vendredi 26 mars 2010

Les souterrains de Prinçay - 1855

Je suis allée faire un p'tit tour aux Archives Départementales.

J'y ai consulté les Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, société savante qui depuis  le 19ème siècle répertorie, raconte, les trésors du Poitou.
Voici les plans et la description des souterrains tels qu'ils étaient  en 1855.

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Les cryptes de Prinçay, pratiquées à double étage sous les maisons mêmes du village actuel et les fondations de l’église, présentent quelques particularités.

Tout à l’extrémité du souterrain, formé à l’ordinaire de galeries d’inégales dimensions mettant en communication diverses salles en forme de rectangles irréguliers, s’ouvre un dernier réduit assez vaste simulant une architecture grossière. Cette large salle, à peu près carrée, est recouverte par des voutes d’arête que supportent deux rustiques piliers placés au milieu, et dont le rocher même a fait tous les frais.
Tout autour de l’enceinte, comme dans les salles qui précèdent, on a réservé dans le tuf un cordon de banquettes que surmontent des niches propres à recevoir des lampes ou autres objets.


Les tubulures à air sont multipliées dans ce souterrain avec plus de luxe encore que les autres, et, chose notable, on en remarque quelques unes pratiquées obliquement et allant aboutir à de profondes cachettes que des éboulements ont rendues désormais inaccessibles. Leur destination accoustique est donc bien evidemment établie cette fois.
A l’aspect de ces bancs, de ces niches, de ces voûtes ébréchées retombant sur des pilastres à demi engagés dans les parois du tuffeau, des débris de cette table ou peut-être de cet autel, qui réunissent encore les bases des deux piliers du milieu, on est tenté de supposer une imitation de crypte chrétienne, quelque chose de tout pareil aux catacombes romaines, greffées elles-mêmes sur quelque ancienne retraite des druides.
Ecoutons en effet l’’écho des souvenirs populaires, et cet écho nous dira des noms précis pour chacun des deux derniers réduits des cryptes de Prinçay. Celui qui termine le labyrinthe, c’est la grande salle des Fadets, et celui qui précède c’est la salle de la Veillée.
Les Fadets ce sont les fées du moyen-âge et les druidesses de l’antiquité gauloise.

La salle de la Veillée, c’était peut-être le lieu où les néophytes chrétiens passaient les veilles des fêtes solennelles qu’on célèbrait dans la grande crypte du fond, purifiée par le christianisme encore persécuté. Ajoutons que les ossements humains fréquemment rencontrés dans le sol de ces profondes grottes peuvent leur donner en outre le caractère d’ossuaires sacrés.



A suivre....


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !


12 commentaires:

  1. voilà notre lulu préférée transformée en exploratrice, cartes au trésor à la main !!! c'est mieux, comme cela tu ne te perdras pas dans ces souterrains effrayants (!!!)

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  2. Totalement fascinante, cette histoire... Est-ce que cela se visite aujourd'hui, ou c'est fermé au publique ?

    Ca fait rever, des mondes souterrains, comme les catacombes de Paris, les anciennes carrières qui vont à perpète, pareil dans la région de Soissons, pendant la grande guerre, des carrières qui sont devenus des abris pour les armées...

    Merci pour cette visite guidée...

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  3. Oui Owen, les souterrains se visitent, il suffit de prendre rendez-vous. C'est assez impressionnant comme visite. Prinçay est aussi une zone de carrière, mais l'architecture des souterrains est nettement à visée de refuge, voire de défense, de nombreux éléments l'attestent.
    Ils n'ont manifestement jamais été ni totalement oubliés ou abandonnés.
    Et je sais que pendant la seconde guerre mondiale, lorsque Chatellerault était occupé, ils servaient à cacher.... les vélos qui à l'époque étaient "réquisitionnés" par l'armée allemande ;-)... On a les faits de résistance qu'on peut ;-)
    Michelaise, tu sais avec mon grand sens de la désorientation, je suis vraiment capable de m'y perdre !
    Bonne journée à tous !

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  4. Tiens Lulu, toi qui es passionnée, voici un lien super intéressant …à plus T.T. M.:
    http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/fr/

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  5. aller aux archives doit être une belle aventure, tu fais ça par internet ou directement sur place....

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  6. Merci Michel, encore un lien précieux à garder à proximité !

    Eléonore, j'ai fait mon baptème des Archives Départementales ce mois-ci ! Jusque là je n'avais consulté que les Archives des p'tits villages alentours. L'occasion de se mettre dans l'ambiance géographique et de trouver comme à Genouillé, un bouquin sur la commune, riche d'enseignements.

    Bien sur depuis qu'une partie des ARchives de la Vienne sont en ligne, je consulte ++++.
    Mais sur place on trouve tant d'autres trésors et en particulier, des documents sur Prinçay, Availles, et tous la collection des Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest. Et sans doute encore une montagne de trésors que je découvrirai au fur et à mesure.
    L'accueil est chaleureux. On peut poser des questions bêtes sans paraître ridicule, la dame est très disponible et très patiente ;-)
    Il faut sans doute une certaine pratique pour s'y retrouver... Pour le moment j'ai environ 250 clichés à trier concernant Availles et Prinçay....

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  7. C'est passionnant !!! tu vas pouvoir écrire un livre sur Prinçay, ton livre !!! ... merci pour ce partage.
    bises
    Annick

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  8. Ben mince, je ne l'avais pas vu cet article ! C'est passionnant et impressionnant... Moi j'aurais p't-être bien la trouille que le ciel me tombe sur la tête...

    Ben quoi Lulu, ils étaient indispensables les vélos pendant la résistance... Bon là, je ne sais pas à quoi ils servaient, c'est vrai.

    Ah les archives, quel plaisir... Enfin, ça dépend où. Tu as de la chance si dans ton département, ça se passe agréablement. J'ai eu cette chance aussi aux Archives de Seine Saint-Denis, où j'avais fait venir des microfilms icaunais. Unn personnel disponible et aimable, prêt à montrer comment fonctionnent ces antiquités que sont les lecteurs de microfilms. En revanche je me souviens encore de mon "baptême d'archives" à Auxerre. On doit signer un tas de papiers devant des personnes mal aimables, on n'ose pas poser de question parce qu'on est d'emblée fusillé du regard et qu'on sent qu'on dérange : Après avoir signé le papier m'autorisant à prendre des photos numériques, je commence à photographier certains documents. Je vois fondre sur moi une préposée... j'ai cru être tombée dans la grande délinquance... J'avais signé le papier mais je ne le lui avais pas remis à contresigner. Ubuesque et très désagréable.

    Merci pour le partage des recherches.

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  9. je pense que je trouverais aussi des choses passionnantes sur Saint Rémy
    il te faudra m'informer sur bien des choses a ton retour....

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  10. je en sais pas si mon comm est bien passé, je te disais que je trouverais sans doute des choses extraordinaire sur Saint Rémy et ses troglodytes
    il va falloir que tu m'informe a ton retour

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  11. Bonsoir Eléonor,
    ça vaut la visite, tu y trouveras des trésors bien sur, et si je peux t'aider je le ferai volontiers !
    Pour ce qui est des bulletins de la société des antiquaires ils sont en ligne sur Gallica, tu peux essayer de les consulter.
    Bises.

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