jeudi 5 avril 2018

#ArchInsolite - L'abandon de Georges - Les Varennes - 1827







TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE NAISSANCE DE « GEORGES »
(Varennes, 24 avril 1827, NMD 1823-1832, 5 MI 072, p 20-21)
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Aujourd’hui vingt-quatre avril mil huit cent vingt-sept, à deux heures de l’après-midi. Devant nous Jean Huet, maire et faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Varennes, canton de Mirebeau, arrondissement de Poitiers, département de la Vienne soussigné.
Est comparu Pierre-François Dagôt, âgé de vingt-sept ans, meunier demeurant au hameau de Rhimbault, en cette commune, lequel était accompagné des sieurs Jean Servant, métayer au hameau de Noiron, âgé de trente-cinq ans et Jean Lasne, meunier au moulin de Saint-Martin, âgé de cinquante-et-un ans. Lequel nous a  remis un enfant nouveau-né du sexe masculin, qui  nous a paru n’avoir été mis au monde que depuis deux jours au plus. Cet enfant était vêtu d’un petit lange en toile de gros, d’un autre mauvais petit lange d’étoffe grise rapiécée de vieille étoffe gris-bleu bordé par le haut et par le bas d’un vieux galon en fil bleu, d’une petite chemise de brassière en vieille percale garnie ainsi que les manches en vieille mousseline, d’une petite brassière en coton bleu à petites raies, à laquelle était attachée un billet portant Je m’appelle Georges, ainsi écrit « Je m aplle Jorge » ; et d’une calotte en vieille soie rayée de diverses couleurs, doublée de toile, sur laquelle sont trois petits morceaux de galon velouté et garnie d’un béguin de dentelle. Le dit Dagôt nous a déclaré que vers le milieu de la nuit dernière il a été éveillé par un  bruit qui a été fait à la porte de la chambre de la veuve Lasne sa belle-mère avec laquelle il demeure au dit Moulin de Rhimbault. Que s’étant levé et ayant demandé qui frappait ainsi, une voix qu’il n’a pas connue lui a dit d’ouvrir, qu’ayant ouvert en effet, il n’a vu ni n’a plus entendu personne et a seulement aperçu par terre un petit paquet qu’il a ramassé et qui s’est trouvé à son grand étonnement être l’enfant sus-dit. Qu’il a porté cet enfant au lit de Julienne Lasne son épouse qui est nourrice, et qui lui a donné depuis ce moment les soins nécessaires à son âge. Le comparant a dit n’avoir trouvé avec l’enfant aucun autre effet que ceux dont il était vêtu, lui a donné le nom de Georges indiqué par le billet qui lui était attaché, a demandé à le garder pour le faire nourrir par son épouse et a déclaré ainsi que les témoins ci-dessus désignés ne savoir signer après leur en avoir donné lecture.
Nous maire sus-dit, avons laissé cet enfant entre les mains et à la garde du dit Dagôt jusqu’à la décision de l’autorité supérieure sur le fait de savoir s’il restera confié aux soins de son épouse. Avons arrêté que le présent procès-verbal sera par nous transmis à Monsieur le préfêt de ce département pour être par lui décidé ce qu’il jugera convenable.
Fait et arrêté en notre demeure à Noiron dite commune de Varennes les jour, mois et an que dessus et avons signé. Jean Huet, maire.



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