 5). Ils ont été inhumés tous les deux dans la même tombe le 5 novembre 1750 (BMS – 1745-1750, p. 114), lui, à l’âge de 77 ans, et elle, à 76 ans. Il avait donc 75 ans environ au moment de cette enquête.
Denis Bourderaud meunier des moulins du Réfoux ; il décédera le 08-06-1756 à Saint-Saviol (BMS – 1745-1763, p. 67), à l’âge de 64 ans. Il avait donc environ 57 ans au moment des faits. Son épouse Jeanne Blanchard, lui survivra, inhumée le 21/12/1759, à l’âge de 50 ans (BMS – 1743-1764, p. 63), en présence du curé de Saint-Clémentin. Je leur ai trouvé 3 enfants : Louis, Suzanne-Magdeleine et Jeanne, nés entre 1733 et 1739, tous à Saint-Saviol.
Veuve ???, de Fortran à Linazay, porteuse d’un enfant de 1 à 2 ans, future victime.
Fille Grimaude, 17 ans, des Poiriers, future victime ; elle est dite de Saint-Macoux, et je trouve deux candidates dans cette paroisse, toutes deux filles d’un Jean Grimault : Magdeleine, fille de Magdeleine Beau, née le 25/08/1733, ou Françoise, fille de Suzanne Rougier, née le 06/06/1735.
Louis d’Auliene, farinier du moulin, le passeur ; l’orthographe de son nom est très variable selon les scripteurs. On trouve : de ..ehauyé, d’Auleine, dezaubiers. Retenons celle la plus lisible, mais il est difficile de connaître précisément autre chose que son prénom.
Jacques Pignou (ou Pignon), son valet ; pas de traces de ce personnage dans la base du GE86.
Pierre Dugué, domestique du dit moulin ; pas de traces de ce personnage dans la base du GE86.
Jacques Challeroux - Témoin interrogé, domestique du dit moulin ; peut être né à Saint-Saviol le 29/04/1718, fils de Charles et d’Elizabeth Moreau.
Pierre Gendreau, laboureur, demeurant au village des Champs, paroisse de Saint Pierre d’Exideuil, - Témoin interrogé ; Sébastien Pissard signale un Pierre Gendreau, laboureur aux Poiriers en 1761, époux de Jeanne Michaud et de Catherine Merle. L’acte de son premier mariage, en 1745 ne donne pas sa profession.
Charles Bouchet, de Chez Boisson, aussi laboureur, paroisse de Saint-Saviol, - Témoin interrogé ; Sébastien Pissard donne un Charles BOUCHET, né vers 1685, décédé le 04-03-1770 à Saint-Saviol (BMS – 1765-1776, p. 41), qui épouse de Marie DROUHAULT, le 21/01/1734 à Champagné-le-Sec. Sur l’acte de mariage, il est dit originaire de Saint-Saviol (BMS – 1731-1725, p. 15).
Louis Barentin demeurant à l’Echelle, chargé des recherches et autres aides ; il est peut-être l’époux de Marie Trouvé, et inhumé à Saint-Saviol le 25/02/1750, à l’âge de 60 ans, ou environ.
Jean Meusnier, chargé des recherches et autres aides ; nom trop commun pour cerner le personnage.
Jacques Olliver demeurant au Ravary, chargé des recherches et autres aides ; même cas.
Jacques Verdon, domestique de Denis Bourdereau, demeurant au dit Réfoux, participant aux recherches - Témoin interrogé ; même cas.
François Granier paroisse de Saint-Saviol, participant aux recherches,
Jean S…, Pierre Bouchet et Pierre Rivaud, habitants de Saint-Saviol, participant aux recherches,
Jacques Briant, demeurant le Bois Guillemot paroisse de Champagné le Sec, époux de
Anne Feumollant, une victime ; voir plus haut.
Suzanne et Françoise Brault, filles demeurant à Fortran, filles et sœurs de victimes,
Jeanne Mesnart leur mère et François Brault leur frère, deux victimes
Catherine Moussault, femme de Gabriel Bretault, mère de victimes,
Louis et Jeanne Bretault ses enfants, victimes ; voir plus haut.
François Bonnet, chargé du transport des corps,
Charles Gibault chargé du transport des corps,
Pierre Dexmier, chargé du transport des corps,
Françoise Bouteland, belle-mère de la dite Suzanne Brault,
Jacques Marché, sacristain de la paroisse,
Pierre Saunier, chargé des cercueils et des tombes,
Gabriel Cognac, chargé des cercueils et des tombes,
Jacques Brumault, chargé des cercueils et des tombes,
Pierre Moreau chargé des cercueils et des tombes,
Estienne ??, chargé des cercueils et des tombes,
Georges Bruneau, prieur curé de Saint-Saviol, (décédé en 1764),
H. Moreau curé de Linasay.

Le moulin de Réfoux (orthographe actuelle, depuis au moins 1829 puisque désigné ainsi sur le cadastre de cette date) n’existe plus (dans le texte du PV, il est mention de moulins, au pluriel, alors que le plan cadastral, certes plus tardif, n’en montre qu’un seul). Il était situé sur la Charente, à environ 300 m en aval du château de Léray. Les bâtiments, dont le logement du meunier, se trouvent sur la rive droite. Le cours du fleuve est approximativement orienté Nord-Sud, et il est formé par deux bras principaux, entourant une série d’îlots. La branche de droite (à l’Ouest) est canalisée, et passait sous le moulin, et était bordée sur sa gauche par des chaussées. Les deux branches se rejoignaient un peu en aval du moulin, pour se séparer de nouveaux autour de la « Grande Ile du Réfoux ». Dans ces conditions, le passage d’une rive à l’autre ne pouvait se faire que de deux manières : soit en passant par le moulin, et traverser en bateau à partir d’un îlot vers la rive gauche. Ce pouvait être guéable à certains moments, surtout si le moulin fonctionnait et qu’une grande partie du courant passait par la branche de droite, mais si le moulin ne fonctionnait pas, et que les pelles étaient fermées, la branche de gauche recevait un courant plus important, et rendait la traversée à gué problématique. L’autre solution était de traverser là où les deux bras se rejoignent, c’est à dire un peu en aval. C’est une course d’une trentaine de mètres, et il est vraisemblable que c’est de cette voie qui a été prise. Actuellement, ce passage n’est plus praticable, car l’extrémité sud de l’îlot du moulin rejoint la pointe nord de la grande île, par un remblai : la Charente est séparée en deux bras.
(Noter qu’un passage par bateau en amont d’un moulin est impossible à cause des chaussées).

Commentaires et interprétation.

Cette manière de voir pose néanmoins le problème des passages d’eau à l’époque (18ème siècle). En effet, entre Civray et Voulême compris, il n’existe actuellement que 5 ponts (Civray, Dalidant, le pont Bridé à Saint-Saviol, Comporté et Voulême). Ce pont Bridé à Saint-Saviol existait-il ? Il semblerait que oui, puisque les meuniers arrivaient de l’église (rive gauche) et se trouvaient rive droite au moment du drame. Mais la route qui arrive de Saint-Saviol et passe sur ce pont se dirige vers l’Echelle et les Hommes Guillaume, et passe à environ 350 m du moulin. C’était la route normale des sieurs Gendreau et Bouchet, qui, depuis cette route, ne pouvaient absolument pas voir ce qui ce passait dans l’eau au moulin de Réfoux. Ou alors, ils auraient pris un autre chemin longeant la Charente, sur la rive gauche, afin de passer l’eau quelque part entre les châteaux de Léray et de l’Etang, où peut-être y avait-il des passerelles sur les différents bras de rivière, afin de rejoindre Beaumont et les Hommes Guillaume.
Une autre question se pose sur l’emplacement exact où se trouvait le sieur Pignou, valet farinier, qui a tendu une gaule (une perche) à son chef. En effet, s’il était rive droite, c’est à dire côté moulin, il n’aurait pas pu tendre la perche, et s’il était rive gauche, comment y était-il arrivé ? S’il venait de la messe, et que le bateau était de l’autre côté, c’est que le chemin par cette rive était utilisé d’une manière habituelle, avec de fréquents aller-retour de bateau, et le refus du meunier de faire passer la troupe de miséreuses ne s’explique pas (surtout après leur avoir donné l’aumône). (A noter qu’il n’y a nulle trace de chemin, même sur photo aérienne, rive gauche, au droit du moulin du Réfoux). Il est surprenant que ni le farinier-passeur, responsable à nos yeux de l’accident, ni son acolyte n’ait été interrogé par la commission.
On imagine très bien qu’après le refus du patron, le sieur d’Aulière ait cédé à un joli minois. Il a eu grand tord de ne pas être plus ferme, en limitant le nombre de personnes à bord, quitte à faire plusieurs voyages. A qui appartenait le bateau ? Il n’y en avait pas d’autres, puisque le juge a envoyé 3 personnes à un kilomètre et demi de là pour en chercher un. Il est très vraisemblable qu’il appartenait au meunier, et donc le farinier devait avoir l’autorisation tacite de celui-ci pour l’emprunter, ou bien il avait attendu que le meunier tourne le dos.

A vrai dire, nous ne savons pas si finalement le sieur d’Aulière a été ou non inquiété car il possible que les documents relatifs à une éventuelle poursuite aient existés. Il semblerait cependant y avoir une suspicion en ce sens, car dans l’attendu préliminaire à l’enquête (page n° 06, que nous avons titré «  Requête pour l’instruction », il est mentionné « ce qui fait que pour le dit Dehauyé, il requiert que », suivi d'un blanc. En tout cas, il n’y a pas de conclusion en ce sens dans ce qui nous est parvenu, qui n’est que le procès-verbal d’instruction des faits.
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Annexe : 
Transcription en français modernisé des documents auxquels nous avons donné un titre. 

Requête pour l’instruction


A Monsieur le lieutenant général criminel de la Sénéchaussée et Siège royal de Civray.
Vous rencontrez le procureur du roi, qu’il vient d’apprendre tout présentement par Jeanne Blanchard et Pierre Chesnain, meunière et domestique du moulin de Réfoux, paroisse de Saint Saviol, que plusieurs personnes sur les dix à onze heures du matin se seraient mis dans un bateau ce jour d’hui, pour passer l’eau que malheureusement le bateau étant trop chargé, en arrivant de l’autre côté de la rivière aurait renversé et tous ceux qui étaient dans le bateau auraient malheureusement péris, à la réserve du batelier, qui s’est sauvé à la faveur d’une gaule qu’on lui a présenté, ce qui fait que pour … le dit Dehauyé il requiert que
Ce considéré, Monsieur, il vous plaise, attendu que le greffier est absent, commettre la personne de Jean Malapert, procureur en ce siège, qui sera tenu de faire la fonction de greffier commis à salaire compétent et faisant ordonnes que vous vous transporterez avec nous dit procureur du roi, le dit Malapert, greffier commis, André Descats, huissier ordinaire, Me Jean Pascault, maître chirurgien et lieutenant d’iceux au dit lieu de Réfoux de la dite paroisse de Saint Saviol où là étaient faire faire les levée et recherche des cadavres pour d’iceux en dresser procès verbal ainsi permettre au dit procureur du roi de faire appeler par devant vous les témoins qu’il pourra découvrir, pour rendre compte des dits accidents, qui seront tenus d’obéir sur les peines que de droit, la dite Bernard et Chesnain déclaré ne savoir signer
Signature : Lelong de la Fragnée
… fait, commis et requis à Civray, ce seize mars 1749 Signé Albert

A l’instant nous, Jean Albert, conseiller du roi, juge magistrat de la sénéchaussée et siège royal du dit Civray, ayant avec nous le procureur du roi, maître Jean Malapert, commis greffier duquel nous avons pris le serment au cas requis, Descats, huissier et le Sieur Pascault, lieutenant des chirurgiens de cette ville, nous sommes transportés au dit lieu de Réfoux, sur la dite paroisse de Saint Saviol, en conséquence de la remontrance du dit procureur du roi et de notre ordonnance du seize de ce mois de mars mil sept cent quarante neuf, de nous signée, étant arrivés au dit moulin de Réfoux, avions fait rencontre de Denis Bourderaud meunier des dits moulins auquel nous avions déclaré le sujet de notre transport, auquel nous avions demandé de quelle manière avait arrivé l’accident de ceux qui se sont noyés ce matin, et quelles personnes pouvaient être de ceux qui étaient dans le bateau, et se sont noyés, de quelle qualité et condition ils étaient, qui était présent lors de l’accident et se sont les dits sieurs procureur du roi, Malapert et autres avec nous soussignés.
Signatures : Lelong de la Fragnée – Illisible (Descats) – Pascault, lieutenant de monsieur le premier chi. du roi – Albert – Denis Bourd... –  … Malaper, commis greffier.


Instruction

A l’instant a comparu le dit Bourdereaux lequel nous a dit qu’en revenant de la messe de Saint Saviol en arrivant à sa maison, il a trouvé vingt quatre pauvres devant sa porte auxquels il avait donné l’aumône, nous a déclaré n’en connaître aucun, si ce n’est une femme de Fortran, paroisse de Linazay, veuve du nommé ??? qui avait un enfant à la mamelle âgé d’environ un à deux ans, et la nommée Grimaude, du village de Poiriers, paroisse de Saint Macoux, fille âgée d’environ dix sept (ans) qui portait un petit panier sur son bras avec des sardines, les dites pauvresses lui ont demandé de les passer l’eau du côté des Ravaris ce qu’il leur aurait refusé ; ce que voyant, les dites pauvres se sont approché de l’eau et ont prié Louis d’Auliere, farinier du dit moulin de Réfoux de les passer, ce qu’il leur a accordé, aussitôt, ils se seraient tous jetés dans ce bateau et arrivant de l’autre côté de la rivière, le bateau s’étant heurté contre le sol, aurait fait jeter tous ces pauvres les uns sur les autres, qui l’a fait renverser et se seraient tous noyés, à la réserve du dit Louis d’Aulière, auquel Jacques Pignou, son valet, lui a avancé une gaule qui lui a facilité de se tirer de l’eau, le tout en présence de Pierre Dugué, Pierre Chesnain et Jacques Challeroux, domestiques du dit moulin, et étant du côté du moulin, comme aussi en présence de Pierre Gendreau, laboureur, demeurant au village des Champs, paroisse de Saint Pierre d’Exideuil, et de Charles Bouchet, de Chez Boisson, aussi laboureur, paroisse de Saint Saviol qui étaient de l’autre côté de la rivière et a le dit Denis Bourdereaux signé.
Signature : Denis Bourda..

Le dit procureur du roi qui a pris communication du dire ci-dessus requiers qu’il nous plaise ordonne que nous nous transporterons sur le bord de la rivière où se sont noyés les personnes ci-dessus dénommées et autres, pour dresser procès-verbal de ceux qu’on pourra tirer de l’eau, et en outre qu’il soit permis au dit procureur de faire appeler par devant nous des personnes ayant vu l’accident pour le constater pour ce fait à lui communiquer être requis ce qu’il appartiendra et enjoindre au dit Bourdereaux de nous conduire sur les lieux et de signer,
Signature : Lelong de la Fragnée.
Acté et soit fait comme il est requis par le procureur du roi, à Réfoux, ce seize mars 1749
Signature : Albert.

et étant arrivé sur les dits lieux, nous avons aperçu trois cadavres dans un îlot environné de toute parts d’eau et qu’il nous était pour ainsi dire impossible d’y aller, nous accompa… de Louis Barentin, Jean Meusnier et Jacques Olliver de conduire un bateau aux fins de les aller quérir et de les conduire près de l’îlot de Réfoux, et sur icelui aux fins de les faire visiter et constater l’état de leur mort, les dits Louis Barantin, Meusnier et Olliver ont été quérir un bateau au moulin de Roche sous les Poiriers, celui de Réfoux étant au fond de l’eau et ont conduit les trois cadavres, en outre, avons commandé Louis Barantin demeurant à l’Echelle et à Ollivet demeurant aux Ravarits, paroisse de Saint Saviol, Jacques Dardou demeurant au dit Réfoux et François Granier, de la dite paroisse de se promener sur la dite rivière et de prendre les dits cadavres les quels se sont mis sur la dite eau et en ont tiré plusieurs que nous avons fait conduire dans les moulins du dit Réfoux, avec les trois autres cadavres et attendu qu’il est l’heure de six heures, nous avons renvoyé la continuation de notre présent procès-verbal à demain au matin sur les huit heures et cependant ordonné que meuniers et habitants des villages circonvoisins de se joindre au fins de pêcher ceux qui ont resté dans l’eau, les quels ils mettront dans les dits moulins avec les autres, ce qui sera exécuté.
Signatures : Lelong de la Frangné – Albert – J. Malaper, greffier commis
Et … le dix sept … mois de mars mil sept cent quarante neuf par devant nous conseiller du roi juge magistrat susdits …lieu où nous nous sommes transporté sur les huit heures du matin … Le procureur du roi lequel a requis la continuation du présent procès-verbal à l’effet de … nous avons mandé Louis Barantin, Jean S…, Pierre Bouchet, Jacques Dardon et Pierre Rivaud, tous habitants de la paroisse de St Saviol ; aux quatre nous avons enjoint de pêcher et faire perquisition dans la rivière de Charente des cadavres des personnes qui y sont noyés le jour d’hier et cependant en présence et ce … le procureur du roi nous avons fait sortir du moulin dix sept cadavres de l’un et l’autre sexe parmi lesquels il est trouvé sept jeunes garçons, et dix femmes que filles de différents âges qui furent pêchés et trouvés noyés le jour d’hier, parmi les dits cadavres Jacques Briant, demeurant le Bois Guillemot paroisse de Champagné le Sec a reconnu l’un d’eux pour être celui d’Anne Feumollant sa femme, Suzanne et Françoise Brault, filles demeurant à Fortran, paroisse de Linazay, ont reconnu deux des dits cadavres pour être ceux de Jeanne Mesnart leur mère et de François Brault leur frère, Catherine Moussault, femme de Gabriel Bretault a reconnu deux des dits cadavres pour être ceux de Louis et Jeanne Bretault ses enfants, et comme nous nous serions aperçu que à la ceinture de deux des dites femmes il (y avait) des clefs et des ciseaux. Il s’est trouvé que l’une avait trois clefs et une paire de ciseaux et l’autre une grosse clefs qui a été reconnue pour appartenir à la dite Suzanne (*). Les quels dits cadavres nous avons fait mettre sur un bateau et … faire conduire par les nommés François Bonnet, Pierre Bouchet, Charles Gibault et Pierre Dexmier sur deux charrettes de l’autre côté de l’eau où le requerrait le dit procureur du roi nous avons ... à Jean François Pascault maître chirurgien demeurant Civray duquel nous nous sommes assistés de les visiter et examiner et nous faire son rapport de ce qui leur a occasionné leur mort à l’effet de quoi nous avons de lui pris et reçu le serment la main levée de bien et fidèlement procéder à la dite visite, ce qu’il a fait en notre … présence et du procureur du roi lequel nous a rapporté que ce qui a occasionné la mort des dites cadavres c’est par l’abondance d’eau dans laquelle ils tombèrent le jour d’hier et dont ils ont été suffoqués étouffés et noyés. Ce fait nous avons mandé les dits Bonnet, Bouchet, Gibault et Dexmier …
aux quels nous avons enjoints de mettre sur leurs charrettes les dits cadavres, de tous mener et conduire au bourg de St Saviol pour y être, s’il est ainsi jugé à propos, enterrés dans le cimetière du dit lieu et attendu qu’il est l’heure de midi nous nous sommes retirés pour prendre notre repas et pendant lequel les dits Barantin, Sauy (?), Boucher, Dardou et Rivaud feront perquisition et rechercheront les autres personnes qui se sont noyées avec ceux ci-devant énoncés et remis à continuer notre présent procès-verbal ce jourd’hui sur les deux heures de relevée, où nous rendons avec le dit procureur du roi, notre greffier, le dit Pascault, chirurgien, et André Descats et assignés au présent lieu de Réfoux et ont tous venu nous signé (*) laquelle clef a été réclamée par Françoise Bouteland, belle-mère de la dite Suzanne à qui la dite clef appartenait qui nous déclare ne savoir signer de ce enquise.
Signatures : Lelong de la Fragnée – Albert.

En avenant, le dit jour dix sept mars mil sept cent quarante neuf, par devant nous procureur du roi, juge magistrat susdit étant au dit lieu de Réfoux, sur le pré qui borde la Charente et nous nous sommes transportés en conséquence de notre ordonnance de ce jour en conséquence … du procureur du roi et en sa présence les dits Barentin, S…, Bouchet, Verdon et Rivaud que nous avions requis de faire la pêche et perquisition des personnes qui ont péries dans la dite rivière de Charente ont dit avoir trouvé dans le dit fleuve de Charente et laissé sur le bord du pré cinq autres cadavres de l’un et l’autre sexe que nous avons fait visiter par le dit Pascault, qui nous a rapporté quelles avaient péri dans l’accident énoncé en notre précédent procès-verbal, lequel rapport il a affirmé être sincère et véritable et par le dit procureur du roi a été requis que tant les cadavres ci-devant énoncés et ceux depuis trouvés fussent inhumés satisfaisant à son réquistoire (?) que nous avons ordonné qu’ils le seront dans le cimetière de la paroisse de St Saviol à l’effet de quoi nommé pour faire les fosses convenables, les personnes de Jacques Marché, sacristain de la paroisse, les nommés Pierre Saunier et Gabriel Cognac, Jacques Brumault, Pierre Moreau et Estienne ??. Ils ont travaillé dans l’instant et cela à la charge de salaire … …  et … que dessus. Il a été fait et dressé le présent procès-verbal environ les cinq heures du soir, les jours et ans que dessus et ont le dit procureur du roi, Pascault chirurgien, et Descats huissier ordinaire et notre greffier signés :
Pascault lieutenant du premier chirurgien du roi – D. illisible (Decats) – Lelong de la Fragnée – Albert

Taxé à nous pour demi-droit seize livres pour deux journées, les deux tiers au procureur du roi, moitié au greffier à Pacos me chirurgien lieutenant des chirurgiens huit livres pour deux journées à Descas huissier six livres pour deux journées aux quatre pêcheurs de cadavres à chacun trente sols pour deux journées douze livres à six faiseurs de coffres pour enterrer les dits cadavres à chacun quinze sols quatre livres dix sols à quatre charretiers pour conduire les morts au cimetière de Saint Saviol.
En marge : à chaque charretier vingt sols quatre livres. A Civray, le trente et un mars mil sept cent quarante neuf. Signé Albert.

Injonction à comparaître

L’an mil sept cent quarante neuf et le seizième jour du mois de mars, à la requête de Mr le procureur du roi du compte, sénéchaussée et siège royal de Civray y demeurant paroisse de St Nicolas, auquel lieu il fait élection de domicile, j’ai, André Descats, huissier royal soussigné, résidant à Civray … … siège royal du dit lieu, j’ai … de Pierre Gendreau, laboureur, demeurant au village des Champs, paroisse de St Pierre d’Exideuil, à Charles Bouchet, aussi laboureur, demeurant Chez Boisson, paroisse de St (Saviol), à Pierre Chaignin, Jacques Challairoux et Jacques Verdon, valets domestiques de Denis Bourderau, meunier, demeurant au moulin de Réfoux, donné pour l’assignation à comparaître mardi prochain à dix heures du matin par devant Monsieur le lieutenant général criminel du siège royal de Civray pour là étant de déposer de vérité sur ce qu’ils savent ou qu’ils se … par … le lieutenant criminel … spéculant faire faire m’ont dit suivre le procureur du roi et a faute par eux de comparaître être condamnés à l’amende suivant l’ordonnance ainsi que de raison de l’huissier au dit domicile des dits demeurant ayant à leurs personnes. Signé illisible (Descats)


Dépositions des témoins interrogés

Du 18 mars 1749                    Informations
       
Pierre Gendrau, laboureur demeurant au village des Champs, paroisse de St Pierre d’Exideuil, âgé de trente huit ans environ après serment par lui fait de dire vérité appelé à cette fin par exploit de Descats en date du seize de ce mois lequel il nous a représenté, enquis sur les faits portés en la remontrance du procureur du roi de laquelle nous lui avons fait donner lecture par notre greffier, a dit bien connaître le dit procureur du roi, n’être son parent, allié, serviteur ni domestique, de ce enquis suivant l’ordre et sur les dits faits.
Dépose que dimanche dernier, seize de ce mois, s’en revenant de la messe de St Saviol en s’approchant du moulin de Réfoux, il vit dans un bateau plusieurs personnes qui passaient la Charente, que étant au bord, le bateau s’enfonça sous eux et ceux qui étaient en icelui furent ensevelis par la Charente qui s’y noyèrent, qui est tout ce qu’il a dit savoir il est fait lecture à lui faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité y a persisté, signé … …
Signé : Gendrault.

Charles Bouchet, laboureur, demeurant Chez Boisson, paroisse de St Saviol, âgé de soixante trois ans environ, après serment par lui fait de dire vérité appelé à cette fin par exploit de Descats en date du seize de ce mois lequel il nous a représenté, enquis sur les faits portés en la remontrance du procureur du roi de laquelle nous lui avons fait donner lecture par notre greffier, a dit bien connaître le dit procureur du roi, n’être son parent, allié, serviteur ni domestique, de ce enquis suivant l’ordre et sur les dits faits.
Dépose qu’il fut dimanche dernier pour entendre la messe à St Saviol que après qu’elle fut dite, lui et le précédent témoin se retiraient et en s’approchant de la Charente pour passer au moulin de Réfoux, il vit plusieurs personnes dans un bateau les quels étant auprès du bord du pré. Le dit bateau s’enfonça sous eux lesquels furent ensevelis dans la Charente où ils se noyèrent, qui est tout ce qu’il a dit savoir des dits faits. Lecture à lui faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a déclaré ne savoir signer de ce enquis … …

Jacques Chaleroux, valet domestique demeurant au moulin de Réfoux, paroisse de St Saviol, âgé de trente trois ans ou environ après serment par lui fait de dire vérité appelé à cette fin par exploit de Descats en date du seize de ce mois lequel il nous a représenté, enquis sur les faits portés en la remontrance du procureur du roi de laquelle nous lui avons fait donner lecture par notre greffier, a dit bien connaître le dit procureur du roi, n’être son parent, allié, serviteur ni domestique, de ce enquis suivant l’ordre et sur les dits faits.
Dépose que dimanche dernier, quelque temps après la messe de St Saviol est assemblé plusieurs pauvres à la porte de son maître aux quels ayant distribué l’aumône, ils voulurent passer la Charente pour aller à St Saviol, et engagèrent le farinier à les passer. A l’effet de quoi étant entrés dans un bateau, il les conduisit et comme ils furent au près des petits îlots, le bateau s’enfonce et ils furent ensevelis dans la Charente qui est tout ce qu’il a dit savoir des dits faits. Lecture a lui faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité, y a persisté et à déclaré ne savoir signer, de ce enquis ….

Jacques Verdon, valet domestique demeurant au moulin de Réfoux, paroisse de St Saviol âgé de vingt-cinq ans environ, après serment par lui fait de dire vérité appelé à cette fin par exploit de Descats en date du seize de ce mois lequel il nous a représenté, enquis sur les faits portés en la remontrance du procureur du roi de laquelle nous lui avons fait donner lecture par notre greffier, a dit bien connaître le dit procureur du roi, n’être son parent, allié, serviteur ni domestique, de ce enquis suivant l’ordre et sur les dits faits.
Dépose que dimanche dernier, quelque temps après la messe se rassembla à la porte du moulin de Réfoux plusieurs pauvres lesquels après avoir eu l’aumône voulurent passer la Charente et engagèrent Louis Dehaulier de les passer ; étant dans le bateau et presque passés, le bateau s’enfonce et tous ces pauvres furent ensevelis dans la Charente sans pouvoir les sauver que cependant lui … se mirent dans la Charente et en joignirent trois qu’ils sortirent de l’eau mais qu’il ne fut pas possible de leur sauver la vie qui est tout ce qu’il a dit savoir des dits faits. Lecture à lui faite de sa déposition a dit qu’elle contient vérité et a persisté et déclaré ne savoir signer de ce enquis …

Pierre Chesnin, valet domestique demeurant au moulin de Réfoux, paroisse de St Saviol, âgé de vingt et un ans ou environ, après serment par lui fait


Note de frais
Des 16 et 17 mars 1749
Levée de plusieurs cadavres noyés au moulin de Réfoux
13e T.T.

Des 16 et 17 mars 1749
Levée de plusieurs cadavres noyés au moulin de Réfoux
Le 16 Souper à Comporté                                                     18
Maître de Ch…                                                         1 -          0
Le 17 Dîner à Comporté                                           0          16
Aux domestiques                                                                    3
2 journées …                                                             2 -        20
                                                                       --------------------------
4                       7
Papier                                                                                       6



[2] Signalé par Gloria Godard – Généalogie Entraide 86

[3] Signalé par Sébastien Pissard – Généalogie Entraide 86
[4] A. BOBE – Histoire de Civray – Imprimerie administrative centrale – Paris - 1935

24 commentaires:

  1. Le pont bridé n'existait certainement pas en 1749 en 1960 il était en métal.
    Les ponts de Civray, ( Dalidant ?), Comporté sont en pierre.
    C'est bizare cette traversée à Refoux, parce qu'en face Réfoux,500 m en aval et 500 m en amont il y a 2 iles.
    Peut être un passage en face Bessigny, en bout de l'une des 2 iles.
    Faut être fou pour passer ici, ou 2 forts courants se rencontrent en ce mois de mars????
    bail.ber@orange.fr

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  2. Dans mes commentaires, je pose la question de savoir s'il existait un pont à l'emplacement du pont actuel. Il est évident que le pont, déjà nommé "pont Bridé" sur le cadastre de 1829, n'était pas le pont métallique, dont on disait qu'il avait été construit par Eiffel. Le pont actuel est en béton.
    La raison que vous invoquez est peut-être celle qui a motivé le refus du meunier.
    Alain

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  3. Le pont bridé existait il en 1749?
    J'ai consulté les cartes CASSINI; en effet c'est à l'initiative de Louis XV, qu'est levée la premiére carte du royaume de France, César Francois Cassini III est chargé de réealiser ce travail J. D. Cassini IV finit les levées en 1789, il aura fallu 30 ans pour effectuer ce travail gigantesque.
    La publication de la carte Cassini est retardée par les événements de la révolution pour n'être achevée qu'en 1815.
    Pour la région de Civray 86 les levées ( effectuées de 1766 à 1768) sont représentées sur la feuille n°68 dite de Charroux publiée vers 1773.
    Sur cette carte sont représentés le passages de la riviére La Charente.
    A CIVRAY un pont, à l'ouest de la ville ( peut être le pont Perrain à l'ouest de l'actuel grand pont; pont neuf au cadastre de 1829) et le gué des Martinet en face du chateau fort en ruines.
    Ensuite symbolisé par un cercle avec des épines ( comme un soleil) sont représentés les bacs (bateaux à fond plat servant à passer un cours d'eau): au Ml Minot, Ml Dalidat, Ml RIFOUX, Ml Roche, Ml Comporté, Ml St Macoux, Nieul, Vouléme ( le roc,rien prés du bourg) Chambe, l'Isle. Il y a un pont de dessiné à droite à la hauteur de Madrat-Boutier. A Boutier aujourd'hui il existe une passerelle piéton.
    Aucun passage à ce qui est aujourd'hui le PONT BRIDE est représenté. Mais le Moulin de RIFOUX est positionné dans la courbe en face la grande ile, en face chez Sagaud à mi chemin entre l'actuel pont Bridé et Réfoux.
    Que dire sur la carte Cassini peu de routes sont représentées à part celles aaux entrées de Civray.
    A l'arrivée d'un chemin à la rive de la riviére ( ou il est représenté bac) doit correspondre le départ d'1 chemin sur l'autre rive.
    Ce qui est le cas pour le gué "Pont Bridé" sur le cadastre Napoléonnien de 1829. Au contaire en face le moulin de Réfoux sur l'autre rive aucun chemin ne vient de Béssigny.
    L'on remarque que chaque bac correspond à un moulin peut être parce que chaque meunier possédait une barque et que la traversée de la riviére pouvait se faire par la chaussée.
    Revenons à Civray,ou il est noté plus haut,que la carte Cassini mentionne qu'1 pont à l'ouest de la ville.
    Le Pont des Barres (à l'est de la ville) existait en 1451 ( Civray, son histoire Tome V).
    Puis ( dans le tommeII P7.8)en 1169 on releve le don d'1 emplacement situé à l'entrée de Civray, ce pont allait devenir plus tard le Pont Perrain.
    En P9: la crue de 1740, le pont Perrain fut emporté, la chaussée du moulin détruite et le pont des Barres lui aussi trés endommagé, Civray était coupé en deux. A la suite le GRAND PONT fut construit, à l'est du pont Perrain (pont neuf au cadastre de 1829.
    Au cadastre de 1829 le Pont Bridé ne fut pas dessiné lors de sa création le pont fut ajouté aprés, quand ??, car les écritures sont différentes.
    Baillargeon Bernard

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  4. Bonjour Bernard, merci pour toutes ces informations complémentaires que je vais intégrer à l'article et j'ajouterai la carte de Cassini qui va nous permettre de mieux situer toutes ces informations. Voulez-vous dire que notre groupe de mendiants a traversé la Charente vers une berge d'où ne partait aucun chemin ?
    Si vous souhaitez m'adresser une carte annotée pour illustrer ces informations, n'hésitez pas : la.godardiere@gmail.com.
    L'enquête continue ;-)
    Cordialement à vous.

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  5. Je voudrai connaitre les horaires des messes en l'église de Saint Saviol le dimanche 16 mars 1749. Ou les horaires qui se pratiquaient communément à cette époque dans une paroisse rurale avec un curé.
    Aussi comment était construit le moulin fluvial de Rifoux: en bois ou en pierre.
    Merci.
    Bail.ber.

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  6. Et bien je me suis demandé la même chose, l'heure de la messe. A la lecture des premiers actes, j'avais eu le sentiment que ce groupe de mendiants revenait de la messe, mais ça n'a pas l'air d'être le cas... Ce sont des affaires qui trottent longtemps dans la tête surtout lorsqu'on est près des lieux. Et c'est bien, parce que parfois les choses s'éclairent doucement avec le temps et en parlant autour de soi. Il y a sans doute moyen de trouver encore des infos sur le moulin...

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  7. Bonjour.
    Votre carte publiée récemment, mes remarques:
    - le pont bridé n'existait pas ( pas dessiné au cadastre "levée 1829");Il a été dessiné plus tard, d'une largeur qui est la moitié de celle de la route (contrairement à Comporté ou les 2 ponts sont dessinés de la même largeur que la route, là aussi ses ponts ont étés dessinés aprés 1829; les traits du dessin sont à l'encre, plus foncés que le graphite). Bridé je pense que c'était une passerelle pour piéton construite sur le gué qui fonctionnait pour les caléches et les charrettes). Cette passerelle est restée en service longtemps jusqu'à la construction du pont métallique, vers la fin des années 1800).
    Le chemin qui suit la Charente, à gauche en aval de Réfoux, sous le coteau de Chez Sagaud, du " pont Bridé à la berge en dessous de Chez Sagaud est impraticable l'hiver.( ce chemin n'est pas au cadastre de 1829, juste une amorce du coté du gué bridé))
    LE TRAJET,l'hiver, pour allez de l'église de St Saviol à la berge en face Réfoux était: Eglise, Mire-vaches, Chez Sagaud, Chalbret, Bessigny, Berge en face Rifoux. Soit 1800 m environ.
    Pour le matériau de construction du moulin de Rifoux , je vais comparé le site avec l'ancien moulin de Dalidant, ou il reste des pillasses (qui ne sont pas celles d'un pont???) j'y suis allé voir, mais peut'être les fondations maçonnées d'1 moulin en bois.

    bail.ber

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    1. Bonsoir Bernard, (Réponse en deux temps, faute de place)
      1/2
      Je viens de lire vos différentes interventions sur cette triste affaire de noyade.
      Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous sur l’interprétation des symboles de la carte de Cassini. En effet, quoi de plus naturel que de représenter des moulins par des roues à aubes, ces « cercles avec des épines », comme vous les décrivez ? Si l’on suit votre raisonnement, il y aurait eu un bac au moulin de l’Etourneau, en dessous de Nieuillet, à un endroit où l’on traverse en se mouillant un peu plus haut que les chevilles.
      De même, je ne vois guère la possibilité d’un bac au moulin de Roche sous Nieuil, où la berge gauche est marécageuse, et où les charrettes de grains n’auraient pas pu passer. Pourquoi faire, d’ailleurs puisque venant de Tardiveau, il était aussi simple d’aller à l’Etourneau qu’à Comporté.
      Les ponts (Civray, Comporté, Boutier) sont clairement représentés comme sur les cartes actuelles. Mais les bacs ne le sont pas, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existaient pas, et je pense qu’il y en avait effectivement un au Réfoux, celui dans lequel la catastrophe a eu lieu. D’ailleurs, si on lit simplement le titre des documents que Gloria a photographié, [référence 4B 68 (1749 – « 16-17 mars, information relative à un accident arrivé au moulin de Rifoux (plusieurs personnes noyées en passant le bac) »] le mot « bac » est bel est bien mentionné comme tel.
      Cela dit, je vous rejoins sur un certain nombre de points :
      Il ne devait effectivement pas y avoir de pont à l’emplacement actuel : les témoins Bouchet et Gendreau habitant de l’autre côté des « Hommes Guillaumes » se tenaient sur l’autre rive par rapport au moulin, donc rive gauche. C’était pour prendre le bac, ce qu’ils n’auraient pas fait s’il y avait eu un pont. Les victimes, elles, voulaient faire le chemin inverse : elles arrivaient de Linazay, et désiraient se rendre au Ravary, et elles étaient au Réfoux pour prendre le bac.
      Le pont mentionné sur le cadastre de 1829 est effectivement un ajout postérieur.
      Pour ma part, par rapport au plan, très bien fait, que vous avez tiré du cadastre ancien, je verrai les choses différemment, et se situer plus en aval, à l’emplacement où vous avez mis la flèche bleue indiquant le sens du courant, avec le bateau déjà arrivé à la rive gauche, où se tenaient bien Bouchet et Gendreau, mais aussi Pignou. En effet, pour ce que j’ai pu voir sur place, l’endroit où vous faites passer le bateau n’est pas très profond (en tout cas pas le tirant d’eau suffisant même pour une plate), et le courant y est très important. L’élargissement et l’approfondissement au croissement fait que la vitesse de l’eau y est bien moindre, et la traversée, surtout habituelle, bien plus probable.
      Quant aux heures des messes, il serait évidemment intéressant de les connaître, mais comment trouver ce renseignement ? Et même alors, comment juger par rapport à nous ? A cette époque, les gens devaient surtout fonctionner à l’heure solaire (une heure de décalage avec notre heure d’hiver).

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    2. Suite 2/2
      Le lieutenant criminel rapporte, pour l’accident, l’heure de dix à onze heure du matin. Or, il faut considérer que la dame Blanchard est partie du Réfoux après l’accident pour aller à Civray. Il a fallut qu’elle fasse sa déposition, et que les dispositions soient prises pour que la commission d’enquête se rende sur les lieux où elle était dans le courant de l’après-midi, et vraisemblablement pas trop tard, au vu de toutes les dispositions prises.
      Pour ma part, je pense donc que l’accident a du avoir lieu plus près de 10 que de 11 h. Les Bourderaux étaient déjà de retour depuis un petit moment, puisqu’ils avaient eu le temps de distribuer l’aumône à la troupe. Mettons qu’il était 9 h 30 lorsqu’ils sont arrivés de la messe, qui donc a dû finir vers 8 h 45 ou environ. Il n’est pas impossible qu’il y ait plusieurs messes le dimanche matin.
      Une question accessoire que je me suis posé : les sieurs Bouchet et Gendreau étaient-ils à pied ou à cheval ? Ils avaient une belle course à faire pour aller à la messe à St Saviol, aller-retour depuis chez eux.
      Je suis très heureux de voir que Gloria et moi ne sommes pas les seuls à penser à ces pauvres gens, et à essayer de comprendre ce qu'il leur est arrivé, ainsi que les conditions de vie de cette époque.
      Je vous remercie de vous pencher avec passion sur ce problème, et j'espère que l'enquête que vous poursuivez nous fournira d'autres lumières.
      Cordialement,
      Alain

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    3. Pour Bernard : Pensée de dernière minute
      Mettre le bateau où vous le situez implique un passage sur l'emprise du moulin, et je crains que les meuniers n'aiment pas beaucoup la traversée de leur domaine.
      Cordialement,
      Alain

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  8. Merci à tous les deux pour ces précieux développements et hypothèses. Je vais ajouter les illustrations de Bernard, ce qui facilitera la discussion que je suis avec grand plaisir. Merci Bernard pour votre participation. J'ajoute les images au début de l'article pour faciliter l'accès. Nous réorganiserons l'illustration et la mise en page un peu plus tard.
    Amicalement.

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  9. Bonjour Gloria & Alain.
    J'en reviens à la carte Cassini, le plan est flou, en 1765 il y a bien un pont à Comporté sur le plus gros courant ( à l'est de l'ile). A l'opposé, à l'ouest, sur le petit cours il y une roue à aube de représentée; symbole de moulin à foulon et de bac. s'il n'y avait pas de bac à cet emplacement comment auriez vous pu rejoindre le pont. Ceci lorsque le niveau de l'eau est élevé pour ne pas pouvoir passer au Gué qu'il y avait surement (pour les charette).
    Dans la légende Cassini le moulin est bien représenté par une roue à aube.
    Le bac ,dans légende,réseau hydrographique,est représenté aussi par un roue à aube, mais il me semble ( ce n'est pas net)que cette roue est accompagnée sur sa gauche par un petit branchage (une herbe qui c'est collée au plan ?).
    Ce symbole de la roue a aube s'applique aux moulins et pas toujours pour les bacs.
    Le plan est flou à la hauteur de Rifoux c'est dommage.
    Cordialement.
    Commente plus tard la position de la barque sur le plan de cadastre.
    bail.ber

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  10. Il y aurai eu entre le vendredi 3 février 2012 et le dimanche 16 mars 1749: 96017 jours.
    entre le 3/02/2012 et le vendredi 14 juillet 1789: 81287 jours.
    entre le 3/02/2012 et le samedi 6 aout 1949: 22826 jors.
    Bernard Baillargeon.

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  11. POSITION des INTERVENANTS lors de la TRAGEDIE:
    Déposition de Denis Bourdereaux (le patron meunier); en arrivant de l'autre coté de la riviére, le bateau s'étant heurté contre le sol,aurait fait jeter tous ces pauvres ........
    Mais ou était plaçé D. Bourdereaux pour avoir cette vue; certainement prés du moulin (et avoir aussi une vue sur le parking) pour surveiller que d'éventuels trainards (et chapardeurs) ne viennent pas visiter celui ci et voler de la farine. Et puis cet embarquement n'est pas son affaire.
    Il a entendu des cris, a regardé en direction de ceux ci ( de la barque). Il lui a semblé que la barque a heurté l'autre rive, en réalité je pense qu'elle a heurté le bout de l'îlot C.
    Plan Envoyé a part.
    Déposition de P. Gendreau; s'approchant de Réfoux, il vit dans 1 bateau plusieurs personnes qui passaient la Charente. C'est vague.
    Déposition de Ch Bouchet; lui et le précédent témoin .........il vit plusieurs personnes dans un bateau ( les quels étant auprés du bord du près). Le dit bateau s'enfonce sous eux.
    Je pense que Gendreau et Bouchet étaient sur la rive gauche dans le près ( du coté de Bessigny et Du Ravarit)en face de la noyade.
    Déposition de J. Challeroux; le farinier les conduisit et comme ils furent auprés des petits ilots, le bateaux s'enfonce....
    Ou était Challeroux pour voir cela, je pense au delà du parking prés des maisons ou de fermettes pour surveiller qu'il n'y ait pas de vols dans celles ci.( comme Bourdéreaux le fait pour le moulin). Ensuite au moment des cris Challeroux rejoint ses collégues sur l'ilot A, ainsi que Bourderaux qui l'a vu et déclaré.
    Déposition de Jacques Verdon; étant dans le bateau et presque passés, le bateau s'enfonce et tout ces pauvres gens furent encevelis dans la Charente sans pouvoir les sauver, que cependant lui....se mirent dans la Charente et en joignirent 3 qu'ils sortirent mais qu'il ne fut pas possible de leur sauver la vie. (au moment du naufrage Verdon, qui n'est pas signalé présent par Bourdereaux au moment des faits était certainement sur le parking prés de Challeroux).
    Verdon en se mettant a l'eau n'est pas allé de l'autre coté de la Charente, sur la rive gauche, ou sont présent Gendreau et Bouchet,car ici la Charente est certainement profonde et le courant y est fort.
    Je site, Lelong de la Fragnée-Albert (page 9): Impossible de traverser, c'est par l'abondance d'eau dans laquelle ils tombérent le jour d'hier et dont ils ont étés suffoqué étouffés et noyés...
    Verdon s'est mis à l'eau la ou c'est peu profond dans le chenal entre les ilots A et C.
    OU SONT LES DEPOSITIONS de Dagué, Chesnain, d'Auliére, de Pignou,et de la femme du meunier Bourdereaux.
    Ce qui est étonnant c'est qu'il n'y a pas eu de survivants parmis les passagers de la barque(avec des personnes pour leurs tendre des gaules); Sont'ils morts par hydrocution???.
    Verdon s'est mis à l'eau pour récupérer des corps! !Louis d'Auliére est tombé à l'eau sauvé par la gaule de Pignou.....Ils ont survécus.
    A quoi ont servis les gaules?????
    Pourquoi L. D'Auliére était ici, je pense qu'il n'était pas employé au moulin(il avait son valet personnel; Pignou).
    Ou allaient ces pauvresses.
    Bien des questions. A suivre.
    Bernard Baillargeon
    bail.ber@orange.fr

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  12. Je reviens sur les trajets que ces pauvresses auraient pu emprunter en particulier celui par Comporté au sud de St Saviol bourg.
    En effet à Comporté ou le moulin est signalé vers 1160 et le double pont qui emjambe la Charente (rivière) en ce lieu, mentionné la premiére fois tardivement en 1433, avait une "allure médiévale" sur un dessin accompagnant un devis de restauration de 1766 (soit 17 ans aprés les faits de Réfoux). (Dictionnaire des communes et pays de la vienne, dirigé par Dominique Guillemet- Gestion éditions,2000,épuisé, consultable dans les bibliothéques de la vienne).
    Sur la carte Cassini il est dessinné qu'un seul pont (sur le bras le plus large à l'Est) un gué à l'ouest; l'un des ponts ou les ponts sont peut-être détruit ou fortement endommagés lors des terribles innondations de 1740 ( le pont Perrain de Civray fut détruit).
    Si les pauvresses n'ont pas empruntés les ponts ou le gué et le pont à Comporté, c'est peut'être parce ce qu'il y avait un péage.
    En effet bien que le pouvoir royal lutta sans cesse pour abolirles péages et réprimer les extorsions diverses, alors monnaie courante. ( page 151-Charentes, fleuve et symbole G. Jouannet- Le Croît de Vif). La volonté était ferme mais non menée à terme puisqu'en 1789 bien des péages demeuraient encore (p 154).Même ceux qu'on avaient supprimés purent quelquefois survivre.
    Drole d'époque!!
    Bernard Baillargeon. Le 18/02/2012.

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  13. Complément pour Comporté:
    Source " La Vienne" 2 tomes. Collection FLOHIC, consultable à la bibliothèque de Civray.
    Le "grand chemin" ou "chemin des mules" appelé encore "chemin des marchands" unissait l'Atlantique ( La Rochelle) au Masif central et traversait la Charente à Comporté. Il perd de son influence en 1835 lors de la création de la route Limoges-Nantes. D948 (en 79) et d 148 (en 86).
    D'ou la présence d'une AUBERGE ce qui est mentionné au plan Cassini à l'est de la riviére tout prés du chemin bas qui remonte de la fontaine (prise d'eau) à Tardiveau. Une auberge est aussi mentionnée au plan cadastral napoléonien à l'ouest du bras-chaussée ou était le Dravir en face, au nord, le chemin de Roche-Papillon.
    bail.ber@orange.fr - le 12/02/2012.

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  14. Bonjour, dans le commentaire du 13 février 2012; je notais "PLAN ENVOYE
    à PART".
    Ce plan est visible sur la page de:
    lulusorciere.blogspot.com/2012/02/saint-valentin-sorcierehtml
    dans le rectangle lulusorciére by Gloria Godard en haut à droite de la page;clic dessus le plan est dans la page qui va s'ouvrir fait défiler car il y a plusieurs thémes.
    Je fait comme le coucou, mais ce sujet m'intéresse et je ne veux pas prendre le temps de créer un blog.
    Merci, bail.ber@orange.fr

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  15. PLANS.
    Recherche s'il existe d'autres plans de la région de Civray-Saint Saviol, dans la collection plans routes de France, dessinés de 1745 à 1780, sous la direction de TRUDAINE et PERRONET.
    Daniel Charles Trudaine (1703-1769) directeur des ponts et chaussée.

    Je n'ai pu consulter qu'une planche ou il y a Linazay, Fortran puis Limalonges-Les Maisons Blanches.

    bail.ber@orange.fr

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  16. Quelles épidémies y avait il vers 1749.
    Aux environ de 1617 " la peste fait ses ravages .....
    De Pierre Miquel, " L'an 1000".
    Quand dans une famille il y avait la lépre: des voisins viraient cette famille et piquaient le logement. S'ils n'étaient pas contants et comme la maison ne leurs convenaient pas, ils lorgnaient la meilleure maison du village, cassaient la gueule aux habitants de cette maison, trois jours aprés ils avaient des croûtes et étaient virés comme lépreux. PAS FACILE !!!!!!
    bail.ber@orange.fr

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  17. NOYADE de SAINT SAVIOL - 16 mars 1749.
    Ces Pauvresses quel était leur habitat?

    Pour avoir une idée vous pouvez vous rendre:

    à Saint Julien aux bois et y voir " Les fermes du moyen-âge en Xaintrie, un village de l'an 1300" ici il y a des élevages, l'odeur y est assurée.

    à Saint André d'Allas 24 y voir les cabanes du Breuil en pierre séche et les constructions couvertes de fougéres.

    à Archigny 86 y voir les maisons de la ligne acadienne, baties aprés 1773.


    Si vous ne trouvez pas, vous pouvez aller à " La loge à la chatte". Presque comme le logis de Linazay 86, avec poste d'observation, mieux avec eau courante.
    Oui entre 1914 & 1918 pendant cette guerre, ma grand-mère s'est réfugiée chez ses soeurs à l'Echelle (tout proche de Réfoux), là elle rencontre la "Chatte", une femme qui habite dans la grotte de la falaise 3-4 m au dessus de la Charente entre LAIRE & LESTANG.
    bail.ber@orange.fr le 23/02/2012.

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  18. Bonsoir Bernard, lors du dépouillement des petites affaires criminelles, j'ai retrouvé des femmes seules, souvent veuves, misérablement logées dans des grottes et vivant de mendicité...

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  19. B.M.S. de Linazay 1738-1755.
    Vue 75: le dernier aoust 1749 baptème de Louise Renée, fille légitime.
    Vue 77: le 20 mars 1750 baptème de Jean François Celeste, fils légitime.
    Vue 78: le 29 octobre 1750 baptéme de Jeanne Catherine Anne, fille légitime.
    Vue 81: le 9 décembre 1752 baptéme de Marc René Anne, fils légitime.

    de Charles Ollivier Dejousserant capitaine d'infanterie chevalier chef seigneur de la Chaux et de Bonnevie.
    Et de Damme Anne Françoise Robin.
    CURIEUX: d'aoust à mars il y a 7 mois. De mars à octobre il y a 7 mois.?????

    Remarquable la grosseur des signatures des Dejousserant.
    bail.ber@orange.fr

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  20. Vu et revoir à la télé sur France 2 du mardi 3 juillet 2012: Louis XV, LE SOLEIL NOIR. Documentaire de 2009.
    Il est rapporté au roi; Le peuple dit que Louis XV a la peste, pour se soigner il prend des bains du sang des enfants.
    Qui pouvaient disparaitre en 1749: les jeunes paysannes pour les bordels de la cour, les enfants pour le sang (même si ce n'est q'une rumeur certaines personnes sont toujours prête a rendre service au XV.
    Le roi XV, dans ce documentaire emploi le mot " eldorado". C'est bizare qu'il emploi ce mot (je ne me souviens du contexte) pour quelqu'un qui à abandonné toutes les colonies à part les iles des Antilles.
    Eldorado nom d'1 fabuleux pays d'amérique du sud, 1640, mot d'origine espagnole " le doré, le pays de l'or".
    Par la Grimaude avec son petit panier de SARDINES, j'ai pensé au trafic de sel. Ce dimanche matin à l'heure de la messe quoi de plus facile de faire transporter du sel par des enfants et des femmes ( si les hommes sont pris ils sont condamnés aux galéres , bagne).
    J'ai rencontré Robert Ducluzeau le 10 Juin 12 à Montmo. ( La gabelle et la contrebande de sel dans l'ouest; geste éditions, histoire) qui prétend qu'il n'y a pas contrebande dans cette zone (Sivray). Je suis pas sur de son affirmation.
    Il m'a conseillé de me plonger dans les Archives Départementales. Je n'ai pas trop le temps en ce moment (jardinage, à faire de la peinture, fabriquer un cloture-barriéreportillon......
    Le XV est mort de la petite Coluche, je ne sais pas comment est morte madame Dubary......l'essayeur dont j'ai oublié le nom n'a t'il pas fait son boulot.
    Tout ceci pour mémoire est a reprendre.
    Bernard BAILLARGEON.

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